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Yellow-Sub.net · Étude des artistes et des crédits · 1973–1978
Les compositrices, chanteuses et créatrices auprès de Ringo Starr (1973–1978)
Martha Reeves, Merry Clayton, Linda McCartney, Clydie King, Nancy Lee Andrews, Bette Midler et Melissa Manchester : œuvres, sessions, voix et crédit exact.
Les cinq albums concernés
Ringo (1973) : les chansons et leurs crédits →
Goodnight Vienna (1974) : les chansons et leurs crédits →
Rotogravure (1976) : les chansons et leurs crédits →
Ringo the 4th (1977) : les chansons et leurs crédits →
Bad Boy (1978) : les chansons et leurs crédits →
Des collaborations essentielles trop souvent réduites aux « chœurs »
L’histoire des albums de Ringo Starr de 1973 à 1978 a longtemps été dominée par les noms de Lennon, McCartney, Harrison, Elton John, Billy Preston, Jim Keltner et quelques célèbres guitaristes. Pourtant, les génériques de ces disques documentent des chanteuses, compositrices, photographes et collaboratrices artistiques dont les fonctions sont parfois réduites à une ligne collective. Linda McCartney, Martha Reeves, Merry Clayton, Clydie King, Bette Midler, Melissa Manchester et Nancy Lee Andrews participent chacune à un pan distinct de cette histoire. Les réunir ne revient pas à inventer une session commune ; au contraire, cette étude s’attache à préciser leurs œuvres, leurs fonctions, leurs producteurs et les limites des crédits conservés. Elle relie des disques différents sans absorber les notices individuelles déjà publiées sur Yellow-Sub.net.
1973 : Martha Reeves et Merry Clayton sur Oh My My
La chanson « Oh My My », cosignée Richard Starkey et Vini Poncia, est enregistrée pour l’album Ringo sous la production de Richard Perry. Elle rassemble Ringo et Jim Keltner aux batteries, Klaus Voormann à la basse, Jimmy Calvert à la guitare, Billy Preston au piano et à l’orgue, et Tom Scott au saxophone. Les voix d’accompagnement sont notamment assurées par Martha Reeves et Merry Clayton, avec la voix de Poncia également créditée. Cette participation n’est pas un simple rapprochement mondain : elle est attestée au niveau de la piste dans les discographies spécialisées. Reeves appartient à l’histoire de la Motown, Clayton à celle des grandes voix de studio ; leur présence déplace la sonorité de Ringo vers la soul américaine sans modifier le crédit d’écriture Starkey–Poncia.
La distinction entre chanteuse invitée et coauteure
Martha Reeves et Merry Clayton interviennent comme interprètes de parties vocales sur « Oh My My » ; elles ne sont pas les auteures de la chanson. Le compositeur et l’interprète peuvent appartenir à deux traditions musicales différentes. Cette distinction devient déterminante lorsqu’une discographie affiche l’ensemble des noms au niveau d’un LP : sans crédit de rôle, elle peut faire croire à une création collective dont les documents ne font pas état. Le rapprochement des biographies de Reeves et Clayton n’a donc de sens que si l’on identifie la chanson précise, la fonction de chœur et l’équipe instrumentale d’origine. Le master paraît sur Ringo en 1973 puis en single en 1974, sans qu’une seconde session ait été nécessaire pour cette diffusion commerciale.
1973 : Linda McCartney et le travail de Six O’Clock
Paul McCartney compose « Six O’Clock » avec Linda McCartney selon les crédits d’œuvre, puis le couple participe au disque de Ringo. Linda est créditée aux voix d’accompagnement ; Paul tient des claviers et chante également. Il serait réducteur de présenter Linda comme une simple personne présente en studio : elle possède un rôle de coauteure et une contribution vocale enregistrée. Le travail de Londres est lié à des sessions différentes de celles de « Oh My My » ou « Photograph ». La question des versions longues et des rééditions doit rester une question de master et de support, sans confondre l’œuvre initiale de 1973 avec son apparition en bonus sur d’autres CD. La fiche « Six O’Clock » du dossier général conserve les détails de la session.
