Widgets Amazon.fr

Percy « Thrills » Thrillington, le fantôme mondain de Paul McCartney

Thrillington : le double orchestral de RAM par Paul McCartney

Il y a chez Paul McCartney une façon bien à lui de disparaître sans jamais vraiment quitter la pièce. Quand Lennon transforme le masque en règlement de comptes et Bowie en théâtre permanent, Paul préfère les fausses identités bricolées avec le sérieux d’une plaisanterie anglaise : des noms improbables, des biographies de poche, des doubles qui lui permettent de respirer à l’écart du vacarme Beatles. Percy “Thrills” Thrillington est sans doute le plus délicieux de ces fantômes. Faux dandy, faux chef d’orchestre, faux mondain sorti d’un salon où le champagne aurait tiédi depuis 1938, il signe pourtant en 1977 un vrai disque : la version instrumentale et orchestrale de RAM, enregistrée dès 1971 à Abbey Road sous l’œil de McCartney et les arrangements de Richard Hewson. Longtemps resté dans l’ombre, Thrillington n’est pas une simple curiosité lounge ni un caprice luxueux. C’est un miroir déformant tendu à l’un des albums les plus étranges, les plus mal compris et les plus féconds de Paul. En retirant sa voix, il révèle la charpente. En inventant Percy, il raconte autre chose de lui-même : l’art de fuir son propre nom pour mieux faire entendre ses chansons.

Jim Keltner, le cinquième homme de l’après-Beatles : joyeux anniversaire au batteur que Lennon, Harrison et Ringo ont adopté

Jim Keltner : le batteur des Beatles après les Beatles

On parle souvent des Beatles comme d’une histoire à quatre voix, arrêtée net en 1970 avant de se prolonger en trajectoires séparées, parfois fraternelles, parfois cruelles, souvent magnifiques. Mais dans cette géographie intime de l’après-Beatles, il existe des silhouettes qui ne figurent jamais au premier rang et sans lesquelles une partie du paysage sonnerait autrement. Jim Keltner est de celles-là. Né à Tulsa le 27 avril 1942, ce batteur américain d’une discrétion presque aristocratique n’a jamais eu besoin d’occuper le centre pour devenir indispensable. Lennon l’appelle au moment d’Imagine, Harrison l’embarque dans l’aventure du Concert for Bangladesh puis dans sa longue quête spirituelle, Ringo l’adopte comme un frère de rythme, et George le retrouve encore, jusqu’aux Traveling Wilburys, Brainwashed et l’adieu bouleversant du Concert for George. Keltner n’a pas remplacé Ringo, ni rejoué l’histoire des Beatles à la place des Beatles. Il a fait quelque chose de plus subtil : il a donné un corps, un souffle et une humanité aux chansons de ceux qui tentaient de vivre après le plus grand groupe du monde. Pour son anniversaire, retour sur le parcours d’un batteur de l’ombre qui, sans jamais hausser la voix, a tenu le pouls d’une légende.

Il y a 44 ans, Paul McCartney tirait sur la corde : Tug of War et le sens d’un anniversaire

Paul McCartney Tug of War : 44 ans après, l’album qui tient encore

Il y a des anniversaires qui ressemblent à de simples prétextes, et d’autres qui finissent par éclairer une œuvre mieux que toutes les rééditions du monde. Tug of War, publié par Paul McCartney le 26 avril 1982, appartient clairement à cette seconde famille. Quarante-quatre ans plus tard, le disque n’a rien perdu de son étrange gravité : il demeure ce moment suspendu où l’ancien Beatle, sorti de Wings, encore sonné par l’assassinat de John Lennon, retrouve George Martin pour remettre de l’ordre dans le chaos et donner une forme pop à ce qui, dans sa vie, menace de se défaire. On a souvent résumé l’album à Ebony and Ivory, son énorme succès avec Stevie Wonder, ou à Here Today, la lettre bouleversante adressée à Lennon. Ce serait oublier le reste : la majesté de Wanderlust, l’élan de Take It Away, la tendresse de Somebody Who Cares, la finesse de production d’un disque qui tire dans toutes les directions sans jamais rompre. À l’heure où McCartney appartient désormais au temps long de la musique populaire, Tug of War se réécoute moins comme un retour nostalgique que comme l’un de ses grands albums de résistance intime : celui d’un homme qui continue, parce que la chanson reste encore sa meilleure manière de tenir debout.

