Vingt-six albums studio en cinquante-six ans, plus cinq œuvres classiques, quatre disques électroniques et deux publications sous pseudonyme : la discographie solo complète de Paul McCartney, dans l’ordre, avec les classements, les correctifs et les dossiers associés.
De Mary Hopkin à Beyoncé, de Steve Miller aux Rolling Stones : enquête complète sur les collaborations de Paul McCartney après les Beatles — dates, studios, crédits, citations et correctifs factuels.
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De « Maybe I’m Amazed » à « Home to Us » avec Ringo Starr : vingt titres solo et Wings, en cinq actes, pour découvrir la carrière post-Beatles de Paul McCartney.
On croit souvent connaître Paul McCartney parce qu’on connaît ses refrains, ses basses bondissantes, ses ballades impérissables et cette manière presque insolente de transformer trois accords en standard mondial. Mais il existe, dans les replis de son œuvre, un autre Paul : plus secret, plus joueur, plus aventureux, celui qui préférait déjà les bandes magnétiques de Tomorrow Never Knows au confort de la légende, et qui n’a jamais cessé de chercher des portes de sortie à sa propre image. The Fireman, projet mené pendant quinze ans avec Youth, ex-bassiste de Killing Joke et producteur passé par The Orb, est sans doute la plus fascinante de ces échappées. Trois albums, de l’ambient techno anonyme de Strawberries Oceans Ships Forest à l’explosion pop psychédélique d’Electric Arguments, en passant par le somptueux Rushes, disque de brumes, de drones et d’ombres intimes. Sous ce masque de pompier emprunté à Penny Lane, McCartney s’autorise à perdre le contrôle, à danser, à sampler, à improviser, à disparaître un peu pour mieux réapparaître ailleurs. Et c’est peut-être là, loin des évidences, que se cache l’un de ses plus beaux secrets.
En 1993, on voudrait encore enfermer Paul McCartney, ex-Beatles au sourire d’écolier, dans le rôle du faiseur de refrains solaires. Et puis surgit « Looking For Changes », piste nerveuse de l’album Off The Ground, qui tranche net : une protestation frontale contre les tests sur les animaux et l’expérimentation animale, racontée sans gants, avec des images qui collent à la peau. Derrière le riff pop-rock, il y a un choc, une photo, une blessure morale, et un couple en première ligne : Paul et Linda McCartney, végétariens militants, pour qui la compassion n’est pas une posture mais un quotidien. Ici, McCartney accepte d’écrire “moche”, de griffer le vernis, et de faire de la mélodie un cheval de Troie. Sur scène, le refrain devient incantation : changer, enfin. Réception gênée, débat science/éthique, héritage durable… ce titre méconnu révèle un McCartney qui refuse de se figer. On n’en sort pas indemne, et c’est le but. Et il rappelle, au passage, que la tendresse peut devenir carburant de la colère, et que la pop peut encore réveiller au lieu de bercer.
Il suffit de quelques minutes dans un décor fauché de talk-show pour voir tomber les masques : Chris Farley, bulldozer comique de Saturday Night Live, se retrouve face à Paul McCartney et… se met à trembler. Plus de chutes ni de hurlements : juste un fan en apnée, incapable d’aligner une question sans se traiter d’idiot, et un Beatle étonnamment doux qui le rassure, le relance, l’empêche de se noyer dans sa propre honte. On replonge dans ce sketch culte de février 1993 — entre Off the Ground et l’imminente New World Tour — pour comprendre pourquoi ce malaise fait encore rire et serre la gorge. Du Japon à “Paul is dead”, des rituels médiatiques aux mythes Beatles, tout ramène à une phrase d’Abbey Road : « the love you take is equal to the love you make ». Et si, au fond, ce moment disait autant sur McCartney que sur Farley : la célébrité, l’idolâtrie, et cette beauté maladroite qu’on reconnaît immédiatement… parce qu’elle nous ressemble. Au passage, McCartney n’est pas là seulement pour brandir la carte postale : il vient jouer du neuf (« Get Out of My Way », « Biker Like an Icon »), puis rallumer « Hey Jude » comme on rallume un feu de camp collectif. Un instant de télévision où l’humour devient confession — et où l’idole, pour une fois, tend la main.
Il y a des chansons de Paul McCartney qu’on entend venir : refrains en lettres capitales, couplets taillés pour la radio, souvenirs prêts à servir. Et puis il y a celles qui avancent à pas feutrés, comme si elles craignaient de déranger. « Mistress and Maid », cachée dans Off The Ground (1993), fait partie de ces trésors discrets : une valse en 3/4 qui tourne comme une pendule, belle en surface et pourtant traversée d’un malaise tenace. Le point de départ est un Vermeer — une maîtresse, une servante, une lettre, un silence — mais McCartney n’en tire pas une carte postale : il transforme ce clair-obscur en scène domestique, en radiographie d’un couple où l’amour se confond avec le service. Coécrite avec Elvis Costello, la chanson taille dans le quotidien au scalpel, tandis que l’orchestration de Carl Davis ajoute des ombres, des soupirs, des contre-champs. Résultat : trois minutes de théâtre miniature, trop subtil pour les singles et trop obsédant pour rester dans un coin du disque. D’autant que McCartney l’a presque jamais jouée : une performance publique célèbre, à Londres, en 1995, suffit à alimenter le mythe. Et si le vrai « Vermeer » du catalogue McCartney était là, à portée d’oreille ?
Paul McCartney signe un tournant avec Off The Ground, enregistré entre novembre 1991 et octobre 1992. L’album, réalisé en live in the studio avec son groupe de tournée à Hog Hill Mill, capte une énergie brute et authentique. Entre performances spontanées et textes engagés sur des thèmes sociaux et politiques, il marque une réinvention du rock live et confirme la volonté de l’ex-Beatle de renouer avec ses racines.
Sortie en 1983 en face B de Say Say Say, Ode To A Koala Bear est une ballade douce et enfantine de Paul McCartney. Enregistrée le 8 décembre 1980, jour de l’assassinat de John Lennon, cette chanson minimaliste au piano prend une résonance particulière. Restée dans l’ombre du tube avec Michael Jackson, elle témoigne pourtant de la sensibilité musicale de McCartney et capture un instant figé entre légèreté et tragédie.












