Ringo Starr, l'artiste au-delà des Beatles : dossier encyclopédique
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YELLOW-SUB.NET / ENCYCLOPÉDIE RINGO STARR / CHAPITRE 30

Ringo Starr et Barbara Bach : la vente de 2015, archives, art et provenance

Julien’s Auctions, les objets d’une vie, les créations graphiques, la mémoire des Beatles et la nécessité d’une histoire matérielle rigoureuse.

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Que nous apprend la vente de la collection de Ringo Starr et Barbara Bach chez Julien’s Auctions, du 3 au 5 décembre 2015 ? L’événement ne concerne pas seulement la batterie Ludwig devenue célèbre par son prix. Plus de 1 300 entrées commerciales réunissent instruments, photographies, œuvres d’art, objets de design, vêtements et archives personnelles. Pour l’historien, cette dispersion forme une nouvelle série de documents qui permet d’étudier Ringo comme musicien, artiste visuel, collectionneur et acteur d’un projet philanthropique avec Barbara Bach.

Précaution documentaire : l’archive Julien’s affiche actuellement 1 337 lots ; les montants cités ici sont des ordres de grandeur issus des résultats et comptes rendus de 2015. Ils ne représentent ni le nombre d’œuvres autographes de Ringo ni la somme effectivement versée à la Lotus Foundation.

Un tournant dans l’histoire matérielle de Ringo Starr

En décembre 2015, Ringo Starr et Barbara Bach choisissent de faire disperser une partie importante de leurs collections personnelles par Julien’s Auctions, à Beverly Hills. La vente porte le titre anglais Property from the Collection of Ringo Starr and Barbara Bach. Plus qu’une adjudication de souvenirs célèbres, il s’agit d’un événement documentaire : œuvres d’art acquises par le couple, dessins, affiches, meubles, photographies, vêtements, disques, instruments et objets de la vie quotidienne quittent un ensemble privé pour entrer dans des collections distinctes.

Dans l’histoire visuelle de Ringo Starr, cet événement est une frontière. Avant la vente, certaines pièces peuvent être étudiées dans leur contexte domestique ou professionnel, notamment grâce aux archives du couple. Après elle, les objets vivent une seconde existence : la notice du commissaire-priseur, les photographies du catalogue, le numéro de lot, le prix réalisé et l’identité éventuelle de l’acquéreur deviennent autant de nouveaux documents. Le but de ce chapitre n’est pas de réduire cette vie matérielle à une liste de records financiers, mais de montrer comment se constitue, se fragmente et se reconstitue la mémoire d’un artiste.

La vente est souvent résumée comme « la vente de la batterie de Ringo ». Une telle formule occulte l’essentiel : une batterie possède une histoire d’usage, tandis que des dizaines de tableaux, photographies, meubles et costumes montrent un autre versant de l’identité de Starr et de Barbara Bach, celui de collectionneurs et de passeurs d’objets.

1337 lots en ligne : ce que signifie exactement le chiffre

L’archive actuellement accessible chez Julien’s Auctions affiche 1 337 lots pour cette vente, présentée dans sa fiche en ligne avec une période allant du 3 au 6 décembre 2015. Les comptes rendus contemporains décrivent les sessions publiques de Beverly Hills du 3 au 5 décembre. Il n’est pas utile d’effacer cette nuance : la plage commerciale affichée par un site de vente et le calendrier des vacations tenues physiquement ne constituent pas nécessairement la même donnée.

Un lot n’est pas synonyme d’un objet. Une série de photographies, une collection de vêtements ou plusieurs pièces de mobilier peuvent être adjugées sous un lot unique ; inversement, des éléments originellement réunis peuvent être séparés. La presse de 2015 évoque parfois « plus de 800 objets », parfois « plus de 1 300 objets », tandis que l’interface actuelle retient 1 337 résultats. Ces chiffres proviennent de périmètres de catalogage différents et ne doivent pas être additionnés ou présentés comme une contradiction définitivement expliquée.

