Sommaire
Biographie de Ringo Starr, batteur des Beatles
Il est né dans le quartier le plus pauvre de Liverpool, a passé près de deux ans de son enfance dans des lits d’hôpital, n’a jamais terminé sa scolarité et a appris à lire tard. Il est entré dans les Beatles le dernier, par la petite porte, sous les huées d’une poignée de fans qui réclamaient son prédécesseur. Soixante-quatre ans plus tard, Richard Starkey, que le monde entier appelle Ringo Starr, est chevalier de l’Empire britannique, double membre du Rock and Roll Hall of Fame, docteur honoris causa de l’université de sa ville natale, auteur d’un premier album numéro un à quatre-vingt-quatre ans, et il termine ce mercredi 7 octobre 2026, à Albany, une nouvelle tournée américaine avec son All-Starr Band. À quatre-vingt-six ans, il est l’un des deux Beatles encore vivants, et le seul à n’avoir jamais cessé de faire ce qu’il faisait déjà en 1957 : jouer de la batterie derrière d’autres musiciens, et sourire.
Cette biographie de Ringo Starr reprend tout, dans l’ordre : l’enfance au Dingle, la maladie, les années skiffle, Rory Storm and the Hurricanes, l’éviction de Pete Best, la Beatlemania, le batteur de studio que les plus grands musiciens du monde ont fini par reconnaître comme une référence, la carrière solo et ses deux numéros un américains, la traversée du désert et l’alcool, les mariages avec Maureen Cox puis Barbara Bach, les enfants, le All-Starr Band, le virage country de 2025-2026 et la philosophie du “peace and love” qu’il répète chaque 7 juillet. Avec les citations sourcées de ceux qui l’ont connu, une discographie complète, une chronologie, une FAQ et les erreurs les plus répandues corrigées une par une.
En bref — Ringo Starr en dix points
- Nom de naissance : Richard Starkey, né le 7 juillet 1940 au 9 Madryn Street, quartier du Dingle, Liverpool.
- Rôle : batteur des Beatles d’août 1962 à 1970, chanteur d’une chanson par album en moyenne (Boys, Yellow Submarine, With a Little Help from My Friends, Octopus’s Garden).
- Arrivée dans le groupe : le 18 août 1962 au Hulme Hall de Port Sunlight, deux jours après le renvoi de Pete Best.
- Carrière solo : 22 albums studio de 1970 à 2026, deux numéros un au Billboard Hot 100 (Photograph et You’re Sixteen), un premier album numéro un en 2025 avec Look Up (classement country britannique).
- Scène : le Ringo Starr and His All-Starr Band tourne sans interruption notable depuis le 23 juillet 1989.
- Mariages : Maureen Cox (1965-1975), puis l’actrice Barbara Bach depuis le 27 avril 1981.
- Enfants : Zak (1965), Jason (1967) et Lee (1970) Starkey, tous nés de son premier mariage.
- Distinctions : MBE en 1965, Rock and Roll Hall of Fame en solo en 2015, chevalier en 2018, doctorat honoris causa de l’université de Liverpool le 7 juillet 2026.
- Philosophie : sobre depuis octobre 1988, il a fait de “peace and love” une devise publique et de son anniversaire un rendez-vous mondial depuis 2008.
- Actualité 2026 : album Long Long Road (24 avril), duo Home to Us avec Paul McCartney, tournées américaines au printemps et à l’automne.
Fiche d’identité de Ringo Starr
Avant d’entrer dans le récit, voici les données essentielles, telles qu’elles sont établies par les sources de référence (Mark Lewisohn, Bill Harry, le site officiel ringostarr.com et les archives de l’état civil britannique). Elles serviront de repère tout au long de l’article.
| Nom complet | Sir Richard Starkey, MBE |
| Nom de scène | Ringo Starr (adopté en 1959) |
| Naissance | 7 juillet 1940, 9 Madryn Street, Dingle, Liverpool (Angleterre) |
| Parents | Richard Starkey (boulanger-confiseur) et Elsie Gleave ; beau-père Harry Graves à partir de 1953 |
| Instruments | Batterie, percussions, chant, piano (rudimentaire) |
| Groupes | Eddie Clayton Skiffle Group, Raving Texans, Rory Storm and the Hurricanes, The Beatles, Ringo Starr and His All-Starr Band |
| Années Beatles | 18 août 1962 – avril 1970 |
| Épouses | Maureen Cox (mariage le 11 février 1965, divorce le 17 juillet 1975) ; Barbara Bach (mariage le 27 avril 1981) |
| Enfants | Zak (13 septembre 1965), Jason (19 août 1967), Lee (11 novembre 1970) |
| Albums studio solo | 22, de Sentimental Journey (1970) à Long Long Road (2026) |
| Labels principaux | Apple, Atlantic/Polydor, RCA, Private Music, Mercury, Koch, UMe |
| Distinctions majeures | MBE (1965), étoile du Hollywood Walk of Fame (2010), Rock and Roll Hall of Fame en solo (2015), Knight Bachelor (2018), docteur honoris causa de Berklee (2022) et de l’université de Liverpool (2026) |
Une enfance au Dingle : le Liverpool d’avant les Beatles (1940-1955)
Madryn Street, puis Admiral Grove
Richard Starkey naît le dimanche 7 juillet 1940, peu après minuit, au 9 Madryn Street, une rue de maisons ouvrières mitoyennes du Dingle, au sud des docks de Liverpool. Un mois plus tard, la Luftwaffe commence à bombarder le port : Liverpool sera, après Londres, la ville anglaise la plus durement frappée par le Blitz. L’enfant est le fils unique de Richard Starkey, confiseur, et d’Elsie Gleave, et c’est dans ce paysage de cratères, de rationnement et de briques noircies qu’il grandit. Le quartier est l’un des plus pauvres de la ville. Des quatre futurs Beatles, il est de loin celui qui vient du milieu le plus modeste : Lennon a grandi dans une maison mitoyenne bourgeoise de Woolton, McCartney et Harrison dans des logements sociaux neufs de la périphérie.
Le couple parental se défait très tôt. Richard Starkey père quitte le foyer alors que son fils n’a que trois ans. Ringo ne le reverra qu’une poignée de fois, et il n’a jamais caché le ressentiment qui en a découlé. Elsie et l’enfant quittent Madryn Street pour une maison au loyer plus abordable, toute proche, au 10 Admiral Grove. C’est là qu’il vivra jusqu’à la Beatlemania. La maison existe toujours et fait partie, avec la façade du 9 Madryn Street, des haltes obligées du pèlerinage Beatles à Liverpool.
Elsie Starkey multiplie les petits emplois pour faire vivre le foyer : serveuse dans un pub, employée de ménage, vendeuse dans une épicerie. L’enfant, que tout le monde appelle alors “Ritchie”, passe une grande partie de son temps chez ses grands-parents paternels, qui l’adorent et l’emmènent en vacances. Le paradoxe a souvent été relevé : ce sont les parents du père absent qui assurent la continuité affective du petit garçon.
Parkin ou Starkey ? L’énigme d’un nom de famille
Ringo Starr a lui-même raconté que son “vrai” nom aurait dû être Parkin. Selon le récit familial qu’il a rapporté à plusieurs reprises, son grand-père paternel s’appelait à l’origine Johnny Parkin ; lorsque la mère de celui-ci se remaria avec un homme nommé Starkey, ce qui était très mal vu à l’époque, l’enfant prit le nom de son beau-père. Le nom qui a fait le tour du monde sous la forme raccourcie “Starr” est donc lui-même le produit d’une recomposition familiale. Cette anecdote, souvent citée, repose sur la seule mémoire de la famille : aucune source d’état civil publiée ne la documente en détail, et il faut la prendre comme telle.
L’enfant d’hôpital : péritonite, coma et sanatorium
C’est la maladie, plus que la pauvreté, qui façonne l’enfance de Richard Starkey. En 1947, à six ans, une appendicite dégénère en péritonite. L’enfant est opéré d’urgence, tombe dans le coma et reste hospitalisé de longs mois. Il a raconté qu’on lui avait promis une tasse de thé à son réveil, et qu’il avait mis des semaines à se réveiller. Sa mère s’est entendu dire à plusieurs reprises qu’il ne passerait pas la nuit. Lorsqu’il revient enfin à l’école Saint Silas, ses camarades le surnomment Lazare.
Le second coup tombe en 1953. À treize ans, une pleurésie compliquée de tuberculose l’envoie au sanatorium de l’hôpital pour enfants de Heswall, sur la péninsule du Wirral, où il restera environ deux ans. Au total, il aura manqué l’équivalent de plusieurs années de scolarité. Il apprend à lire tard, écrit longtemps de façon phonétique, et quitte le système scolaire sans le moindre diplôme : il est le seul des quatre Beatles à ne pas avoir fréquenté de grammar school. Ces hospitalisations à répétition lui laisseront aussi un estomac fragile et une liste d’aliments à éviter qui deviendra célèbre en 1968, lorsqu’il emportera une valise de haricots blancs en conserve à Rishikesh.
Mais c’est aussi à Heswall que tout commence. Pour occuper les jeunes patients de longue durée, l’hôpital organise un petit orchestre de percussions. On donne à Ritchie des baguettes, un tambour, parfois de simples boîtes à frapper. Il l’a résumé plus tard d’une formule : à partir de ce moment, il ne voulait plus rien d’autre qu’une batterie. Nous avons consacré une enquête complète à cette période, de la péritonite de 1947 aux salles communes de Heswall : Ringo Starr, l’enfant d’hôpital.
Harry Graves, le beau-père qui lui a offert la musique
En 1953, Elsie épouse Harry Graves, un peintre en bâtiment originaire de Londres. L’homme va jouer un rôle décisif. Grand amateur de big bands, de jazz et de chanteuses comme Sarah Vaughan, il fait écouter à son beau-fils une musique qu’il ne lui impose jamais. Ringo l’a toujours décrit avec une tendresse sans réserve : c’est de lui, disait-il, qu’il avait appris la gentillesse. Il le surnommait, avec l’humour bancal qui deviendra sa marque de fabrique, son “stepladder” (escabeau) au lieu de “stepfather”.
À Noël 1957, Harry Graves revient d’un voyage dans le sud avec une batterie d’occasion achetée une dizaine de livres. Ce n’est pas une batterie complète, mais c’est la première. Richard Starkey a dix-sept ans, il travaille déjà, et il sait désormais ce qu’il veut faire.
Correctif factuel — Greaves ou Graves ?
De nombreuses biographies francophones, dont plusieurs versions de pages encyclopédiques, orthographient le nom du beau-père de Ringo “Harry Greaves”. Le nom correct, retenu par Mark Lewisohn dans Tune In et par Bill Harry dans sa Ringo Starr Encyclopedia, est Harry Graves. L’erreur vient d’une transcription phonétique répétée de site en site.
Skiffle, usine et Rory Storm : les années d’apprentissage (1955-1962)
Le garçon de courses qui ne voulait pas partir à l’armée
À sa sortie du sanatorium, Richard Starkey a quinze ans et aucune qualification. Il est brièvement garçon de courses pour les chemins de fer britanniques, échoue à la visite médicale qui lui aurait permis d’y rester, puis travaille comme serveur sur les ferries qui traversent la Mersey. Il finit par entrer comme apprenti chez H. Hunt and Son, une entreprise de matériel pour piscines et gymnases. La motivation n’est pas seulement économique : un apprentissage permet alors de différer le service militaire. Il s’y fait un ami, Roy Trafford, avec qui il partage la passion du rock and roll naissant, d’Elvis Presley, de Bill Haley et surtout des chanteurs de country, Hank Williams en tête, qui ne le quitteront jamais.
Les deux garçons fréquentent aussi, pendant un temps, une bande de Teddy Boys. Ringo a décrit plus tard, sans romantisme, la violence de ces années : bagarres de rue, coups de couteau, règlements de comptes. Il a toujours présenté la musique comme ce qui l’en avait sorti.
Le skiffle et l’Eddie Clayton Skiffle Group
En 1957, l’Angleterre est saisie par la fièvre du skiffle, cette musique bricolée sur des planches à laver et des contrebasses faites d’une caisse de thé, popularisée par Lonnie Donegan. Toute une génération de garçons de Liverpool monte des groupes, dont les Quarrymen de John Lennon. Richard Starkey, Roy Trafford et un collègue nommé Eddie Myles fondent l’Eddie Clayton Skiffle Group, qui joue pendant les pauses déjeuner de l’usine, puis dans les clubs, les mariages et les concours de talents. Le groupe se produit même à la Cavern, qui n’est encore qu’un club de jazz tolérant le skiffle.
