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Yellow-Sub.net · 1977 · Arif Mardin · Vini Poncia · Steve Gadd · Tony Levin
Ringo The 4th (1977) : les dix chansons, les musiciens et les archives des sessions
Une analyse de l’album piste par piste, des prises de janvier à avril 1977, des auteurs et des deux batteries, ainsi que des singles Atlantic et Polydor pour les collectionneurs.
Après Rotogravure, Ringo change de méthode sans changer de producteur
Avec Ringo The 4th, paru en septembre 1977, le musicien s’éloigne de la recette consistant à demander une chanson à chaque ancien Beatle. John Lennon, Paul McCartney et George Harrison ne sont pas identifiés comme invités sur ces dix titres. Le disque repose plutôt sur les coécritures de Ringo avec Vini Poncia, sur des reprises choisies dans les répertoires soul et rhythm and blues, et sur les équipes de séance d’Arif Mardin. Un récit de « réunion des Beatles » serait ici particulièrement trompeur. En revanche, les collaborations de Ringo deviennent plus nombreuses, plus spécialisées et parfois plus difficiles à documenter.
Le titre lui-même peut prêter à confusion. Ringo The 4th n’est pas littéralement son quatrième album solo : il fait suite aux deux albums de reprises Sentimental Journey et Beaucoups Of Blues, ainsi qu’à Ringo, Goodnight Vienna et Ringo’s Rotogravure. Il évoque probablement son quatrième album de pop-rock au sens commercial, ou joue avec le souvenir du « quatrième Beatle ». Il faut distinguer cette interprétation de titre d’une intention explicitement consignée dans le livret. La publication intervient au Royaume-Uni le 20 septembre 1977 et aux États-Unis le 30 septembre, selon The Beatles Bible.
1977 : deux bassistes, plusieurs guitaristes et l’autre double batterie de Ringo
Le passage du collectif de vedettes à une équipe de studio modifie la texture musicale. Une grande partie du programme est bâtie autour de Tony Levin à la basse, Steve Gadd et Ringo Starr à la batterie, Don Grolnick aux claviers et des guitares de David Spinozza, John Tropea ou Jeff Mironov. Selon les pistes, Chuck Rainey, Hugh McDonald, Cornell Dupree, Lon Van Eaton, Dick Fegy et David Bromberg complètent ou remplacent le noyau. Les crédits de l’album ne doivent donc pas être appliqués indistinctement aux dix chansons.
Le cas de « Gypsies In Flight » est exemplaire : le relevé MusicBrainz identifie Ringo aux balais et à la caisse claire, Hugh McDonald à la basse, Dick Fegy à la guitare acoustique, David Bromberg à la guitare électrique et Jeff Gutcheon au piano électrique. Il serait faux d’attribuer la batterie de Steve Gadd à ce morceau par simple copie d’un crédit d’ensemble. « Sneaking Sally Through The Alley » possède au contraire un personnel explicitement associé au funk de studio : Richard Tee, David Foster, Cornell Dupree, Chuck Rainey et Nicky Marrero.
Arif Mardin, Lew Hahn et les studios : la chronologie à reconstruire
Arif Mardin produit le disque ; Lew Hahn est l’ingénieur principal et intervient également au mixage. Gene Paul est cité à l’assistance technique additionnelle, avec Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon. Les notices de prise par titre font apparaître des journées de janvier 1977 à Atlantic Studios, New York, puis une séance du 13 avril à Cherokee Studios, Los Angeles, pour « Sneaking Sally Through The Alley ». La notice générale de The Beatles Bible résume les sessions par les mois de février et juin, et évoque un démarrage à Cherokee le 5 février. Ces chronologies ne sont pas parfaitement superposables : la source globale n’identifie pas nécessairement toutes les étapes préliminaires du même enregistrement.
Pour éviter d’introduire une fausse certitude, ce dossier fournit à chaque chanson la date précise signalée dans le relevé individuel lorsqu’elle existe, et classe les mois généraux de la notice d’album comme périodes de travail et de finition. Les prises du 11, 12, 25, 26, 27, 28 et 31 janvier citées dans MusicBrainz sont des points de départ archivistiques ; elles doivent encore être confrontées aux boîtes de bandes pour reconstituer les overdubs. Les professionnels de studio ne sont pas automatiquement présents à chacun de ces rendez-vous.
