← Ringo The 4th : album de 1977
Yellow-Sub.net · Critique des crédits · 1977
Luther Vandross, Bette Midler et Melissa Manchester chez Ringo : quels titres ont-ils chantés ?
Les attributions vérifiées et les chœurs collectifs de Ringo the 4th : repérer les vrais masters, éviter les faux crédits.
Les chœurs comme objet central et non comme simple fond sonore
Ringo the 4th se distingue des premiers albums solo de Starr par une présence majeure de choristes professionnels du rhythm and blues et de la pop américaine. Les noms de Luther Vandross, Melissa Manchester, Bette Midler, Arnold McCuller, David Lasley, Robin Clark, Vini Poncia et de nombreux autres chanteurs témoignent de l’ambition d’Arif Mardin de faire produire à Ringo un album sonore proche des studios new-yorkais de 1977. Pourtant, les listes de crédits disponibles mêlent souvent deux niveaux : les personnes ayant contribué à l’album et les personnes identifiées sur une plage donnée. Une encyclopédie ne peut se contenter de recopier le même groupe de dix-sept chanteurs sous chaque titre sans contrôler leur présence réelle.
Bette Midler sur Tango All Night : attribution individualisée
La fiche MusicBrainz de « Tango All Night » crédite explicitement Bette Midler, Melissa Manchester et Vini Poncia aux chœurs. Il s’agit d’une attribution au niveau du master, plus précise qu’un générique imprimant Midler parmi les participants à l’album. Cette précision permet d’ouvrir une vraie entrée « Ringo Starr et Bette Midler » liée à une chanson particulière. En revanche, aucune preuve équivalente n’est fournie au niveau de chaque autre titre du LP. La présence d’une chanteuse célèbre sur le disque ne justifie pas son extension automatique aux neuf autres enregistrements.
Melissa Manchester : plusieurs niveaux de preuve
Melissa Manchester apparaît sur « Tango All Night » dans les crédits individualisés de MusicBrainz. Sessiondays la cite également dans l’ensemble des chœurs attribués à plusieurs autres morceaux, et la pochette la recense parmi les artistes du disque. Il faut donc distinguer trois niveaux : participation au LP assurée ; intervention précisément liée à « Tango All Night » dans une notice piste par piste ; autres titres mentionnés par une source secondaire mais non complètement individualisés par la fiche de master. Une base solide peut enregistrer ces trois informations avec un champ de provenance au lieu d’imposer artificiellement un choix entre « sur tout l’album » et « uniquement sur une seule chanson ».
Luther Vandross avant sa carrière de vedette solo
Luther Vandross, qui travaille intensément comme choriste et arrangeur à New York dans les années 1970, figure dans les crédits de Ringo the 4th. Cette collaboration précède la période de grande célébrité de ses albums solo. Son nom possède donc une valeur historique qui dépasse la discographie de Starr : il situe le disque parmi les séances de soul et de pop où Vandross apporte sa voix à d’autres artistes. Toutefois, l’identification des morceaux exacts sur lesquels il chante doit être fondée sur les crédits piste par piste et les bandes, pas sur l’idée qu’un grand choriste devait être présent chaque jour. Sessiondays cite Vandross sur plusieurs titres, mais cette liste demande un recoupement plus précis.
Arnold McCuller, David Lasley, Robin Clark et les autres voix
Les crédits généraux recensent Arnold McCuller, David Lasley, Robin Clark, Brie Howard, Jimmy Gilstrap, Marietta Waters, Maxine Anderson, Lynn Pitney, Debra Gray, Duitch Helmer, Joe Bean, Rebecca Louis et d’autres intervenants. Chaque chanteur doit disposer d’une identité propre dans un index d’artistes, et sa contribution doit être reliée au bon master dès qu’elle est vérifiée. La répétition mécanique de ces noms sur toutes les chansons, observée dans certains relevés de sessions, peut être une manière de décrire le groupe mobilisé pendant la production plutôt qu’une ventilation définitive par bande. Une recherche d’encyclopédie doit pouvoir documenter ce doute de granularité, sans effacer ni inventer les performances individuelles.
Le cas Sneaking Sally : des chœurs et deux batteries différemment recensés
Sur « Sneaking Sally Through the Alley », MusicBrainz identifie Ringo et Steve Gadd aux batteries, tandis que Sessiondays n’inscrit explicitement que Gadd dans le tableau instrumental de la chanson. C’est une divergence révélatrice : deux bases de données de bonne foi peuvent décrire différemment une même participation. La méthode consiste à afficher les deux renseignements, leur support et la nécessité d’un examen de la pochette et des pistes. Le même principe vaut pour les chœurs de cette chanson, attribués notamment à Melissa Manchester et Vini Poncia dans Sessiondays. Aucun résumé d’album ne peut trancher à lui seul chaque conflit.