Ringo passe ensuite par le Darktown Skiffle Group, puis rejoint au début de 1959 les Raving Texans d’Alan Caldwell, un chanteur athlétique et extraverti qui se fait bientôt appeler Rory Storm. La même année, l’armée cesse d’appeler les hommes nés après 1939 : la conscription n’est plus une menace. Richard Starkey quitte l’usine pour devenir musicien professionnel, contre l’avis de sa famille, qui voit là une folie. Soixante-sept ans plus tard, en recevant son doctorat de l’université de Liverpool, il rappellera précisément ce moment.
“Ringo Starr” : la naissance d’un nom de scène
Comme tous les membres des Hurricanes, Richard Starkey se choisit un nom de scène. Il porte de nombreuses bagues, d’où “Ringo”, qui évoque aussi les héros de western qu’il adore. “Starkey” sonnant mal à ses oreilles, il le raccourcit en “Starr”. Le nom permet en outre à Rory Storm de baptiser le moment du concert où son batteur prend le micro : le “Starr Time”. Ringo y chante notamment Boys des Shirelles, qu’il emportera chez les Beatles, et You’re Sixteen de Johnny Burnette, qu’il placera en tête du Billboard Hot 100 quinze ans plus tard.
Rory Storm and the Hurricanes, Butlins et Hambourg
Au tournant des années 1960, Rory Storm and the Hurricanes sont l’un des groupes les plus populaires de la scène de Liverpool, bien devant les Beatles, alors encore balbutiants. Ils passent l’été 1960 en résidence dans un village de vacances Butlins à Pwllheli, au pays de Galles, puis partent pour Hambourg à l’automne, où ils jouent au Kaiserkeller en alternance avec un groupe moins rodé, les Beatles. C’est là que les quatre futurs collègues apprennent à se connaître. Le 15 octobre 1960, dans un petit studio d’enregistrement privé de Hambourg, l’Akustik, Ringo joue avec John Lennon, Paul McCartney et George Harrison pour accompagner Lu Walters, le bassiste des Hurricanes, sur une reprise de Summertime : c’est le tout premier enregistrement réunissant les quatre Beatles de la formation définitive. Aucune copie n’a été retrouvée à ce jour.
De retour à Liverpool, Rory Storm and the Hurricanes continuent de dominer les classements locaux. Le journal Mersey Beat les place quatrièmes de son premier référendum de lecteurs en janvier 1962, quand les Beatles sont premiers. Ringo fait brièvement, au tout début de 1962, une parenthèse à Hambourg comme batteur de Tony Sheridan, puis revient chez Rory. Pour comprendre ce milieu, ses clubs et ses rivalités, on pourra lire notre dossier sur le Merseybeat, de la Cavern à Hambourg et le portrait du groupe qui l’a formé : Rory Storm and the Hurricanes, le groupe qui a fabriqué Ringo Starr.
Le quatrième Beatle : août 1962, l’éviction de Pete Best
Un remplaçant occasionnel devenu évident
De 1960 à 1962, le batteur des Beatles s’appelle Pete Best. Il est beau, populaire auprès des filles, mais musicalement moins solide que le reste du groupe, et sa personnalité, plus réservée, se marie mal avec l’humour corrosif de Lennon, McCartney et Harrison. Ringo remplace Best à plusieurs reprises lorsque celui-ci est indisponible, notamment le 5 février 1962, au Cavern Club et au Kingsway Club de Southport. George Harrison a raconté que chaque fois que Ringo s’asseyait derrière les fûts, le groupe sentait que quelque chose s’emboîtait enfin, et qu’il avait lui-même poussé les deux autres à l’engager pour de bon.
George Martin, catalyseur involontaire
Le facteur déclenchant vient du studio. Le 6 juin 1962, les Beatles passent leur première séance chez EMI, à Abbey Road, sous la houlette de l’équipe de George Martin. Le producteur leur fait savoir qu’il utilisera un batteur de séance pour les enregistrements, ce qui était alors une pratique courante. La remarque conforte le groupe dans une décision qui mûrissait déjà. Le 16 août 1962, c’est le manager Brian Epstein qui annonce à Pete Best qu’il est remplacé. Les trois autres ne lui diront rien eux-mêmes, ce qu’ils regretteront plus tard. Ringo est contacté alors qu’il joue avec Rory Storm au Butlins de Skegness ; il accepte sans hésiter. Il gagnera vingt-cinq livres par semaine.
18 août 1962 : Port Sunlight, puis la Cavern
Le premier concert de Ringo Starr comme membre à part entière des Beatles a lieu le samedi 18 août 1962 au Hulme Hall de Port Sunlight, pour un bal de la société d’horticulture locale. Le lendemain, 19 août, c’est la Cavern. L’accueil est hostile : une partie du public scande des slogans en faveur de Pete Best, et George Harrison reçoit un coup de poing qui lui laisse un œil au beurre noir, visible sur les photos prises quelques jours plus tard. Le 23 août, John Lennon épouse Cynthia Powell sans que Ringo en soit informé : il a raconté qu’il lui avait fallu du temps pour être émotionnellement accepté. La soirée du 18 août est racontée en détail dans notre article 18 août 1962 : la nuit où Ringo devient officiellement un Beatle.
Andy White et l’épisode de Love Me Do
Le 4 septembre 1962, les Beatles enregistrent Love Me Do à Abbey Road avec Ringo à la batterie. Une semaine plus tard, le 11 septembre, le groupe revient en studio et découvre qu’un batteur de séance chevronné, Andy White, a été engagé par Ron Richards, l’assistant de George Martin. Ringo est relégué au tambourin sur une nouvelle version de Love Me Do et aux maracas sur P.S. I Love You. Il l’a vécu comme une humiliation : des années plus tard, il racontait encore qu’il avait cru subir le même sort que Pete Best, et qu’il en avait longtemps voulu à George Martin, lequel s’en est excusé à plusieurs reprises. L’histoire du disque est racontée dans Love Me Do a 64 ans.
Correctif factuel — Qui joue de la batterie sur Love Me Do ?
On lit souvent que “c’est Ringo qui joue sur la face A du single”. C’est vrai, mais seulement pour une partie des exemplaires. Le premier pressage britannique de Love Me Do (Parlophone R 4949, 5 octobre 1962) utilise la version du 4 septembre avec Ringo. Les pressages ultérieurs, l’album Please Please Me (1963) et la plupart des éditions américaines utilisent la version du 11 septembre avec Andy White à la batterie et Ringo au tambourin. Le moyen le plus simple de les distinguer : la présence ou non du tambourin. Il n’existe donc pas “une” version de Love Me Do, mais deux, et Ringo est présent sur les deux, à des postes différents.
Dès Please Please Me et She Loves You, en revanche, la question ne se pose plus. George Martin est convaincu, et Ringo jouera sur la quasi-totalité des enregistrements des Beatles jusqu’en 1970.
La Beatlemania vue de derrière la batterie (1963-1966)
Une chanson par album : le chanteur maison
Dès le premier album, une règle tacite s’installe : chaque disque des Beatles comporte une chanson pour Ringo. Sur Please Please Me (1963), il reprend Boys, le morceau de bravoure de ses années Hurricanes. Sur With the Beatles, il chante I Wanna Be Your Man, que Lennon et McCartney venaient d’offrir aux Rolling Stones. Viennent ensuite Honey Don’t de Carl Perkins sur Beatles for Sale, Act Naturally de Buck Owens sur Help!, What Goes On sur Rubber Soul (son premier crédit d’auteur, partagé avec Lennon et McCartney), puis les deux chansons écrites sur mesure qui deviendront ses hymnes : Yellow Submarine sur Revolver (1966) et With a Little Help from My Friends sur Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967).
Le choix de ces titres n’est pas anodin. La voix de Ringo, un baryton nasal à la tessiture étroite, n’a ni la puissance de Lennon ni l’agilité de McCartney. Mais elle porte une chaleur et une absence totale d’affectation qui en font l’instrument idéal pour les chansons de complicité, de country et de comptine. Lennon et McCartney l’ont compris très tôt et ont écrit pour lui comme on taille un costume. Le détail de ses onze interprétations au micro est analysé dans Ringo Starr chanteur des Beatles : les onze chansons où il a pris le micro.
| Album des Beatles | Année | Chanson(s) chantée(s) par Ringo | Auteur(s) |
|---|---|---|---|
| Please Please Me | 1963 | Boys | Dixon / Farrell (Shirelles) |
| With the Beatles | 1963 | I Wanna Be Your Man | Lennon-McCartney |
| A Hard Day’s Night | 1964 | Aucune (Ringo chante Matchbox sur l’EP Long Tall Sally) | Carl Perkins |
| Beatles for Sale | 1964 | Honey Don’t | Carl Perkins |
| Help! | 1965 | Act Naturally | Morrison / Russell (Buck Owens) |
| Rubber Soul | 1965 | What Goes On | Lennon-McCartney-Starkey |
| Revolver | 1966 | Yellow Submarine | Lennon-McCartney |
| Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band | 1967 | With a Little Help from My Friends | Lennon-McCartney |
| The Beatles (album blanc) | 1968 | Don’t Pass Me By, Good Night | Starkey ; Lennon-McCartney |
| Abbey Road | 1969 | Octopus’s Garden | Starkey |
| Let It Be | 1970 | Aucune | — |
Ringo, le Beatle préféré de l’Amérique
Lorsque les Beatles débarquent à New York le 7 février 1964, puis apparaissent au Ed Sullivan Show le 9 février devant environ 73 millions de téléspectateurs, une surprise attend les observateurs : le batteur, perché sur sa plateforme, le nez proéminent, les bagues aux doigts et le sourire désarmant, devient immédiatement le chouchou du public américain. Il reçoit une part considérable du courrier des fans, des badges “I Love Ringo” se vendent par milliers, et plusieurs disques de circonstance lui sont consacrés aux États-Unis cette année-là. Lors des conférences de presse, ses réparties pince-sans-rire font mouche. La plus célèbre, souvent citée, est la réponse attribuée à Ringo à un journaliste qui lui demandait ce qu’il pensait de Beethoven : il l’aimait beaucoup, surtout ses poèmes.
A Hard Day’s Night et les “ringoïsmes”
Au printemps 1964, les Beatles tournent leur premier film sous la direction de Richard Lester. Son titre vient d’une phrase de Ringo, qui, sortant d’une longue journée de travail et constatant qu’il fait déjà nuit, aurait lâché qu’il avait été “a hard day’s night”. Ces lapsus, que Lennon appelait des “ringoïsmes”, étaient notés avec gourmandise par le groupe. Un autre deviendra le titre de la dernière chanson de Revolver : Tomorrow Never Knows, formule employée par Ringo lors d’un entretien télévisé en 1964. L’histoire précise de ces deux titres, et des doutes qui entourent la première, est racontée dans Les ringoïsmes : l’histoire complète des deux titres que Ringo Starr a donnés aux Beatles.
Dans le film, Ringo hérite de la séquence la plus remarquée : une échappée solitaire le long de la Tamise, pendant laquelle il quitte le groupe, piqué au vif par les remarques du grand-père fictif de Paul. La critique salue unanimement ses qualités de comédien muet, son sens du tempo comique et cette mélancolie de clown triste qui tranche sur l’agitation des trois autres. L’année suivante, Help! fait de lui le pivot de l’intrigue : une secte orientale poursuit les Beatles pour récupérer une bague sacrificielle que Ringo ne parvient pas à retirer de son doigt.
Juin 1964 : l’intermède Jimmie Nicol
Le 3 juin 1964, à la veille d’une tournée qui doit mener les Beatles au Danemark, aux Pays-Bas, à Hong Kong, en Australie et en Nouvelle-Zélande, Ringo s’effondre pendant une séance photo : amygdalite et pharyngite, fièvre élevée, hospitalisation immédiate. Brian Epstein et George Martin décident d’engager au pied levé un batteur de séance londonien, Jimmie Nicol. George Harrison s’y oppose violemment, jugeant qu’un Beatle sans Ringo n’est plus les Beatles, avant de se ranger à l’avis général. Nicol assure une dizaine de concerts. Ringo rejoint ses camarades à Melbourne le 14 juin et retrouve sa place sur scène dès le lendemain. Ses amygdales lui seront retirées en décembre 1964.
Mariage, MBE et Shea Stadium : 1965
L’année 1965 est celle de tous les sommets. Le 11 février, Ringo épouse Maureen Cox (voir plus bas). Le 15 août, les Beatles jouent devant plus de 55 000 personnes au Shea Stadium de New York, un record mondial pour un concert de rock à l’époque, et Ringo y chante Act Naturally et I Wanna Be Your Man dans un vacarme qui couvre presque totalement la musique. Le 26 octobre, les quatre Beatles reçoivent l’insigne de membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE) des mains de la reine Élisabeth II à Buckingham Palace, provoquant le renvoi de leurs décorations par plusieurs anciens récipiendaires indignés.
