Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Encyclopédie de studio · 1982–1983

« She’s About a Mover » : Ringo Starr, Doug Sahm et une section rythmique entièrement différente

Sur Old Wave, Ringo chante sans batterie créditée : Peter Bunetta tient les fûts, Freebo la basse et le tuba, avec guitares, orgue et trois cuivres.

Enregistrement et mixage : Jim Nipar et les studios de Old Wave (1982–1983), étude complémentaire des personnels techniques, des prises et des versions.

Doug Sahm : l’origine du morceau et sa trajectoire

« She’s About a Mover » appartient au catalogue de Doug Sahm, qui l’enregistre avec le Sir Douglas Quintet en 1965. Cette chanson occupe une place notable dans le rapprochement du rhythm and blues américain, du rock et des sonorités du Texas. Quand Ringo la reprend pour Old Wave, il ne revendique pas sa composition : il propose une interprétation nouvelle d’une œuvre célèbre. La fiche doit donc distinguer Doug Sahm, auteur de la chanson, de Joe Walsh, producteur de la version de 1982, et de Ringo, chanteur principal. L’absence de Sahm du générique instrumental de cette nouvelle bande ne constitue pas un oubli : il n’est pas documenté comme participant à la séance.

Une anomalie positive : Ringo ne tient pas les fûts

Ringo Starr est crédité au chant principal de cette version, tandis que la batterie revient à Peter Bunetta. Cette distinction est essentielle dans une encyclopédie de collaborations bâtie autour d’un batteur : sa notoriété ne permet pas de lui attribuer un instrument qu’un autre musicien a enregistré. Le morceau figure sur un album solo de Starr mais ne documente pas nécessairement une performance de Ringo aux fûts. Il rejoint ainsi les titres où l’ancien Beatle emploie sa voix sans intervenir directement à la batterie. La comparaison avec les quatre premières chansons du LP, pour lesquelles Ringo tient lui-même batterie et percussions, met en évidence la diversité du travail du producteur Joe Walsh.

Freebo : basse et tuba, une double contribution singulière

Le bassiste Freebo, connu pour son travail dans la scène rock américaine, apporte ici deux instruments : la basse et le tuba. Ce détail n’est pas décoratif. L’usage d’un instrument grave de la famille des cuivres permet une autre texture que la seule basse électrique. Les relevés du personnel ne fixent pas nécessairement le moment exact où le tuba a été ajouté ; il ne faut donc pas inventer une prise commune à tous les exécutants. Mais la présence d’un instrumentiste crédité à la fois dans la section rythmique et dans l’univers des cuivres est un trait distinctif de ce morceau et doit être conservée sous deux fonctions séparées.

Trois guitaristes et un orgue autour de Walsh

Joe Walsh est crédité à la guitare principale et aux chœurs. Sherwood Ball et Kal David l’accompagnent aux guitares ; Bruce MacPherson joue de l’orgue. Cette formation diffère sensiblement du noyau de « In My Car », où Mo Foster tient la basse et Gary Brooker et Chris Stainton les claviers. Les fiches qui appliquent la même liste de musiciens aux dix plages du LP commettent donc une erreur. L’intérêt de l’album réside précisément dans la coexistence de sessions au personnel très divers, adaptées au répertoire et aux orientations de Joe Walsh.

La percussion : Sam Clayton, Joe Lala et Jocko Marcellino

Trois percussionnistes sont nommés : Sam Clayton, Joe Lala et Jocko Marcellino. Ils rejoignent le batteur Peter Bunetta plutôt que de se substituer à lui. La notion de « percussions » peut recouvrir des instruments ou jeux très différents ; le générique ne permet pas de leur attribuer à chacun un tambourin, une conga ou un shaker précis. L’encyclopédie doit conserver la catégorie publiée et attendre une feuille de bande avant d’individualiser les instruments. Cette retenue est importante car la présence de trois professionnels ajoute à la richesse rythmique sans constituer trois batteries supplémentaires.

Trois cuivres identifiés individuellement

Les cuivres sont confiés à Garrett Adkins au trombone, Lee Thornburg à la trompette et David Woodford au saxophone. Cette disposition évoque les formations de soul et de rhythm and blues qui ont nourri l’écriture de Doug Sahm. Leurs noms doivent être conservés au niveau de la chanson et non absorbés dans une attribution vague à « un orchestre de cuivres ». Il faut aussi relever une variation orthographique du nom Woodford/Wooford rencontrée dans certaines sources secondaires : la forme retenue devra être vérifiée sur la pochette originale et des crédits indépendants.

Santa Barbara : une configuration de sessions propre à cette reprise

MusicBrainz situe la base de l’enregistrement à Santa Barbara Sound Recording, avec des périodes de relations documentaires entre janvier et avril 1982. L’ingénieur du disque est Jim Nipar. Cela contraste avec les titres principalement associés aux travaux de Startling Studios à Ascot, même si une production multipiste peut passer d’un lieu à l’autre. Il faut distinguer la prise instrumentale initiale, les éventuelles finitions vocales, le mixage et les éditions de 1983. Une date mensuelle dans une base de données ne peut garantir la présence de toute la section de cuivres durant chaque journée.

La place exacte sur Old Wave et les rééditions

« She’s About a Mover » est la cinquième plage et clôt la face A de l’album de 1983. Le LP n’est pas distribué au Royaume-Uni lors de sa première campagne, mais possède des éditions allemandes et canadiennes documentées. Le morceau devient aussi une face B d’un single américain lié au catalogue réédité en 1994. Ces publications n’ajoutent aucune nouvelle session de Doug Sahm ou de Ringo : elles transmettent la prise de 1982. La référence du support et la matrice sont les éléments nécessaires pour identifier une variante physique, sans confondre un autre pressage avec un nouvel enregistrement.

Une comparaison sonore possible mais non surinterprétée

La version du Sir Douglas Quintet des années 1960 et celle de Ringo des années 1980 peuvent être rapprochées à travers leur pulsation, leur harmonie de guitares, la couleur des cuivres et leur emploi des rythmes de rhythm and blues. Une telle comparaison exige l’écoute de bandes identifiées et non la simple mention d’un influenceur musical. On peut établir avec certitude que l’œuvre est celle de Doug Sahm et que le nouveau master mobilise une formation composée de Bunetta, Freebo, Walsh, Ball, David, MacPherson et plusieurs percussionnistes et cuivres. Le catalogue n’a pas besoin de transformer ce constat en anecdote non sourcée pour lui donner de la valeur.

La section rythmique et les guitares de la bande initiale

Les études consacrées à Freebo et Peter Bunetta et à Sherwood Ball et Kal David éclairent les métiers de la bande instrumentale de « She’s About a Mover ». Freebo intervient à la basse et au tuba, Bunetta à la batterie, tandis que les deux guitaristes accompagnent Joe Walsh. Ringo Starr ajoute son chant en avril 1982 à un enregistrement commencé à Santa Barbara en janvier. Il serait donc inexact de lui attribuer automatiquement la batterie de ce master parce que la plupart des biographies le présentent comme batteur.

Les cuivres de David Wooford, Garrett Adkins et Lee Thornburg, ainsi que les percussions de Sam Clayton, Joe Lala et Jocko Marcellino, distinguent cette reprise de Doug Sahm du reste de l’album. La distinction entre l’œuvre de 1965, la bande enregistrée en 1982 et sa publication en 1983 constitue la base d’une sessionographie sans duplications.