Les voix de studio : Luther Vandross et Bette Midler ne chantent pas sur toutes les plages
Les chœurs forment une galerie imposante où figurent notamment Luther Vandross, Melissa Manchester, Arnold McCuller, Brie Howard, David Lasley, Robin Clark, Debra Gray, Joe Bean et Vini Poncia. La fiche de « Tango All Night » signale en outre Bette Midler avec Manchester et Poncia. Une formule commerciale comme « avec Luther Vandross et Bette Midler » a donc une réalité, mais elle n’indique pas où chacun se trouve dans les dix masters.
La différence entre un relevé d’invités à l’échelle de l’album et une feuille de personnel par piste demeure fondamentale. L’existence d’un choriste sur un refrain ne fait pas de lui un co-interprète du 45-tours ; son absence d’un morceau n’efface pas sa prestation sur une autre chanson. Le dossier privilégie les crédits individualisés de Sessiondays et MusicBrainz, puis les notices de chanson de The Beatles Bible. Les noms non ventilés par piste sont donnés comme personnel de l’album, non comme attribution absolue.
A1 — Drowning In The Sea Of Love : Gamble, Huff et le passage au disco
Lire l’étude complète : Gamble–Huff, Joe Simon, musiciens, singles et mixages →
La première chanson est signée par Kenny Gamble et Leon Huff, représentants majeurs du son de Philadelphie. Leur œuvre avait été enregistrée par Joe Simon en 1971 ; la version de Ringo relève donc d’une reprise, pas d’une nouvelle composition Starkey–Poncia. La séance est datée du 26 janvier 1977 dans la notice individuelle, avec des compléments en février et mars. L’équipe identifiée comprend David Spinozza, John Tropea et Jeff Mironov aux guitares, Tony Levin à la basse, Don Grolnick aux claviers, Ken Bichel au synthétiseur, les frères Brecker aux cuivres et Steve Gadd à la batterie avec Ringo. Les cordes sont indiquées sans effectif nominatif complet.
L’arrangement s’éloigne de la soul originale pour épouser une production dansante contemporaine. Le titre sort comme single britannique avec « Just A Dream » en face B. La version promotionnelle américaine existe sous des présentations longues et courtes, ce qui appelle une étude de mixage et de montage fondée sur les étiquettes et l’écoute. Le manque de classement n’autorise pas à conclure que la bande n’a jamais été diffusée.
A2 — Tango All Night : Steve Hague et Tom Seufert, pas Starkey–Poncia
« Tango All Night » est attribuée à Stephen Hague et Tom Seufert, membres du groupe La Seine, dont l’œuvre remonte à la fin des années 1960. Le générique est parfois mal recopié dans des listes rapides qui annoncent toutes les chansons de l’album comme cosignées par Ringo et Vini Poncia. La séance du 12 janvier est citée dans la chronologie par titre ; David Spinozza, John Tropea et Jeff Mironov, Tony Levin, Don Grolnick, Ken Bichel et Steve Gadd figurent dans le groupe d’accompagnement.
Melissa Manchester, Vini Poncia et Bette Midler sont cités aux voix dans la notice spécifique. Le morceau connaît par ailleurs des éditions régionales de 45-tours : en Argentine en 1978, avec « It’s No Secret » au verso, et comme face B de « Sneaking Sally Through The Alley » en Australie. Il ne faut pas déduire d’une édition nationale une publication identique aux États-Unis ou en France.
A3 — Wings : la composition de Ringo et Vini Poncia, puis l’autre master de 2012
Lire l’étude complète : Composition Starr–Poncia, 45-tours Atlantic et relectures de 2012 →
Écrite par Richard Starkey et Vini Poncia, « Wings » est enregistrée à partir du 11 janvier 1977, selon la notice par chanson. La version originale emploie Ringo et Steve Gadd aux batteries, Tony Levin à la basse, les guitares de l’équipe new-yorkaise et des chœurs de studio. Le titre est choisi comme premier 45-tours américain du disque, publié le 25 août 1977 chez Atlantic sous la référence 3429, avec « Just A Dream » au verso. Il échoue à entrer au Hot 100.
Un intérêt majeur apparaît trente-cinq ans plus tard : Ringo réenregistre « Wings » pour Ringo 2012, avec des musiciens comme Joe Walsh, Benmont Tench, Bruce Sugar, Amy Keys et Kelly Moneymaker. Les deux enregistrements doivent posséder des fiches de master séparées. L’auteur est le même, mais la bande n’est ni un remix ni une restauration du master de 1977 ; c’est une nouvelle interprétation, influencée par le goût de Ringo pour le reggae à cette époque.
