Barbara Bach, épouse de Ringo Starr
Pour le grand public, elle est d’abord une image : la major Anya Amasova, agent du KGB au regard d’acier, qui tient tête à Roger Moore dans L’Espion qui m’aimait en 1977. Pour les amateurs des Beatles, elle est l’épouse de Ringo Starr depuis plus de quarante-cinq ans, la femme qui l’a accompagné dans la pire décennie de sa vie et dans la cure qui l’en a sorti. Mais Barbara Bach, née Barbara Goldbach dans le Queens, a eu plusieurs vies avant celle-là, et une autre encore après : mannequin vedette des années 1960 photographiée par Richard Avedon, épouse d’un aristocrate italien et mère de deux enfants à Rome, actrice de gialli et de films d’aventures sous le soleil de Cinecittà, puis, une fois sortie de l’alcool, diplômée en psychologie et cofondatrice avec Pattie Boyd d’un programme d’aide aux personnes dépendantes à Londres.
Cette biographie de Barbara Bach reprend tout, dans l’ordre : l’enfance new-yorkaise, les podiums, l’Italie, James Bond, les films de genre, la rencontre avec Ringo sur le tournage de Caveman, l’accident de voiture qui a décidé de leur mariage, la cure d’octobre 1988, la reconversion, la famille recomposée, et la place discrète mais réelle qu’elle occupe depuis quarante ans dans le cercle des Beatles. Avec une filmographie complète, des citations sourcées, une chronologie, une FAQ et les erreurs les plus fréquentes corrigées une par une.
En bref — Barbara Bach en dix points
- Nom de naissance : Barbara Goldbach, née le 27 août 1947 (1946 selon certaines sources) dans le Queens, à New York.
- Nom de scène : elle raccourcit Goldbach en Bach en 1965, au début de sa carrière de mannequin.
- Mannequin : agence Eileen Ford, couvertures de Seventeen, Vogue américain sous l’objectif de Richard Avedon, Elle en France.
- Premier mariage : l’Italien Augusto Gregorini, dont elle a deux enfants, Francesca et Gianni ; séparation au milieu des années 1970.
- Carrière italienne : une quinzaine de films entre 1968 et 1979, de L’Odyssée télévisée aux gialli et aux films d’aventures de Sergio Martino.
- Rôle culte : la major Anya Amasova, agent XXX du KGB, dans L’Espion qui m’aimait (1977).
- Ringo Starr : rencontre en février 1980 sur le tournage de Caveman au Mexique, mariage le 27 avril 1981 à Londres.
- Sobriété : cure de désintoxication avec Ringo en octobre 1988 ; le couple est sobre depuis.
- Reconversion : master de psychologie à UCLA, cofondatrice en 1991 avec Pattie Boyd du programme SHARP pour les personnes dépendantes.
- Aujourd’hui : Lady Starkey depuis l’anoblissement de Ringo en 2018, elle partage sa vie entre Los Angeles, Monaco et l’Angleterre, et s’investit avec lui dans la Lotus Foundation.
Fiche d’identité de Barbara Bach
Voici les données essentielles, établies à partir des biographies de référence, des filmographies publiées et des archives de presse. Elles serviront de repère tout au long de l’article.
| Nom de naissance | Barbara Ann Goldbach |
| Nom d’usage | Barbara Bach ; Lady Starkey depuis 2018 |
| Naissance | 27 août 1947, Queens, New York (États-Unis) ; certaines sources indiquent 1946 |
| Parents | Howard Goldbach, ancien militaire devenu policier à New York ; Marjorie McKnight |
| Fratrie | Notamment Marjorie Bach, épouse du guitariste Joe Walsh depuis 2008 |
| Professions | Mannequin, actrice, puis diplômée en psychologie et militante associative |
| Langues | Anglais, italien courant, notions de français et d’espagnol |
| Époux | Augusto Gregorini (années 1960 – séparation en 1975) ; Ringo Starr (depuis le 27 avril 1981) |
| Enfants | Francesca Gregorini (1968), réalisatrice ; Gianni Gregorini |
| Beaux-enfants | Zak, Jason et Lee Starkey |
| Rôle le plus connu | Major Anya Amasova dans L’Espion qui m’aimait (1977) |
| Années d’activité au cinéma | 1968 – 1986 |
| Engagements | SHARP (Self Help Addiction Recovery Program), Lotus Foundation |
Sommaire
Une enfance dans le Queens (1947-1964)
Rosedale et Jackson Heights
Barbara Ann Goldbach naît à la fin du mois d’août 1947 dans le Queens, l’un des cinq arrondissements de New York, et grandit entre les quartiers de Rosedale et de Jackson Heights. Ce sont alors des quartiers de classe moyenne, peuplés de familles d’employés, de fonctionnaires et de petits commerçants, à une demi-heure de métro de Manhattan. Rien, dans ce décor de maisons mitoyennes et de rues résidentielles, ne la prédestine à la mode, au cinéma italien ou aux Beatles.
Un père policier, une mère catholique irlandaise
Son père, Howard Goldbach, vient de quitter l’armée américaine au moment de sa naissance et entre peu après dans la police de New York. Il est issu d’une famille juive d’origine autrichienne. Sa mère, Marjorie, née McKnight, est catholique, d’ascendance irlandaise. Comme souvent dans ces familles mixtes de l’après-guerre, c’est la religion de la mère qui l’emporte : Barbara et ses frères et sœurs sont élevés dans la foi catholique. Elle fréquente une école catholique de filles, la Dominican Commercial High School, dont elle sort diplômée en 1964.
Ce double héritage, juif et irlandais catholique, new-yorkais et populaire, est souvent oublié par les portraits qui la présentent d’emblée comme une beauté européenne. Il éclaire pourtant un trait que ceux qui l’ont connue ont souvent relevé : une forme de pragmatisme et de franc-parler qui tranche avec l’image glacée de ses premières photos de mode.
Marjorie, la petite sœur qui épousera un Eagle
Parmi ses frères et sœurs figure Marjorie Bach, qui a elle aussi adopté le nom de scène raccourci. Le 13 décembre 2008, à Los Angeles, Marjorie épouse Joe Walsh, guitariste des Eagles et membre fondateur du All-Starr Band de Ringo en 1989. Depuis ce jour, Ringo Starr et Joe Walsh sont beaux-frères, ce qui ajoute un lien familial à une amitié musicale de plusieurs décennies. L’histoire du groupe de scène de Ringo, dont Walsh fut l’une des figures des premières éditions, est racontée dans Le All-Starr Band de Ringo Starr : l’histoire complète.
Correctif factuel — 1946 ou 1947 ?
La date de naissance de Barbara Bach est l’une des plus instables des biographies du cercle Beatles. La plupart des filmographies, des bases de données cinématographiques et des articles de presse retiennent le 27 août 1947. D’autres, dont la version actuelle de la page anglophone de Wikipédia, indiquent 1946, et certaines hésitent même entre le 27 et le 28 août. Aucun document d’état civil publié ne permet de trancher définitivement. Nous retenons 1947, la date la plus largement documentée, en signalant l’écart.
Mannequin des années 1960 (1964-1968)
L’agence Eileen Ford
À dix-sept ans, son diplôme en poche, Barbara Goldbach est repérée et engagée par l’agence d’Eileen Ford, la plus puissante agence de mannequins de New York, celle qui façonne alors le visage de la mode américaine. Le moment est idéal : le milieu des années 1960 voit naître une nouvelle esthétique, plus jeune, plus graphique, moins figée que celle des mannequins de haute couture des années 1950. Grande, mince, les pommettes hautes et le regard clair, Barbara correspond exactement à ce que cherchent les magazines.
De Seventeen à Vogue : Richard Avedon et Paris
Les couvertures s’enchaînent. Elle fait celle de Seventeen, le magazine des adolescentes américaines, en 1965 et 1966. En juillet 1966, elle pose pour Vogue américain sous l’objectif de Richard Avedon, le photographe de mode le plus célèbre de son temps. La même année, elle apparaît dans Elle en France, puis, à partir de 1967, dans le magazine italien Gioia. En quelques mois, la jeune fille du Queens devient l’un des visages les plus demandés de la décennie, au moment même où, de l’autre côté de l’Atlantique, Pattie Boyd, autre mannequin, épouse George Harrison.
De Goldbach à Bach
C’est en 1965, au début de sa carrière de mannequin, qu’elle raccourcit son nom de famille en Bach. Le procédé est courant dans le milieu de la mode et du spectacle : un nom court, facile à prononcer dans toutes les langues, qui tient sur une couverture. Le choix a l’avantage supplémentaire d’évoquer le compositeur allemand, ce qui n’a jamais nui à la mémorisation. Sa sœur Marjorie adoptera plus tard le même nom.
La rencontre avec Augusto Gregorini
En 1966, à New York, Barbara rencontre Augusto Gregorini, un homme d’affaires italien issu d’une famille aristocratique, les comtes Gregorini di Savignano di Romagna. Elle a dix-neuf ans. Elle le suit en Italie, apprend l’italien qu’elle parlera bientôt couramment, et s’installe à Rome. La mannequin new-yorkaise devient, pour une dizaine d’années, une Romaine.
La vie italienne : Rome, Cinecittà et la famille Gregorini (1966-1975)
Un mariage et deux enfants
Le couple se marie à la fin des années 1960. Leur fille Francesca naît en 1968, leur fils Gianni quelques années plus tard. Barbara mène alors une double vie de mère de famille dans la bonne société romaine et d’actrice débutante dans un cinéma italien en pleine effervescence. Francesca Gregorini deviendra plus tard réalisatrice, auteure notamment de Tanner Hall (2009) et de The Truth About Emanuel (2013), présenté au festival de Sundance.
