« From A Lover To A Friend », extrait de l’album Driving Rain, est une chanson émotive de Paul McCartney qui aborde la transition délicate entre l’amour romantique et l’amitié. Avec des paroles introspectives et une structure musicale atypique, cette chanson illustre la capacité de McCartney à allier simplicité et profondeur. Bien que son succès commercial ait été limité, elle demeure un morceau apprécié pour sa richesse émotionnelle et sa démarche créative unique, soutenue par un geste de solidarité après les événements du 11 septembre 2001.
John Lennon puisait dans un répertoire personnel de chansons oubliées qui reflètent son goût pour l’efficacité, la sincérité et le riff marquant. De Tommy Tucker à Bobby Parker, ces titres dévoilent une boussole artistique exigeante et sans compromis.
Il existe dans la discographie solo de John Lennon des chansons qui semblent flotter hors du temps, comme si elles avaient été enregistrées dans cet instant incertain où l’on ne sait plus très bien si l’on rêve encore. « #9 Dream » appartient à cette catégorie rare. Née d’une mélodie entendue pendant son sommeil puis captée au réveil, la chanson arrive en 1974 au cœur du Lost Weekend, cette période chaotique où Lennon vit loin de Yoko Ono, partage son quotidien avec May Pang et traverse pourtant l’une des phases les plus fécondes de sa carrière. Sur Walls and Bridges, il transforme ce matériau fragile en une miniature d’une sophistication exceptionnelle : piano électrique de Nicky Hopkins, guitare de Jesse Ed Davis, saxophone de Bobby Keys, cordes somptueuses de Ken Ascher et voix traitée comme un souvenir qui s’éloigne. Au centre du morceau, la formule « böwakawa poussé, poussé » ne signifie rien, mais résume tout : le langage du rêve, affranchi de la logique et porté par la seule musique des syllabes. Et puis il y a ce chiffre neuf qui poursuit Lennon depuis l’enfance, de sa date de naissance à « Revolution 9 », jusqu’à cette chanson qui atteindra précisément la neuvième place des charts américains. Plus qu’une curiosité numérologique, « #9 Dream » reste surtout l’un de ses plus beaux morceaux : une chanson douce, mystérieuse et mélancolique, qui continue de revenir longtemps après la fin du rêve.
« Stand By Me », reprise de Ben E. King par John Lennon, incarne un tournant dans la carrière de l’artiste. Sortie en 1975, cette chanson, initialement enregistrée en 1969, reflète l’évolution de Lennon, de l’artiste rebelle à l’homme en quête de paix. Avec des musiciens comme Jesse Ed Davis et Klaus Voormann, il réinvente ce classique, ajoutant une dimension émotionnelle brute. Le single annonce aussi sa retraite musicale avant son retour en 1980. « Stand By Me » reste un symbole de résilience et de transformation pour Lennon.
En 1969, Allen Klein devient le manager de Lennon, Harrison et Starr, provoquant une scission irréparable avec McCartney. Séducteur redouté, négociateur impitoyable, il restructure Apple mais précipite la chute des Beatles. Sa gestion brutale marque le début de la fin du groupe légendaire.
Sorti en 1980 sur l’album McCartney II, Temporary Secretary est un morceau électro expérimental devenu culte. Paul McCartney admet aujourd’hui qu’il ne l’écrirait plus, en raison de son ton ironique jugé inapproprié à l’ère post-Me Too.
« I’m Losing You », issue de l’album Double Fantasy sorti en novembre 1980, incarne la peur de John Lennon de perdre Yoko Ono et sa vulnérabilité. Écrite après une frustration liée à une tentative échouée de communication avec elle, la chanson mêle désespoir et espoir de réconciliation. Bien qu’initialement enregistrée avec Cheap Trick, la version finale fut retravaillée en studio pour mieux s’intégrer à l’album. Cette chanson poignante reste un témoignage du combat intérieur de Lennon à l’aube de sa disparition tragique.
l y a des disques qui arrivent trop tôt, et Ram fait partie de ceux-là. Quand Paul McCartney le publie en mai 1971, à peine un an après l’implosion officielle des Beatles, le monde n’a pas envie d’entendre un ex-Beatle chanter la campagne écossaise, l’amour conjugal, les enfants, les béliers et les petites joies domestiques. La critique attend de lui une grande déclaration, une revanche, un manifeste. Elle reçoit un album bizarre, libre, brinquebalant, tendre, parfois féroce, où les mélodies les plus lumineuses croisent le nonsense britannique, les orchestrations grandioses, les attaques à peine voilées contre Lennon et une forme de bonheur familial que le rock de l’époque juge presque suspecte.
On sait aujourd’hui à quel point le malentendu fut immense. Derrière sa pochette de gentleman-farmer et ses airs de récréation à deux voix avec Linda, Ram cache l’un des sommets de McCartney : un disque de reconstruction, d’invention et de liberté, enregistré entre New York, Los Angeles et les souvenirs humides du Kintyre. Méprisé en 1971, il est devenu avec le temps une pierre fondatrice de l’indie pop, une matrice pour des générations de musiciens qui y ont reconnu ce que les contemporains n’avaient pas voulu entendre : la beauté étrange d’un artiste refusant de devenir le monument qu’on exigeait de lui.
Voir Paul McCartney revenir sur le plateau de Saturday Night Live aurait déjà suffi à réveiller cette petite fièvre que l’on croyait réservée aux grandes apparitions tardives, celles où le rock cesse d’être une histoire ancienne pour redevenir, l’espace de quelques minutes, une affaire de direct, de nerfs et de chansons. Mais la soirée avait son détail de travers, son grain de sable réjouissant : derrière lui, ce n’était pas Abe Laboriel Jr., compagnon de route infatigable depuis plus de vingt ans, mais Chad Smith, le cogneur des Red Hot Chili Peppers, vieux double de Will Ferrell et invité presque trop parfait pour une émission qui a toujours aimé mélanger la mythologie pop et la farce télévisée. Sur le papier, on pouvait craindre le gag de plateau, le clin d’œil un peu lourd, ou la curiosité pour réseaux sociaux. À l’arrivée, c’est tout autre chose qui s’est joué : une petite secousse dans la liturgie maccartneyenne, assez légère pour ne pas inquiéter, assez visible pour raconter beaucoup. Car McCartney, en 2026, n’est pas seulement une légende que l’on vient saluer. Il reste un musicien au travail, capable de défendre une chanson nouvelle, de replonger dans Wings, de ressortir l’étrangeté synthétique de Coming Up et d’accueillir, le temps d’une soirée, un batteur venu d’un autre âge du rock. Une parenthèse mineure, peut-être, mais profondément révélatrice : chez Paul, même les souvenirs continuent de battre.