1974 : Clydie King et les voix de Goodnight Vienna
Le disque Goodnight Vienna apporte une nouvelle équipe vocale. La documentation officielle de John Lennon mentionne notamment Clydie King et les Blackberries parmi les chœurs du thème « (It’s All Down to) Goodnight Vienna ». Les listes de chansons montrent d’autres voix mobilisées selon la plage, en relation avec les arrangements de Trevor Lawrence et l’orchestre de Richard Perry. Le nom de Clydie King ne doit pas être supprimé au profit d’une formule collective « choristes féminines », mais il serait également faux de l’affecter sans preuve aux onze plages de l’album. La notice distingue le crédit sur la piste Lennon et le personnel global du disque.
La portée de l’arrangement de chœurs dans les albums Perry
Perry mobilise des choristes spécialistes de la soul et du gospel au même titre que des musiciens de section rythmique ou de cuivres. Leurs harmonies complètent les refrains et produisent parfois le relief qui distingue une version de studio de la démonstration d’un compositeur. L’expression « amis de Ringo », très présente dans les textes promotionnels, ne donne pas le nom ni le rôle de ces professionnelles. Une démarche encyclopédique doit donc rechercher les crédits de chaque partie, l’enregistrement de base, les éventuels overdubs et l’éditeur du support. Là où les sources ne ventilent pas les voix, la bonne notation demeure « crédit sur l’album, plage non précisée » et non une distribution imaginée.
1976 : Linda McCartney sur Pure Gold, de nouveau
Sur Ringo’s Rotogravure, Paul apporte la composition « Pure Gold » et chante avec Linda McCartney. Cette prestation donne une seconde étape à la relation Linda–Ringo après « Six O’Clock ». Le morceau est produit par Arif Mardin et possède sa propre section de musiciens, notamment Ringo et Jim Keltner aux batteries. Paul ne doit pas être inscrit mécaniquement à la basse sur cette chanson, et Linda ne doit pas être omise du crédit des voix. Les chronologies divergent sur le jour exact des overdubs vocaux de juin 1976 ; il convient de conserver cet écart tant qu’un relevé de bande ou une documentation contemporaine ne permet pas de fixer définitivement la séance.
1976 : Nancy Lee Andrews, coauteure de Las Brisas et photographe
Nancy Lee Andrews joue un rôle différent de celui des choristes. Elle partage avec Ringo Starr le crédit d’écriture de « Las Brisas », chanson inspirée d’un séjour à Acapulco. La performance repose sur une formation mariachi liée à Pedro Rey, avec Ringo au chant et aux maracas selon les crédits. Andrews est par ailleurs photographe et intervient dans l’environnement iconographique de Ringo pendant cette période. Une entrée d’encyclopédie doit donc pouvoir lui attribuer des rôles distincts de compositrice et de créatrice visuelle, au lieu de la présenter uniquement comme la partenaire personnelle du musicien. Ces deux contributions n’appartiennent pas au même objet éditorial.
1977 : Bette Midler et Melissa Manchester sur Tango All Night
Sur Ringo the 4th, les crédits individualisés du master « Tango All Night » donnent Bette Midler, Melissa Manchester et Vini Poncia aux voix d’accompagnement. Cette attribution est notamment documentée dans MusicBrainz et The Beatles Bible. Steve Gadd et Ringo sont crédités aux batteries, Tony Levin à la basse, David Spinozza à la guitare et Don Grolnick aux claviers. Le titre est composé par Steve Hague et Tom Seufert. Cette identification précise doit primer sur une extrapolation de la liste de choristes de l’ensemble du LP : Midler ne peut être automatiquement créditée sur les neuf autres titres. C’est l’exemple le plus clair de la différence entre une performance vocale identifiée et un générique d’album agrégé.