Cette période a aussi un revers que Ringo a souvent décrit : sur scène, dans le hurlement continu des fans, il ne s’entend plus jouer. Privé de retours, il cale son tempo en observant les mouvements des épaules et des hanches de ses camarades. Il a dit plus tard qu’à force, il était devenu un moins bon batteur, et qu’il avait accueilli la fin des tournées avec soulagement. Le dernier concert payant des Beatles a lieu au Candlestick Park de San Francisco, le 29 août 1966.
Le batteur de studio : de Revolver à Abbey Road (1966-1970)
Rain et Tomorrow Never Knows, les sommets d’un style
Libérés de la scène, les Beatles transforment le studio en laboratoire. Pour Ringo, la période ouverte par Revolver est celle de l’épanouissement. Il a désigné à plusieurs reprises son jeu sur Rain, face B de Paperback Writer enregistrée en avril 1966, comme la meilleure performance de sa carrière : une batterie foisonnante, des roulements décalés, une manière de jouer “autour” de la mesure plutôt que dessus. Sur Tomorrow Never Knows, il invente un motif hypnotique, répété en boucle sous les bandes inversées, qui a fait de ce titre l’un des ancêtres revendiqués de la musique électronique et du rock psychédélique.
Sgt. Pepper et l’ennui des échecs
Paradoxalement, l’album le plus célébré des Beatles est celui qui a le moins plu à son batteur. Les séances de Sgt. Pepper, étalées de novembre 1966 à avril 1967, sont dominées par de longues séances de surimpressions auxquelles il ne participe pas. Ringo a raconté avoir passé des heures à attendre, et avoir appris à jouer aux échecs avec le road manager Neil Aspinall. Il n’en signe pas moins, sur A Day in the Life, l’une des parties de batterie les plus admirées de l’histoire du rock, faite de roulements de toms lents et lourds, que McCartney l’avait encouragé à jouer de façon théâtrale. Il a toujours préféré, il ne s’en est jamais caché, l’énergie collective de l’album blanc : voir Pourquoi Ringo Starr a toujours préféré le chaos magnifique du White Album à Sgt. Pepper’s.
Correctif factuel — Ringo et l’orchestre d’A Day in the Life
Une anecdote répandue sur le web francophone attribue à Ringo l’idée d’engager “la moitié d’un orchestre et de le faire jouer deux fois” pour remplir les 24 mesures centrales d’A Day in the Life. Aucune source de première main ne la documente. Les récits de George Martin, de Geoff Emerick et les registres analysés par Mark Lewisohn établissent que la séance orchestrale du 10 février 1967 réunissait une quarantaine de musiciens, et que la montée a été superposée plusieurs fois sur la bande pour obtenir un effet plus massif. L’idée de l’orchestre est généralement attribuée à McCartney, l’écriture de la montée à Martin. La contribution réelle et considérable de Ringo à ce titre est sa batterie.
Rishikesh, février 1968 : dix jours en Inde
En février 1968, les quatre Beatles partent suivre les enseignements du Maharishi Mahesh Yogi dans son ashram de Rishikesh, au pied de l’Himalaya. Ringo et Maureen y restent une dizaine de jours seulement. La nourriture épicée est un problème pour son estomac fragilisé, Maureen supporte mal les insectes, et le couple s’ennuie de ses enfants. Ringo a comparé le séjour, avec une affection moqueuse, à un camp de vacances Butlins. Il n’en a pas moins gardé de l’expérience une pratique durable : il pratique la méditation transcendantale depuis cette époque et l’a revendiqué publiquement à de nombreuses reprises.
22 août 1968 : le Beatle qui démissionne le premier
Les séances de l’album blanc sont tendues : les Beatles travaillent souvent séparément, Yoko Ono est présente en permanence aux côtés de Lennon, l’ingénieur Geoff Emerick a claqué la porte en juillet. Le 22 août 1968, Ringo, qui se sent mal jouer et a l’impression d’être un étranger, va voir Lennon pour lui annoncer qu’il quitte le groupe parce que les trois autres sont trop proches. Lennon lui répond qu’il pensait que c’étaient les trois autres, Ringo compris, qui étaient proches. Même réponse de McCartney. Ringo part quand même. Il emmène sa famille en Sardaigne, sur le yacht de son ami Peter Sellers.
Pendant son absence, les trois autres enregistrent Back in the U.S.S.R. et Dear Prudence, avec McCartney à la batterie selon la version la plus couramment admise. Ringo reçoit un télégramme qui lui dit qu’il est le meilleur batteur de rock’n’roll du monde et qu’on l’attend. Lorsqu’il revient à Abbey Road le 3 septembre 1968, il découvre sa batterie recouverte de fleurs. Cet épisode, première démission d’un Beatle, est reconstitué jour après jour dans 3 septembre 1968 : les fleurs sur la batterie de Ringo Starr et replacé dans la série des départs du groupe dans Ils sont partis avant la fin.
Don’t Pass Me By, puis Octopus’s Garden
L’album blanc apporte aussi à Ringo une consécration attendue depuis 1964 : sa première composition en solo sur un disque des Beatles. Don’t Pass Me By, ébauchée dès 1963, est un morceau country au violon grinçant. McCartney avait expliqué en 1964, avec une ironie affectueuse, qu’on n’avait jamais eu la place de mettre une chanson de Ringo sur un album parce qu’il ne les terminait jamais. Sur le même disque, Lennon lui confie Good Night, berceuse orchestrale écrite pour son fils Julian, qui referme l’album dans un écrin de cordes arrangées par George Martin.
C’est sur le yacht de Peter Sellers, pendant sa fugue sarde, que naît la seconde. Le capitaine lui raconte que les pieuvres ramassent des cailloux et des objets brillants pour en tapisser le fond de leur antre. Ringo en tire Octopus’s Garden, rêverie sous-marine sur le désir d’échapper au monde, que George Harrison l’aide à structurer. Enregistrée à partir du 26 avril 1969, elle figure sur Abbey Road, que l’on peut se procurer dans son édition vinyle du 50e anniversaire.
The End : le seul solo de batterie des Beatles
Ringo a toujours détesté les solos de batterie, qu’il jugeait inutiles et ennuyeux. Ce n’est qu’à force de douce persuasion que ses camarades obtiennent de lui, lors de l’enregistrement du medley final d’Abbey Road en juillet 1969, le court passage de batterie seule qui ouvre The End. C’est le seul solo de batterie de toute la discographie des Beatles, et il est placé dans le dernier morceau du dernier album enregistré par le groupe. Le symbole a souvent été souligné. Pour aller plus loin : Abbey Road : 10 faits méconnus qui changent l’écoute du dernier album enregistré par les Beatles.
La fin des Beatles
Ringo est le Beatle qui a le moins souhaité la séparation. Il n’est absent que de rares enregistrements de la fin de parcours, dont The Ballad of John and Yoko (avril 1969), enregistrée par Lennon et McCartney seuls alors qu’il tournait The Magic Christian. Lorsque Lennon annonce en privé, en septembre 1969, qu’il quitte le groupe, puis que McCartney rend la rupture publique en avril 1970, Ringo est déjà en train d’enregistrer son premier album solo. Dans les procès qui suivent, il se range du côté de Lennon et Harrison contre McCartney sur la question du management d’Allen Klein, sans que cela ne rompe jamais durablement son amitié avec Paul. Le contexte complet de la rupture est retracé sur notre page la séparation des Beatles.
Le style Ringo : anatomie d’un batteur qu’on a trop longtemps sous-estimé
Un gaucher sur une batterie de droitier
Le secret du jeu de Ringo Starr tient en partie à une singularité physique. Il est gaucher, mais joue sur une batterie montée pour droitier. Lorsqu’il fait descendre un roulement de toms, il ne peut pas enchaîner naturellement de la caisse claire vers le tom basse comme le ferait un droitier : il commence souvent avec la main gauche et doit contourner l’obstacle, ce qui produit ces “fills” légèrement en retard, bancals, immédiatement reconnaissables. Il a lui-même résumé la chose en se décrivant comme un batteur au style décalé, aux roulements comiques, qu’il attribuait précisément à ce problème de latéralité.
Il est aussi l’un des grands vulgarisateurs de la prise de baguettes dite “matched grip”, où les deux mains tiennent les baguettes de la même façon, à une époque où la tradition jazz imposait la prise “traditional grip” héritée des tambours militaires. Des milliers d’adolescents qui l’ont vu à la télévision en 1964 ont appris à jouer de cette manière.
Le “feel” plutôt que la virtuosité
Ringo n’a jamais été un technicien au sens où l’entendaient les batteurs de jazz de son époque, et il ne l’a jamais prétendu. Sa force est ailleurs : la stabilité du tempo, la capacité à jouer exactement ce dont la chanson a besoin et rien d’autre, et une manière de construire des parties de batterie qui sont des signatures. Il a expliqué qu’il ne suivait qu’une règle : jouer avec le chanteur, et faire en sorte que la grosse caisse et la basse de McCartney, qu’il tenait pour le bassiste le plus mélodique qui soit, avancent ensemble. Écoutez Ticket to Ride, Come Together, Something ou Strawberry Fields Forever : chacune de ces parties pourrait identifier la chanson sans le reste de la musique.
Ludwig, l’Oyster Black Pearl et le logo “Drop-T”
Au printemps 1963, Ringo achète chez Drum City, à Londres, une batterie Ludwig en finition Oyster Black Pearl. Le magasin, dirigé par Ivor Arbiter, dessine pour la peau de grosse caisse un logo avec un “T” qui dépasse vers le bas : le célèbre “Drop-T”, devenu le logo des Beatles. Le passage de Ringo au Ed Sullivan Show fait exploser les ventes de la marque américaine, qui doit agrandir son usine pour répondre à la demande. L’enquête complète est à lire ici : Le “Drop-T” des Beatles, né par accident sur la grosse caisse de Ringo Starr.
Le témoignage des bandes : presque jamais fautif
L’argument le plus solide en faveur de Ringo vient de l’homme qui a écouté toutes les bandes de studio des Beatles. Mark Lewisohn, auteur de The Complete Beatles Recording Sessions (1988), a relevé que les prises interrompues à cause d’une erreur de batterie se comptent sur les doigts des deux mains en huit ans d’enregistrements, l’immense majorité des faux départs étant dus aux trois autres. Pour un groupe qui enregistrait alors en direct sur quatre pistes, cette fiabilité était un atout considérable.
Correctif factuel — “Il n’est même pas le meilleur batteur des Beatles”
C’est sans doute la phrase la plus citée sur Ringo Starr, presque toujours attribuée à John Lennon. Elle n’est pas de lui. Mark Lewisohn a établi que cette plaisanterie avait été prononcée par l’humoriste anglais Jasper Carrott dans une émission de la BBC en 1983, soit trois ans après la mort de Lennon. Aucun enregistrement, aucun entretien de Lennon ne contient cette réplique. Lennon a au contraire, à plusieurs reprises, défendu le jeu de son batteur, qu’il jugeait sous-estimé au même titre que la basse de McCartney.
Le dossier complet de cette réhabilitation, qui confronte témoignages, enregistrements et classements, est à lire dans Le procès en médiocrité de Ringo Starr : anatomie d’un batteur qu’on a passé soixante ans à sous-estimer.
Une influence revendiquée par plusieurs générations de batteurs
La liste des batteurs qui ont cité Ringo parmi leurs influences ressemble à un annuaire du rock : Phil Collins, Dave Grohl, Max Weinberg du E Street Band, Steve Gorman des Black Crowes, Tré Cool de Green Day, Danny Carey de Tool, Nicko McBrain d’Iron Maiden, Mike Portnoy de Dream Theater, Liberty DeVitto, longtemps aux côtés de Billy Joel, et bien d’autres. Le magazine Rolling Stone l’a classé 14e dans sa liste des cent plus grands batteurs de tous les temps en 2016. Il est entré au Percussive Arts Society Hall of Fame en 2002, aux côtés de Buddy Rich et de William F. Ludwig.
Ce qu’ils ont dit de Ringo : citations et références
Rien ne dit mieux la place de Ringo Starr que la parole de ceux qui ont travaillé avec lui. Voici une sélection de jugements, avec leur source, traduits en français.
John Lennon
“Ringo était une star à part entière à Liverpool avant même que nous nous rencontrions. C’était un batteur professionnel qui chantait, se produisait et avait son Ringo Starr-time dans l’un des meilleurs groupes de Liverpool.”
— John Lennon, entretien avec David Sheff pour Playboy, septembre 1980 (publié dans All We Are Saying). Lennon ajoutait que le talent de Ringo aurait fait surface avec ou sans les Beatles.
Paul McCartney
“Tu es le plus grand batteur du monde. Vraiment.”
— Paul McCartney, carte postale envoyée à Ringo au lendemain du concert sur le toit d’Apple, fin janvier 1969, reproduite dans le livre de Ringo Postcards from the Boys (2004). En avril 2015, c’est McCartney qui intronisera son ami au Rock and Roll Hall of Fame à Cleveland.