Correctif factuel — La date du premier mariage
Les sources divergent sur l’année du mariage avec Augusto Gregorini : 1966 pour certaines, qui confondent probablement la rencontre et le mariage, 1968 pour d’autres. Elles s’accordent en revanche sur l’essentiel : la rencontre à New York en 1966, l’installation en Italie, la naissance de Francesca en 1968 et la séparation du couple en 1975, avant un divorce prononcé quelques années plus tard. On lit aussi parfois que Barbara Bach aurait été “comtesse” : son premier mari était issu d’une famille de comtes, mais elle n’a jamais utilisé ce titre dans sa carrière.
Nausicaa dans L’Odyssée (1968)
Son premier rôle est prestigieux. En 1968, la télévision publique italienne diffuse L’Odissea, une adaptation en plusieurs épisodes du poème d’Homère réalisée par Franco Rossi et produite par Dino De Laurentiis, avec des séquences tournées par Mario Bava. Barbara y incarne Nausicaa, la princesse phéacienne qui recueille Ulysse naufragé. La série, d’une ambition rare pour la télévision de l’époque, est diffusée dans de nombreux pays européens, dont la France, sous le titre L’Odyssée. Pour une débutante qui n’a jamais pris un cours de théâtre, c’est une entrée en matière remarquée.
L’âge d’or du giallo : La Tarentule au ventre noir et Je suis vivant
Au début des années 1970, le cinéma de genre italien est à son apogée, et le giallo, ce thriller mêlant enquête policière, érotisme et meurtres stylisés, en est le fleuron. Barbara y fait ses armes. En 1971, elle tient l’un des rôles de La tarantola dal ventre nero (La Tarentule au ventre noir) de Paolo Cavara, aux côtés de Giancarlo Giannini, Claudine Auger et Barbara Bouchet, un giallo devenu culte pour sa photographie et la musique d’Ennio Morricone. La même année, elle joue Mira Svoboda dans La corta notte delle bambole di vetro (Je suis vivant), premier film d’Aldo Lado, avec Jean Sorel et Ingrid Thulin, l’un des gialli les plus singuliers de la période, dont l’intrigue se déroule à Prague.
Un film français : Un peu de soleil dans l’eau froide (1971)
Les lecteurs français ont souvent oublié que Barbara Bach a tourné en France. En 1971, Jacques Deray, le réalisateur de La Piscine, adapte le roman de Françoise Sagan Un peu de soleil dans l’eau froide, sur un scénario de Jean-Claude Carrière. Autour de Claudine Auger et Marc Porel, la distribution réunit Judith Magre, Bernard Fresson et un tout jeune Gérard Depardieu. Barbara y joue un double rôle, Héloïse et Elvire. Le film, longtemps difficile à voir, est aujourd’hui disponible en DVD, et le roman de Sagan reste un classique de poche.
Polars, comédies et aventures (1971-1975)
Les années suivantes, Barbara enchaîne les rôles dans tous les genres du cinéma populaire italien. Elle joue dans la comédie Mio padre Monsignore (1971), dans Paolo il caldo (1973) de Marco Vicario, de nouveau aux côtés de Giancarlo Giannini, dans la comédie Il maschio ruspante (1973), puis dans le polar L’ultima chance (1973) de Maurizio Lucidi, avec Eli Wallach et Fabio Testi. En 1974, elle donne la réplique à Franco Nero dans Il cittadino si ribella (Street Law), polar urbain d’Enzo G. Castellari, figure majeure du “poliziottesco”. En 1975, elle est Maud Brewster dans Il lupo dei mari, adaptation du Loup des mers de Jack London avec Chuck Connors.
Ce ne sont pas des chefs-d’œuvre, et elle-même ne l’a jamais prétendu. Mais c’est une école : en quelques années, la mannequin qui n’avait jamais joué apprend le métier sur des plateaux exigeants, en italien, avec des réalisateurs qui tournent vite et sans filet. Cette expérience explique l’aisance avec laquelle elle passera, en 1977, à une superproduction britannique.
La séparation de 1975
Au milieu des années 1970, le mariage avec Augusto Gregorini se délite. Le couple se sépare en 1975. Barbara quitte Rome pour Los Angeles, où elle compte relancer sa carrière dans le cinéma anglophone. Elle a vingt-huit ans, deux enfants, une dizaine de films italiens derrière elle et une bonne maîtrise de trois langues. Deux ans plus tard, elle sera mondialement célèbre.
James Bond : L’Espion qui m’aimait (1977)
Un dixième Bond qui joue gros
Au milieu des années 1970, la franchise James Bond traverse une zone de turbulences. L’Homme au pistolet d’or (1974) a déçu au box-office, les deux producteurs historiques, Albert R. Broccoli et Harry Saltzman, se sont séparés, et Roger Moore n’a pas encore pleinement imposé son interprétation. Broccoli, désormais seul aux commandes, mise tout sur le dixième épisode : un budget considérable, le retour du réalisateur Lewis Gilbert (On ne vit que deux fois), un méchant mégalomane, Karl Stromberg (Curd Jürgens), qui rêve d’une civilisation sous-marine, un tueur aux dents d’acier, Jaws (Richard Kiel), et surtout une héroïne qui ne soit pas un simple faire-valoir.
Anya Amasova, l’agent XXX
Ce rôle est celui de la major Anya Amasova, nom de code XXX, le meilleur agent du KGB. Lorsqu’une organisation criminelle s’empare de sous-marins nucléaires britanniques et soviétiques, Londres et Moscou sont contraints de faire équipe, et Bond doit collaborer avec sa rivale soviétique. Le scénario ajoute une tension dramatique inédite : c’est Bond qui, au début du film, a tué en mission l’amant d’Anya, et elle a juré de le tuer une fois l’opération terminée. Pour la première fois, la partenaire de 007 est présentée comme son égale professionnelle : elle le devance, le piège, le sauve, et rivalise avec lui en gadgets et en sang-froid.
Barbara Bach obtient le rôle face à de nombreuses candidates. Son italien et son expérience des tournages internationaux jouent en sa faveur, tout comme cette beauté froide que la caméra de Lewis Gilbert transforme en masque de professionnelle impassible. Elle travaille un accent russe, discret mais présent tout au long du film. Le tournage s’étale de l’été 1976 au début de 1977, entre l’Égypte, avec les pyramides de Gizeh et le temple de Karnak, la Sardaigne, sur la Costa Smeralda, et les studios de Pinewood, où l’on construit pour l’occasion le gigantesque 007 Stage, alors le plus grand plateau de cinéma du monde, pour abriter les décors de l’intérieur du supertanker de Stromberg.
Le succès mondial
L’Espion qui m’aimait est présenté en avant-première à Londres le 7 juillet 1977. Le film est un triomphe : il rapporte environ 185 millions de dollars dans le monde, relance durablement la franchise et installe Roger Moore dans le costume. La chanson-titre, Nobody Does It Better, composée par Marvin Hamlisch et interprétée par Carly Simon, est nommée aux Oscars, comme la musique du film et ses décors signés Ken Adam. La Lotus Esprit amphibie, le saut à skis du prégénérique sous un parachute aux couleurs de l’Union Jack et la silhouette de Jaws deviennent des images cultes.
Pour Barbara Bach, le film change tout. Du jour au lendemain, l’actrice de gialli italiens devient une star internationale, et son nom figure désormais dans toutes les listes des “James Bond girls” les plus marquantes. Elle pose en couverture des magazines du monde entier et devient une invitée recherchée des talk-shows américains. Le film est aujourd’hui disponible en Blu-ray.
Une “James Bond girl” qui n’aimait pas James Bond
Barbara Bach n’a jamais été dupe du personnage qui l’a rendue célèbre. En 1983, interrogée par le magazine People pour un dossier consacré aux “beautés de Bond”, elle décrivait sans ménagement l’agent secret comme un macho qui se sert des femmes comme de boucliers contre les balles. La formule, cinglante, a souvent été reprise. Elle résume une ambivalence que partagent plusieurs actrices de la saga : la reconnaissance d’un rôle qui a lancé leur carrière, et la lucidité sur la mythologie qui l’entoure.
Correctif factuel — Anya Amasova, “la première James Bond girl à l’égal de Bond” ?
On lit souvent qu’Anya Amasova serait “la première James Bond girl à égalité avec 007”. La formule est excessive. Avant elle, plusieurs personnages féminins avaient déjà tenu tête à Bond, de Pussy Galore dans Goldfinger (1964) à Tracy di Vicenzo dans Au service secret de Sa Majesté (1969). La nouveauté d’Anya est plus précise : elle est la première partenaire construite explicitement comme le double professionnel de Bond, un agent d’un service rival doté du même rang, des mêmes méthodes et d’un nom de code équivalent. C’est ce modèle qui sera repris, des années plus tard, pour d’autres héroïnes de la série.
Hollywood, Navarone et le cinéma de genre (1977-1981)
L’ouragan vient de Navarone (1978)
Après Bond, les propositions affluent. En 1978, Barbara retrouve Richard Kiel, le Jaws de L’Espion qui m’aimait, dans L’ouragan vient de Navarone (Force 10 from Navarone), suite tardive des Canons de Navarone réalisée par Guy Hamilton, autre vétéran de la saga Bond. Elle y incarne Maritza Petrovich, une partisane yougoslave, aux côtés de Robert Shaw, d’un Harrison Ford tout juste sorti de La Guerre des étoiles, d’Edward Fox, de Franco Nero et de Carl Weathers. Le film, un honnête film de guerre, est disponible en Blu-ray.