Luther Vandross et l’ensemble vocal : une question de granularité documentaire
Les documents du disque de 1977 citent un grand ensemble de chanteurs et chanteuses parmi lesquels apparaissent Melissa Manchester, Robin Clark, Maxine Anderson, Marietta Waters, Brie Howard et plusieurs autres personnes. Certaines listes secondaires affectent cette distribution à de nombreuses pistes, parfois sans expliquer si les voix furent enregistrées à des dates communes. La présence au générique général du LP est une donnée certaine ; le nombre de plages exactes doit être vérifié pour chaque individu. La fiche de « Tango All Night » possède une attribution individualisée pour Manchester et Midler. Les autres plages nécessitent l’examen des livrets, relevés de chœurs et feuilles de bande. Cette réserve n’est pas une omission : elle protège l’encyclopédie contre les crédits faussement précis.
1978 : les quatre chansons de Bad Boy où Melissa Manchester est nommée
Sur Bad Boy, produit par Vini Poncia, les notices de chansons attribuent à Melissa Manchester des voix d’accompagnement sur « Lipstick Traces (On a Cigarette) », « Heart on My Sleeve », « Where Did Our Love Go » et « Tonight ». Les œuvres viennent de plusieurs auteurs : Allen Toussaint sous le nom Naomi Neville, Gallagher & Lyle, Holland–Dozier–Holland, puis Ian McLagan et John Pidgeon. Manchester apporte donc sa voix à quatre répertoires différents au sein d’un même album, tout en restant une interprète et non la compositrice des quatre titres. Il faut également distinguer son enregistrement antérieur de « Monkey See – Monkey Do » chez elle, en 1976, de la version de cette chanson publiée par Ringo en 1978 ; sa présence vocale sur ce dernier master n’est pas démontrée avec le même degré de précision.
Photographies, auteurs et choristes : l’encyclopédie doit séparer les médiums
L’œuvre de Nancy Lee Andrews relève de la chanson et de la photographie ; celle de Linda McCartney de l’écriture et du chant ; les contributions de Reeves, Clayton, King, Midler et Manchester concernent des voix enregistrées dans des studios et des contextes précis. Le catalogue ne gagne rien à les réunir sous le seul titre « les femmes autour de Ringo » sans préciser leurs travaux. Un outil de recherche par rôle devrait permettre de passer de « coauteure » à « choriste » ou à « photographie », puis de retrouver les titres et éditions correspondants. Dans chaque fiche, l’identité de la personne, la fonction, le master, le producteur et la source du crédit doivent rester visibles.
Une grille de vérification par titre et par support
La reconstitution des collaborations féminines entre 1973 et 1978 peut être contrôlée à partir de cinq colonnes documentaires : personne ; chanson ou projet ; rôle exact ; première publication ; source et niveau de preuve. Un chœur crédité sur la pochette peut demander des recherches supplémentaires sur la plage précise. Un titre écrit par une femme ne prouve pas sa présence au micro. Un portrait de presse n’est pas une contribution au phonogramme. La distinction permet d’éviter des erreurs fréquentes et d’enrichir réellement les pages anciennes sans gonfler le catalogue de rencontres fictives.
Sources et travaux restant ouverts
Apple Records, Ringo (1973) et Goodnight Vienna (1974), génériques originaux ; The Beatles Bible, « Oh My My », « Six O’Clock », « Las Brisas », « Tango All Night » ; JohnLennon.com, crédits officiels de « Goodnight Vienna » ; MusicBrainz, personnels des pistes « Oh My My » et « Tango All Night » ; Polydor/Portrait, Bad Boy 1978 et crédits des chansons ; Sessiondays, répartition des choristes de 1977. Les attributions générales non individualisées sur les masters doivent encore être résolues à partir de pochettes, contrats et feuilles de session.