George Harrison
Harrison a raconté dans The Beatles Anthology que c’est lui qui avait le plus insisté pour faire entrer Ringo dans le groupe en 1962, et qu’à chaque fois que celui-ci remplaçait Pete Best, le groupe avait l’impression que “c’était ça”. En 1964, il menaça de ne pas partir en tournée sans lui. Il fut son plus fidèle collaborateur de l’après-Beatles : It Don’t Come Easy, Back Off Boogaloo et Photograph portent sa marque.
George Martin
Le producteur des Beatles, qui avait douté de lui en 1962, a ensuite multiplié les éloges : il décrivait un batteur qui frappait juste et fort, qui utilisait remarquablement ses toms et dont le sens du tempo rendait l’enregistrement des chansons d’une grande facilité (propos rapportés dans The Beatles Anthology et dans ses mémoires All You Need Is Ears, 1979).
Phil Collins
“Il est largement sous-estimé. Les roulements de batterie sur A Day in the Life sont des choses très complexes.”
— Phil Collins, 1992. L’ancien batteur de Genesis expliquait qu’un grand batteur d’aujourd’hui, à qui l’on demanderait de reproduire cette partie, ne saurait pas par où commencer.
Steve Smith
Le batteur de Journey a résumé dans Modern Drummer ce qui, selon lui, avait changé avec Ringo : avant lui, on jugeait les batteurs vedettes à leur virtuosité et à leurs solos ; après lui, on a commencé à les considérer comme des créateurs à part égale dans un groupe, capables d’écrire des parties si caractéristiques qu’on reconnaît la chanson à la seule batterie.
T Bone Burnett
“J’ai aimé le jeu de Ringo et son chant toute ma vie.”
— T Bone Burnett, producteur de Look Up et Long Long Road, communiqué de presse du 3 mars 2026.
Wendy Beetlestone
La chancelière de l’université de Liverpool, en lui remettant son doctorat honoris causa le 7 juillet 2026, a salué un musicien dont l’œuvre, en particulier au sein des Beatles, a contribué à façonner l’identité et la réputation mondiale de Liverpool (communiqué de l’université de Liverpool, 8 juillet 2026).
Les débuts en solo : le Beatle qui gagne la première manche (1970-1975)
Sentimental Journey : un album pour sa mère
Ringo Starr est le premier Beatle à publier un album solo de chansons au sens classique, si l’on met de côté les disques expérimentaux de Lennon et de Harrison. Enregistré entre octobre 1969 et mars 1970 et publié le 27 mars 1970 au Royaume-Uni, Sentimental Journey rassemble des standards des années 1920 à 1950, ceux que l’on chantait dans les fêtes de famille du Dingle. Ringo l’a conçu comme un cadeau à sa mère et à ses oncles et tantes. Chaque titre est confié à un arrangeur différent : Quincy Jones, Elmer Bernstein, Maurice Gibb des Bee Gees, George Martin, Klaus Voormann et Paul McCartney lui-même, qui arrange Stardust. La pochette le montre devant l’Empress, le pub voisin de sa maison natale. L’album atteint la 7e place britannique et la 22e américaine, puis disparaît, écrasé par l’annonce de la séparation et la sortie de McCartney.
Beaucoups of Blues : trois nuits à Nashville
Six mois plus tard, Ringo enregistre un disque qui, avec le recul, est sans doute le plus personnel de sa première décennie. Pendant les séances d’All Things Must Pass, il sympathise avec le guitariste de pedal steel Pete Drake, qui lui propose de venir enregistrer à Nashville. Les 25, 26 et 27 juin 1970, au studio Music City Recorders, il grave en trois nuits un album de country pur, avec la fine fleur des musiciens de Music Row et D.J. Fontana, l’ancien batteur d’Elvis Presley. Beaucoups of Blues ne se classe pas en Grande-Bretagne et plafonne à la 65e place aux États-Unis, mais la critique le réhabilitera. Il faudra attendre cinquante-cinq ans pour que Ringo revienne à Nashville.
It Don’t Come Easy et le Concert pour le Bangladesh
Le premier grand succès arrive en avril 1971. It Don’t Come Easy, ébauchée par Ringo et achevée avec l’aide décisive de George Harrison, qui la produit et y joue de la guitare, atteint la 4e place au Royaume-Uni comme aux États-Unis et la première au Canada. Le single dépasse le million d’exemplaires et fait mieux, sur la même période, que les disques de Lennon, McCartney et Harrison. Le “quatrième homme” double tout le monde. Le 1er août 1971, Ringo chante la chanson au Madison Square Garden lors du Concert pour le Bangladesh organisé par Harrison, et en oublie une partie des paroles en direct. L’histoire secrète de ce 45 tours est racontée dans It Don’t Come Easy : comment George Harrison a écrit en secret le 45 tours qui a lancé la carrière solo de Ringo Starr.
En mars 1972 suit Back Off Boogaloo, produit lui aussi par Harrison, un rock glam au riff de guitare slide rugueux, dont le titre viendrait d’une expression de Marc Bolan. Il atteint la 2e place britannique : c’est à ce jour le meilleur classement de toute la carrière solo de Ringo au Royaume-Uni. La même année, Ringo passe derrière la caméra pour réaliser Born to Boogie, film-concert consacré à T. Rex.
1973, Ringo : l’album qui a presque réuni les Beatles
En 1973, Ringo s’installe à Los Angeles avec le producteur Richard Perry, spécialiste des castings prestigieux. Le résultat, simplement intitulé Ringo, paraît le 2 novembre 1973. C’est le seul album de l’après-Beatles sur lequel les quatre anciens membres apparaissent, mais jamais tous ensemble sur la même plage. Le 13 mars 1973, aux studios Sunset Sound, Lennon, Harrison et Starr enregistrent I’m the Greatest, une chanson de Lennon, avec Klaus Voormann à la basse et Billy Preston à l’orgue : c’est l’unique séance réunissant trois Beatles entre 1970 et la mort de Lennon. McCartney, de son côté, apporte Six O’Clock, coécrite avec Linda, et joue sur You’re Sixteen. L’album atteint la 2e place du Billboard 200 et décroche un disque de platine. Les détails de ces séances sont dans Ringo Starr : quand l’ex-Beatle a écrasé les charts américains et, plus largement, dans les collaborations des ex-Beatles après la séparation.
Photograph : le chef-d’œuvre écrit avec George
Écrite avec George Harrison en mai 1971 sur un yacht ancré à Cannes, Photograph est la seule chanson officiellement créditée au duo Starkey-Harrison. Une photographie y est le dernier vestige d’un amour perdu. Dans la version de l’album Ringo, Richard Perry et l’arrangeur Jack Nitzsche, ancien bras droit de Phil Spector, reconstruisent un mur du son luxuriant : deux batteries (Ringo et Jim Keltner), guitares acoustiques en couches, cordes, chœurs et un solo de saxophone de Bobby Keys. Le single atteint la première place du Billboard Hot 100 le 24 novembre 1973. C’est le premier numéro un américain de Ringo en solo.
Le second suit immédiatement : You’re Sixteen, reprise de Johnny Burnette, que Ringo chantait déjà à l’époque des Hurricanes, atteint la première place en janvier 1974. Sur le pont, un solo nasillard souvent attribué à un kazoo est en réalité McCartney imitant un saxophone avec sa voix. Puis Oh My My atteint la 5e place. Entre 1971 et 1975, Ringo place sept singles dans le Top 10 américain : pendant deux ans, il est le plus régulier des quatre ex-Beatles au hit-parade.
Après la mort de George Harrison, Photograph changera de sens. Le 29 novembre 2002, au Royal Albert Hall, lors du Concert for George, Ringo la chante en hommage à son ami, la voix brisée. Une chanson d’amour était devenue un adieu. Pour une entrée en matière dans cette carrière solo, la compilation Photograph: The Very Best of Ringo Starr (2007) reste la plus pratique.
Goodnight Vienna : la fin de l’âge d’or
Publié en novembre 1974, Goodnight Vienna reprend la recette de Ringo avec un peu moins de magie. Lennon offre la chanson-titre, dont le titre est une expression de Liverpool signifiant “c’est fini”, et suggère la reprise d’Only You (And You Alone) des Platters, sur laquelle il joue de la guitare acoustique. Elton John apporte Snookeroo. No No Song, signée Hoyt Axton, atteint la 3e place en 1975 : c’est le dernier Top 10 américain de Ringo. En novembre 1975, la compilation Blast from Your Past clôt son contrat avec EMI et devient le dernier album publié sur le label Apple avant sa réactivation dans les années 1990. Ces années sont détaillées dans Goodnight Vienna : l’éclat pop de Ringo Starr après les Beatles et dans notre playlist commentée 15 chansons pour découvrir la carrière solo de Ringo Starr.
La traversée du désert : alcool, jet-set et disques refusés (1976-1988)
Le contrat Polydor-Atlantic et la chute
Libéré d’EMI, Ringo signe chez Polydor pour l’Europe et Atlantic pour les États-Unis. Ringo’s Rotogravure (1976), produit par Arif Mardin, reprend la formule des amis célèbres : Lennon, McCartney, Harrison, Eric Clapton, Peter Frampton y participent. C’est la dernière fois que les quatre ex-Beatles contribuent au même disque. La magie ne prend plus. Ringo the 4th (1977), virage disco coécrit avec Vini Poncia, est un échec retentissant. Bad Boy (1978) ne fait guère mieux. La critique lui reproche de répéter la formule de 1973 sans en avoir les chansons. Le récit détaillé de ce naufrage est à lire dans La traversée du désert de Ringo Starr : anatomie de la décennie perdue et dans Ringo’s Rotogravure : l’album qui a marqué le déclin.
Monaco, Los Angeles et la vie de jet-setteur
Séparé de Maureen à partir de 1974, divorcé en 1975, Ringo s’installe comme exilé fiscal à Monte-Carlo, partage sa vie entre la Côte d’Azur, Los Angeles et Londres, et devient selon ses propres termes un jet-setteur, de toutes les fêtes et de toutes les virées. Avec Harry Nilsson, Keith Moon et, pendant le “Lost Weekend” de 1973-1975, John Lennon, il fréquente la bande la plus imbibée de Los Angeles. Il n’a jamais enjolivé cette période. Il a parlé plus tard d’une maladie de l’isolement, froide et solitaire, et s’est décrit sans fard comme un homme qui, à cette époque, avait fait souffrir ses proches.
L’année 1979 est la plus noire. En avril, de graves complications intestinales liées aux opérations de son enfance le conduisent d’urgence à l’hôpital à Monte-Carlo, où il est opéré. En novembre, sa maison de Los Angeles est détruite par un incendie, emportant une partie de ses souvenirs de l’époque Beatles.
8 décembre 1980 : la mort de John Lennon
En novembre 1980, Ringo a revu John Lennon à New York. Lennon, ragaillardi par l’enregistrement de Double Fantasy, lui a promis des chansons et une séance commune pour janvier 1981, pour l’album en préparation. Le 8 décembre 1980, Lennon est assassiné devant le Dakota. Ringo, qui se trouve aux Bahamas avec Barbara Bach, prend aussitôt l’avion pour New York et se rend au Dakota pour soutenir Yoko Ono et Sean. Les chansons destinées à Ringo, dont Nobody Told Me, paraîtront en 1984 sur l’album posthume de Lennon Milk and Honey.
Stop and Smell the Roses sort en octobre 1981, avec des contributions de McCartney et de Harrison, qui écrit et produit Wrack My Brain : 38e place du Billboard Hot 100, le dernier Top 40 américain de Ringo à ce jour. Le disque suivant, Old Wave (1983), produit par Joe Walsh, est refusé par les maisons de disques américaines et britanniques. Il ne sort qu’en Allemagne, au Canada et dans quelques pays. Un ancien Beatle se voit refuser une publication sur les deux marchés qui comptent ; il n’existe plus aujourd’hui que dans des rééditions de collection, comme le vinyle picture-disc d’Old Wave.
Thomas le petit train et la voix d’une génération d’enfants
Paradoxalement, c’est pendant ces années sans disque que Ringo touche un nouveau public, et un public très jeune. De 1984 à 1986, il est le narrateur des deux premières saisons de la série télévisée britannique Thomas the Tank Engine and Friends, connue en France sous le titre Thomas et ses amis. Aux États-Unis, il incarne en 1989 le personnage de Mr. Conductor dans Shining Time Station. Pour toute une génération d’enfants anglophones, Ringo Starr est d’abord la voix d’une locomotive bleue.