Retour en Italie : Sergio Martino et les films d’aventures
En 1979, Barbara tourne coup sur coup deux films avec Sergio Martino, l’un des artisans les plus efficaces du cinéma de genre italien. L’isola degli uomini pesce (Le Continent des hommes-poissons), avec Claudio Cassinelli, Richard Johnson et Joseph Cotten, est un film fantastique où un savant fou transforme des hommes en créatures amphibies sur une île des Caraïbes. Il fiume del grande caimano (Le Grand Alligator), avec Mel Ferrer, raconte la vengeance d’un crocodile géant contre un complexe touristique construit sur un territoire sacré. Les deux films sont devenus des objets de culte pour les amateurs de cinéma bis.
La même année, elle joue Lady Agatha dans L’umanoide (L’Humanoïde), film de science-fiction d’Aldo Lado tourné dans le sillage de La Guerre des étoiles, où elle retrouve, encore une fois, Richard Kiel. Aux États-Unis, elle apparaît dans le film d’arts martiaux Jaguar Lives!, avec Christopher Lee et Donald Pleasence, puis dans la comédie Up the Academy (1980), produite par le magazine satirique Mad, et dans le film d’horreur The Unseen (1980).
La “reine des séries B” et l’audition de Drôles de dames
La presse américaine de l’époque l’affuble d’un surnom ambigu, celui de “reine des séries B”. Il dit autant sa capacité de travail que la difficulté, pour une actrice étiquetée Bond girl, à obtenir des rôles plus consistants. En 1979, elle passe l’audition pour remplacer Kate Jackson dans la série Drôles de dames (Charlie’s Angels). Le rôle échoit finalement à Shelley Hack. Invitée du Tonight Show de Johnny Carson le 9 mai 1979, Barbara raconte avec humour que les producteurs l’avaient trouvée trop sophistiquée et pas assez américaine, au point de demander à son agent si elle était capable de jouer une Américaine, ce qui, pour une fille du Queens, ne manquait pas de sel.
Une icône des magazines
Ces années sont aussi celles de la notoriété de magazine. Barbara pose pour Playboy, qui lui consacre un portfolio en janvier 1981, puis l’inclut dans un numéro spécial consacré aux James Bond girls en septembre 1987. Elle reste, pour toute une génération, l’un des visages féminins emblématiques de la fin des années 1970.
Caveman et Ringo Starr : la rencontre (1980)
Le tournage au Mexique
Au début de 1980, Barbara Bach part pour le Mexique tourner une comédie préhistorique au concept improbable, Caveman, que la France découvrira sous le titre L’Homme des cavernes. Le film est réalisé par Carl Gottlieb, scénariste des Dents de la mer. Les personnages ne parlent qu’une langue préhistorique inventée d’une quinzaine de mots, si bien que le jeu repose entièrement sur la mimique et le burlesque. La distribution réunit de jeunes acteurs promis à un bel avenir, Dennis Quaid et Shelley Long, et une tête d’affiche inattendue : Ringo Starr, qui joue Atouk, homme des cavernes chétif et rejeté par sa tribu. Barbara incarne Lana, la belle compagne du chef de la tribu, dont Atouk est éperdument amoureux.
Le coup de foudre
Ringo a trente-neuf ans. Divorcé de Maureen Cox depuis 1975, il sort d’une relation de plusieurs années avec l’Américaine Nancy Lee Andrews. Barbara a trente-deux ans et est séparée depuis cinq ans. Le tournage, dans les paysages arides de la région de Durango, rapproche les deux acteurs. À l’écran, Atouk conquiert finalement Lana ; hors champ, Ringo et Barbara tombent amoureux. Les deux tempéraments s’accordent : l’humour pince-sans-rire de Liverpool d’un côté, le franc-parler new-yorkais de l’autre, et chez l’un comme chez l’autre une lassitude certaine pour la vie de jet-set qu’ils mènent depuis des années. Le récit de cette rencontre est raconté en détail dans Ringo Starr et Barbara Bach : le miracle discret d’un mariage rock’n’roll.
Le film sort aux États-Unis au printemps 1981. Il n’est pas un succès critique, mais il a gardé une petite réputation de curiosité culte, et il est disponible en DVD sous son titre français.
19 mai 1980 : l’accident qui décide de tout
Quelques mois après le tournage, le couple vit déjà ensemble entre Londres et Los Angeles. Le 19 mai 1980, au sud-ouest de Londres, la Mercedes que conduit Ringo quitte la route, percute des réverbères et se retourne. La voiture est détruite. Ringo et Barbara en sortent presque indemnes, quelques contusions seulement, ce qui tient du miracle au vu de l’état de l’épave. Ils feront compresser la carcasse de la voiture en un cube de métal, qu’ils conserveront chez eux comme une sculpture, mémorial ironique de leur survie.
C’est ce jour-là, ont-ils toujours raconté, qu’ils ont décidé de se marier. Barbara l’a résumé d’une formule souvent citée : s’ils avaient pu survivre à cela ensemble, ils pouvaient survivre à tout.
8 décembre 1980
Le 8 décembre 1980, Ringo et Barbara se trouvent aux Bahamas lorsqu’ils apprennent l’assassinat de John Lennon à New York. La nouvelle leur est transmise par Francesca, la fille de Barbara. Le couple prend aussitôt l’avion pour New York et se rend au Dakota pour soutenir Yoko Ono et Sean, alors âgé de cinq ans. Barbara est ainsi présente aux côtés de Ringo dans le moment le plus douloureux de sa vie d’ancien Beatle. Ce moment est raconté dans Ringo Starr : des mots bouleversants en apprenant la mort de John Lennon.
La promotion de Caveman : le couple à la télévision
Au printemps 1981, Ringo et Barbara font ensemble la tournée des émissions américaines pour promouvoir Caveman. Le 23 mars 1981, ils sont les invités de Phil Donahue ; le 6 mai, ceux de Johnny Carson au Tonight Show. On y découvre un couple complice, drôle, qui se coupe la parole et se taquine, et qui annonce, sans vraiment le cacher, un mariage imminent.
Le mariage du 27 avril 1981
Marylebone, comme Paul et Linda
Ringo Starr et Barbara Bach se marient le 27 avril 1981 au bureau d’état civil de Marylebone, à Londres, celui-là même où Paul McCartney avait épousé Linda Eastman douze ans plus tôt, en mars 1969. La cérémonie, brève et civile, est suivie d’une réception au club Rags, à Mayfair. Paul et Linda McCartney, George et Olivia Harrison sont présents. C’est la première fois que les trois Beatles survivants se retrouvent publiquement depuis la mort de John Lennon, cinq mois plus tôt.
La fête se termine autour d’un piano. Les trois anciens Beatles improvisent ensemble, pour quelques amis, des standards du rock’n’roll de leur jeunesse. Aucun enregistrement officiel n’a été publié, mais plusieurs témoins ont raconté ce moment rare, que la presse britannique s’empressa de présenter comme une “réunion” des Beatles. Elle n’en était pas une ; c’était simplement un mariage entre amis.
Un mariage qui défie les statistiques du rock
Quarante-cinq ans plus tard, le couple est toujours marié, ce qui fait de lui l’un des plus durables de toute l’histoire du rock britannique. Cette longévité n’allait pas de soi. Les années 1980 seront celles de l’alcool, pour l’un comme pour l’autre, et il faudra une décision radicale pour que le mariage, et peut-être leurs vies, survivent à cette décennie.
Correctif factuel — Ringo et Barbara se sont-ils mariés à cause de l’accident ?
On lit parfois que le couple se serait marié “juste après” l’accident de mai 1980. C’est un raccourci. L’accident a, selon leurs propres récits, précipité la décision de se marier, mais près d’un an sépare les deux événements : l’accident a lieu le 19 mai 1980, le mariage le 27 avril 1981, après le divorce définitif de Barbara et le deuil de Lennon. Ce délai explique aussi la présence, ce jour-là, de McCartney et Harrison, venus soutenir leur ami au terme de l’année la plus difficile de sa vie.
Les années Starkey : cinéma à deux et retrait des plateaux (1981-1986)
Au lendemain du mariage, Barbara Bach n’est plus seulement une actrice : elle est devenue, aux yeux du monde, “la femme de Ringo”. L’étiquette est flatteuse et encombrante à la fois. Elle ouvre toutes les portes des talk-shows, mais elle referme peu à peu celles des castings. Les producteurs voient désormais en elle la moitié d’un couple célèbre plutôt qu’une actrice à part entière, et Barbara, de son côté, ne cherche guère à lutter contre ce glissement. Les années qui suivent sont celles d’une vie à deux, de voyages, de maisons, de fêtes, et d’une carrière qui s’efface doucement sans qu’aucune décision officielle soit jamais annoncée.
Stop and Smell the Roses et le court métrage The Cooler (1981-1982)
En 1981, Ringo publie Stop and Smell the Roses, un album auquel participent Paul McCartney, George Harrison, Harry Nilsson, Stephen Stills et Ronnie Wood. Harrison y offre All Those Years Ago dans une première version, avant de la reprendre pour lui-même en hommage à Lennon, et lui donne finalement Wrack My Brain. La promotion de l’album, puis le court métrage qui l’accompagne, marquent la première fois que la vie du couple se mêle ouvertement au travail de Ringo.
L’année suivante, le duo de clippeurs Kevin Godley et Lol Creme, anciens membres de 10cc, réalise The Cooler, un court métrage musical d’une dizaine de minutes construit autour de trois chansons de l’album. Ringo y incarne un prisonnier qui rêve d’évasion dans un camp aux allures de film de guerre ; Barbara y apparaît, tout comme Paul et Linda McCartney. Le film a été présenté, selon plusieurs sources, en sélection officielle des courts métrages au Festival de Cannes 1982, un détail qu’il convient de garder au conditionnel tant la documentation est mince. Il témoigne surtout de la complicité qui unit alors Ringo et les McCartney, et de la place naturelle que Barbara occupe déjà dans ce cercle.