A4 — Gave It All Up : une chanson de Poncia et Starr au personnel new-yorkais
« Gave It All Up » prolonge la série des compositions Starkey–Poncia. MusicBrainz situe la prise de base du 27 janvier 1977 à Atlantic Studios, sous la supervision d’Arif Mardin et Lew Hahn. Tony Levin à la basse, David Spinozza à la guitare, Don Grolnick aux claviers et Steve Gadd à la batterie figurent parmi les relations par piste disponibles, aux côtés de Ringo, chanteur et batteur. La présence éventuelle de plusieurs autres guitares ou chœurs est rapportée dans le personnel d’album ; l’attribution détaillée des overdubs doit rester distincte.
La chanson montre un autre aspect de la collaboration entre Ringo et Poncia : les deux hommes fournissent une part importante du répertoire original au lieu de demander systématiquement de nouvelles compositions à Lennon et Harrison. Les documents publics ne décrivent cependant pas comment ils se répartissent paroles et mélodies dans cette chanson ; une cosignature ne constitue pas une feuille de partage de tâches.
A5 — Out On The Streets : le langage du rock et une session du 31 janvier
« Out On The Streets » est également signée Ringo et Poncia. La prise de base est associée au 31 janvier 1977 à Atlantic Studios, New York. Le personnel de cette période comprend Tony Levin, Steve Gadd, David Spinozza et Don Grolnick. Certaines notices font mention d’un mix réalisé début février aux studios A&M de Los Angeles ; ce type de documentation rappelle que le lieu du mixage et le lieu de la séance instrumentale ne sont pas obligatoirement identiques.
Pour la collection, il faut distinguer « Out On The Streets » des chansons de titres voisins enregistrées par d’autres groupes. Un catalogue musical identifie une œuvre, un master, puis chaque manifestation physique. Un simple intitulé ne suffit pas à transférer une durée ou un crédit depuis un disque homonyme.
B1 — Can She Do It Like She Dances : les auteurs Duboff et Robinson
Cette chanson n’est pas signée Ringo–Poncia : ses auteurs sont Steve Duboff et Gerry Robinson. La notice MusicBrainz attribue la séance initiale au 31 janvier 1977, dans le contexte du groupe new-yorkais avec Tony Levin, Don Grolnick, David Spinozza, Steve Gadd et Ringo. Elle appartient aux titres qui rendent compte de la relation de l’album avec des auteurs de chansons extérieurs plutôt qu’avec les ex-Beatles.
Le mot « cover » qui apparaît dans certaines bases ne doit pas automatiquement être interprété comme la preuve d’un single commercial antérieur : il peut identifier une nouvelle interprétation d’une œuvre déjà déposée. Toute affirmation concernant une première parution plus ancienne nécessite une édition vérifiable. La fiche garde le crédit de composition et la distribution instrumentale de Ringo séparés de cette question.
B2 — Sneaking Sally Through The Alley : Allen Toussaint et le funk de studio
Lire l’étude complète : Allen Toussaint, 13 avril 1977, funk, claviers et choristes →
La chanson est écrite par Allen Toussaint, auteur et producteur de La Nouvelle-Orléans. Ringo en a déjà abordé l’univers en enregistrant « Occapella » sur Goodnight Vienna en 1974. Pour « Sneaking Sally Through The Alley », la séance est datée du 13 avril 1977 à Cherokee Studios, Los Angeles. Le personnel individualisé comprend Cornell Dupree et Lon Van Eaton aux guitares, Chuck Rainey à la basse, Richard Tee au piano électrique et au clavinet, David Foster au clavinet, Nicky Marrero aux percussions et Steve Gadd à la batterie avec Ringo.
Le disque accueille une large équipe de choristes parmi lesquels Luther Vandross et Melissa Manchester. Le titre avait été enregistré par Robert Palmer en 1974 ; les deux versions ne doivent pas être confondues. Sa publication en single en Australie avec « Tango All Night » au verso constitue une édition territoriale spécifique et non la preuve d’un 45-tours commercial identique dans tous les pays.
B3 — It’s No Secret : une date de studio et un 45-tours argentin
Le titre est signé Richard Starkey et Vini Poncia. Une notice de journée situe sa prise de base au 25 janvier 1977 à Atlantic Studios. David Spinozza, Tony Levin, Don Grolnick et Steve Gadd sont parmi les instrumentistes associés à ce travail. Le titre appartient aux plages qui font usage de nombreux chœurs de studio, dont le noyau identifié dans les relations discographiques comprend plusieurs chanteuses et chanteurs liés à la soul américaine.
