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Yellow-Sub.net · 13 avril 1977 · Allen Toussaint · Steve Gadd · Luther Vandross
Sneaking Sally Through The Alley : Ringo Starr, Allen Toussaint et les maîtres du funk
Une session de 1977 documentée par piste : Cornell Dupree, Chuck Rainey, Richard Tee, David Foster, Steve Gadd, Luther Vandross et les singularités du 45-tours australien.
Une chanson de La Nouvelle-Orléans adoptée par les studios de Ringo
« Sneaking Sally Through The Alley » est l’un des titres les plus révélateurs de l’orientation soul et funk de Ringo The 4th, publié en septembre 1977. La chanson est écrite par Allen Toussaint, figure de l’histoire musicale de La Nouvelle-Orléans. Elle est enregistrée par Ringo Starr avec une équipe américaine où se côtoient des musiciens associés à la soul, au jazz et au rhythm and blues. Il s’agit d’une reprise, non d’une coécriture de Ringo et Vini Poncia. Le travail de collaboration porte donc principalement sur l’interprétation, l’arrangement, l’exécution instrumentale et la production d’Arif Mardin.
L’histoire du morceau précède la rencontre avec Ringo. Il est notamment connu par la version de Robert Palmer, parue en 1974 et souvent citée dans les rétrospectives de ses premiers albums solo. La place de Palmer dans cette généalogie doit être conservée : Ringo n’est pas en train d’interpréter une chanson des Beatles, ni une composition écrite spécialement pour lui. La même œuvre se déploie sur plusieurs enregistrements, chacun possédant ses musiciens, son producteur et ses éditeurs.
Allen Toussaint et Ringo : une relation discographique antérieure
Ringo avait déjà abordé le répertoire d’Allen Toussaint sur Goodnight Vienna en 1974, avec « Occapella ». La présence de « Sneaking Sally Through The Alley » trois ans plus tard confirme son intérêt pour les compositions et les arrangements venus de La Nouvelle-Orléans, mais ne démontre pas une rencontre en studio entre les deux hommes en 1977. Toussaint est ici l’auteur de l’œuvre ; les notices individuelles ne le créditent pas comme instrumentiste sur la bande enregistrée par Ringo.
Cette distinction est centrale pour une encyclopédie des collaborations. Les droits d’auteur relient une œuvre à Toussaint, tandis que la sessionographie rattache l’enregistrement à Starr, aux instrumentistes et à Mardin. Un répertoire de « collaborations » qui assimilerait automatiquement ces deux catégories ferait croire, à tort, que tous les compositeurs présents dans le programme ont enregistré au studio avec le chanteur.
13 avril 1977 : une session précisément identifiée
MusicBrainz et The Beatles Bible situent la prise au 13 avril 1977 à Cherokee Studios, Los Angeles. Arif Mardin est le producteur et Lew Hahn l’ingénieur et le mixeur. Les noms de Gene Paul, Tom Heid, Michael O’Reilly et Steve Brandon apparaissent dans les relations techniques de l’édition examinée. Le lieu et la journée sont particulièrement importants puisque plusieurs chansons du disque ont été enregistrées ou finalisées au préalable à Atlantic Studios, New York.
Une date précise associée à un master n’autorise pourtant pas à situer chaque partie de chœurs à la même heure. Dans la production multipiste de cette période, des voix et instruments peuvent être complétés ultérieurement. Les sources consultées n’exposent pas le numéro de chaque prise ni un journal de tous les overdubs ; on conservera donc le 13 avril comme date de la session documentée, sans fabriquer une chronologie détaillée des moindres ajouts.
Ringo et Steve Gadd : une nouvelle double batterie
La relation détaillée de MusicBrainz pour cette piste cite Ringo Starr et Steve Gadd à la batterie. Cette configuration diffère des titres de 1976 sur lesquels Ringo joue avec Jim Keltner. Le rapprochement avec Gadd reflète la nouvelle équipe d’Arif Mardin, capable d’aborder des rythmiques plus proches du funk et du rhythm and blues. Il ne faut pas en déduire que les deux batteurs sont nécessairement simultanés sur chaque mesure.