Princess Daisy (1983) : un couple à l’écran
En 1983, NBC adapte en mini-série le best-seller de Judith Krantz, Princess Daisy, saga glamour d’une héritière russe exilée entre Hollywood, Londres et le monde de la publicité. Ringo et Barbara y tiennent des seconds rôles, ceux de Robin et Vanessa Valerian, sur deux épisodes. Le choix de distribution joue évidemment sur leur notoriété de couple ; il ne laisse pas un souvenir impérissable aux critiques, mais il reste la seule fiction télévisée où les deux époux partagent véritablement l’affiche après Caveman.
Give My Regards to Broad Street (1984)
En 1984, Paul McCartney écrit et produit un long métrage musical, Give My Regards to Broad Street, réalisé par Peter Webb. L’intrigue, mince, tourne autour de bandes magnétiques disparues ; le film est surtout prétexte à une série de séquences musicales où McCartney revisite ses chansons et quelques classiques des Beatles. Ringo y joue son propre rôle, derrière la batterie, et accepte même de participer à des réenregistrements de titres des Beatles, ce qu’il avouera plus tard avoir fait sans grand enthousiasme. Barbara y fait une brève apparition dans le rôle d’une journaliste. Pour une analyse détaillée de ce film mal aimé, voir notre article Give My Regards to Broad Street (1984) : analyse du film de Paul McCartney.
Le film est un échec commercial et critique, mais il a gagné avec le temps un petit statut de curiosité pour les collectionneurs. On le trouve en DVD : Give My Regards to Broad Street en DVD sur Amazon.
Dernière apparition et fin d’une carrière (1986)
La filmographie de Barbara Bach s’achève en 1986 sur une simple apparition, celle d’une joueuse de polo dans To the North of Katmandu. Elle a trente-huit ans et compte environ vingt-cinq films et téléfilms. Il n’y aura ni annonce de retraite, ni film d’adieu : Barbara quitte le cinéma comme on ferme une porte derrière soi, sans bruit. Interrogée plus tard sur ce choix, elle a toujours répondu, en substance, que la vie qu’elle menait avec Ringo l’intéressait davantage que les plateaux, et qu’elle n’avait jamais considéré le métier d’actrice comme une vocation absolue.
Ce retrait a souvent été lu comme un sacrifice consenti au profit de la carrière de son mari. La réalité est plus nuancée. La carrière de Ringo, au milieu des années 1980, est elle-même au point mort : aucun album studio ne sort aux États-Unis entre 1981 et 1992 (Old Wave, en 1983, n’est publié que dans quelques pays), son contrat discographique a disparu et ses projets avortent les uns après les autres. Les deux époux traversent ensemble ce que l’on a appelé la “traversée du désert” de Ringo, que nous racontons dans La traversée du désert de Ringo Starr (1975-1992).
Correctif factuel — Barbara Bach a-t-elle arrêté le cinéma en se mariant ?
On lit souvent que Barbara Bach aurait renoncé au cinéma le jour de son mariage avec Ringo Starr, en 1981. C’est inexact. Elle tourne encore dans Princess Daisy (1983), apparaît dans Give My Regards to Broad Street (1984) et fait une dernière brève apparition dans To the North of Katmandu (1986). Son retrait est progressif, étalé sur cinq ans, et n’a jamais fait l’objet d’une annonce officielle.
Tittenhurst, Monte-Carlo et la décennie perdue (1981-1988)
Tittenhurst Park, la maison de John
Le couple s’installe à Tittenhurst Park, le vaste domaine géorgien de Sunninghill, près d’Ascot, dans le Berkshire, que Ringo a racheté à John Lennon en 1973. C’est là que Lennon avait tourné le clip d’Imagine, au piano blanc, et que les Beatles avaient posé pour leur toute dernière séance photo collective, le 22 août 1969. Ringo y a fait construire un studio d’enregistrement, Startling Studios, qu’il loue à d’autres artistes. Pour Barbara, la maison est chargée d’une histoire qu’elle découvre au fil des visites des anciens compagnons de son mari.
Le couple partage alors son temps entre l’Angleterre, Los Angeles et Monte-Carlo, où la fiscalité monégasque attire nombre de musiciens britanniques. La vie est confortable, sociale, nomade. Elle est aussi, de plus en plus, organisée autour de l’alcool.
L’alcool au cœur du couple
Ringo boit depuis longtemps. Les années de la fin des Beatles, puis celles des fêtes avec Harry Nilsson et Keith Moon au milieu des années 1970, ont installé chez lui des habitudes dont il ne parvient plus à se défaire. Barbara, qui n’était pas une grande buveuse à l’époque de leur rencontre, finit par suivre le même chemin. Dans les années 1980, le couple vit dans ce que Ringo appellera plus tard un brouillard permanent, où les journées se confondent et où les souvenirs s’effacent.
Les deux époux ont eux-mêmes décrit cette période sans fard, dans l’avant-propos qu’ils ont cosigné pour Getting Sober, un livre de l’ancien attaché de presse des Beatles Derek Taylor paru en 1992. Ils y racontent leurs longs voyages en avion, les grandes villas louées, les bars remplis, et la façon dont ils se cachaient pour boire. Ringo a raconté à de nombreuses reprises qu’il ne se souvenait pas de pans entiers de cette décennie, et qu’il lui arrivait de reprendre conscience dans une maison saccagée sans aucun souvenir de la nuit précédente.
1987 : les sessions de Memphis et la vente de Tittenhurst
En 1987, Ringo tente de relancer sa carrière en enregistrant un album à Memphis avec le producteur Chips Moman. Les séances se déroulent dans un climat chaotique ; Ringo lui-même reconnaîtra qu’il était rarement sobre en studio. L’album ne sortira pas à l’époque, et Ringo engagera même une procédure pour empêcher sa publication. C’est le signe que quelque chose doit changer.
La même période voit la vente de Tittenhurst Park, cédée en 1988 au cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane, président des Émirats arabes unis. Ringo et Barbara tournent une page : ils laissent derrière eux la maison de Lennon et, sans le savoir encore, la vie qu’ils y ont menée.
Octobre 1988 : la cure de Tucson et la sobriété
La décision
À l’automne 1988, après un nouvel épisode d’excès dont ni l’un ni l’autre ne garde de souvenir précis, Ringo et Barbara prennent ensemble la décision qui va changer leur vie : entrer en désintoxication. Le choix de le faire à deux est essentiel. Aucun des deux n’aurait pu rester sobre en vivant aux côtés d’un conjoint qui continuait à boire ; ensemble, ils peuvent se soutenir. En octobre 1988, ils entrent dans une clinique spécialisée de Tucson, en Arizona, pour une cure d’environ quatre semaines.
Le traitement repose sur le modèle des douze étapes, celui des Alcooliques anonymes, avec ses groupes de parole, ses confrontations et son exigence d’honnêteté envers soi-même. Pour Ringo, qui avait toujours été le Beatle le plus sociable et le plus drôle, c’est une épreuve. Il en ressort pourtant transformé, et décidé à ne plus jamais toucher un verre.
Une sobriété tenue depuis plus de trente-cinq ans
Depuis 1988, Ringo et Barbara sont restés sobres. Cette constance est l’un des faits les plus remarquables de leur histoire commune. Elle a permis à Ringo de remonter sur scène en 1989 avec la première tournée de son All-Starr Band, une aventure qui dure encore en 2026. Elle a permis à Barbara de se reconstruire et de trouver une nouvelle vocation, tournée vers les autres.
La sobriété est aussi devenue le socle de la philosophie publique du couple. Le “peace and love” que Ringo répète inlassablement, ses deux doigts levés en V, n’est pas seulement une posture héritée des années 1960 : c’est la devise d’un homme qui a failli tout perdre et qui a choisi la gratitude. Barbara partage cette philosophie, plus discrètement. Pour comprendre le parcours de Ringo dans sa globalité, voir la biographie complète de Ringo Starr.
Correctif factuel — Ringo est-il entré seul en cure ?
Une version répandue présente la cure de 1988 comme celle de Ringo, Barbara l’accompagnant pour le soutenir. C’est inexact : les deux époux souffraient d’alcoolisme et sont entrés en traitement ensemble, comme ils l’ont l’un et l’autre reconnu publiquement. C’est précisément ce choix commun qui, selon eux, a rendu leur sobriété durable.
Une seconde vie : psychologie et lutte contre les addictions (1989-2000)
Retour aux études
Libérée de l’alcool, Barbara cherche à donner un sens à ce qu’elle a traversé. Elle reprend des études et obtient, selon plusieurs biographies, un master en psychologie à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) au début des années 1990. Le choix n’a rien d’anodin : l’ancienne Bond girl veut comprendre les mécanismes de la dépendance, ceux qu’elle a vécus de l’intérieur, et se mettre en mesure d’aider d’autres personnes à s’en libérer.
SHARP, fondé avec Pattie Boyd (1991)
En 1991, Barbara Bach cofonde avec Pattie Boyd le Self-Help Addiction Recovery Programme, plus connu sous son sigle SHARP, une structure d’aide aux personnes dépendantes à l’alcool et aux drogues installée à Londres. Le projet bénéficie du soutien de George Harrison et d’Eric Clapton, les deux anciens maris de Pattie Boyd, eux-mêmes confrontés de près aux addictions. Clapton, sobre depuis la fin des années 1980, fondera plus tard le centre Crossroads à Antigua.
L’alliance entre Barbara et Pattie dit beaucoup du cercle des “femmes des Beatles”. Pattie, muse de Something et de Layla, a connu de l’intérieur les excès du rock des années 1970 ; Barbara, ceux des années 1980. Toutes deux ont choisi de transformer l’expérience en engagement. Pattie Boyd a raconté sa propre trajectoire dans ses mémoires, Wonderful Tonight : Wonderful Tonight de Pattie Boyd sur Amazon. Pour son portrait, voir Pattie Boyd, muse de George Harrison et d’Eric Clapton.