Pour une bibliographie sérieuse, la référence principale est la notice originale de l’enchère, conservée avec son intitulé, sa date et son numéro de lot. Le nombre des entrées visibles un jour donné sur une plateforme de vente n’est pas une preuve du nombre de biens matériellement présentés, ni du nombre exact de lots effectivement vendus.

La collection privée comme autoportrait indirect

Une collection personnelle dessine un portrait moins explicite qu’une autobiographie, mais parfois plus révélateur des goûts et des réseaux. Les résidences de Ringo Starr et Barbara Bach, notamment à Londres, en Californie et à Monaco, ont accueilli des œuvres d’art contemporain, des antiquités britanniques, des miroirs anciens, des luminaires, du mobilier personnalisé et des objets de provenance asiatique. Le communiqué d’annonce de Julien’s cite autant une commode gothique, des lampes et des miroirs qu’un ensemble de sculptures religieuses ou des œuvres signées.

Dans un tel contexte, Starr n’est pas forcément le créateur des œuvres. Une peinture exposée dans sa maison peut être l’œuvre d’un autre artiste ; un tirage des Beatles peut provenir d’un photographe professionnel ; une guitare peut avoir appartenu auparavant à George Harrison. Trois verbes différents doivent être employés : réaliser, posséder et faire vendre. Les confondre revient à transformer une provenance prestigieuse en attribution artistique erronée.

L’intérêt de la vente pour l’histoire des arts visuels réside précisément dans cette coexistence : une création de Ringo Starr se trouvait exposée dans un environnement comprenant des peintures d’autrui, des objets décoratifs et des souvenirs de cinéma. Ce voisinage est une donnée culturelle, non une raison pour attribuer tout l’ensemble à un seul auteur.

Les peintures de Ringo Starr face aux œuvres qu’il collectionne

Le communiqué de vente distingue explicitement les œuvres d’art appartenant au couple des créations de Ringo Starr lui-même. Des estimations de 1 000 à 4 000 dollars sont annoncées pour plusieurs œuvres de Starr ; elles constituent des prévisions avant vente, et non des prix garantis. Dans le même document figurent notamment un portrait de Ringo attribué à Nikas Safronov, une estampe « Love Me Do » de Peter Blake et un tirage de David Hockney, objets de natures et d’auteurs différents.

Cette diversité est essentielle pour comparer les chapitres de l’encyclopédie : les tableaux informatiques et estampes vendus par Starr Art relèvent d’une production attribuée à Starr, alors qu’une sérigraphie de Peter Blake conservée par le couple témoigne plutôt de son rapport au pop art et à la mémoire iconographique des Beatles. La simple présence d’une image dans le catalogue de 2015 ne suffit pas à démontrer que Starr en est l’auteur, ni même qu’il l’a choisie seul.

Pour chaque œuvre annoncée comme créée par Starr, un catalogue raisonné futur devrait relever le titre exact, la technique, les dimensions, la date portée sur l’œuvre, la présence d’une signature, l’éventuel numéro de série et la photographie du revers. Le seul intitulé général « Ringo Starr artwork » ne permet pas d’identifier définitivement une composition.

Peter Blake, Hockney, Safronov : distinguer les signatures

Le tableau ou le tirage possédé par une célébrité peut devenir un document biographique sans changer d’auteur. L’œuvre de Peter Blake intitulée « Love Me Do », explicitement mentionnée dans le communiqué, prolonge le dialogue ancien de l’artiste britannique avec l’iconographie pop des Beatles. La référence à David Hockney situe la collection dans un horizon plus vaste de l’art britannique de la seconde moitié du XXe siècle, sans permettre d’affirmer une collaboration personnelle entre le peintre et Starr au sujet de l’objet concerné.