Mariages et vie privée : Maureen Cox, Barbara Bach
Maureen Cox, la coiffeuse de la Cavern (1962-1975)
Mary “Maureen” Cox est une apprentie coiffeuse de Liverpool, habituée de la Cavern, qui fait la connaissance de Ringo à la fin de 1962. Elle a seize ans. Ils se marient le 11 février 1965 au bureau d’état civil de Caxton Hall, à Londres, à huit heures du matin pour échapper à la presse, avec Brian Epstein comme témoin et John Lennon et George Harrison parmi les rares invités. Maureen a dix-huit ans et attend leur premier enfant. Le couple vit à Sunny Heights, à Weybridge, puis s’installe à Brookfield, à Elstead, avant que Ringo ne rachète en 1973 à John Lennon le domaine de Tittenhurst Park, près d’Ascot.
Maureen n’est pas une simple “épouse de Beatle”. Elle chante dans les chœurs de The Continuing Story of Bungalow Bill sur l’album blanc et assiste au concert sur le toit d’Apple le 30 janvier 1969 : c’est elle que McCartney remercie à la fin pour ses applaudissements. Le couple a trois enfants, Zak, Jason et Lee. Le mariage se délite au début des années 1970, sur fond d’alcool, d’absences et d’infidélités, dont une liaison de Maureen avec George Harrison, que Ringo découvre et qui laissera une blessure, mais sans briser l’amitié entre les deux musiciens. Ringo vit alors avec l’Américaine Nancy Lee Andrews. Le divorce est prononcé le 17 juillet 1975. Maureen épouse plus tard Isaac Tigrett, cofondateur des Hard Rock Café, et meurt d’une leucémie le 30 décembre 1994, à quarante-huit ans, entourée de ses enfants et de Ringo, venu à son chevet. Son portrait complet : Maureen Cox aurait eu 80 ans : la vie entière de la première femme de Ringo Starr.
Correctif factuel — Le témoin du mariage de 1965
On lit fréquemment que George Harrison était le témoin de Ringo à son mariage avec Maureen Cox. Le témoin officiel était Brian Epstein, manager du groupe. Harrison et Lennon étaient présents comme invités ; McCartney, en vacances en Tunisie, était absent. L’erreur inverse circule aussi : on lit parfois que la liaison entre Maureen et Harrison aurait été “la” cause du divorce. Les biographes s’accordent pour y voir l’un des éléments d’une rupture aux causes multiples, au premier rang desquelles l’alcool et les infidélités de Ringo lui-même, qu’il a reconnues.
Barbara Bach : de Caveman à quarante-cinq ans de mariage
En février 1980, sur le tournage au Mexique de la comédie préhistorique Caveman (L’Homme des cavernes), Ringo rencontre l’actrice américaine Barbara Bach, née Barbara Goldbach à New York en 1947, connue dans le monde entier pour son rôle de l’agent soviétique Anya Amasova dans le James Bond L’Espion qui m’aimait (1977). Le coup de foudre est réciproque. En mai 1980, ils sortent indemnes d’un grave accident de voiture dans le sud de Londres. Ils racontent avoir pris là la décision de se marier : s’ils avaient survécu à cela ensemble, ils survivraient à tout.
Le mariage a lieu le 27 avril 1981 au bureau d’état civil de Marylebone, à Londres, celui-là même où Paul McCartney avait épousé Linda en 1969. McCartney et George Harrison sont présents, avec leurs épouses. C’est la première fois que trois Beatles se retrouvent publiquement depuis la mort de Lennon, et la fête se termine autour d’un piano. Barbara Bach a deux enfants d’un premier mariage, Francesca et Gianni Gregorini, que Ringo élève comme les siens.
Octobre 1988 : la cure à deux
Les années 1980 sont celles de l’alcool, pour l’un comme pour l’autre. En octobre 1988, après une soirée dont aucun des deux ne se souvient et dont ils découvrent les dégâts au réveil, Ringo et Barbara entrent ensemble dans un centre de désintoxication en Arizona, la clinique Sierra Tucson. Ils en ressortent sobres et le resteront. Ringo a souvent dit qu’il devait sa vie à cette décision, et à Barbara. Barbara Bach a ensuite repris des études de psychologie et cofondé en 1991, avec Pattie Boyd, une clinique de soins pour les addictions à Londres. Le couple, marié depuis plus de quarante-cinq ans, partage sa vie entre Los Angeles, Monaco et la campagne anglaise. Leur histoire est racontée dans Ringo Starr et Barbara Bach : le miracle discret d’un mariage rock’n’roll ; on les retrouve aussi en 2026 aux côtés de Twiggy dans Ringo Starr et Barbara Bach retrouvent Twiggy à Los Angeles.
La famille Starkey : enfants, petits-enfants et héritiers
Zak Starkey, le batteur formé par Keith Moon
Zak Starkey naît le 13 septembre 1965. Ringo ne souhaite pas qu’il devienne batteur et ne lui donne qu’une seule leçon. C’est un ami de la famille, Keith Moon, le batteur des Who, qui l’encourage et lui offre sa première batterie. Le destin a de l’ironie : Zak deviendra lui-même, à partir de 1996, le batteur des Who en tournée et en studio pendant près de trente ans, jusqu’à une séparation agitée en 2025. Entre-temps, il joue avec Johnny Marr, Oasis (2004-2008), le All-Starr Band de son père en 1992 et 1995, et cofonde le label Trojan Jamaica. En 1985, la naissance de sa fille Tatia Jayne fait de Ringo le premier Beatle grand-père. Tatia est aujourd’hui artiste plasticienne : voir Tatia Starkey, petite-fille de Ringo Starr, expose “Invert”. Les relations de Zak avec les Who sont suivies dans The Who et Zak Starkey réconciliés.
Jason Starkey, le fils discret
Jason Starkey, né le 19 août 1967, est lui aussi batteur, mais il a toujours fui la lumière, au point de disparaître volontairement de la scène publique après quelques démêlés relayés par la presse britannique. Son parcours est retracé dans Jason Starkey : le fils de Ringo Starr qui voulait échapper au poids du nom Beatles.
Lee Starkey, la fille
Lee Starkey, née le 11 novembre 1970, a fait carrière dans la mode et le maquillage, principalement à Londres. Elle a affronté une grave maladie à partir du milieu des années 1990, quelques mois après la mort de sa mère, et s’en est remise. Elle reste l’enfant la plus proche de Ringo dans les apparitions publiques.
Une famille recomposée de trois générations
Avec les deux enfants de Barbara Bach, Francesca et Gianni, la demi-sœur Augusta, née du second mariage de Maureen, huit petits-enfants et un arrière-petit-fils, la famille Starkey compte aujourd’hui trois générations. Ringo a eu des mots très durs sur le père qu’il fut dans les années 1970 : il s’est décrit comme un ivrogne et un père absent. Il a passé les trente dernières années à réparer ces liens. Le panorama complet de cette famille, avec dates et correctifs, est à lire dans Les enfants de Ringo Starr : Zak, Jason, Lee et toute la famille Starkey.
Ringo Starr and His All-Starr Band : le groupe qui l’a sauvé (depuis 1989)
Une idée de David Fishof
À sa sortie de cure, à la fin de 1988, Ringo Starr n’a plus de contrat discographique depuis 1983 et, détail stupéfiant, n’a jamais mené une tournée sous son propre nom. L’idée qui va relancer sa carrière ne vient pas de lui, mais du producteur de spectacles américain David Fishof : réunir autour de lui des musiciens qui ont chacun leurs propres tubes. Personne ne porte seul la soirée. Ringo chante ses chansons et celles des Beatles, puis repasse derrière la batterie pour accompagner ses invités dans leur propre répertoire. Le principe résout d’un coup les trois faiblesses de Ringo comme tête d’affiche : un catalogue personnel limité, une voix qui ne tient pas deux heures, et une préférence viscérale pour le rôle d’accompagnateur. Il l’a résumé d’une formule : il peut jouer avec n’importe quel musicien toute la nuit, mais il ne peut pas le faire seul.
Dallas, 23 juillet 1989 : la première formation
Le premier concert a lieu le 23 juillet 1989 au Park Central Amphitheatre de Dallas, au Texas. La formation initiale est la plus prestigieuse de toute l’histoire du groupe : Joe Walsh des Eagles, Nils Lofgren du E Street Band, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko et Levon Helm de The Band, Clarence Clemons, saxophoniste de Bruce Springsteen, et Jim Keltner, le batteur de séance que les quatre Beatles avaient tous employé en solo. Le concert du Greek Theatre de Los Angeles, en septembre 1989, devient en 1990 le premier album live officiel de toute la carrière de Ringo. Depuis, plus de quinze formations successives ont tourné, avec des dizaines de musiciens : Todd Rundgren, Peter Frampton, Jack Bruce, John Entwistle, Sheila E., Greg Lake, Colin Hay, Edgar Winter, Steve Lukather et bien d’autres.
| Période | Musiciens marquants (hors Ringo) | Fait notable |
|---|---|---|
| 1989 | Joe Walsh, Nils Lofgren, Dr. John, Billy Preston, Rick Danko, Levon Helm, Clarence Clemons, Jim Keltner | Fondation ; premier album live de Ringo (1990) |
| 1992 | Joe Walsh, Todd Rundgren, Dave Edmunds, Burton Cummings, Timothy B. Schmit, Zak Starkey | Montreux ; dernière apparition scénique de Harry Nilsson |
| 1995 | Randy Bachman, Mark Farner, Felix Cavaliere, John Entwistle, Zak Starkey | Le bassiste des Who accompagne Ringo |
| 1997-2000 | Peter Frampton, Jack Bruce, Gary Brooker, Simon Kirke, Dave Edmunds, Eric Carmen | L’édition la plus britannique |
| 2001-2006 | Ian Hunter, Roger Hodgson, Greg Lake, Sheila E., Colin Hay, Paul Carrack, Billy Squier, Richard Marx | Virage vers les tubes des années 1970-1980 |
| 2008-2011 | Edgar Winter, Hamish Stuart, Gary Wright, Rick Derringer, Gregg Bissonette | Arrivée de Gregg Bissonette, toujours en poste |
| 2012-2019 | Steve Lukather, Todd Rundgren, Gregg Rolie, Richard Page, Colin Hay, Graham Gouldman, Warren Ham | La plus longue période de stabilité |
| 2022-2026 | Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson, Gregg Bissonette | Formation actuelle ; tournées de printemps et d’automne 2026 |
Le rituel des concerts
L’architecture d’un concert du All-Starr Band n’a presque pas bougé en trente-sept ans. Ringo ouvre debout, micro en main, souvent sur Matchbox ou It Don’t Come Easy. Chaque invité vient ensuite chanter deux ou trois de ses propres succès, Rosanna de Toto, Down Under de Men at Work ou Pick Up the Pieces d’Average White Band, pendant que Ringo retourne à la batterie. Un second batteur, Gregg Bissonette depuis 2008, prend le relais chaque fois que le patron passe devant. La soirée se termine invariablement sur With a Little Help from My Friends, enchaînée avec Give Peace a Chance. Trente-sept ans de concerts sont, à bien y regarder, une réponse développée à la question que lui pose le public au début de cette chanson.
2026 : printemps à l’Ouest, automne à l’Est
En 2026, la formation réunit Steve Lukather (Toto), Colin Hay (Men at Work), Hamish Stuart (Average White Band), Warren Ham, Buck Johnson et Gregg Bissonette. Après douze dates dans l’Ouest américain, du 28 mai à Temecula au 14 juin au Greek Theatre de Los Angeles, le groupe entame le 24 septembre à Easton, en Pennsylvanie, une série de dix concerts sur la côte Est. Le 1er octobre, Ringo rejoue au Forest Hills Stadium du Queens, à New York, pour la première fois depuis les deux concerts qu’y avaient donnés les Beatles les 28 et 29 août 1964. La tournée se termine ce 7 octobre 2026 au Palace Theatre d’Albany. Lors de l’étape de Boston, le 30 septembre, la ville lui a rendu un hommage officiel dont nous avons rendu compte dans La ville de Boston a réservé une belle surprise à notre Ringo Starr.
L’histoire complète du groupe, édition par édition, avec la discographie live et neuf correctifs factuels, se trouve dans notre dossier Le All-Starr Band de Ringo Starr : l’histoire complète d’un groupe qui dure depuis trente-sept ans. Le DVD de la première tournée reste disponible : Ringo Starr and His All-Starr Band.
Correctif factuel — Le All-Starr Band n’a pas sauvé Ringo de l’alcool
L’ordre des événements est souvent inversé dans les récits de rédemption, qui présentent la tournée de 1989 comme ce qui aurait sauvé Ringo de l’alcoolisme. C’est l’inverse. Ringo et Barbara Bach entrent en cure en octobre 1988 ; c’est seulement ensuite que David Fishof lui propose le concept. Sans la désintoxication préalable, il n’y aurait pas eu de tournée : la sobriété est la condition du All-Starr Band, pas sa conséquence.