Correctif factuel — Quand SHARP a-t-il été fondé ?
On lit parfois que Barbara Bach et Pattie Boyd auraient fondé SHARP “à la fin des années 1980”, dans la foulée de la cure de Ringo et Barbara. La date généralement retenue est 1991, soit près de trois ans après le traitement de Tucson, le temps pour Barbara de consolider sa propre sobriété et de reprendre des études.
Une militante discrète
Barbara n’a jamais cherché à faire de son engagement un instrument de communication. Elle donne peu d’interviews, ne publie pas de mémoires, n’apparaît pas sur les plateaux pour raconter sa guérison. C’est un trait constant de sa personnalité depuis son retrait du cinéma : elle laisse à Ringo la lumière, et se réserve le travail de fond. Cette discrétion explique en partie qu’une large partie du public ignore aujourd’hui son parcours après L’Espion qui m’aimait.
Philanthropie : la Lotus Foundation et les enchères de 2015
La Lotus Foundation
Ringo et Barbara ont créé ensemble la Lotus Foundation, une fondation caritative britannique qui finance une série de sous-structures et d’associations. Ses champs d’action reflètent l’histoire du couple : aide aux personnes souffrant d’addictions, soutien à l’enfance, à la santé, à l’action sociale et à la protection animale. Le lotus, fleur qui s’épanouit au-dessus de la vase dans la symbolique orientale, résonne avec cette histoire : il évoque la possibilité de renaître après la chute, ce que le couple a lui-même expérimenté en 1988.
La fondation fonctionne sans grande publicité. Ringo l’évoque à l’occasion, notamment autour de son anniversaire du 7 juillet, mais elle reste avant tout le prolongement privé de l’engagement de Barbara, entamé avec SHARP au début des années 1990.
Décembre 2015 : la grande vente de Beverly Hills
Les 4 et 5 décembre 2015, la maison de ventes Julien’s Auctions organise à Beverly Hills une vente intitulée Property from the Collection of Ringo Starr and Barbara Bach. Plus de huit cents lots sont dispersés : instruments, costumes, disques d’or, objets personnels, mobilier, souvenirs des Beatles et de la vie commune du couple. La pièce phare est la première batterie Ludwig noire, la fameuse “oyster black pearl” que Ringo utilisa lors de plus de deux cents concerts des Beatles, dont l’apparition au Ed Sullivan Show de février 1964. Elle est adjugée plus de deux millions de dollars, un record pour une batterie.
Une partie importante du produit de la vente est reversée à la Lotus Foundation. Pour Ringo et Barbara, la logique est double : alléger des maisons encombrées par cinquante ans de souvenirs et transformer ces objets en ressources pour la fondation. Sur le marché des objets Beatles et ses records, voir notre dossier Les objets des Beatles les plus chers jamais vendus aux enchères. Sur la fragilité de ce patrimoine, lire aussi Ringo Starr, cendres et reliques : la mémoire Beatles à l’épreuve du feu.
Correctif factuel — Ringo et Barbara ont-ils vendu “tous leurs souvenirs des Beatles” ?
Certains titres de presse ont présenté la vente de 2015 comme une liquidation complète du patrimoine Beatles de Ringo. C’est excessif. Le couple a mis en vente une sélection, certes très importante, d’objets personnels et professionnels, mais Ringo a conservé de nombreux instruments et souvenirs, dont il a d’ailleurs exposé une partie dans plusieurs musées et expositions par la suite.
Philosophie de vie : sobriété, peace and love et discrétion
Une hygiène de vie revendiquée
Depuis la fin des années 1980, le couple a adopté une hygiène de vie qui contraste avec la décennie précédente : pas d’alcool, pas de drogue, beaucoup de sport, une alimentation largement végétale. Ringo plaisante volontiers sur son régime, fait de légumes, de fruits rouges et de brocolis, et sur l’apparence juvénile qu’il conserve à plus de quatre-vingts ans. Barbara, toujours mince et sportive, partage cette discipline. Ringo a par ailleurs des restrictions alimentaires anciennes, héritées des maladies de son enfance, qui expliquent quelques anecdotes célèbres : voir Pourquoi Ringo Starr n’a jamais mangé de pizza.
Peace and love, version Barbara
Depuis 2008, Ringo invite chaque 7 juillet le monde entier à dire ou penser “peace and love” à midi, heure locale. Barbara est de presque toutes ces célébrations, souvent en retrait, parfois aux côtés de son mari sur les photos de groupe. Sa propre version de la philosophie du couple est moins démonstrative : elle passe par l’engagement dans la lutte contre les addictions, par la fidélité aux amis de longue date et par une protection farouche de la vie privée.
La discrétion comme principe
Barbara Bach ne s’exprime guère sur les réseaux sociaux, accorde très rarement des interviews et n’a jamais publié d’autobiographie. Les quelques déclarations publiques qu’on lui connaît depuis les années 1990 sont des hommages : à Roger Moore en 2017, à des amis disparus, à son mari lors d’événements officiels. Cette réserve, rare chez une ancienne star de cinéma mariée à un Beatle, est sans doute l’une des clés de la longévité du couple.
Le rapport à la célébrité
Barbara Bach a connu deux formes de célébrité très différentes : celle, éphémère et exposée, d’une Bond girl de la fin des années 1970, sollicitée par les magazines et les plateaux de télévision ; puis celle, plus diffuse et plus durable, d’épouse d’un Beatle. Elle semble avoir tiré de la première une méfiance durable envers la seconde. Depuis les années 1990, elle choisit avec soin ses apparitions publiques, presque toujours liées à Ringo, à la famille ou à des causes caritatives, et ne cherche jamais à tirer parti de son nom. Dans un milieu où la notoriété se monnaie, cette retenue est devenue sa marque de fabrique, et le meilleur rempart de sa vie privée.
Vie privée et famille
Francesca et Gianni Gregorini
Barbara a deux enfants de son premier mariage avec l’industriel italien Augusto Gregorini. Sa fille, Francesca Gregorini, née en 1968, a grandi entre l’Italie, Londres et Los Angeles, et a vécu une partie de son adolescence aux côtés de Ringo. Elle est devenue musicienne, puis scénariste et réalisatrice. Elle coréalise avec Tatiana von Fürstenberg Tanner Hall (2009), chronique d’un pensionnat de jeunes filles, puis signe seule The Truth About Emanuel (2013), avec Kaya Scodelario et Jessica Biel, présenté au festival de Sundance. Son fils, Gianni Gregorini, a choisi une vie beaucoup plus discrète, loin des projecteurs.
Ringo a toujours parlé des enfants de Barbara comme des siens. Il a été leur beau-père dès le début des années 1980, à un âge où Francesca et Gianni étaient encore adolescents et enfants, et leur relation est restée étroite.
Zak, Jason et Lee Starkey : une famille recomposée
Barbara est devenue, en épousant Ringo, la belle-mère de ses trois enfants nés de son mariage avec Maureen Cox : Zak (1965), batteur qui a joué avec les Who et Oasis, Jason (1967) et Lee (1970). La famille recomposée s’est construite au fil des années, avec une particularité : Maureen, la première épouse de Ringo, est restée une figure présente dans la vie de ses enfants jusqu’à sa mort, en décembre 1994, à l’âge de quarante-huit ans. Pour leurs parcours, voir Les enfants de Ringo Starr : Zak, Jason et Lee Starkey, Jason Starkey, le fils discret de Ringo et notre portrait de Maureen Cox Starkey, la première femme de Ringo.
Par Zak, Ringo est devenu grand-père dès 1985, avec la naissance de Tatia, puis arrière-grand-père lorsque Tatia a eu à son tour un enfant. La famille élargie compte aujourd’hui plusieurs petits-enfants, issus des enfants de Ringo comme de ceux de Barbara, que le couple réunit volontiers lors des fêtes.
Marjorie Bach et Joe Walsh : deux sœurs, deux musiciens
La famille Bach a une autre connexion avec le rock. Marjorie Bach, la sœur cadette de Barbara, a épousé en 2008 Joe Walsh, guitariste des Eagles et auteur de Life’s Been Good. Walsh est un vieil ami de Ringo : il a participé à la première tournée du All-Starr Band en 1989 et y est revenu à plusieurs reprises, et avait produit en 1983 l’album Old Wave de Ringo. Au mariage, Ringo a tenu, selon la presse américaine de l’époque, le rôle de témoin. Les deux musiciens sont donc devenus beaux-frères, et les deux sœurs Goldbach, venues du Queens, se retrouvent mariées à deux légendes du rock.
Joe Walsh a lui-même connu l’alcoolisme et s’en est libéré au milieu des années 1990. Il évoque volontiers la sobriété comme un lien supplémentaire entre les deux couples.
Résidences : de Monte-Carlo à Los Angeles
Après la vente de Tittenhurst Park, Ringo et Barbara ont partagé leur vie entre plusieurs résidences : Monte-Carlo, Los Angeles et le Surrey, au sud de Londres. Ces dernières années, c’est à Los Angeles qu’ils passent l’essentiel de leur temps, Ringo y préparant ses tournées et ses albums dans son studio personnel. Le couple a aussi maintenu un pied-à-terre en Angleterre, où vivent plusieurs membres de la famille.
Un couple de plus de quarante-cinq ans
Les ingrédients d’une longévité
Dans un milieu où les mariages se font et se défont au rythme des tournées, Ringo et Barbara font figure d’exception. Ils fêtent leurs quarante-cinq ans de mariage le 27 avril 2026. Interrogé régulièrement sur ce qui les tient ensemble, Ringo répond toujours avec la même simplicité : il aime sa femme, ils s’entendent bien, ils ont traversé le pire et en sont sortis ensemble. L’accident de 1980, le deuil de Lennon, la décennie de l’alcool et la cure de 1988 ont soudé le couple d’une façon que peu d’histoires de rock connaissent.