L’intérêt pour les collectionneurs réside dans son apparition au verso de « Tango All Night » sur un 45-tours argentin de 1978. Ce couplage n’autorise aucune conclusion sur le pressage britannique ou américain de l’album. Il ne prouve pas non plus un nouveau mixage sans identification de la matrice et comparaison audio.
B4 — Gypsies In Flight : un autre personnel, une autre batterie
L’une des fiches les plus révélatrices concerne « Gypsies In Flight », chanson Starkey–Poncia dont la prise est associée au 28 janvier 1977. Ici, Ringo Starr est crédité à la voix et aux balais sur caisse claire, Hugh McDonald à la basse, Dick Fegy à la guitare acoustique, David Bromberg à la guitare électrique et Jeff Gutcheon au piano électrique. La documentation de mixage situe une étape au 3 février à Cherokee Studios.
Cette distribution démontre que l’on ne peut attribuer automatiquement Steve Gadd à toute la face B. Elle permet aussi d’évaluer le rôle de Ringo dans un morceau plus dépouillé, où la batterie est conçue en relation avec les instruments acoustiques. La mention « balais » constitue un crédit d’instrument précis, utile pour les recherches sur la technique du batteur hors des Beatles.
B5 — Simple Love Song : David Foster, Chuck Rainey et les Brecker
Dernière piste du microsillon, « Simple Love Song » est une composition Starr–Poncia dont les séances de base sont situées en mars 1977. La distribution MusicBrainz associe Ringo à la batterie et à la voix, Chuck Rainey à la basse, Lon Van Eaton et Danny Kortchmar aux guitares, David Foster au piano et aux claviers. Sessiondays cite également les cuivres des frères Brecker ainsi que plusieurs chœurs. Le mixage est attribué au 21 mars à Cherokee Studios.
On voit ainsi que le nom de David Foster ne doit pas être porté indistinctement sur toute la face A. Il intervient explicitement sur des pistes identifiées de la seconde face. Ce type de précision donne de la valeur à une sessionographie et aide les chercheurs à relier l’histoire de Ringo à celle des professionnels de la pop et de la musique de studio.
« Just A Dream » : le pont entre les séances de 1976 et les singles de 1977
Une fiche indépendante retrace « Just A Dream », composition Starkey–Poncia enregistrée le 14 juin 1976 à Cherokee Studios avec Jim Keltner, Klaus Voormann et Dr. John, puis publiée au verso de deux 45-tours de 1977, « Wings » et « Drowning In The Sea Of Love ». Cette archive ne doit pas être attribuée par erreur au groupe Steve Gadd–Tony Levin des enregistrements de 1977.
Les singles de 1977 : deux faces A différentes selon le marché
Aux États-Unis, Atlantic publie « Wings » / « Just A Dream » sous le numéro 3429 le 25 août 1977. Au Royaume-Uni, Polydor choisit « Drowning In The Sea Of Love » / « Just A Dream » sous la référence 2001 734, le 16 septembre. Le single américain de « Drowning » est recensé sous Atlantic 3412, en octobre, avec notamment une édition promotionnelle présentant des versions longue et courte. Certaines listes secondaires donnent des versos différents pour des variantes ou des pressages ; seule l’étiquette d’un exemplaire identifié permet d’arbitrer une contradiction.
Les supports commerciaux et promotionnels doivent être séparés, même lorsque la référence de catalogue se répète. Les prix actuels relevés sur les sites de collection ne sont pas des critères d’identification historique. Les disques se distinguent par leur pays, label, numéro, matrice, faces et contenu audio. Le 45-tours n’est pas nécessairement identique au master du LP : il faut comparer la longueur exacte des introductions et des fondus.
Les pressages du LP : Royaume-Uni, États-Unis, Japon et CD de 1992
Le microsillon britannique est répertorié sous Polydor 2310 556, le disque américain sous Atlantic SD 19108, et une édition japonaise de 1977 sous Polydor MPF-1104. Le CD américain Atlantic 7 82416-2 sort en août 1992. Une autre réédition, sur vinyles colorés or et rouge, est annoncée chez Friday Music en 2020. Ces supports doivent être décrits séparément, avec images d’étiquettes et matricules lorsqu’ils sont disponibles.
Un changement de support n’établit pas à lui seul une nouvelle prise. Il est nécessaire de distinguer les remastérisations, les simples changements de distribution et les hypothèses de mixage distinct. La pochette originale, conçue par John Kosh avec des photos de Nancy Lee Andrews et Lew Hahn, est également un objet éditorial à inventorier indépendamment des crédits sonores.