Le portrait de Ringo par Nikas Safronov est d’une autre nature : le musicien est sujet de l’image, pas nécessairement producteur de l’œuvre. Il faut encore séparer commande, cadeau, achat et prêt, quatre histoires de provenance qui ne se déduisent pas d’une photographie publicitaire. Les notices primaires offrent parfois les indices nécessaires ; lorsqu’elles restent muettes, la bonne méthode consiste à conserver l’incertitude.

Dans un dossier intitulé « l’artiste au-delà des Beatles », cette vigilance est indispensable. Les créations propres de Starr méritent d’être étudiées, mais sa culture visuelle comme collectionneur constitue un objet d’enquête indépendant et complémentaire.

Le catalogue physique : une source qui mérite sa propre notice

Les objets mis en vente ont été présentés dans un catalogue illustré édité par Julien’s Auctions. Des exemplaires sont documentés sous la forme de deux volumes reliés placés dans un coffret. Une édition limitée signée du couple a été annoncée avec 250 coffrets dorés dont les recettes étaient destinées à la Lotus Foundation. Les catalogues peuvent comporter des photographies, des provenances déclarées, des estimations et des descriptions qui ne figurent pas toutes sur les pages web actuelles.

Une photographie de lot réalisée par la maison de vente n’est pas forcément un document historique contemporain de l’objet. Pour une guitare jouée dans les années 1960, la photographie de studio prise en 2015 documente son état lors de la vente, tandis qu’une photographie de concert des Beatles renseigne son utilisation éventuelle à une autre époque. Les deux documents n’ont ni le même auteur, ni la même date, ni la même fonction documentaire.

Une bibliothèque spécialisée devrait conserver au minimum la référence du catalogue en deux volumes, sa date, sa version reliée ou signée, les informations d’édition lorsqu’elles sont établies et les numéros des lots cités. À défaut de contrôler physiquement l’exemplaire, il faut éviter d’inventer une pagination ou un tirage précis autre que celui annoncé dans le communiqué.

La batterie Ludwig de 1963 : un objet sonore devenu image

L’un des lots majeurs est une batterie Ludwig Oyster Black Pearl à trois éléments utilisée par Starr pendant la première période internationale des Beatles. Julien’s rapporte une adjudication à un prix global voisin de 2,1 millions de dollars, frais compris, à Jim Irsay. Les comptes rendus de l’époque précisent que cet instrument a accompagné de nombreux concerts et des enregistrements emblématiques.

La portée de ce lot dépasse la valeur financière. Avec sa finition nacrée noire, la batterie apparaît dans l’iconographie des débuts du groupe. Sa silhouette est devenue reconnaissable, comme la basse Höfner de McCartney ou certaines guitares de Lennon et Harrison. Un instrument ainsi photographié reste cependant un objet matériel : il convient de contrôler les fûts, les numéros de série, les peaux, les accessoires et les éventuelles réparations avant d’associer une photo précise à un élément donné.

L’acheteur cité dans la presse, Jim Irsay, est un collectionneur américain. L’identité publique d’un acquéreur ne suffit pas à établir le parcours ultérieur du lot dans tous ses détails. La provenance « collection Starr/Bach — Julien’s Auctions 2015 » demeure en revanche un jalon documenté important pour l’histoire de cet instrument.

Le White Album numéro 0000001 : quand le graphisme devient une preuve matérielle

Autre résultat remarquable, l’exemplaire personnel de Starr du double album The Beatles de 1968, surnommé « Album blanc », porte le numéro 0000001. Le chiffre imprimé en façade, sur une pochette blanche conçue comme un objet graphique minimal, est le caractère distinctif de cet exemplaire. La vente l’a porté à environ 790 000 dollars frais compris d’après Julien’s et la presse contemporaine.