Ringo est revenu sur ce mariage dans plusieurs interviews télévisées. Dans celle-ci, il évoque près de quatre décennies de vie commune :
Toujours en tournée, toujours ensemble
Barbara accompagne souvent Ringo sur les tournées du All-Starr Band, qu’il a reprises chaque année ou presque depuis 1989. En 2026, alors que Ringo, quatre-vingt-six ans, a donné des concerts dans l’Ouest américain au printemps puis sur la côte Est à l’automne, elle reste sa première supportrice, rarement photographiée mais toujours présente en coulisses. L’histoire complète de la formation est racontée dans Le All-Starr Band de Ringo Starr : l’histoire complète.
Les deux derniers albums de Ringo, tournés vers la country et produits par T Bone Burnett, prolongent cette période apaisée : Look Up (2025) sur Amazon et Long Long Road (2026) sur Amazon.
Septembre 2026 : une sortie à Los Angeles
Le couple continue de faire de rares apparitions publiques ensemble. En septembre 2026, Ringo et Barbara ont assisté à Los Angeles à la projection d’un documentaire consacré à Twiggy, autre icône de la mode des années 1960. Nous avons raconté cette soirée dans Ringo Starr et Barbara Bach à la projection du documentaire sur Twiggy. Pour l’histoire de leur rencontre, voir aussi Ringo Starr et Barbara Bach : le miracle discret d’un mariage rock’n’roll.
Barbara Bach et le cercle des Beatles
Une place à part parmi les “femmes des Beatles”
Barbara est arrivée dans l’univers des Beatles en 1980, dix ans après la séparation du groupe et quelques mois avant la mort de Lennon. Elle n’a donc connu ni Abbey Road, ni la Beatlemania, ni les tensions de 1969. Cette position décalée a sans doute facilité ses relations avec les autres épouses et compagnes. Elle s’est liée avec Linda McCartney, avec Olivia Harrison et avec Pattie Boyd, ancienne épouse de George devenue son associée chez SHARP.
Barbara a aussi entretenu des relations cordiales avec Yoko Ono, malgré les tensions récurrentes entre la veuve de Lennon et les trois autres Beatles. En 1990, elle participe aux côtés de Linda McCartney et de Yoko Ono au Romanian Angel Appeal, l’appel lancé par Olivia Harrison en faveur des orphelins roumains après la chute de Ceaușescu, qui donnera notamment naissance à l’album caritatif Nobody’s Child. Sur ce dernier point, voir Olivia Harrison, gardienne de l’héritage de George.
Proche de George Harrison
Barbara et Ringo ont été parmi les proches de George Harrison jusqu’à la fin. Ringo rendit visite à George, déjà très malade, quelques semaines avant sa mort en novembre 2001. L’amitié entre les deux hommes, et son prolongement dans la chanson Never Without You que Ringo écrivit en hommage, est racontée dans Ringo Starr, George Harrison et Never Without You.
Anthology et la mémoire des Beatles
Au milieu des années 1990, Barbara vit aux côtés de Ringo l’aventure Anthology, qui réunit les trois Beatles survivants autour de leur propre histoire et de deux chansons inédites de Lennon, Free as a Bird et Real Love. La réédition de la série sur Disney+, en 2025, s’est enrichie d’un neuvième épisode consacré à cette période : voir Beatles Anthology : l’épisode 9 et The Beatles Anthology, épisode 9 sur Disney+.
Lady Starkey depuis 2018
Le 20 mars 2018, Ringo est fait chevalier (Knight Bachelor) par le prince William à Buckingham Palace, pour services rendus à la musique et à la philanthropie. Barbara l’accompagne à la cérémonie. Depuis ce jour, elle porte officiellement le titre de courtoisie de Lady Starkey, conformément à l’usage britannique qui attribue à l’épouse d’un chevalier le titre de “Lady” suivi du nom de famille du mari.
Correctif factuel — Lady Starkey, pas “Lady Bach” ni “Dame Barbara”
On trouve parfois les formules “Lady Bach” ou “Dame Barbara Bach”. Elles sont toutes deux incorrectes. Le titre de Dame est une distinction personnelle que Barbara n’a pas reçue ; et le titre de courtoisie d’épouse de chevalier se construit sur le nom légal du mari, Richard Starkey, et non sur son nom de scène ni sur celui de l’épouse. Le titre exact est donc Lady Starkey. Barbara Bach reste, bien sûr, son nom d’artiste.
Filmographie complète de Barbara Bach
De 1968 à 1986, Barbara Bach a tourné dans un peu plus de vingt films et productions télévisées, en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le tableau ci-dessous les recense par ordre chronologique, avec le titre original, le titre français lorsqu’il existe, le réalisateur et le rôle tenu. Les années sont celles de la première sortie.
| Année | Titre original (titre français) | Réalisation | Rôle |
|---|---|---|---|
| 1968 | Odissea (L’Odyssée), série télévisée | Franco Rossi | Nausicaa |
| 1971 | Mio padre Monsignore | — | Chiara |
| 1971 | La tarantola dal ventre nero (La Tarentule au ventre noir) | Paolo Cavara | Jenny |
| 1971 | La corta notte delle bambole di vetro (Je suis vivant !) | Aldo Lado | Mira Svoboda |
| 1971 | Un peu de soleil dans l’eau froide | Jacques Deray | Héloïse |
| 1973 | Paolo il caldo | Marco Vicario | Anna |
| 1973 | Il maschio ruspante | — | Rema |
| 1973 | L’ultima chance (Stateline Motel) | Maurizio Lucidi | Emily |
| 1974 | Il cittadino si ribella (Street Law) | Enzo G. Castellari | Barbara |
| 1975 | Il lupo dei mari (Legend of the Sea Wolf) | Giuseppe Vari | Maud Brewster |
| 1977 | Ecco noi per esempio | Sergio Corbucci | Ludovica |
| 1977 | The Spy Who Loved Me (L’Espion qui m’aimait) | Lewis Gilbert | Major Anya Amasova (agent XXX) |
| 1977 | The Mask of Alexander Cross, téléfilm | — | Agent Judson |
| 1978 | Force 10 from Navarone (L’Ouragan vient de Navarone) | Guy Hamilton | Maritza Petrovich |
| 1979 | L’isola degli uomini pesce (Le Continent des hommes-poissons) | Sergio Martino | Amanda Marvin |
| 1979 | L’umanoide (L’Humanoïde) | Aldo Lado | Lady Agatha |
| 1979 | Jaguar Lives! | Ernest Pintoff | Anna Thompson |
| 1979 | Il fiume del grande caimano (Le Grand Alligator) | Sergio Martino | Alice Brandt |
| 1980 | Up the Academy | Robert Downey Sr. | Bliss |
| 1980 | The Unseen | Danny Steinmann | Jennifer Fast |
| 1981 | Caveman (L’Homme des cavernes) | Carl Gottlieb | Lana |
| 1983 | Princess Daisy, mini-série | Waris Hussein | Vanessa Valerian |
| 1984 | Give My Regards to Broad Street | Peter Webb | Une journaliste (apparition) |
| 1986 | To the North of Katmandu | — | Une joueuse de polo (apparition) |
Pour (re)découvrir le rôle qui a fait sa célébrité, le film est disponible en haute définition : L’Espion qui m’aimait en Blu-ray sur Amazon. Le court métrage The Cooler (1982), où elle apparaît aux côtés de Ringo et des McCartney, n’est pas compté ici car il s’agit d’un film musical promotionnel.
Barbara Bach, une actrice réévaluée
Anya Amasova, une Bond girl d’un nouveau type
Avec le recul, la place de Barbara Bach dans l’histoire de James Bond apparaît plus importante qu’on ne l’a longtemps dit. Anya Amasova est l’une des premières partenaires de Bond conçues comme son égale professionnelle : une espionne soviétique compétente, rivale avant d’être alliée, qui le bat parfois sur son propre terrain et qui a une raison personnelle de le haïr, puisqu’il a tué son amant au début du film. Le personnage annonce les Bond girls plus autonomes des décennies suivantes, de Wai Lin dans Demain ne meurt jamais à Vesper Lynd dans Casino Royale.
La reine du cinéma de genre italien
L’autre héritage de Barbara Bach est italien. Ses gialli du début des années 1970, notamment La Tarentule au ventre noir et Je suis vivant !, sont aujourd’hui des classiques recherchés du cinéma de genre, réédités en éditions de collection et analysés par les historiens du cinéma populaire. Les films d’aventure et d’horreur qu’elle tourne avec Sergio Martino à la fin des années 1970 ont, eux aussi, gagné un public de cinéphiles amateurs de série B. Barbara Bach occupe ainsi une place singulière : celle d’une actrice américaine devenue, à travers l’Italie, une figure du cinéma de genre européen.
Hollywood, une occasion manquée ?
La question revient souvent chez les amateurs de cinéma : Barbara Bach aurait-elle pu mener une grande carrière hollywoodienne après L’Espion qui m’aimait ? Le succès mondial du film lui ouvre en effet des portes, mais les rôles qu’on lui propose restent cantonnés à l’action, à l’aventure et à l’horreur, souvent dans des productions modestes. C’est le sort de nombreuses Bond girls de l’époque, enfermées dans une image dont elles peinent à sortir. L’audition manquée pour Drôles de dames, en 1979, illustre cette difficulté. Barbara elle-même n’a jamais exprimé de regret public à ce sujet. Sa rencontre avec Ringo, en 1980, a déplacé le centre de gravité de sa vie, et la question d’une carrière à Hollywood a cessé de se poser avant même d’avoir trouvé sa réponse.