La double batterie constitue ici un crédit d’interprétation, non une reconstitution technique des kits. Pour comprendre la répartition de leurs interventions, il faudrait accéder aux prises séparées ou aux notes d’ingénieur. Le master stéréo peut permettre des observations musicales, mais il n’est pas une preuve définitive de l’identité de chaque frappe. L’encyclopédie doit préserver la donnée certaine sans extrapoler.
Cornell Dupree et Lon Van Eaton : deux guitares à ne pas fusionner
Le morceau crédite Cornell Dupree et Lon Van Eaton à la guitare électrique. Dupree est associé à des décennies d’enregistrements majeurs dans le domaine de la soul et du rhythm and blues ; son jeu fait partie du langage recherché par les producteurs américains de cette génération. Van Eaton, déjà présent auprès de Ringo au cours des années 1970, apporte une autre continuité à la discographie des anciens Beatles.
La présence de deux guitaristes autorise une analyse des rôles complémentaires, mais aucune des relations documentaires ouvertes ne répartit définitivement les accords, les riffs et les interventions mélodiques mesure par mesure. Le classement des deux noms dans la même fonction n’établit pas non plus que leur prestation a été captée sans overdub. Pour le collectionneur, leur crédit d’instrumentiste doit être conservé tel quel.
Chuck Rainey : une basse qui n’est pas celle de Tony Levin
La basse de « Sneaking Sally Through The Alley » est attribuée à Chuck Rainey, non à Tony Levin. C’est un détail fondamental dans un album où Levin figure sur plusieurs chansons de la face A. Une liste cumulative qui annoncerait « Tony Levin à la basse sur l’ensemble de l’album » produirait une erreur certaine pour ce morceau. Rainey appartient lui aussi aux musiciens très sollicités des séances américaines.
Le dialogue entre une basse souple et une double batterie participe au caractère funk de l’arrangement. Cette observation ne doit pas être confondue avec l’identification technique des pistes, qui demanderait les bandes séparées. Mais le personnel révèle déjà la manière dont la production de Mardin adapte l’œuvre de Toussaint à une nouvelle équipe instrumentale.
Richard Tee et David Foster : les claviers au premier plan
Richard Tee est crédité au piano électrique et au clavinet, tandis que David Foster joue lui aussi du clavinet. Cette distribution illustre le rôle important des claviers rythmiques dans l’arrangement. Le clavinet est un instrument électromécanique capable de produire des attaques sèches, souvent associées au funk ; il ne doit pas être catalogué comme un simple piano acoustique par défaut.
Le chevauchement des deux noms dans la même famille d’instruments ne permet pas, en l’absence de pistes isolées, de savoir quel musicien intervient dans chaque réponse rythmique. En revanche, l’existence de deux contributions distinctes est documentée. Il est intéressant de voir le futur producteur et arrangeur David Foster apparaître ici comme musicien de session : son métier ne doit pas être rétrospectivement transposé au crédit de producteur, qui demeure celui d’Arif Mardin sur le disque.
Nicky Marrero et les percussions
Nicky Marrero figure au crédit des percussions. Les relevés de certains sites simplifient sa contribution au mot générique « percussion », parfois transcrit sous la forme « Nick Marrero ». Une fiche de référence peut conserver ces variantes nominales tout en évitant d’inventer un instrument spécifique, comme des congas ou un tambourin, lorsque la notice individuelle n’en donne pas le détail.
Son intervention rappelle que l’identité rythmique d’un enregistrement ne se limite pas aux batteurs. Dans les séances funk, les percussions additionnelles peuvent compléter ou contraster le jeu des kits. Cette présence doit faire l’objet d’une entrée distincte de celle de Steve Gadd ou de Ringo, même si tous participent à la structure rythmique.
Luther Vandross parmi une grande équipe de choristes
La notice de The Beatles Bible cite un groupe vocal particulièrement vaste : Arnold McCuller, Brie Howard, David Lasley, Debra Gray, Jimmy Gilstrap, Joe Bean, Luther Vandross, Lynn Pitney, Marietta Waters, Maxine Anderson, Melissa Manchester, Rebecca Louis, Robin Clark et Vini Poncia. Pour un historien de la pop américaine, ce générique est remarquable : il situe Ringo à proximité d’artistes et de choristes dont les carrières traversent la soul et les productions des décennies suivantes.