Il y a 28 ans disparaissait Linda McCartney

Linda McCartney : photographe, musicienne, militante

Il y a des figures que l’histoire du rock a longtemps condamnées à n’exister qu’en bordure du cadre, comme si leur présence ne pouvait se lire qu’à travers le destin d’un homme plus célèbre. Linda McCartney fut de celles-là. Vingt-huit ans après sa disparition, le 17 avril 1998, il est temps de la regarder autrement : non plus comme la femme de Paul, non plus comme l’éternelle cible des sarcasmes adressés à Wings, mais comme une photographe pionnière, une musicienne imparfaite et obstinée, une militante végétarienne en avance sur son époque, une mère, une entrepreneuse, une femme qui a tenu ensemble ce que le rock préférait souvent voir brûler. Avant les Beatles, elle avait déjà saisi les Rolling Stones, Hendrix, Janis Joplin ou Aretha Franklin dans cet instant fragile où les idoles n’étaient pas encore devenues des statues. Après les Beatles, elle offrit à Paul McCartney un refuge, une famille, une manière de survivre à sa propre légende. Linda n’a pas seulement accompagné une histoire : elle en a déplacé le centre de gravité.

Paul McCartney, “New” : l’art de recommencer quand on a déjà tout inventé

Paul McCartney New : histoire d’une chanson solaire et tardive

En 2013, Paul McCartney aurait pu se contenter d’être Paul McCartney. C’est-à-dire un monument ambulant, un homme que l’on préfère souvent contempler dans le marbre des Beatles plutôt qu’écouter dans le présent. Mais voilà : McCartney n’a jamais très bien accepté les vitrines. Avec “New”, chanson minuscule en apparence et immense dans ce qu’elle révèle, il revient à ce qu’il sait faire de plus simple et de plus mystérieux : s’asseoir devant un piano, laisser venir une mélodie, puis transformer quelques accords en promesse de recommencement. Écrite sur le vieux piano de son père Jim, inspirée par son amour pour Nancy Shevell, produite avec Mark Ronson et traversée par des échos évidents de “Penny Lane”, la chanson aurait pu n’être qu’un exercice de nostalgie brillante. Elle est tout l’inverse : une preuve de vie. Cuivres ensoleillés, clavecin espiègle, refrain d’une évidence désarmante, “New” raconte moins le passé qu’elle ne montre comment s’en servir pour avancer. À 71 ans, McCartney ne cherche pas à redevenir jeune. Il rappelle simplement que la nouveauté n’est pas une question d’âge, mais d’élan.

Milk and Honey : le disque inachevé où John Lennon recommence à vivre

Milk and Honey de John Lennon : l’album posthume inachevé à redécouvrir

En janvier 1984, Milk and Honey ne surgit pas comme un simple appendice posthume dans la discographie de John Lennon. Il arrive plutôt comme la trace encore chaude d’un élan brisé en plein mouvement. Trop souvent réduit au statut de petit frère imparfait de Double Fantasy, l’album mérite pourtant bien mieux que cette place secondaire dans la légende lennonienne. Car ce que l’on entend ici, ce ne sont pas des fonds de tiroir rassemblés pour entretenir le mythe, mais les morceaux d’un second acte que Lennon n’a jamais eu le temps d’achever. Et c’est justement cette fragilité qui le rend si bouleversant. D’un côté, on y retrouve un John Lennon léger, mordant, curieux, revenu au studio avec le plaisir très net de refaire des chansons. De l’autre, Yoko Ono transforme ces bandes interrompues en un dialogue décalé par la tragédie, répondant depuis l’absence à celui qui chantait encore depuis l’élan du retour. Entre promesse d’avenir et conscience du manque, Milk and Honey demeure un disque profondément humain, bancal parfois, mais habité d’une vérité rare : celle d’une musique qui continue à vivre alors même que tout a été fracassé.

Julian Lennon a 63 ans : l’anniversaire d’un survivant, d’un artiste, d’un homme enfin sorti du seul rôle de fils de John Lennon

Julian Lennon a 63 ans : découvrez le parcours d’un artiste longtemps réduit à son nom, entre héritage Beatles, œuvre personnelle, photographie, engagement et reconstruction intime. Un portrait complet pour enfin regarder l’homme, pas seulement le fils de John.

En ce 8 avril 2026, Julian Lennon fête ses 63 ans, et l’occasion mérite mieux qu’un salut automatique à l’héritier d’un nom trop grand pour n’être qu’un état civil. Car depuis des décennies, le premier fils de John Lennon avance dans une zone étrange, coincé entre la légende des Beatles, les blessures d’enfance, les comparaisons paresseuses et le lent travail de reconstruction d’une identité propre. On a trop souvent résumé Julian à la chanson que Paul McCartney écrivit pour le consoler, à la ressemblance troublante de certaines intonations, ou à l’ombre d’un père aussi génial qu’insaisissable. C’était oublier l’essentiel : une discographie réelle, une œuvre photographique de plus en plus importante, des engagements humanitaires constants et, surtout, la dignité d’un homme qui a fini par reprendre possession de son prénom. À 63 ans, Julian Lennon n’est plus seulement “le fils de”. Il est un artiste multiple, un survivant lucide et un homme qui, après avoir grandi dans les marges du mythe, mérite enfin qu’on regarde sa vie pour elle-même.