Un parcours atypique de mannequin à psychologue
Peu de biographies de célébrités traversent autant de mondes différents : le Queens populaire, les agences de mannequins de Manhattan, la haute société romaine, Cinecittà, Pinewood, Hollywood, le cercle des Beatles, puis le monde de la recherche et du soin en addictologie. Barbara Bach a été tour à tour mannequin, actrice, épouse d’un Beatle, patiente en désintoxication, étudiante, cofondatrice d’une association d’aide et philanthrope. C’est cette trajectoire, plus que le seul rôle d’Anya Amasova, qui fait d’elle une figure attachante de l’histoire du rock et du cinéma.
Barbara Bach dans l’histoire des Bond girls
Face à Roger Moore
Sur le plateau, Barbara Bach donne la réplique à un Roger Moore qui en est à son troisième Bond et qui a désormais trouvé le ton de son 007, plus ironique que celui de Sean Connery. Leur entente est bonne, et l’humour pince-sans-rire de l’acteur britannique désamorce les tensions d’un tournage long et complexe. Barbara côtoie aussi Caroline Munro, pilote d’hélicoptère redoutable dans le rôle de Naomi, l’âme damnée de Stromberg. Quarante ans plus tard, au moment de la mort de Roger Moore, c’est le souvenir de cette courtoisie qu’elle choisira de saluer.
Une Bond girl “sérieuse” dans un Bond plus léger
Le paradoxe de L’Espion qui m’aimait est là : le film marque le sommet du style Roger Moore, avec ses gadgets spectaculaires et ses traits d’humour, tandis que le personnage de Barbara Bach est l’un des plus graves de la saga. Anya Amasova pleure un amant tué, découvre que l’homme qui l’a tué est celui avec qui elle doit collaborer, et promet de le tuer une fois la mission achevée. Barbara joue ce conflit avec retenue, sans le surjouer, ce qui donne au film une dimension émotionnelle inhabituelle dans les années Moore.
Correctif factuel — Anya Amasova, première Bond girl soviétique ?
On présente souvent Anya Amasova comme la première Bond girl soviétique. C’est inexact : Tatiana Romanova, jouée par l’actrice italienne Daniela Bianchi dans Bons baisers de Russie (1963), était déjà une employée des services soviétiques. La nouveauté d’Anya est ailleurs : elle est la première agente du KGB présentée comme l’égale professionnelle de Bond, avec son propre grade, sa propre mission et ses propres gadgets.
Une place durable dans la mémoire des fans
Près de cinquante ans après sa sortie, L’Espion qui m’aimait figure régulièrement dans les classements des meilleurs films de la saga, et Anya Amasova dans ceux des meilleures Bond girls. Barbara Bach, qui n’a jamais exploité ce statut, ne participe pas aux conventions de fans et n’apparaît que très rarement dans les documentaires consacrés à 007. Son image reste pourtant indissociable du film, de son affiche et de sa célèbre chanson-titre interprétée par Carly Simon, Nobody Does It Better.
Les idées reçues sur Barbara Bach
Barbara Bach est-elle britannique ?
Non. Barbara Bach est américaine, née et élevée à New York. La confusion vient de sa longue vie en Angleterre, de son mariage avec un Beatle et de son titre de Lady Starkey. Elle a aussi passé près de dix ans en Italie, ce qui explique que certaines sources anciennes la présentent comme une actrice italienne.
Barbara Bach est-elle parente du compositeur Bach ?
Non. Bach est un nom de scène, forgé en raccourcissant son patronyme Goldbach au début de sa carrière de mannequin. Il n’existe aucun lien de parenté entre l’actrice et la célèbre dynastie de musiciens allemands, même si le clin d’œil fait sourire au regard de son mariage avec un musicien.
Ringo et Barbara se sont-ils connus au temps de James Bond ?
Non. Lorsque L’Espion qui m’aimait sort en 1977, Ringo Starr et Barbara Bach ne se connaissent pas. Ils se rencontrent trois ans plus tard, en 1980, pour Caveman. Ringo sort alors d’une longue relation avec Nancy Lee Andrews, et Barbara est séparée de son premier mari.
Francesca Gregorini est-elle la fille de Ringo ?
Non. Francesca est la fille de Barbara et de son premier mari, Augusto Gregorini. Elle avait douze ans lorsque sa mère a rencontré Ringo, qui l’a élevée comme un beau-père attentif. La confusion vient de la proximité affichée entre Ringo et ses beaux-enfants, qu’il a toujours présentés comme faisant partie de sa famille.
Barbara Bach a-t-elle fait carrière dans la musique ?
Non. Malgré son mariage avec un Beatle et sa sœur mariée à un membre des Eagles, Barbara Bach n’a jamais mené de carrière musicale. Ses apparitions dans des projets musicaux se limitent à des films promotionnels, comme The Cooler en 1982, et à des apparitions aux côtés de Ringo lors d’événements publics.
Ils ont parlé de Barbara Bach : citations
Barbara Bach s’exprime rarement en public, et ses proches parlent peu d’elle. Les citations ci-dessous sont celles dont la source est clairement identifiée. Les traductions sont de la rédaction ; l’original anglais est donné lorsque la formule est célèbre.
Ringo Starr
“Je l’aime depuis la première fois que je l’ai vue, à l’aéroport de Los Angeles, en 1980. […] Je suis béni de l’avoir dans ma vie, c’est tout ce que je peux dire.”
— Ringo Starr, à propos de Barbara Bach, interview au Yorkshire Post, 17 janvier 2021. Original : “I loved her from when I first saw her at LAX in 1980. […] But I’m blessed she’s in my life, that’s all I can ever say.”
La rencontre a donc eu lieu, selon Ringo lui-même, avant même le tournage de Caveman, à l’aéroport de Los Angeles d’où les deux acteurs partaient pour le Mexique. Il a toujours insisté sur le fait que rien n’avait été planifié.
“Il n’y a pas d’échappatoire… Je crois que j’aime Barbara autant aujourd’hui que le jour où nous nous sommes rencontrés, et j’ai une chance immense qu’elle m’aime et que nous soyons toujours ensemble.”
— Ringo Starr, 2015, propos rapportés par Far Out Magazine.
Ringo Starr et Barbara Bach, ensemble
“Nous faisions de longs voyages en avion, louions d’immenses villas, remplissions les bars, nous cachions et perdions la tête.”
— Ringo Starr et Barbara Bach, avant-propos commun du livre Getting Sober de Derek Taylor (1992), cité par Far Out Magazine. Original : “We used to go on long plane journeys, rent huge villas, stock up the bars, hide and get deranged.”
Barbara Bach sur James Bond
“Un sale macho qui se sert des filles pour se protéger des balles.”
— Barbara Bach, à propos de James Bond, citée par Jeff Jarvis dans “Bond’s Beauties”, People, 18 juillet 1983. Original : “a chauvinist pig who uses girls to shield him against bullets.”
Barbara Bach sur Roger Moore
“Ce fut un plaisir de travailler avec Roger, c’était un homme bon et gentil. Un vrai gentleman.”
— Barbara Bach, hommage à Roger Moore après sa mort, mai 2017, propos rapportés par la presse américaine (Yahoo News). Original : “It was a pleasure working with Roger, he was a kind and good man. A true gentleman.”
Ce contraste entre la sévérité envers le personnage et la tendresse envers l’acteur est révélateur : Barbara Bach a toujours distingué le rôle qu’elle jouait du milieu dans lequel elle travaillait, et elle a gardé de son Bond un souvenir humainement chaleureux.
Le couple en 1981, à la télévision américaine
Quelques semaines avant leur mariage, Ringo et Barbara sont les invités de l’émission de Phil Donahue, le 23 mars 1981. L’émission, consacrée à la promotion de Caveman, montre le couple dans toute sa complicité, quelques mois seulement après l’accident de voiture et la mort de John Lennon :
Chronologie de Barbara Bach
Les grandes dates de la vie de Barbara Bach, du Queens à Los Angeles, en passant par Rome, Pinewood et Tittenhurst Park. Les dates données au conditionnel dans le corps de l’article sont signalées comme telles.
| Date | Événement |
|---|---|
| 27 août 1947 | Naissance de Barbara Goldbach dans le Queens, à New York (1946 selon certaines sources). |
| 1964-1965 | Débuts de mannequin à Manhattan chez Eileen Ford ; en 1965, elle adopte le nom de Barbara Bach. |
| 1966 | Rencontre avec l’industriel italien Augusto Gregorini ; installation en Italie. |
| 1968 | Naissance de sa fille Francesca ; elle joue Nausicaa dans la série L’Odyssée. |
| 1971 | Gialli La Tarentule au ventre noir et Je suis vivant ! ; Un peu de soleil dans l’eau froide de Jacques Deray. |
| 1975 | Séparation d’avec Augusto Gregorini ; départ pour Los Angeles. |
| 7 juillet 1977 | Première londonienne de L’Espion qui m’aimait, où elle incarne Anya Amasova. |
| 1978 | L’Ouragan vient de Navarone, avec Robert Shaw et Harrison Ford. |
| 1980 | Tournage de Caveman au Mexique ; rencontre avec Ringo Starr. |
| 19 mai 1980 | Accident de voiture à Londres, dont le couple sort presque indemne. |
| 8 décembre 1980 | Assassinat de John Lennon ; le couple se rend à New York auprès de Yoko Ono. |
| 27 avril 1981 | Mariage avec Ringo Starr à Marylebone, en présence de Paul McCartney et George Harrison. |
| 1983 | Mini-série Princess Daisy avec Ringo. |
| 1984 | Apparition dans Give My Regards to Broad Street de Paul McCartney. |
| 1986 | Dernière apparition à l’écran, dans To the North of Katmandu. |
| Octobre 1988 | Cure de désintoxication avec Ringo à Tucson, en Arizona ; sobres depuis. |
| 1990 | Participation au Romanian Angel Appeal lancé par Olivia Harrison. |
| 1991 | Cofondation de SHARP avec Pattie Boyd. |
| Début des années 1990 | Master en psychologie à l’UCLA, selon plusieurs biographies. |
| 2008 | Sa sœur Marjorie épouse Joe Walsh, des Eagles. |
| 4-5 décembre 2015 | Vente aux enchères de la collection Ringo Starr et Barbara Bach chez Julien’s, au profit notamment de la Lotus Foundation. |
| 20 mars 2018 | Ringo est fait chevalier ; Barbara devient Lady Starkey. |
| 27 avril 2026 | Quarante-cinq ans de mariage. |
| Septembre 2026 | Sortie publique du couple à Los Angeles, pour la projection d’un documentaire sur Twiggy. |
Questions fréquentes sur Barbara Bach
Quel est le vrai nom de Barbara Bach ?