La réception : pourquoi un disque à musiciens de premier plan ne trouve pas son public
Le disque échoue à entrer dans les classements britanniques et atteint la 162e place du classement d’albums américain. L’évolution disco et soul suscite des appréciations réservées, particulièrement comparée aux succès antérieurs de Ringo. En 1998, Starr se montre très sévère envers certains de ses propres enregistrements de cette période, expliquant qu’il était parfois physiquement présent en studio sans l’être pleinement dans le travail créatif. Il s’agit de son jugement rétrospectif, non d’une explication unique et vérifiée de chaque prise.
Les chiffres ne suffisent pas à mesurer l’intérêt documentaire du disque. Cette période présente au contraire un point de rencontre très riche entre les grands batteurs de studio, la scène funk new-yorkaise et l’interprète venu des Beatles. L’absence d’énormes succès commerciaux est un fait ; la valeur historique des crédits, des arrangements et des éditions demeure indépendante de ce résultat.
Éditions inédites et titres écartés : conserver des preuves, pas des mythes
La chronologie générale cite plusieurs enregistrements qui ne figurent pas au programme : « Love Please » ou « Lover Please » selon les transcriptions, « Wild Shining Stars », « By Your Side », « Birmingham », « This Party », ainsi que des documents de travail désignés « Nancy, Ringo, Vini and Friends » et « Duet – Nancy and Ringo ». Aucune de ces appellations ne suffit à démontrer un master fini, une autorisation de publication ou une distribution complète des musiciens. Elles doivent entrer dans un registre des archives signalées, avec leur source.
La possibilité de bandes encore inédites n’autorise pas à inventer leur contenu. Ce dossier distinguera les prises dont l’existence est mentionnée, les chansons réellement parues et les démos éventuellement documentées par des références de bande ou des éditions postérieures. La sessionographie ainsi construite restera compatible avec de futures rééditions historiques.
Six compositions avec Vini Poncia : une colonne vertébrale, et non dix œuvres communes
La place de Vini Poncia dans Ringo the 4th mérite un bilan précis. Sur les dix chansons du programme original, six portent la signature commune de Richard Starkey et Vini Poncia : « Wings », « Gave It All Up », « Out On The Streets », « It’s No Secret », « Gypsies In Flight » et « Simple Love Song ». L’ampleur de cette contribution distingue l’album des disques précédents, dont le répertoire mêlait plusieurs compositeurs. Elle ne signifie pourtant pas que Poncia joue tous les instruments sur ces six enregistrements, ni qu’il est le producteur de l’album : la production est assurée par Arif Mardin.
Il faut corriger une confusion récurrente concernant « Tango All Night ». Ce titre est composé par Stephen Hague et Tom Seufert, et précède la version de Ringo. Poncia y apparaît parmi les voix créditées, notamment avec Melissa Manchester et Bette Midler, mais cette intervention ne change pas les auteurs de l’œuvre. Le même principe vaut pour « Drowning In The Sea Of Love », composition de Kenneth Gamble et Leon Huff, ou « Sneaking Sally Through The Alley », chanson d’Allen Toussaint. Les adaptations enregistrées par Ringo et son producteur possèdent leur histoire musicale sans devenir de nouvelles compositions originales de leurs interprètes.
Wings : le master du 11 janvier 1977 et les équipes d’Atlantic
La prise de « Wings » est amorcée le 11 janvier 1977 aux Atlantic Studios de New York. Ringo chante et joue de la batterie, tandis que Steve Gadd apparaît également à la batterie, Tony Levin à la basse et plusieurs guitaristes et claviéristes au personnel. Cette configuration montre qu’un ancien Beatle peut tenir son instrument de prédilection en compagnie d’un autre batteur de studio, sans qu’il faille inventer une opposition entre leurs rôles. L’attribution de chaque roulement ou accent réclamerait une comparaison des pistes ou un témoignage direct.
La présence de deux batteries et d’une importante section vocale reflète des choix d’arrangement propres à 1977. Il ne faut pas confondre l’ampleur des crédits avec la preuve que tous les chanteurs sont réunis un même jour. Plusieurs overdubs peuvent former un chœur final à partir de séances distinctes. Une distribution d’album et un calendrier de prises ne constituent donc pas le même document.
