Le 25 août 2026, le Fender Custom Shop a dévoilé la Limited Edition George Harrison 1967 Bass VI : une reproduction main dans les moindres détails, construite à Corona (Californie), vieillie au procédé Relic, vendue 9 500 dollars et réservée aux revendeurs Showcase de la marque. L’argumentaire tient en une phrase, reprise mot pour mot […]
De « Some People Never Know » à « Getting Closer » : vingt titres pour comprendre les Wings, le groupe de Paul McCartney, ses sept formations et ses dix années (1971-1981).
De « Maybe I’m Amazed » à « Find My Way » : vingt chansons commentées, avec dates de séances, classements et correctifs, pour entrer dans la carrière solo de Paul McCartney.
De « Maybe I’m Amazed » à « Home to Us » avec Ringo Starr : vingt titres solo et Wings, en cinq actes, pour découvrir la carrière post-Beatles de Paul McCartney.
300 000 personnes accueillaient les Beatles à Adélaïde — la plus grande foule de leur carrière. Récit d’une journée devenue légende.
Il y a des photographies qui résument une époque parce qu’elles ont été pensées pour devenir des emblèmes, et d’autres qui touchent plus profondément encore parce qu’elles semblent avoir échappé à toute mise en scène. Celle de Paul McCartney, Linda McCartney et de leur poney Jet traversant le passage piéton d’Abbey Road appartient à cette seconde catégorie. On y voit l’ancien Beatle revenir sur le lieu le plus sacralisé de sa propre légende, non pas en survivant solennel d’un mythe mondial, mais en homme accompagné de sa femme, de sa vie nouvelle et d’un petit cheval familial qui ignore superbement qu’il marche sur l’un des morceaux de bitume les plus célèbres de la pop. Tout McCartney est là : le poids des Beatles, l’instinct domestique, l’humour anglais, la ruralité déplacée en pleine ville, la capacité à traverser l’histoire sans s’agenouiller devant elle. Après la pochette mythique de 1969, cette autre traversée raconte moins la fin d’un groupe que la survie d’un homme. Avec Linda, Wings, les enfants, les animaux et les chansons, Paul ne fuit pas Abbey Road : il le rend à la vie.
Il y a des morceaux qui concluent un album en refermant poliment la porte, et d’autres qui choisissent de tout faire exploser avant le générique. Nineteen Hundred and Eighty-Five appartient évidemment à la seconde catégorie. Placé à la fin de Band On The Run, le titre ne se contente pas d’offrir à Paul McCartney et Wings une sortie spectaculaire : il condense toute l’énergie de fuite, de reconstruction et de revanche qui traverse le disque. Un piano martelé comme une alarme, une voix au bord de la rupture, une orchestration de Tony Visconti qui gonfle jusqu’à la démesure, puis ce retour final au thème de Band On The Run comme si l’album entier venait de trouver sa boucle secrète. Longtemps resté dans l’ombre des évidences que sont Jet ou le morceau-titre, Nineteen Hundred and Eighty-Five a fini par gagner son statut de classique caché, notamment grâce aux archives, à One Hand Clapping et à sa redécouverte sur scène. Derrière son titre futuriste et sa phrase énigmatique, McCartney n’écrivait pourtant pas une dystopie, mais une chanson d’amour sous masque de science-fiction : une promesse lancée vers un avenir déjà périmé, mais que la musique, elle, continue de faire courir.
Cela faisait dix ans que Paul McCartney n’avait plus vraiment affronté l’Amérique sur une scène. Dix ans depuis les derniers concerts des Beatles, les cris plus forts que les amplis, la fin d’un monde avalé par sa propre mythologie. Le 3 mai 1976, à Fort Worth, il revient pourtant là où tout avait basculé, mais il ne revient pas seul, ni en survivant poli d’un miracle disparu. Il revient avec Wings, ce groupe longtemps moqué, souvent réduit à une fantaisie conjugale, parfois regardé comme une note de bas de page dans l’histoire du plus grand groupe du monde. Sauf qu’en 1976, Paul McCartney n’a plus grand-chose à prouver sur disque : Band on the Run, Venus and Mars et At the Speed of Sound ont transformé la convalescence post-Beatles en nouvelle machine à tubes. Il lui reste à conquérir la scène américaine, à faire tenir dans un même souffle les fantômes de Yesterday, la flamboyance de Live and Let Die, la ferveur de Maybe I’m Amazed et l’insolence mélodique de Silly Love Songs. Wings Over America n’est pas un album live de plus. C’est le moment où McCartney cesse d’être prisonnier de son passé et comprend qu’il peut le jouer sans s’y dissoudre. Il n’a pas besoin de tuer les Beatles pour continuer à vivre. Il lui fallait simplement des ailes.
Il y a des retours qui ont l’air, vus de loin, d’une simple ligne dans un calendrier de tournée. Un lundi soir de mai, un centre de conventions au Texas, un ancien Beatle qui remonte sur une scène américaine après dix ans d’absence, sa femme aux claviers, un groupe encore regardé avec méfiance, quelques lasers, des cuivres, de la fumée et une trentaine de chansons pour répondre à une question que tout le monde se posait sans toujours l’avouer : Paul McCartney pouvait-il exister, vraiment, en dehors des Beatles ? Le 3 mai 1976, à Fort Worth, la réponse ne fut pas théorique. Elle passa par la basse, les refrains, les harmonies, les morceaux de Wings imposés au public avant que les fantômes de Liverpool ne soient invités à la table. Ce soir-là, McCartney ne revint pas mendier la nostalgie américaine. Il vint défendre son présent, son groupe, Linda, Denny Laine, Jimmy McCulloch, Joe English, et cette idée presque insolente qu’une seconde vie pouvait être autre chose qu’un appendice à la première. Avant Madison Square Garden, avant l’album live Wings Over America, avant la preuve gravée, il y eut cette nuit de Fort Worth : celle où l’Amérique attendait les Beatles et découvrit que Wings savait voler.
Il y a des récompenses qui finissent au fond d’un tiroir et des phrases qui vous tiennent lieu de médaille. Paul McCartney l’a compris le soir où Keith Moon, le volcan des Who, l’a stoppé net dans un couloir : qui tient la batterie sur Band on the Run ? « Moi », répond Paul. Verdict immédiat : “fucking great”. Deux mots qui valent un diplôme de batteur, et qui éclairent une facette trop souvent sous-estimée du plus mélodiste des ex-Beatles. Des jours sans Ringo aux sessions marathon de The Ballad of John and Yoko, jusqu’au chaos de Lagos en 1973 où Wings embarque à trois et se retrouve sans batteur, McCartney n’a cessé de prendre les baguettes quand la musique l’exigeait. Résultat : une batterie de compositeur, pas de démonstrateur, qui raconte le morceau autant qu’elle le propulse — du drive de Jet au battement poisseux de Let Me Roll It. Ici, on rembobine l’histoire, on écoute le groove, on détaille les coups de caisse claire et ce que cette validation de Moon raconte vraiment : un rocker déguisé en gentleman, capable d’être à la fois architecte et moteur, et de faire avancer un classique à la force des poignets.