Barbara Bach est née Barbara Goldbach. Elle a raccourci son nom de famille en Bach au début de sa carrière de mannequin, dans les années 1960. Depuis 2018, son titre officiel est Lady Starkey, du nom légal de son mari, Richard Starkey.
Quel âge a Barbara Bach ?
Barbara Bach est née le 27 août 1947 dans le Queens, à New York. Elle a donc 79 ans en 2026. Certaines sources donnent 1946 comme année de naissance, mais 1947 est la date la plus couramment retenue.
Dans quel James Bond Barbara Bach a-t-elle joué ?
Barbara Bach a joué dans L’Espion qui m’aimait (The Spy Who Loved Me, 1977), dixième film de la saga, aux côtés de Roger Moore. Elle y incarne le major Anya Amasova, agent XXX du KGB, contrainte de faire équipe avec James Bond.
Quand Barbara Bach et Ringo Starr se sont-ils rencontrés ?
En 1980, lors du tournage de la comédie préhistorique Caveman au Mexique. Ringo a raconté être tombé amoureux d’elle dès qu’il l’a aperçue à l’aéroport de Los Angeles, au moment du départ pour le tournage.
Quand Ringo Starr et Barbara Bach se sont-ils mariés ?
Le 27 avril 1981, au bureau de l’état civil de Marylebone, à Londres. Paul McCartney et George Harrison étaient présents, ainsi que leurs épouses. Ils sont mariés depuis plus de quarante-cinq ans.
Barbara Bach a-t-elle des enfants ?
Oui, deux enfants nés de son premier mariage avec l’Italien Augusto Gregorini : Francesca Gregorini, née en 1968, devenue réalisatrice (Tanner Hall, The Truth About Emanuel), et Gianni Gregorini. Elle est aussi la belle-mère de Zak, Jason et Lee Starkey, les enfants de Ringo.
Barbara Bach a-t-elle eu des enfants avec Ringo Starr ?
Non. Le couple n’a pas eu d’enfant ensemble. Chacun avait déjà des enfants d’un premier mariage, qu’ils ont élevés dans une famille recomposée.
Pourquoi Barbara Bach a-t-elle arrêté le cinéma ?
Son retrait a été progressif, entre 1981 et 1986. Barbara Bach a préféré se consacrer à sa vie de couple et de famille avec Ringo Starr. Elle n’a jamais annoncé officiellement sa retraite ; sa dernière apparition à l’écran remonte à 1986.
Barbara Bach a-t-elle été alcoolique ?
Oui, comme Ringo Starr, elle l’a reconnu publiquement. En octobre 1988, le couple est entré ensemble dans une clinique de Tucson, en Arizona, pour une cure d’environ quatre semaines. Ils sont restés sobres depuis.
Qu’est-ce que SHARP ?
Le Self-Help Addiction Recovery Programme est une structure d’aide aux personnes dépendantes fondée en 1991 à Londres par Barbara Bach et Pattie Boyd, avec le soutien de George Harrison et d’Eric Clapton.
Barbara Bach est-elle psychologue ?
Selon plusieurs biographies, elle a obtenu un master en psychologie à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) au début des années 1990, après sa propre cure. Elle a mis cette formation au service de la lutte contre les addictions.
Quel est le lien entre Barbara Bach et Joe Walsh ?
Joe Walsh, guitariste des Eagles, est son beau-frère : il a épousé en 2008 sa sœur cadette, Marjorie Bach. Walsh est aussi un ami de longue date de Ringo et un ancien membre du All-Starr Band.
Barbara Bach est-elle Lady Starkey ?
Oui. Depuis que Ringo Starr a été fait chevalier, le 20 mars 2018, Barbara porte le titre de courtoisie de Lady Starkey. Les formules “Lady Bach” et “Dame Barbara” sont incorrectes.
Que fait Barbara Bach aujourd’hui ?
Barbara Bach mène une vie discrète entre Los Angeles et l’Angleterre. Elle accompagne régulièrement Ringo sur ses tournées avec le All-Starr Band, soutient la Lotus Foundation que le couple a créée et fait de rares apparitions publiques, comme en septembre 2026 à Los Angeles.
Quelle est la nationalité de Barbara Bach ?
Barbara Bach est américaine. Née à New York, elle a vécu en Italie de la fin des années 1960 au milieu des années 1970, puis entre les États-Unis, l’Angleterre et Monaco avec Ringo Starr. Son long séjour européen et son titre britannique de Lady Starkey la font souvent passer, à tort, pour une Britannique.
Qui était le premier mari de Barbara Bach ?
Son premier mari est l’industriel italien Augusto Gregorini, rencontré à New York en 1966. Le couple s’installe à Rome, a deux enfants, Francesca et Gianni, et se sépare au milieu des années 1970. Barbara obtient le divorce définitif peu avant son mariage avec Ringo Starr, en 1981.
Combien de films Barbara Bach a-t-elle tournés ?
Environ vingt-cinq films, téléfilms et séries entre 1968 et 1986, principalement en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Les plus connus sont L’Espion qui m’aimait (1977), L’Ouragan vient de Navarone (1978), Caveman (1981) et les gialli La Tarentule au ventre noir et Je suis vivant ! (1971).
Où vit Barbara Bach ?
Avec Ringo Starr, Barbara Bach partage sa vie entre Los Angeles, où le couple passe l’essentiel de son temps, et l’Angleterre. Ils ont auparavant vécu à Tittenhurst Park, dans le Berkshire, et à Monte-Carlo.
Glossaire
- All-Starr Band : le groupe de scène de Ringo Starr depuis 1989, formation tournante de musiciens ayant chacun leurs propres succès.
- Anya Amasova : le personnage joué par Barbara Bach dans L’Espion qui m’aimait, major du KGB connue sous le nom de code XXX.
- Bond girl : terme désignant les principales partenaires féminines de James Bond dans la saga cinématographique.
- Cinecittà : les grands studios de cinéma de Rome, cœur de la production italienne où Barbara a fait ses débuts d’actrice.
- Giallo : genre de thriller italien mêlant enquête policière, érotisme et meurtres stylisés, très en vogue dans les années 1970.
- Julien’s Auctions : maison de ventes de Beverly Hills spécialisée dans les objets liés aux célébrités, qui a organisé la vente Ringo Starr et Barbara Bach en 2015.
- Lady Starkey : titre de courtoisie de Barbara Bach depuis l’anoblissement de son mari en 2018.
- Lotus Foundation : fondation caritative créée par Ringo Starr et Barbara Bach.
- Peace and love : devise de Ringo Starr, célébrée chaque 7 juillet à midi.
- SHARP : Self-Help Addiction Recovery Programme, cofondé en 1991 par Barbara Bach et Pattie Boyd.
- Tittenhurst Park : domaine du Berkshire racheté par Ringo à John Lennon en 1973, résidence du couple dans les années 1980.
Pour aller plus loin
Sur Yellow-Sub.net
- Ringo Starr : la biographie complète du batteur des Beatles
- Ringo Starr : biographie, discographie et chansons
- Ringo Starr et Barbara Bach : le miracle discret d’un mariage rock’n’roll
- Ringo Starr et Barbara Bach à la projection du documentaire sur Twiggy
- Ringo Starr : des mots bouleversants en apprenant la mort de John Lennon
- Les enfants de Ringo Starr : Zak, Jason et Lee Starkey
- Maureen Cox Starkey, la première femme de Ringo Starr
- Le All-Starr Band de Ringo Starr : formations, tournées et albums
- La traversée du désert de Ringo Starr (1975-1992)
- Give My Regards to Broad Street (1984) : analyse du film
- Pattie Boyd, muse de George Harrison et d’Eric Clapton
- 1970-1980 : la décennie des ex-Beatles
À lire et à écouter
- Postcards from the Boys, de Ringo Starr, les cartes postales envoyées à Ringo par ses compagnons des Beatles.
- Wonderful Tonight, les mémoires de Pattie Boyd, cofondatrice de SHARP avec Barbara.
- Abbey Road des Beatles, avec Octopus’s Garden de Ringo.
- Caveman (L’Homme des cavernes) en DVD, le film de la rencontre.
Sources
- Wikipédia (anglais), article Barbara Bach, filmographie et références associées.
- The Movie Database (TMDB), fiche Barbara Bach.
- Jeff Jarvis, “Bond’s Beauties”, People, 18 juillet 1983.
- Yorkshire Post, interview de Ringo Starr, 17 janvier 2021.
- Far Out Magazine, “The story of how Ringo Starr met Barbara Bach”.
- Derek Taylor, Getting Sober (1992), avant-propos de Ringo Starr et Barbara Bach.
- Yahoo News, hommages des Bond girls à Roger Moore, mai 2017.
- Pattie Boyd, Wonderful Tonight (2007).
- Archives télévisées : Donahue (23 mars 1981) et The Tonight Show Starring Johnny Carson (1979 et 6 mai 1981).
La Vie de Ringo Starr