Cet exemple illustre la différence entre une œuvre graphique en série et un exemplaire singulier. La composition de Richard Hamilton, avec son titre gaufré et sa numérotation, appartient à l’histoire du design du disque. L’exemplaire 0000001 possède en outre une provenance particulière : il a été conservé par Starr avant sa dispersion. Le prix payé n’achète pas l’œuvre intellectuelle de Hamilton ni les droits sur les photographies et chansons contenues dans l’album. Il rémunère un objet matériel identifié et sa provenance exceptionnelle.

Dans toute étude du graphisme associé à Starr, la mention de ce lot doit donc être rattachée à la question de l’exemplaire, pas à un prétendu travail de création graphique effectué par Ringo sur la pochette.

Photographies, portraits et correspondances : la provenance ne fait pas l’auteur

La vente réunissait également des photographies et des souvenirs qui aident à reconstituer l’univers privé du couple. L’existence d’une photographie dans la collection de Ringo ne prouve pas que le musicien a appuyé sur le déclencheur. Le crédit d’auteur doit être recherché dans les légendes originales, les marques de studio, le revers du tirage, les négatifs identifiés ou les accords d’édition. Une dédicace « To Ringo » documente un destinataire, pas une signature de photographe.

La distinction est fondamentale pour les livres Photograph, Lifted et les portefeuilles Genesis étudiés ailleurs dans le dossier. Les photographies publiées dans un livre signé de Starr peuvent rassembler des prises de vue de plusieurs auteurs. Le passage par une vente publique, même prestigieuse, ne modifie pas leur paternité.

L’archive de 2015 peut cependant fournir une piste : un numéro de lot permet parfois de retrouver un format, une dédicace, une provenance ou une série d’objets associés. C’est une information de contexte à rapprocher des archives photographiques, pas un certificat universel d’attribution.

Barbara Bach : une partie de la collection trop souvent effacée

Le titre officiel de l’enchère nomme Ringo Starr et Barbara Bach. La seconde n’est pas une figurante d’un inventaire principalement masculin : son parcours de comédienne, ses résidences avec Starr, son goût pour les objets d’art et sa participation aux décisions du couple imposent de traiter le fonds comme une collection conjointe. Lorsque la notice ne désigne pas explicitement le propriétaire d’un objet, écrire « collection Starr-Bach » est généralement plus prudent que d’attribuer la pièce à Ringo seul.

Des vêtements, objets de cinéma ou bijoux peuvent renvoyer à l’histoire professionnelle de Bach autant qu’à la vie de Starr. Le caractère mixte de la collection fait écho à l’histoire d’autres fonds de couples d’artistes et d’interprètes : après la vente, les pièces sont dispersées, tandis que le catalogue rassemble encore momentanément des traces de leur coexistence.

Cette précision évite aussi de considérer la philanthropie du couple comme une initiative strictement individuelle. Les annonces associent systématiquement Starr et Bach à la Lotus Foundation, même lorsqu’un lot est médiatisé uniquement autour d’un souvenir des Beatles.

Guitares offertes, objets transmis : la chaîne de propriété

Plusieurs objets de provenance Beatles étaient passés entre des mains célèbres avant d’entrer dans la collection. La documentation d’avant-vente signale notamment une guitare Gretsch Tennessean ayant appartenu à George Harrison, puis transmise à Ringo après la mort de Harrison. Ce parcours est distinct de celui de la batterie Ludwig : l’objet appartient au patrimoine Beatles, mais son auteur, son premier propriétaire, son utilisateur et son vendeur ne sont pas nécessairement une seule et même personne.

Dans la presse, la guitare est souvent résumée par les noms des musiciens célèbres. Pour un catalogue rigoureux, il faut consigner la marque et le modèle, l’identification des modifications éventuelles, les dates documentées et la nature exacte du transfert : vente, don, succession ou dépôt. Il est impropre de déduire de la présence dans une vente de 2015 que Starr a joué publiquement tous les instruments qui y figurent.

La provenance musicale ne se confond pas avec la signature autographe. Un instrument signé peut ne jamais avoir été utilisé sur scène ; à l’inverse, une guitare historiquement jouée peut être sans dédicace. Cette différence doit rester claire dans les notices de collection.