Il faut néanmoins éviter deux abus. Premièrement, une participation aux chœurs ne signifie pas qu’un 45-tours a été commercialisé comme duo entre Ringo et Luther Vandross. Deuxièmement, les notices de l’album réunissent aussi des vocalistes crédités sur d’autres plages. Dans cette étude, la liste est associée à la fiche individuelle de la chanson, mais l’attribution de chaque passage reste à affiner sur les documents primaires.
Robert Palmer et les autres interprétations : une seule œuvre, plusieurs masters
La reprise de Robert Palmer parue en 1974 constitue un précédent essentiel. Elle est parfois décrite comme un modèle important pour les enregistrements ultérieurs du morceau, mais il faut éviter de prétendre que Ringo et son producteur ont copié précisément telle bande, sans témoignage ou partition d’arrangement. Le catalogue des œuvres relie les interprètes par le nom d’Allen Toussaint ; les catalogues des enregistrements doivent leur donner des notices séparées.
Les comparaisons utiles portent sur le tempo, l’arrangement de batterie, le rôle de la basse, la place du clavinet, le traitement des chœurs et l’organisation des couplets. Dans un travail archéologique, ces observations peuvent être présentées comme analyse d’écoute. La source de crédit demeure, elle, la documentation de l’enregistrement de 1977.
Le 45-tours australien : une édition à identifier matériellement
« Sneaking Sally Through The Alley » paraît en single en Australie en 1977, avec « Tango All Night » au verso, selon la notice de The Beatles Bible. Cette donnée doit être attachée au territoire australien, et non étendue abusivement aux marchés britannique, américain ou français. Le numéro exact, la photo de l’étiquette, les matrices et le minutage de l’exemplaire resteront à vérifier pour produire une notice de collectionneur complète.
Ce type de publication régionale a une importance particulière : une chanson secondaire de l’album peut avoir eu une existence commerciale autonome dans un pays, même sans avoir été retenue comme single principal ailleurs. L’identification de chaque disque suppose d’étudier les objets physiques, et pas seulement l’ordre des pistes de l’album international.
Fiche normalisée et sources
Œuvre : « Sneaking Sally Through The Alley », également associée dans des catalogues à la graphie « Sneakin’ Sally Thru the Alley ». Auteur : Allen Toussaint. Interprète du master de 1977 : Ringo Starr, chant et batterie. Séance : Cherokee Studios, Los Angeles, 13 avril 1977. Producteur : Arif Mardin ; ingénieur et mixage : Lew Hahn. Personnel : Steve Gadd (batterie), Cornell Dupree et Lon Van Eaton (guitares), Chuck Rainey (basse), Richard Tee (piano électrique et clavinet), David Foster (clavinet), Nicky Marrero (percussions), choristes dont Luther Vandross et Melissa Manchester. Album : Ringo The 4th, deuxième titre de la face B. Publication en single : Australie, 1977, « Tango All Night » au verso.
Sources : The Beatles Bible, « Sneaking Sally Through The Alley » ; MusicBrainz, édition Ringo The 4th, relations par piste du 13 avril ; Sessiondays, crédits de l’album ; Progrography, discographie des singles ; relevés des œuvres d’Allen Toussaint et de l’album de Robert Palmer de 1974. Références : https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/sneaking-sally-through-the-alley/ ; https://musicbrainz.org/release/99306194-f6ee-4d6d-aa44-d37356f34a43 ; https://sessiondays.com/2020/08/20/1977-ringo-starr-ringo-the-4th/ ; https://progrography.com/ringo-starr/ringo-starr-discography/ .
La séance du 13 avril vue à travers ses instrumentistes
La version de « Sneaking Sally » interprétée par Ringo repose sur une équipe spécifique : Richard Tee et Cornell Dupree apportent piano électrique, clavinet et guitare ; Chuck Rainey tient la basse, David Foster et Nicky Marrero ajoutent des couleurs instrumentales, tandis que Ringo et Steve Gadd sont crédités à la batterie. Les deux nouvelles monographies traitent de la trajectoire des musiciens et de la répartition de leurs rôles. Cette fiche continue de décrire la chanson d’Allen Toussaint, son interprétation par Ringo et la séance de Cherokee Studios sans dupliquer la présentation de l’ensemble des intervenants.