Les instrumentistes ne sont pas des chœurs : corriger les rôles doublés
Arif Mardin travaille avec un grand nombre d’instrumentistes qui cumulent parfois des fonctions : David Foster aux claviers, Vini Poncia aux chœurs et à la composition, Ringo au chant et à la batterie. La présence de Foster dans la liste des musiciens ne constitue pas un crédit vocal, pas davantage que la présence de Poncia dans les chœurs ne fait de lui l’auteur de « Tango All Night ». Le traitement de la base doit être relationnel : une personne, un rôle, une chanson, une source. Cette structure empêche les doublons et les glissements fréquents dans les catalogues de collaborations.
La question des overdubs et des sessions collectives
Les chœurs sont souvent enregistrés après la fixation de la section rythmique. Une chanson datée d’une première journée aux studios Atlantic peut donc contenir des harmonies réalisées plusieurs jours ou semaines plus tard. Les relations de personnel de MusicBrainz couvrent parfois des intervalles s’étendant de janvier à mars, tandis que The Beatles Bible évoque également des sessions ultérieures de juin. Une notice sérieuse ne peut attribuer à Bette Midler ou à Vandross la présence physique dans un studio le jour de la prise de batterie sans feuille de séance nominative. Les contributions au master et la présence à une date précise sont deux faits différents.
Une échelle de preuve pour le répertoire encyclopédique
Quatre statuts sont proposés. « Confirmé sur la chanson » signifie qu’un crédit de piste fiable ou une feuille de bande nomme la personne. « Confirmé sur l’album » signifie qu’un livret la reconnaît sans ventilation suffisante. « Attribué par une source secondaire » conserve les propositions de Sessiondays et d’autres répertoires. « À résoudre » désigne les divergences nécessitant une nouvelle recherche. Cette nomenclature doit être utilisée aussi pour les deux batteries, les cuivres et les claviers, afin que la présentation de l’album ne transforme pas un faisceau de documents en fausse certitude.
L’écriture de Poncia et les chœurs de 1977 : deux responsabilités qu’il faut séparer
Les crédits de Ringo the 4th associent des noms connus du chant, parmi lesquels Luther Vandross, Melissa Manchester, Bette Midler, David Lasley, Arnold McCuller et Robin Clark. Vini Poncia appartient lui aussi au personnel vocal de certains titres. Cette abondance peut donner une image trompeuse du disque si l’on confond automatiquement choriste, coauteur et producteur. Poncia cosigne six chansons du programme avec Ringo, mais « Tango All Night » ne figure pas parmi elles : l’œuvre est attribuée à Stephen Hague et Tom Seufert. Le fait qu’il chante sur la version de Ringo n’en fait pas un auteur supplémentaire.
Cette distinction est particulièrement importante pour la compréhension du rôle de Bette Midler. Sa contribution à « Tango All Night » doit être décrite à l’échelle de la chanson, sans être ajoutée à l’ensemble des chœurs de Ringo the 4th. Il en va de même pour les voix des autres invités. La liste générale d’un album peut regrouper les participants de plusieurs titres, mais elle ne reconstitue ni la présence de chacun à toutes les séances ni l’identité de toutes les voix conservées dans le mix. Une chanson peut compter un petit groupe vocal, une autre un ensemble plus large, et un même chanteur peut réaliser plusieurs prises superposées.
Le rôle de Mardin doit également rester séparé. Il produit un album où des chansons nouvelles signées Starkey–Poncia côtoient des reprises issues du soul et du rock américains. La taille du chœur répond à des choix d’arrangement et de production, et non au seul nombre des auteurs. Il serait abusif de déduire de la présence de Poncia dans les studios qu’il a écrit chacune des harmonies vocales sans document précis.
Le cas d’un crédit orthographié « Joe Bean » dans certains relevés appelle une prudence similaire. Une variante de nom n’est pas automatiquement un nouveau choriste, et une réédition qui reprend une mention ancienne ne constitue pas une seconde preuve indépendante. Les livrets des premières éditions, les feuilles de sessions et les archives des ingénieurs seraient nécessaires pour trancher certaines ambiguïtés.
La nouvelle monographie Vini Poncia restitue l’évolution du coauteur et producteur entre 1973 et 1978 ; la présente notice conserve l’étude détaillée des voix de 1977 et de leurs degrés de certitude.
Sources et pièces à confronter
MusicBrainz, CD Atlantic 82416-2 de « Ringo the 4th », crédits de chœurs sur la piste « Tango All Night » et crédits généraux de l’album ; Sessiondays, répartition des choristes par plage ; The Beatles Bible, personnel et historique d’Arif Mardin ; génériques Polydor 2310 556 et Atlantic SD 19108, 1977. Pour résoudre la distribution complète, il faut collecter et confronter les pochettes intérieures originales, les registres de choristes d’Atlantic et les bandes multipistes. La présente notice conserve explicitement les incertitudes.












