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Yellow-Sub.net · 1982 · Zak Starkey · Russell Kunkel · Ray Cooper · Joe Walsh

I Keep Forgettin’ : Zak Starkey, Russell Kunkel et la batterie remplacée sur Old Wave (1982)

Une première batterie enregistrée par Zak, puis remplacée par Russell Kunkel : l’histoire du master, des percussions de Ringo et du single mexicain.

Enregistrement et mixage : Jim Nipar et les studios de Old Wave (1982–1983), étude complémentaire des personnels techniques, des prises et des versions.

Le premier travail de Zak Starkey pour une chanson de son père

En 1982, Zak Starkey, fils de Ringo Starr et de Maureen Cox, n’est pas encore le batteur célèbre que le public connaîtra plus tard auprès des Who. Il a seize ans lorsqu’il est invité à tenir la batterie d’une nouvelle interprétation de « I Keep Forgettin’ », enregistrée pour le futur Old Wave de son père. Les documents de séance lui attribuent une participation initiale, précieuse pour reconstituer ses premiers pas de musicien professionnel au contact de l’entourage de Ringo.

Mais ce premier enregistrement n’est pas synonyme de présence sur le master publié. La partie de Zak est finalement remplacée avant la sortie de l’album. L’historien doit donc distinguer un musicien ayant joué sur une bande de travail de celui dont la batterie figure sur le mixage commercial. Présenter le titre de 1983 comme un « duo de batteries père-fils » serait une contre-vérité : Ringo n’assure pas non plus la batterie du master retenu.

La chanson : Chuck Jackson et le patrimoine soul

« I Keep Forgettin’ » appartient au répertoire du rhythm and blues américain. Chuck Jackson l’enregistre en 1962 et l’emmène dans les classements américains. Le générique de la version de Ringo reproduit généralement les noms de Jerry Leiber et Mike Stoller, mais certaines notices relatives à la chanson de Jackson ajoutent Gilbert Garfield. La distinction entre éditions successives des crédits doit être conservée jusqu’à vérification des dépôts et des étiquettes.

Ringo apporte aux séances un album de succès de Chuck Jackson, qu’il fait écouter à Joe Walsh et à l’ingénieur Jim Nipar. L’équipe décide de reprendre le morceau. Le choix explique la place importante d’une section de cuivres et des percussions, bien différente du groupe Clapton–Entwistle de l’autre face d’Old Wave. Une œuvre peut venir de la soul de 1962 tout en possédant une production rock des années 1980 : il faut donc préserver la date de première publication de l’œuvre et celle du nouveau master.

Le rôle de Ringo : chant et percussions, pas batterie de kit

La notice individuelle attribue à Ringo Starr la voix et les percussions. En raison de l’identité publique de Starr, les bases simplifiées lui ajoutent parfois automatiquement une batterie. Pourtant, sa décision de confier l’instrument à son fils, puis à Russell Kunkel, constitue précisément l’histoire de cet enregistrement. Il est essentiel de ne pas effacer cette spécificité sous un crédit standard.

Les percussions sont partagées avec Ray Cooper. Les relevés de séance citent congas, toms, tambourin, shaker et wood block parmi les éléments ajoutés. Ces informations ne permettent pas toujours de ventiler chaque instrument individuel entre Starr et Cooper avec certitude ; on conservera donc l’ensemble des fonctions et toute attribution personnelle seulement lorsqu’elle est appuyée par les notes originales.

Zak Starkey : crédit de première prise, non du master de 1983

La première piste de batterie est confiée à Zak. The Beatles Bible évoque explicitement cette prestation et son remplacement ultérieur. C’est un fait significatif pour la biographie instrumentale de Zak, mais la nature exacte de la prise initiale, sa durée, son degré d’achèvement et sa conservation éventuelle dans des archives publiques ne sont pas entièrement documentés.

Une base encyclopédique peut créer une entrée « Zak Starkey — batterie, séance initiale non retenue », liée à la chanson et à l’année 1982, puis une entrée différente pour Russell Kunkel, batteur du master édité. Elle ne doit pas transformer la première en une édition commerciale inexistante. Les deux personnes ont participé à des étapes de production distinctes, dont une seule est attestée sur le résultat accessible au public.

Juillet 1982 : Russell Kunkel remplace la batterie

L’équipe décide de modifier le son rythmique et utilise une piste de référence avant que Russell Kunkel n’enregistre une nouvelle batterie en juillet 1982 à Santa Barbara Sound Recording. Le nom de Kunkel apparaît ainsi dans le personnel publié, non celui de Zak. Rien dans cette décision ne permet de spéculer sur une dispute familiale, une insuffisance du jeune musicien ou la nature affective du changement. Les documents évoquent un choix de son, pas un conflit.