La vie de la composition après sa première publication
Lorsque Ringo reprend « Wings » pour Ringo 2012, l’œuvre conserve la signature Starkey–Poncia mais reçoit une nouvelle équipe autour de Joe Walsh, Benmont Tench et Bruce Sugar. Le disque de 2012 ne doit pas être compté comme une nouvelle séance de 1977, ni la voix du coauteur inscrite par défaut parmi les interprètes de la version récente. L’encyclopédie peut décrire une même chanson à deux époques en distinguant œuvre, master et édition. Les deux enregistrements de « Wings » possèdent déjà une notice spécialisée ; cette page conserve l’atlas des dix chansons de 1977.
Le parcours d’ensemble du compositeur est maintenant développé dans Vini Poncia et Ringo Starr : de « Oh My My » à Bad Boy, sans concurrence avec les fiches de « Wings », « Gave It All Up » ou « It’s No Secret ».
Les dates de prises et de mixage, la distribution des musiciens et les variations de pressage doivent être confrontées aux documents de studio et aux éditions identifiables. Lorsque les archives ne permettent pas de trancher, la distinction entre fait établi, attribution probable et question ouverte reste essentielle.
Les métiers de Ringo the 4th : interprètes, ingénieurs et ateliers de studio
L’histoire de Ringo the 4th apparaît plus clairement lorsqu’on sépare l’équipe des sept titres enregistrés à Atlantic Studios de celles des trois autres chansons. Don Grolnick et David Spinozza jouent respectivement des claviers et de la guitare sur « Drowning in the Sea of Love », « Tango All Night », « Wings », « Gave It All Up », « Out on the Streets », « Can She Do It Like She Dances » et « It’s No Secret ». Tony Levin figure à la basse et Steve Gadd à la batterie sur ces mêmes masters, aux côtés de Ringo. La continuité de ce personnel ne signifie pas que chaque partie a été enregistrée en une seule prise, ni qu’il faille attribuer un crédit de composition aux instrumentistes simplement parce qu’ils se retrouvent sur plusieurs chansons. Leurs contributions sont des prestations d’interprètes, tandis qu’Arif Mardin assure la production du disque.
Le 13 avril 1977, « Sneaking Sally Through the Alley », chanson d’Allen Toussaint, est enregistrée aux Cherokee Studios de Hollywood avec une équipe différente. Richard Tee apporte piano électrique et clavinet, Cornell Dupree joue de la guitare avec Lon Van Eaton, Chuck Rainey tient la basse, David Foster intervient au clavinet et Nicky Marrero aux percussions, aux côtés des deux batteurs Ringo et Steve Gadd. La répartition des musiciens illustre la spécificité d’une production de rhythm and blues. Une autre formation californienne enregistre « Simple Love Song », avec Chuck Rainey à la basse, Danny Kortchmar et Lon Van Eaton aux guitares et Foster aux claviers. « Gypsies in Flight » constitue enfin une troisième configuration, autour de David Bromberg, Dick Fegy, Hugh McDonald, Jeff Gutcheon et Ringo aux balais. Le programme ne représente donc pas le travail d’un seul groupe fixe.
Lew Hahn, Gene Paul et la circulation des bandes
L’unité technique est assurée principalement par Lew Hahn, crédité à l’enregistrement et au mixage sur les dix masters. Gene Paul, Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon complètent les fonctions d’ingénierie et d’assistance. Les crédits doivent conserver leurs intitulés propres : ingénieur principal, ingénieur supplémentaire et assistants. Les données de session font apparaître plusieurs lieux de travail : Atlantic Studios pour de nombreuses prises, Cherokee Studios pour les productions californiennes, studios A&M pour des mixes de début février. La présence d’un studio au générique d’un titre ne constitue pas la preuve de la présence simultanée de tous les musiciens pendant la finition du mix. Le mastering de l’album est attribué à Dennis King, et cette fonction reste distincte de l’enregistrement des instruments. Une sessionographie solide commence par cette répartition des métiers.
Parcours des six nouvelles monographies : Lew Hahn : ingénierie et mixage des dix masters ; Don Grolnick : sept titres aux claviers ; David Spinozza : sept titres à la guitare ; Richard Tee et Cornell Dupree : les musiciens de « Sneaking Sally » ; Chuck Rainey : la basse des deux titres californiens ; Gene Paul, Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon : l’équipe technique. Les fiches d’œuvre conservent la description des chansons, des auteurs et des éditions ; ces portraits apportent le contexte des professions, sans dédoubler les dix notices de master.