Paul McCartney en solo : ces producteurs qui l’ont poussé plus loin… ou laissé être lui-même

Paul McCartney en solo : ses producteurs, de George Martin à Nigel Godrich

Cela fait partie des grands malentendus de la carrière solo de Paul McCartney : on parle souvent de ses chansons, de ses basses bondissantes, de son génie mélodique, de sa facilité presque insolente à faire naître une évidence pop en quelques accords, mais beaucoup plus rarement de celles et ceux qui l’ont accompagné en studio. Or regarder McCartney à travers ses producteurs, c’est observer de très près la mécanique intime de son œuvre après les Beatles. Car chez lui, le producteur n’est jamais un simple habilleur sonore. Il est tour à tour contradicteur, complice, révélateur, garde-fou ou, parfois, figure presque inutile tant Paul sait depuis toujours bâtir seul l’architecture de ses disques. De George Martin à Nigel Godrich, de Jeff Lynne à Greg Kurstin, de Youth à David Kahne, chaque collaboration raconte une manière différente de cadrer un artiste qui n’a jamais cessé d’hésiter entre l’autosuffisance et le désir d’être bousculé. Et c’est bien ce qui rend cette discographie si passionnante : derrière chaque album, il y a moins la question de savoir qui produit McCartney que celle de comprendre quelle part de lui-même il décide, cette fois, de laisser apparaître.

Paul McCartney de retour sur scène les 27 et 28 mars 2026 !!!!!

Le retour sur scène de Paul McCartney en 2026

Il y a des annonces qui dépassent de très loin la simple information pratique. Voir Paul McCartney annoncer deux soirs au Fonda Theatre de Los Angeles, les 27 et 28 mars, raconte quelque chose de très précis sur son état présent : celui d’un artiste qui refuse obstinément de se laisser figer dans sa propre légende. À l’heure où les vétérans du rock transforment souvent leurs tournées en grandes messes patrimoniales, McCartney choisit au contraire la compression, la proximité, l’intensité d’une salle à taille humaine. Et ce changement d’échelle n’a rien d’anecdotique. Il rappelle qu’avant d’être un monument culturel, son répertoire fut d’abord une décharge physique, une musique faite pour cogner, vibrer, surprendre. Après la démesure de Got Back Tour 2025, ces deux concerts au Fonda prennent ainsi des allures de manifeste : celui d’un McCartney toujours capable de remettre le rock au centre, de réactiver ses chansons dans un cadre plus tendu, plus direct, presque plus risqué. De la jauge réduite au dispositif sans téléphone, tout indique ici une volonté de rendre l’événement à sa vérité la plus simple : celle d’un homme, d’un groupe et d’un répertoire immense confrontés à la chaleur d’une petite salle. Et c’est précisément pour cela que ces deux soirs disent autant du présent incandescent de McCartney.

Nobody Told Me, ou le clin d’œil acide du dernier John Lennon

Nobody Told Me de John Lennon : le rire nerveux du dernier Lennon

Il y a des chansons posthumes qui avancent lestées par leur propre statut, comme si leur simple existence imposait d’emblée le recueillement. Et puis il y a celles qui refusent de se laisser transformer en reliques. Nobody Told Me appartient à cette seconde catégorie. Bien sûr, on ne peut pas l’entendre sans penser au retour interrompu de John Lennon en 1980, à cette renaissance discographique brutalement stoppée, à ce futur qui ne viendra jamais. Mais la force du morceau tient précisément à son refus du mausolée. Ce n’est pas une épitaphe mise en musique : c’est une chanson nerveuse, ironique, mobile, qui regarde le désordre du monde avec ce mélange de lassitude goguenarde et de lucidité mordante dont Lennon avait le secret. Derrière son efficacité immédiate, Nobody Told Me raconte pourtant beaucoup plus qu’un simple comeback avorté. On y entend un artiste revenu de bien des illusions, moins prophète qu’autrefois, plus humain sans doute, mais toujours capable de condenser l’absurdité moderne dans quelques formules inoubliables. Entre gestation ancienne, détour manqué par Ringo Starr, énergie râpeuse de Milk and Honey et regard aigu sur les débuts des années 1980, la chanson capte un Lennon vivant, drôle, contradictoire, encore pleinement au travail. Et c’est peut-être pour cela qu’elle reste si bouleversante : non comme un tombeau, mais comme une porte restée entrouverte.

JE M'ABONNE A LA NEWSLETTER

Envie de ne rien manquer des Beatles et de Yellow-Sub ? Abonnez-vous à la newsletter et recevez nos actus, offres et information concours
JE M'ABONNE
Garantie sans SPAM ! Conformité RGPD.
close-link