Cette intervention doit être datée séparément des premières séances du printemps. Lorsque des inventaires portent simplement « enregistré en mars 1982 », ils occultent une étape déterminante pour identifier les instruments réellement audibles. Un collectionneur souhaitant rechercher une hypothétique version avec Zak devra établir l’existence d’une bande conservée, pas seulement utiliser le nom de son père comme preuve.

Le reste du personnel : guitares, orgue, tuba et section de cuivres

Joe Walsh joue de la guitare et participe aux voix ; Sherwood Ball et Kal David jouent également de la guitare, Bruce MacPherson de l’orgue et Freebo de la basse et du tuba. Garrett Adkins est crédité au trombone, Lee Thornburg à la trompette et David Wooford au saxophone. Ces crédits montrent que la piste appartient au monde des instrumentistes de studio californiens, et non à l’équipe anglaise de Gary Brooker et Mo Foster présente sur plusieurs autres titres.

Une particularité technique, rapportée par Jim Nipar, concerne des effets de réverbération inversée appliqués aux guitares de Joe Walsh. Cette technique crée une impression de son qui s’annonce avant l’attaque de l’instrument. L’information est un souvenir d’ingénierie utile, mais il ne faut pas l’étendre à toutes les guitares d’Old Wave sans preuve dans les notes d’autres séances.

Mo Foster et la Fender Bass VI : ne pas fusionner les bassistes

La notice de The Beatles Bible indique qu’un son percussif particulier provient de Mo Foster jouant une Fender Bass VI à six cordes. Mais le personnel principal du titre attribue la basse à Freebo. Ce genre de superposition doit être restitué correctement : une intervention additionnelle de Foster ne le transforme pas en unique bassiste du master ni n’efface le crédit de Freebo.

La Fender Bass VI tient un rôle sonore inhabituel, à mi-chemin entre une basse à registre étendu et des attaques pouvant créer un effet rythmique. Pour le collectionneur, ce type de détail ne peut pas être résumé au seul mot « basse » ; la fiche devrait conserver l’instrument précis, la fonction et la provenance documentaire.

Le 45-tours mexicain et l’identité de son verso

La chanson est signalée comme face A d’un single commercialisé au Mexique avec « She’s About A Mover » au verso. Cette combinaison n’a pas le même statut que le 45-tours allemand « In My Car / As Far As We Can Go ». Il faut identifier chaque référence de catalogue et chaque territoire de manière autonome, plutôt que de supposer une sortie identique dans le monde entier.

La photographie des étiquettes, les sociétés de droits, les durées imprimées et les matrices restent nécessaires pour établir les variantes matérielles du single mexicain. Une différence de pressage n’est pas une preuve de mixage alternatif. Il faudrait comparer le son au LP Bellaphon de 1983 avant d’annoncer une version inédite.

Qu’est-ce qu’un crédit rejeté ? Une leçon méthodologique

La situation de « I Keep Forgettin’ » impose de séparer trois catégories : le personnel d’une séance, le personnel du master publié et les personnes mentionnées dans une histoire orale. Zak appartient à la première, Russell Kunkel à la deuxième, tandis que Jim Nipar intervient à la troisième comme témoin technique, outre sa fonction d’ingénieur. Le prénom du musicien, le nombre de pistes et l’année du support ne suffisent pas à confondre ces statuts.

Cette distinction pourrait être appliquée à toute la discographie des Beatles : une partie supprimée avant l’édition reste un événement de studio documentable, mais n’est pas audible sur le disque. Pour l’histoire familiale des Starkey, le morceau conserve toute son importance même si la batterie de Zak n’a pas été sélectionnée.

Deux batteries, mais un seul master standard publié

L’histoire de « I Keep Forgettin’ » doit distinguer la première prestation de Zak Starkey, jeune batteur invité sur une bande de travail, de la partie de Russell Kunkel retenue pour le disque. Une prise remplacée reste un fait historique : elle révèle une collaboration familiale et un état antérieur du morceau, même si elle ne doit pas être créditée comme batterie de la version commerciale. Ringo Starr et Ray Cooper participent aux percussions, métier différent de la batterie enregistrée par Kunkel. La séparation des tâches évite également d’attribuer sans preuve à Ringo tous les instruments rythmiques des chansons de l’album.

Les crédits du master et les récits de studio divergent parfois dans leur niveau de détail. La date de l’overdub de Kunkel à Santa Barbara en juillet 1982, la présence de Zak sur une version préliminaire et la publication du LP en 1983 doivent figurer à des niveaux chronologiques distincts. Les questions d’identification des coauteurs et de matrice du single mexicain demeurent ouvertes lorsqu’aucun exemplaire ou document décisif ne permet de les trancher.