Évaluations, enchères, prix avec frais : trois nombres incompatibles

Les comptes rendus des ventes mélangent parfois l’estimation avant enchères, l’adjudication au marteau et le prix total comprenant les frais d’acquisition. Pour la batterie Ludwig, un compte rendu du Los Angeles Times distingue une adjudication à 1,75 million de dollars du montant final proche de 2,2 millions. Des publications ont retenu 2,11 millions ou des arrondis différents. Sans l’extrait de résultat original et son barème de frais, il serait excessif de transformer ces formulations en un montant prétendument exact au dollar près.

Le White Album 0000001 illustre le même phénomène : certains articles mentionnent le prix au marteau de 650 000 dollars, d’autres un total d’environ 790 000. Il faut donc mentionner le périmètre du chiffre et sa source. Une estimation entre 40 000 et 60 000 dollars publiée avant la vente ne constitue pas le prix payé.

Le total global rapporté se situe aux alentours de 9,2 millions de dollars selon plusieurs bilans contemporains, avec certaines évaluations journalistiques plus proches de 10 millions. Ici encore, le dossier retient une indication d’ordre de grandeur et refuse de créer une précision inexistante.

Étude de provenance : le tambourin du lot 895

Pour illustrer le travail que permet une notice primaire, prenons un objet autrement moins célèbre que la batterie Ludwig : le lot 895 de la vente Property from the Collection of Ringo Starr and Barbara Bach. La fiche archivée de Julien’s Auctions décrit un tambourin New Era « Everplay Extra », avec peau en matière plastique, d’un diamètre de 12 pouces. Son estimation d’avant-vente était comprise entre 200 et 300 dollars. La plateforme signale neuf enchères et affiche un prix de vente de 2 187,50 dollars.

Cette différence importante entre estimation et résultat ne suffit pas à démontrer que l’instrument a été utilisé pour enregistrer un disque des Beatles, ni même qu’il ait été personnellement joué par Ringo. La formulation de la notice décrit d’abord un objet inclus dans une collection mise en vente. Elle établit une identité matérielle, une mise sur le marché et un prix publié. Une attribution à une séance, une chanson ou une tournée exige une preuve indépendante. Il faut également conserver l’intitulé exact « prix de vente » employé par la plateforme : la fiche ne permet pas, à elle seule, de calculer le détail des frais ou le prix net reversé au vendeur.

Ce petit objet montre pourquoi les centaines de lots de 2015 méritent une exploitation archivistique méthodique. Un numéro de lot vérifiable, des dimensions, une description et un résultat constituent une base documentaire solide, bien différente d’un simple récit de collectionneur. Les instruments ordinaires documentent eux aussi la vie matérielle d’un musicien célèbre, même lorsqu’ils n’ont pas le prestige d’une batterie historiquement identifiée.

La Lotus Foundation : le bénéfice annoncé n’est pas une comptabilité publique

La communication de la vente indique qu’une partie de ses résultats devait bénéficier à la Lotus Foundation, l’organisation philanthropique associée à Starr et Barbara Bach. Cet engagement donne une dimension collective à la dispersion de leurs biens. Il ne permet pas pour autant d’écrire que l’intégralité des 9,2 millions de dollars aurait été directement remise à la fondation.

Pour convertir une annonce caritative en affirmation comptable, il faudrait disposer du pourcentage contractuel retenu, des frais de vente, des commissions, des dépenses éventuelles et du bilan des sommes effectivement reversées. Dans les sources de presse parcourues pour ce chapitre, ces informations ne sont pas établies de manière suffisamment complète pour faire un calcul fiable. Il convient de distinguer montant global de la vente, recettes du vendeur et versement philanthropique.