Le retour en studio et la seconde carrière (1990-2024)
Time Takes Time (1992) : la réhabilitation critique
En 1990, Ringo enregistre une nouvelle version d’I Call Your Name, la chanson de Lennon de 1964, avec Jeff Lynne, Tom Petty, Joe Walsh et Jim Keltner, pour un hommage télévisé au cinquantième anniversaire de la naissance de John. Puis il signe chez le petit label Private Music et enregistre Time Takes Time, publié en mai 1992 et coproduit par Don Was, Jeff Lynne, Peter Asher et Phil Ramone. Les ventes sont modestes, mais Rolling Stone salue le disque le plus cohérent de Ringo depuis 1973. Le single Weight of the World donne le ton de la seconde carrière : des chansons d’auteurs professionnels, une production soignée, des amis prestigieux et une ambition assumée de modestie.
Anthology : les trois Beatles réunis
De 1994 à 1996, les trois Beatles survivants participent au projet Anthology : une série documentaire télévisée, trois doubles albums d’archives et un livre d’entretiens, le Beatles Anthology, qui reste l’une des sources de référence pour la parole de Ringo sur les années 1960. Au studio de McCartney dans le Sussex, avec Jeff Lynne à la production, les trois hommes complètent deux maquettes de Lennon fournies par Yoko Ono : Free as a Bird (décembre 1995) et Real Love (mars 1996). C’est la première fois depuis 1970 que Ringo joue sur un nouvel enregistrement des Beatles.
En 1997, McCartney l’invite sur son album Flaming Pie. Ringo joue de la batterie sur Beautiful Night et sur Really Love You, une improvisation de studio créditée McCartney/Starkey, premier crédit commun de l’histoire entre les deux hommes.
Correctif factuel — Ringo ne chante pas Little Willow
Plusieurs biographies affirment que Ringo “interprète deux chansons” sur Flaming Pie, dont Little Willow. C’est faux. Little Willow est une ballade de McCartney, écrite après la mort de Maureen Cox pour réconforter ses enfants, et chantée par Paul lui-même ; Ringo n’y participe pas. Sa contribution réelle à l’album est la batterie (et quelques chœurs) sur Beautiful Night et sur Really Love You, morceau né d’un bœuf en studio et cosigné par les deux musiciens.
Les années Mark Hudson : Vertical Man, Ringo Rama, Choose Love
En 1998, Ringo s’associe au producteur et auteur Mark Hudson. Vertical Man réunit McCartney, Harrison, Alanis Morissette, Brian Wilson, Steven Tyler, Tom Petty et Ozzy Osbourne ; c’est l’une des dernières fois où l’on entend George Harrison sur un disque de son ami. La même année, Ringo enregistre un VH1 Storytellers. En 1999 paraît son album de Noël, I Wanna Be Santa Claus.
George Harrison meurt le 29 novembre 2001. Ringo, qui lui a rendu visite peu avant sa mort, en est profondément affecté. Un an plus tard, au Royal Albert Hall, il chante Photograph et Honey Don’t au Concert for George. En 2003, sur Ringo Rama, il publie Never Without You, hommage à George dont le texte tisse des titres de Harrison, avec Eric Clapton à la guitare slide. Suivent Choose Love (2005) et, après une brouille avec Hudson, Liverpool 8 (2008), coproduit avec Dave Stewart d’Eurythmics, une autobiographie chantée qui fait revenir Ringo dans les classements britanniques.
2008, le courrier des fans et la naissance du 7 juillet
En octobre 2008, Ringo publie sur son site une vidéo devenue célèbre dans laquelle il annonce, avec une franchise désarmante, qu’il ne signera plus aucun autographe et que les lettres de fans reçues après le 20 octobre seront jetées sans être ouvertes : il a trop à faire. La séquence fait scandale. La même année, il institue pourtant le rituel qui le rapprochera le plus de son public : chaque 7 juillet, jour de son anniversaire, à midi heure locale, il invite le monde entier à dire, penser ou publier les mots “peace and love” (voir plus bas).
Les années 2010 : Y Not, Postcards from Paradise, What’s My Name
De 2010 à 2019, Ringo publie un album tous les deux ou trois ans, produits par lui-même avec son ingénieur Bruce Sugar dans son studio domestique de Los Angeles : Y Not (2010), avec McCartney en duo sur Walk with You ; Ringo 2012 ; Postcards from Paradise (2015), qui contient Island in the Sun, seule composition collective de toute l’histoire du All-Starr Band ; Give More Love (2017) ; et What’s My Name (2019), où il enregistre avec McCartney Grow Old with Me, une chanson inédite de Lennon. Ce sont des disques honnêtes, souvent charmants, rarement décisifs. Leur intérêt tient autant à la constance qu’à la joie manifeste de leur auteur.
Le temps des EP et le dernier disque des Beatles
Pendant la pandémie, Ringo passe au format court : Zoom In (2021), Change the World (2021), EP3 (2022), Rewind Forward (2023) et Crooked Boy (2024, écrit et produit par Linda Perry). Le 2 novembre 2023 paraît Now and Then, la “dernière chanson des Beatles”, construite à partir d’une maquette de Lennon des années 1970 dont la voix a été isolée grâce aux outils d’apprentissage automatique développés pour le documentaire Get Back de Peter Jackson. Ringo y joue la batterie et chante dans les chœurs. Le titre devient le 18e numéro un britannique des Beatles et remporte en février 2025 le Grammy de la meilleure performance rock.
Le virage country : Look Up et Long Long Road (2025-2026)
La rencontre avec T Bone Burnett
En novembre 2022, lors du lancement d’un livre d’Olivia Harrison à Los Angeles, Ringo croise T Bone Burnett, producteur de la bande originale d’O Brother, Where Art Thou? et des disques de Robert Plant et Alison Krauss. Il lui demande une chanson pour un EP. Burnett lui en apporte une, puis neuf. L’EP devient un album.
Look Up (2025) : le premier numéro un à 84 ans
Look Up paraît le 10 janvier 2025. Onze titres enregistrés entre Nashville et Los Angeles, avec Billy Strings, Molly Tuttle, Larkin Poe, Lucius et Alison Krauss. Neuf chansons sont écrites ou coécrites par Burnett ; Thankful, en clôture, est cosignée par Ringo et Bruce Sugar. Le disque est un retour aux sources : Ringo n’a jamais caché que la country était sa première musique, de Hank Williams à Act Naturally. Le premier extrait, Time on My Hands, publié dès le 18 octobre 2024, ballade aux cordes et à la pedal steel, révèle une voix plus juste et plus expressive qu’à trente ans ; la chanson-titre, Look Up, suit peu après.
Le succès est réel, là où personne ne l’attendait. Look Up atteint la première place du classement officiel des albums country britanniques (Official Country Artists Chart) : c’est le premier album numéro un de Ringo en solo, à quatre-vingt-quatre ans. Aux États-Unis, il se classe 7e des ventes d’albums toutes catégories et premier de plusieurs classements de ventes country, rock et americana du Billboard. Les 14 et 15 janvier 2025, Ringo donne deux concerts au Ryman Auditorium de Nashville avec Emmylou Harris, Sheryl Crow, Brenda Lee, Jack White et Billy Strings, puis fait ses débuts au Grand Ole Opry le 21 février 2025.
Long Long Road (2026) : la suite
Le 3 mars 2026, Ringo annonce un second album avec T Bone Burnett et publie un premier extrait, It’s Been Too Long, avec les voix de Molly Tuttle et Sarah Jarosz. Long Long Road, son 22e album studio, paraît le 24 avril 2026 chez UMe. Dix titres coproduits par Daniel Tashian et Bruce Sugar, avec Billy Strings, Sheryl Crow et St. Vincent. Six chansons sont écrites ou coécrites par Burnett, trois sont cosignées par Ringo, et l’album contient une reprise de Carl Perkins, I Don’t See Me in Your Eyes Anymore, retour au héros de rockabilly dont il chantait déjà Honey Don’t et Matchbox chez les Beatles. Ringo a expliqué le titre avec sa simplicité habituelle : il l’appelle ainsi parce qu’il est sur une longue, longue route. Il y réenregistre aussi Choose Love, la chanson-titre de son album de 2005. La chanson-titre Long Long Road est traduite et commentée sur notre site.
Home to Us : le duo avec Paul McCartney
Le 8 mai 2026, Paul McCartney publie Home to Us, duo avec Ringo extrait de son album The Boys of Dungeon Lane (29 mai 2026), né d’un bœuf entre Ringo et le producteur Andrew Watt en 2024. Les deux derniers Beatles y forment, pour la première fois, un véritable duo vocal. Le 7 octobre 2026, jour où s’achève la tournée de Ringo, paraît en numérique l’édition spéciale de l’album de McCartney, qui contient une version de Home to Us où les deux hommes ont échangé leurs parties vocales : tous les détails dans The Boys of Dungeon Lane (Special Edition) : trois inédits et un “flip mix” avec Ringo. McCartney en a raconté la genèse, avec humour, chez Jimmy Kimmel le 2 octobre : voir Paul McCartney se lâche chez Jimmy Kimmel.
Discographie de Ringo Starr
Avec les Beatles
Ringo Starr joue sur tous les albums studio des Beatles, de Please Please Me (1963) à Let It Be (1970), et sur la quasi-totalité de leurs singles. Les exceptions se comptent sur les doigts d’une main : la version de Love Me Do et P.S. I Love You enregistrée avec Andy White en septembre 1962, Back in the U.S.S.R. et Dear Prudence, gravées pendant sa fugue d’août 1968 avec McCartney à la batterie, et The Ballad of John and Yoko, enregistrée par Lennon et McCartney seuls en avril 1969. À ces douze albums s’ajoutent les compilations d’archives (Anthology, Live at the BBC), les deux singles de 1995-1996 et Now and Then (2023). Comme auteur, il signe ou cosigne What Goes On, Don’t Pass Me By et Octopus’s Garden, et partage avec les trois autres le crédit des improvisations collectives Flying et Dig It.
Albums studio solo
| N° | Année | Titre | Label | Repère |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 1970 | Sentimental Journey | Apple | Standards d’avant-guerre ; 7e au Royaume-Uni |
| 2 | 1970 | Beaucoups of Blues | Apple | Country enregistrée à Nashville en trois nuits |
| 3 | 1973 | Ringo | Apple | 2e aux États-Unis, disque de platine ; les quatre Beatles y participent |
| 4 | 1974 | Goodnight Vienna | Apple | Chanson-titre de Lennon ; No No Song, Only You |
| 5 | 1976 | Ringo’s Rotogravure | Polydor / Atlantic | Dernier disque avec une contribution des quatre ex-Beatles |
| 6 | 1977 | Ringo the 4th | Polydor / Atlantic | Virage disco, échec commercial |
| 7 | 1978 | Bad Boy | Polydor / Portrait | Accompagné d’une émission spéciale télévisée |
| 8 | 1981 | Stop and Smell the Roses | RCA / Boardwalk | Wrack My Brain, dernier Top 40 américain |
| 9 | 1983 | Old Wave | Bellaphon / RCA Canada | Non publié au Royaume-Uni ni aux États-Unis à l’époque |
| 10 | 1992 | Time Takes Time | Private Music | Retour salué par la critique |
| 11 | 1998 | Vertical Man | Mercury | Début de la collaboration avec Mark Hudson |
| 12 | 1999 | I Wanna Be Santa Claus | Mercury | Album de Noël |
| 13 | 2003 | Ringo Rama | Koch | Never Without You, hommage à George Harrison |
| 14 | 2005 | Choose Love | Koch | Riff emprunté à Day Tripper |
| 15 | 2008 | Liverpool 8 | Capitol | Autobiographie chantée, coproduite par Dave Stewart |
| 16 | 2010 | Y Not | Hip-O / UMe | Duo avec McCartney sur Walk with You |
| 17 | 2012 | Ringo 2012 | Hip-O / UMe | Nouvelles versions de titres anciens |
| 18 | 2015 | Postcards from Paradise | UMe | Island in the Sun, écrite avec le All-Starr Band |
| 19 | 2017 | Give More Love | UMe | Invités : McCartney, Joe Walsh, Edgar Winter |
| 20 | 2019 | What’s My Name | UMe | Grow Old with Me, inédit de Lennon, avec McCartney |
| 21 | 2025 | Look Up | Lost Highway / UMe | Produit par T Bone Burnett ; premier n°1 (country UK) |
| 22 | 2026 | Long Long Road | UMe | Second album avec T Bone Burnett |
EP (2021-2024)
Zoom In (mars 2021), Change the World (septembre 2021), EP3 (septembre 2022), Rewind Forward (octobre 2023) et Crooked Boy (2024). Ces cinq disques courts, enregistrés en grande partie dans son studio domestique de Los Angeles, ont maintenu un rythme de publication régulier pendant les années de pandémie.
Singles marquants
| Année | Titre | Meilleur classement | Note |
|---|---|---|---|
| 1971 | It Don’t Come Easy | 4e au Royaume-Uni et aux États-Unis, 1er au Canada | Produit par George Harrison |
| 1972 | Back Off Boogaloo | 2e au Royaume-Uni, 9e aux États-Unis | Meilleur classement britannique en solo |
| 1973 | Photograph | 1er aux États-Unis, 8e au Royaume-Uni | Coécrit avec George Harrison |
| 1974 | You’re Sixteen | 1er aux États-Unis, 4e au Royaume-Uni | Reprise de Johnny Burnette |
| 1974 | Oh My My | 5e aux États-Unis | Coécrit avec Vini Poncia |
| 1974 | Only You (And You Alone) | 6e aux États-Unis | Suggéré par John Lennon |
| 1975 | No No Song | 3e aux États-Unis | Dernier Top 10 américain |
| 1981 | Wrack My Brain | 38e aux États-Unis | Écrit et produit par Harrison |
| 2026 | It’s Been Too Long | — | Premier extrait de Long Long Road |
Albums live et compilations
Huit albums live du All-Starr Band ont paru entre 1990 et 2022, de Ringo Starr and His All-Starr Band (1990) à Live at the Greek Theatre 2019 (2022). Côté compilations, Blast from Your Past (1975) rassemble les tubes de l’époque Apple, Starr Struck: Best of Ringo Starr, Vol. 2 (1989) ceux de la fin des années 1970, et Photograph: The Very Best of Ringo Starr (2007) reste la meilleure porte d’entrée. Notre sélection des grands albums solo des quatre Beatles se trouve dans Les 10 meilleurs albums solo des Beatles.
Correctif factuel — Combien d’albums Ringo Starr a-t-il publiés ?
Les décomptes fantaisistes du type “plus de trente albums” mélangent trois catégories : les albums studio sous son nom (22 à ce jour, album de Noël compris), les albums live du All-Starr Band (8, crédités au groupe) et les compilations. On lit aussi que Look Up serait son “troisième album country” : c’est son deuxième, après Beaucoups of Blues (1970), et Long Long Road est le troisième.
Ringo acteur et réalisateur : le Beatle de l’écran
Le comédien naturel des films des Beatles
De tous les Beatles, Ringo est celui que le cinéma a le plus aimé. Dans A Hard Day’s Night (1964), sa promenade solitaire au bord de la Tamise est la séquence la plus saluée par la critique. Help! (1965) le met au centre de l’intrigue. Il apparaît ensuite dans Magical Mystery Tour (1967), prête sa voix, comme les trois autres, de façon très limitée au dessin animé Yellow Submarine (1968), et figure dans le documentaire Let It Be (1970), dont la musique vaut aux Beatles l’Oscar de la meilleure musique de film en 1971.
Une filmographie personnelle singulière
Ringo est le seul Beatle à avoir mené une véritable carrière d’acteur. Il joue un jardinier mexicain dans Candy de Christian Marquand (1968), aux côtés de Marlon Brando et Charles Aznavour, puis partage l’affiche de The Magic Christian (1969) avec son ami Peter Sellers. En 1971, il incarne un bandit dans le western italien Blindman et tient le rôle de Larry the Dwarf, déguisé en Frank Zappa, dans 200 Motels. Sa meilleure performance, selon de nombreux critiques et selon Bill Harry, est celle de Mike, le Teddy Boy de fête foraine de That’ll Be the Day (1973), aux côtés de David Essex. On le voit encore en pape dans le Lisztomania de Ken Russell (1975), dans Sextette (1978) avec Mae West, et en homme préhistorique dans Caveman (1981), où il rencontre Barbara Bach. Il joue son propre rôle dans Give My Regards to Broad Street de McCartney (1984) et la tortue Fantaisie dans une adaptation télévisée américaine d’Alice au pays des merveilles (1985).
Derrière la caméra et au micro
Ringo réalise en 1972 Born to Boogie, film-concert consacré à Marc Bolan et T. Rex, et produit en 1974 la comédie musicale Son of Dracula, dans laquelle il joue Merlin aux côtés de Harry Nilsson. Il est la voix narrative des deux premières saisons de Thomas the Tank Engine and Friends (1984-1986), le Mr. Conductor de Shining Time Station (1989) et apparaît dans son propre rôle dans un épisode des Simpson en 1991. Il a ensuite annoncé, au début des années 2000, qu’il souhaitait se consacrer entièrement à la musique.
Ringo à l’écran demain : Barry Keoghan chez Sam Mendes
Le prochain Ringo du cinéma ne sera pas lui. Dans The Beatles – A Four-Film Cinematic Event, la tétralogie de Sam Mendes attendue dans les salles le 7 avril 2028, chaque film adopte le point de vue d’un des quatre Beatles. Le rôle de Ringo est confié à l’acteur irlandais Barry Keoghan, aux côtés de Harris Dickinson (John), Paul Mescal (Paul) et Joseph Quinn (George). Tout ce que l’on sait du projet et de sa diffusion en France est réuni dans Les quatre films Beatles de Sam Mendes sur Netflix.
La philosophie de vie de Ringo Starr : “peace and love”
Le 7 juillet à midi, partout dans le monde
Depuis 2008, Ringo célèbre chaque anniversaire de la même façon : il invite chacun, où qu’il se trouve, à dire, penser ou publier “peace and love” le 7 juillet à midi, heure locale. Le rendez-vous a lieu à Los Angeles, généralement dans un parc de Beverly Hills, avec des fans, des amis musiciens et des enfants de l’association Adopt the Arts qu’il soutient, et il est relayé dans des dizaines de villes, jusque dans l’espace avec le concours de la NASA certaines années. Ses deux doigts levés en V et ses lunettes teintées sont devenus son emblème. On peut sourire de la naïveté du geste ; on peut aussi constater qu’aucune autre vedette de cette envergure n’a réussi à installer sur près de vingt ans un rendez-vous mondial reposant sur trois mots. Les deux derniers anniversaires sont racontés dans Ringo Starr, 85 ans de rock, de paix et d’amour et Ringo Starr : bon 86e anniversaire.
La sobriété comme seconde naissance
Sobre depuis octobre 1988, Ringo a souvent dit que la cure avait été la décision la plus importante de sa vie, et qu’il n’aurait sans doute pas vécu beaucoup plus longtemps sans elle. Il parle sans détour de la décennie perdue, des trous de mémoire et du mal fait à ses proches. Cette franchise fait partie de son personnage public : le gentil Ringo a été un homme en perdition, et il le dit.
Méditation et spiritualité
Ringo pratique la méditation transcendantale depuis le séjour à Rishikesh en 1968 et l’a revendiqué publiquement, notamment en participant avec McCartney aux concerts de soutien de la David Lynch Foundation, qui promeut cette méditation dans les écoles. Au tournant des années 2010, il a confié avoir renoué avec une forme de foi, sans jamais en faire un discours militant. Sa spiritualité, comme sa musique, est sans dogme : elle tient en un mot, la gratitude, qui est aussi le thème de Thankful, la chanson qui clôt Look Up.
Une hygiène de vie stricte
À quatre-vingt-six ans, Ringo continue de jouer près d’une trentaine de concerts par an. Il attribue cette forme à une discipline quotidienne : exercice physique, alimentation essentiellement végétale, sobriété, et une vie de couple stable avec Barbara Bach. Il a raconté avec amusement n’avoir jamais mangé de pizza, son estomac fragilisé par les opérations de son enfance lui ayant interdit de nombreux aliments. L’émoji du brocoli qui accompagne ses messages sur les réseaux sociaux est devenu un clin d’œil familier à ses fans.
L’humour comme politesse
Les “ringoïsmes”, les réparties des conférences de presse de 1964, les plaisanteries sur scène : l’humour de Ringo n’est pas un accessoire, c’est une manière de tenir le monde à distance sans le blesser. Les trois autres Beatles l’ont tous dit, chacun à sa façon : Ringo apportait au groupe un équilibre, une bonne humeur et une absence d’ego qui ont désamorcé bien des tensions. On prête à Lennon la formule selon laquelle Ringo était le cœur des Beatles.
Photographe et auteur
Moins connu, Ringo est aussi un photographe prolifique. Il a publié en 2013 Photograph, un livre de ses clichés personnels des années Beatles, suivi d’autres ouvrages chez Genesis Publications, dont Another Day in the Life (2019). Postcards from the Boys (2004) reproduit les cartes postales que Lennon, McCartney et Harrison lui ont envoyées pendant des décennies, avec ses commentaires. C’est l’une des sources les plus touchantes sur l’amitié des quatre musiciens.
Engagements caritatifs
Avec Barbara Bach, Ringo a fondé la Lotus Foundation, une œuvre caritative qui soutient des projets dans les domaines de l’addiction, de l’enfance, de la santé et de la protection animale. Il soutient aussi Adopt the Arts, qui finance l’enseignement artistique dans les écoles publiques de Los Angeles, et la David Lynch Foundation.
Distinctions et hommages
| Date | Distinction |
|---|---|
| 26 octobre 1965 | Membre de l’Ordre de l’Empire britannique (MBE), avec les trois autres Beatles |
| 1971 | Oscar de la meilleure musique de film pour Let It Be (avec les Beatles) |
| 1988 | Rock and Roll Hall of Fame, avec les Beatles |
| 2002 | Percussive Arts Society Hall of Fame |
| 8 février 2010 | Étoile sur le Hollywood Walk of Fame, devant le Capitol Records Building |
| 18 avril 2015 | Rock and Roll Hall of Fame à titre personnel (Award for Musical Excellence), intronisé par Paul McCartney à Cleveland |
| 20 mars 2018 | Fait chevalier (Knight Bachelor) par le prince William à Buckingham Palace, pour services rendus à la musique et aux causes caritatives |
| 2022 | Docteur honoris causa du Berklee College of Music |
| 2 février 2025 | Grammy de la meilleure performance rock pour Now and Then (avec les Beatles) |
| 7 juillet 2026 | Docteur honoris causa en musique de l’université de Liverpool, remis à Beverly Hills par la chancelière Wendy Beetlestone |
Le Rock and Roll Hall of Fame, enfin
Lennon (1994), McCartney (1999) et Harrison (2004) avaient été intronisés à titre individuel bien avant lui, et l’absence de Ringo était devenue un sujet de plaisanterie amère parmi ses fans. Elle est réparée le 18 avril 2015 à Cleveland : c’est Paul McCartney qui prononce le discours d’intronisation, avant de rejoindre son ami sur scène pour With a Little Help from My Friends.
Sir Richard Starkey
Pendant longtemps, Ringo s’est moqué de l’idée d’être anobli : au milieu des années 2000, alors qu’un éditorialiste du Times faisait campagne pour qu’il reçoive le titre déjà décerné à McCartney en 1997, il répondait en plaisantant qu’il préférerait être duc ou prince. Le 30 décembre 2017, son nom figure pourtant sur la liste des honneurs du Nouvel An, et le 20 mars 2018 il est fait chevalier par le prince William à Buckingham Palace. Il est depuis Sir Richard Starkey.
Correctif factuel — Ringo et les honneurs : des informations périmées qui circulent encore
De nombreuses biographies en ligne, rédigées avant 2015, affirment encore que Ringo Starr “n’est toujours pas” au Rock and Roll Hall of Fame à titre individuel et qu’il “refuse” d’être anobli. Ces deux affirmations sont périmées : il a été intronisé à titre personnel le 18 avril 2015 et fait chevalier le 20 mars 2018.
De Liverpool à Boston : les hommages de 2026
Le 7 juillet 2026, jour de ses quatre-vingt-six ans, l’université de Liverpool a fait le voyage jusqu’en Californie pour lui remettre un doctorat honoris causa en musique lors d’une cérémonie privée précédant sa fête annuelle. Ringo a remercié l’université d’être venue jusqu’à Los Angeles, rappelé que sa famille l’avait dissuadé de devenir batteur à plein temps, et conseillé aux diplômés de ne pas avoir peur de suivre leurs rêves. Le récit de la cérémonie est à lire dans Ringo Starr, docteur honoris causa : l’université de Liverpool honore ses 86 ans. Un astéroïde, le (4150) Starr, porte aussi son nom, comme ceux de ses trois camarades.