Les coffrets de catalogues signés annoncés au profit de la fondation suivent une logique éditoriale proche de celle que l’on retrouve dans les livres et œuvres vendus ultérieurement par Starr. Cette continuité est intéressante ; elle n’autorise cependant pas à appliquer un taux de reversement d’une opération à une autre.

L’après-vente : la traçabilité d’un patrimoine éclaté

À partir de 2015, les pièces ne forment plus un ensemble matériel unique. Certaines entrent chez des collectionneurs privés, d’autres peuvent être exposées, prêtées, revendues ou restaurées. Suivre leur circulation exige d’assembler les catalogues des ventes, les reçus, les photographies de détail et, lorsque cela est possible, les publications d’expositions. Le résultat de 2015 constitue un premier jalon, jamais une preuve que tous les déplacements ultérieurs sont connus.

Pour un ensemble historiquement documenté comme la batterie Ludwig, un déplacement d’instrument implique de vérifier la concordance avec les photographies de 2015 : finition, fûts, attaches et autres détails spécifiques. Pour une œuvre sur papier, les dimensions de la feuille, les marges, le tirage et la numérotation sont plus probants qu’un simple titre. Les principes sont les mêmes que ceux exposés dans nos chapitres sur les photographies, les estampes et les objets signés de Starr.

L’histoire matérielle de l’art dépend de cette rigueur. Un bien peut être authentique sans que toutes les légendes publiques le décrivant soient exactes ; inversement, une description séduisante ne suffit pas à créer une chaîne de propriété continue.

Méthode d’identification : une notice, six champs et une preuve

Pour exploiter la vente dans une encyclopédie durable, chaque objet cité devrait idéalement posséder six champs vérifiables : numéro de lot Julien’s, intitulé d’origine, description matérielle et dimensions, auteur ou fabricant, provenance déclarée, résultat de vente clairement distingué de l’estimation. Une septième zone documentaire peut accueillir les réserves : attribution discutée, numéro de série à revoir, exemplaire incomplet ou restaurations non documentées.

Il serait trompeur de fabriquer des numéros de lot lorsque l’objet est seulement mentionné dans un communiqué ou un article de presse. Ce chapitre retient donc les numéros et les montants uniquement lorsque leur existence est confirmée, et n’attribue pas un numéro conjectural à la batterie, au disque blanc ou aux tableaux. Le lecteur doit pouvoir remonter à la notice de la maison de vente plutôt que de recevoir un tableau artificiellement exhaustif.

La recherche se poursuit ensuite par une concordance entre le catalogue papier, l’archive en ligne de Julien’s et les sources iconographiques indépendantes. Les catégories sont simples : document primaire vérifié ; récit contemporain concordant ; déclaration tardive ou souvenir ; hypothèse non démontrée. Cette hiérarchie est particulièrement utile pour l’identification des négatifs et des archives photographiques de Ringo.

Ce que la vente raconte de l’artiste au-delà des Beatles

L’enchère de 2015 n’est ni une rétrospective artistique de Ringo Starr, ni une simple vente d’instruments. Elle réunit un héritage musical historique, un patrimoine visuel privé, des objets personnels et une opération philanthropique du couple. Dans une histoire générale de Starr, elle marque le moment où des éléments jusque-là conservés dans un cadre domestique passent au statut de sources publiques, désormais consultables et comparables par les historiens et les collectionneurs.

Elle rend également visible un paradoxe : le musicien est devenu l’un des visages les plus photographiés du XXe siècle, mais il a aussi collectionné des œuvres et réalisé lui-même des images. Ce dernier rôle ne saurait être prouvé par la seule possession d’une photographie ou d’un tableau. C’est en dissociant les auteurs, les propriétaires, les interprètes et les éditeurs que l’on peut mesurer la singularité de sa pratique artistique.

L’apport de cette vente au dossier « Ringo Starr, l’artiste au-delà des Beatles » est donc double : elle enrichit notre enquête sur les arts visuels, et elle oblige à préciser le vocabulaire de l’attribution. L’histoire des objets commence bien avant leur adjudication et continue longtemps après celle-ci.