Chronologie de la vie de Ringo Starr
| Date | Événement |
|---|---|
| 7 juillet 1940 | Naissance de Richard Starkey au 9 Madryn Street, Dingle, Liverpool |
| 1943 | Départ du père ; installation au 10 Admiral Grove |
| 1947 | Péritonite, coma et longue hospitalisation |
| 1953 | Pleurésie et tuberculose ; environ deux ans au sanatorium de Heswall. Mariage d’Elsie avec Harry Graves |
| Noël 1957 | Première batterie, offerte par Harry Graves ; Eddie Clayton Skiffle Group |
| 1959 | Entre dans les Raving Texans, futurs Rory Storm and the Hurricanes ; devient Ringo Starr |
| Octobre 1960 | Hambourg ; le 15, premier enregistrement avec Lennon, McCartney et Harrison au studio Akustik |
| 5 février 1962 | Remplace Pete Best pour deux concerts des Beatles |
| 16 août 1962 | Pete Best est renvoyé ; Ringo est engagé |
| 18 août 1962 | Premier concert comme Beatle, Hulme Hall, Port Sunlight |
| 4 et 11 septembre 1962 | Séances de Love Me Do ; Andy White le remplace le 11 |
| Printemps 1963 | Achat de la batterie Ludwig Oyster Black Pearl ; naissance du logo “Drop-T” |
| 9 février 1964 | Premier Ed Sullivan Show ; Ringo devient le Beatle préféré de l’Amérique |
| 3 juin 1964 | Hospitalisé, remplacé par Jimmie Nicol pendant dix jours |
| 11 février 1965 | Mariage avec Maureen Cox à Caxton Hall |
| 13 septembre 1965 | Naissance de Zak Starkey |
| 26 octobre 1965 | MBE à Buckingham Palace |
| 29 août 1966 | Dernier concert payant des Beatles, Candlestick Park |
| 19 août 1967 | Naissance de Jason Starkey |
| Février-mars 1968 | Une dizaine de jours à Rishikesh |
| 22 août – 3 septembre 1968 | Quitte le groupe, part en Sardaigne, revient : sa batterie est couverte de fleurs |
| Juillet 1969 | Solo de batterie de The End, sur Abbey Road |
| 27 mars 1970 | Premier album solo, Sentimental Journey |
| 11 novembre 1970 | Naissance de Lee Starkey |
| 9 avril 1971 | It Don’t Come Easy ; le 1er août, Concert pour le Bangladesh |
| 13 mars 1973 | Séance d’I’m the Greatest avec Lennon et Harrison |
| 24 novembre 1973 | Photograph numéro un aux États-Unis |
| 17 juillet 1975 | Divorce d’avec Maureen Cox |
| 1979 | Opération d’urgence à Monte-Carlo ; incendie de sa maison de Los Angeles |
| Février 1980 | Rencontre avec Barbara Bach sur le tournage de Caveman |
| 8 décembre 1980 | Assassinat de John Lennon |
| 27 avril 1981 | Mariage avec Barbara Bach, en présence de McCartney et Harrison |
| 1984-1986 | Narrateur de Thomas the Tank Engine and Friends |
| Octobre 1988 | Cure de désintoxication avec Barbara Bach en Arizona |
| 23 juillet 1989 | Premier concert du All-Starr Band, Dallas |
| Mai 1992 | Time Takes Time |
| 30 décembre 1994 | Mort de Maureen Cox |
| 1995-1996 | Anthology, Free as a Bird et Real Love |
| 29 novembre 2001 | Mort de George Harrison |
| 29 novembre 2002 | Concert for George au Royal Albert Hall |
| 2008 | Premier rendez-vous “peace and love” du 7 juillet |
| 8 février 2010 | Étoile sur le Hollywood Walk of Fame |
| 18 avril 2015 | Rock and Roll Hall of Fame à titre personnel |
| 20 mars 2018 | Fait chevalier par le prince William |
| 2 novembre 2023 | Now and Then, dernière chanson des Beatles |
| 10 janvier 2025 | Look Up, premier album numéro un (country UK) |
| 21 février 2025 | Débuts au Grand Ole Opry |
| 24 avril 2026 | Long Long Road |
| 8 mai 2026 | Duo Home to Us avec Paul McCartney |
| 7 juillet 2026 | 86 ans ; doctorat honoris causa de l’université de Liverpool |
| 24 sept. – 7 oct. 2026 | Tournée d’automne du All-Starr Band, dont Forest Hills le 1er octobre |
Questions fréquentes sur Ringo Starr
Quel est le vrai nom de Ringo Starr ?
Ringo Starr s’appelle Richard Starkey. Il est né le 7 juillet 1940 à Liverpool. Depuis 2018, son nom officiel est Sir Richard Starkey, MBE.
Pourquoi s’appelle-t-il Ringo ?
Il a choisi ce nom de scène en 1959, chez Rory Storm and the Hurricanes, parce qu’il portait de nombreuses bagues (“rings”) et que le nom évoquait les héros de western qu’il adorait. Il a raccourci Starkey en Starr, ce qui permettait aussi d’appeler son passage au chant le “Starr Time”.
Quel âge a Ringo Starr ?
Ringo Starr a 86 ans. Il est né le 7 juillet 1940, ce qui fait de lui le plus âgé des quatre Beatles.
Quand Ringo Starr a-t-il rejoint les Beatles ?
Il est entré dans les Beatles le 16 août 1962, en remplacement de Pete Best, et a joué son premier concert avec eux le 18 août 1962 au Hulme Hall de Port Sunlight.
Ringo Starr a-t-il composé des chansons des Beatles ?
Oui, deux sous son seul nom : Don’t Pass Me By (album blanc, 1968) et Octopus’s Garden (Abbey Road, 1969). Il est aussi cosignataire de What Goes On (1965) et des improvisations collectives Flying et Dig It.
Quelles chansons Ringo chante-t-il avec les Beatles ?
Les plus célèbres sont Yellow Submarine, With a Little Help from My Friends, Octopus’s Garden, Act Naturally, Boys, I Wanna Be Your Man, Honey Don’t, Matchbox, What Goes On, Don’t Pass Me By et Good Night.
Ringo Starr est-il un bon batteur ?
Oui, et c’est aujourd’hui l’avis quasi unanime des batteurs professionnels. Sans être un virtuose technique, il possédait un tempo d’une grande stabilité, un “feel” unique lié en partie au fait qu’il est gaucher et joue sur une batterie de droitier, et un talent pour inventer des parties qui identifient une chanson. Mark Lewisohn a établi qu’il n’était presque jamais à l’origine des prises ratées en studio.
John Lennon a-t-il dit que Ringo n’était pas le meilleur batteur des Beatles ?
Non. Cette plaisanterie est de l’humoriste Jasper Carrott, à la BBC, en 1983, trois ans après la mort de Lennon. Lennon a au contraire défendu le jeu de Ringo, qu’il trouvait sous-estimé.
Qui est la femme de Ringo Starr ?
Ringo Starr est marié depuis le 27 avril 1981 à l’actrice américaine Barbara Bach, révélée par le James Bond L’Espion qui m’aimait. Ils se sont rencontrés en 1980 sur le tournage de Caveman. Sa première épouse était Maureen Cox, de 1965 à 1975.
Combien d’enfants a Ringo Starr ?
Trois enfants, nés de son mariage avec Maureen Cox : Zak (1965), batteur, longtemps aux côtés des Who et d’Oasis ; Jason (1967) ; et Lee (1970). Il a aussi élevé les deux enfants de Barbara Bach, et compte plusieurs petits-enfants et un arrière-petit-fils.
Qu’est-ce que le All-Starr Band ?
C’est le groupe de scène de Ringo Starr depuis 1989, une formation tournante composée de musiciens ayant chacun leurs propres succès. Chacun chante ses tubes, Ringo chante les siens et ceux des Beatles. La formation de 2026 réunit Steve Lukather, Colin Hay, Hamish Stuart, Warren Ham, Buck Johnson et Gregg Bissonette.
Combien de numéros un Ringo Starr a-t-il eus en solo ?
Deux singles numéro un au Billboard Hot 100 américain : Photograph (1973) et You’re Sixteen (1974). Aucun numéro un en single au Royaume-Uni, où son meilleur classement est la 2e place de Back Off Boogaloo (1972). Son premier album numéro un est Look Up (2025), au classement country britannique.
Quel est le dernier album de Ringo Starr ?
Long Long Road, paru le 24 avril 2026, son 22e album studio et le deuxième produit par T Bone Burnett, après Look Up (2025).
Ringo Starr est-il chevalier ?
Oui. Il a été fait chevalier (Knight Bachelor) le 20 mars 2018 à Buckingham Palace par le prince William, pour services rendus à la musique et aux causes caritatives. Paul McCartney l’avait été en 1997.
Que signifie “peace and love” chez Ringo Starr ?
C’est sa devise publique. Depuis 2008, il invite chaque 7 juillet, jour de son anniversaire, le monde entier à dire ou penser “peace and love” à midi, heure locale. Elle résume une philosophie de bienveillance, de sobriété et de gratitude qu’il revendique depuis sa cure de 1988.
Ringo Starr est-il encore en tournée ?
Oui. En 2026, il a donné douze concerts dans l’Ouest américain en mai et juin, puis dix concerts sur la côte Est du 24 septembre au 7 octobre, avec son All-Starr Band.
Glossaire
- All-Starr Band — Groupe de scène tournant de Ringo Starr depuis 1989, composé de musiciens ayant eux-mêmes des succès à leur nom.
- Dingle — Quartier ouvrier du sud de Liverpool, au bord des docks, où Ringo est né et a grandi.
- Drop-T — Logo des Beatles au “T” allongé, dessiné en 1963 pour la grosse caisse de la batterie Ludwig de Ringo.
- Feel — Terme de musicien désignant la manière, difficile à décrire, dont un batteur place les notes autour du temps ; la qualité la plus souvent reconnue à Ringo.
- Fill — Roulement de batterie qui fait la transition entre deux parties d’une chanson ; ceux de Ringo sont reconnaissables à leur léger décalage.
- Matched grip — Prise de baguettes symétrique, popularisée par Ringo auprès de toute une génération, par opposition à la prise “traditionnelle” héritée des tambours militaires.
- MBE — Member of the Order of the British Empire, distinction reçue par les quatre Beatles en 1965.
- Ringoïsme — Lapsus ou tournure bancale de Ringo, recueillis par Lennon, à l’origine de titres comme A Hard Day’s Night et Tomorrow Never Knows.
- Skiffle — Musique populaire britannique de la fin des années 1950, jouée sur des instruments de fortune, qui a lancé toute la génération des Beatles.
- Starr Time — Moment des concerts de Rory Storm and the Hurricanes où le batteur prenait le micro.
- T Bone Burnett — Producteur américain, figure de l’americana, producteur de Look Up (2025) et Long Long Road (2026).
Pour aller plus loin sur Yellow-Sub
- Toute la section consacrée au batteur : Ringo Starr, biographie, discographie et chansons
- Les biographies des trois autres : John Lennon, Paul McCartney, George Harrison, et la page des Beatles
- Ringo Starr, l’enfant d’hôpital
- Le procès en médiocrité de Ringo Starr
- Ringo Starr chanteur des Beatles : les onze chansons
- Les ringoïsmes
- 15 chansons pour découvrir la carrière solo de Ringo Starr
- La traversée du désert de Ringo Starr (1975-1992)
- 1970-1980 : la décennie des ex-Beatles
- Le All-Starr Band : l’histoire complète
- Les enfants de Ringo Starr
- Maureen Cox, la première femme de Ringo et Ringo Starr et Barbara Bach
- When We Was Fab, avec Ringo à la batterie
- Quand Liam Gallagher fuit Ringo Starr
- Giles Martin raconte Paul et Ringo
Sources et bibliographie
Ouvrages
- The Beatles, The Beatles Anthology, Seuil, 2000 — la parole des quatre Beatles sur leur histoire.
- Ringo Starr, Postcards from the Boys, Cassell / Chronicle Books, 2004.
- Ringo Starr, Photograph, Genesis Publications, 2013.
- Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions, 1988, et The Beatles: All These Years, Vol. 1 – Tune In, 2013.
- Bill Harry, The Ringo Starr Encyclopedia, Virgin Books, 2004.
- David Sheff, All We Are Saying: The Last Major Interview with John Lennon and Yoko Ono (entretien Playboy de 1980).
- George Martin, All You Need Is Ears, 1979.
- Ian MacDonald, Revolution in the Head ; Barry Miles, The Beatles Diary ; Peter Doggett, You Never Give Me Your Money.
- Chip Madinger et Mark Easter, Eight Arms to Hold You: The Solo Beatles Compendium.
- Max Weinberg, The Big Beat: Conversations with Rock’s Great Drummers, 1984.
Sources de presse et documents
- Site officiel ringostarr.com et communiqués Universal Music Enterprises (2024-2026), dont l’annonce de Long Long Road du 3 mars 2026.
- Université de Liverpool, communiqué du 8 juillet 2026 sur le doctorat honoris causa.
- The Beatles Bible (fiches de séances, de concerts et d’albums, dont Long Long Road et la tournée 2026).
- Ultimate Classic Rock, Consequence, Relix et Stereoboard pour le calendrier de la tournée d’automne 2026.
- Rolling Stone (classement des 100 plus grands batteurs, 2016), Modern Drummer, Billboard, Official Charts Company.
La Vie de Ringo Starr