Sources primaires et bibliographie de contrôle

Julien’s Auctions, Property from the Collection of Ringo Starr and Barbara Bach, Beverly Hills, 3–5 décembre 2015, catalogue imprimé et archive de la vente (rubrique de vente en ligne, 1 337 lots, consultation octobre 2026). Référence : https://www.juliensauctions.com/en/auctions/property-from-the-collection-of-ringo-starr-and-barbara-bach-163

Julien’s Auctions, archive individuelle du lot n° 895, Ringo Starr Tambourine, description matérielle, estimation, nombre d’enchères et prix affiché : https://bid.juliensauctions.com/lot-details/index/catalog/163/lot/71010/RINGO-STARR-TAMBOURINE

Julien’s Auctions, communiqué annonçant la dispersion de la collection Starr-Bach en 2015, tableaux et objets d’art, édition en coffret et finalité caritative. Los Angeles Times, Randy Lewis, articles des 2 et 4 décembre 2015 sur la vente, la batterie Ludwig et les résultats. Associated Press, compte rendu du 5 décembre 2015 sur l’instrument acquis par Jim Irsay. Gary Astridge, témoignage professionnel publié dans Not So Modern Drummer, 6 décembre 2015, sur le travail de catalogage des instruments. Les écarts de chiffres entre sources ont été conservés lorsqu’ils affectent la portée des résultats.

Pour poursuivre l’enquête : consulter les chapitres du présent dossier consacrés aux objets signés et aux instruments, aux archives photographiques, aux œuvres graphiques, ainsi qu’à la Lotus Foundation. Le catalogue d’enchères conserve des notices, mais n’autorise pas à transformer automatiquement chaque objet vendu en œuvre réalisée par Ringo Starr.

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L’artiste au-delà des Beatles

← Présentation du dossier

  1. 01Présentation du dossier
  2. 02Photographe des Beatles
  3. 03Archives photographiques
  4. 04Postcards from the Boys
  5. 05Photograph (2013–2015)
  6. 06Another Day in the Life
  7. 07Peintre et artiste numérique
  8. 08Art numérique et NFT
  9. 09Starr Art : expositions
  10. 10Tirages et collection
  11. 11Lotus Foundation
  12. 12Catalogue des œuvres
  13. 13Pochettes (1970–1981)
  14. 14Pochettes (1983–2026)
  15. 15My Faces : les œuvres de 2005
  16. 16Les douze peintures originales de 2025
  17. 17Sculptures : Drums for Peace et Peace and Love
  18. 18Estampes et œuvres graphiques (2007–2024)
  19. 19Peaux de batterie, guitares et objets signés
  20. 20Painting Is My Madness : les livres d’art
  21. 21Photographie : expositions et réception critique
  22. 22Catalogues photographiques : 32 notices (2013–2024)
  23. 23Photograph Portfolio 2018
  24. 24Photograph Portfolio 2017 : les douze clichés
  25. 25Tobago 1966 : photographies et archives
  26. 26Lifted (2022) : photographies retrouvées
  27. 27Beats & Threads (2023) : instruments et costumes
  28. 28Catalogue raisonné : 52 références (2013–2024)
  29. 29Ringo cinéaste : Born to Boogie (1972)
  30. 30Ringo et Barbara Bach : vente Julien’s Auctions (2015)
  31. 31Octopus’s Garden : livre illustré (2013–2014)
  32. 32Clips et films promotionnels (1970–2026)
  33. 33Ringo: Peace & Love, GRAMMY Museum (2013–2014)
  34. 34Ringo en ukiyo-e au Japon (2026)
  35. 35Ringo photographié : les grands portraitistes
  36. 36Cinq NFT et vingt lots : 2022
  37. 37Ringo animé : de 1965 à Rock Band (2009)
  38. 38Thomas : pilote de 1983 retrouvé en 2025