Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · Étude transversale · 1973–1978

Les batteurs et bassistes de Ringo Starr entre 1973 et 1978 : cartographie des sections rythmiques

Cinq albums, plusieurs équipes de studio : où jouent Ringo, Jim Keltner, Steve Gadd, Klaus Voormann, Tony Levin, Chuck Rainey et Dee Murray ?

Les cinq albums examinés : accès direct

Loin de l’idée d’un groupe d’accompagnement fixe

Le générique d’un album de Ringo Starr ne suffit pas à identifier le batteur et le bassiste de chacune de ses chansons. Entre 1973 et 1978, l’ancien Beatle enregistre avec différentes équipes, parfois deux batteurs sur un même master, parfois un accompagnement limité ou orchestral. Les noms de Jim Keltner, Steve Gadd, Klaus Voormann, Tony Levin, Chuck Rainey, Hugh McDonald et Dee Murray traversent plusieurs disques, mais aucun ne forme à lui seul la section permanente d’une période entière. Le but de cette enquête est de montrer comment les rencontres instrumentales se répartissent, comment les producteurs les utilisent et pourquoi un crédit individuel vérifié est supérieur à la simple liste générale imprimée sur une pochette.

1973 : Ringo et Jim Keltner, une relation déjà construite

Sur l’album Ringo, Jim Keltner intervient à la batterie aux côtés de Starr sur plusieurs chansons, tandis que Klaus Voormann apparaît souvent à la basse. Leur travail prolongé n’implique pas une même session pour tous les auteurs et invités. « Photograph », composé par Starr et George Harrison, possède un personnel et une histoire de prises distincts de « I’m the Greatest », écrit par Lennon. Les bandes sont enregistrées et complétées à diverses dates et dans plusieurs studios. Une partie de l’écriture rythmique associe les deux batteries, mais il est nécessaire de consulter les feuilles de session et les crédits piste par piste avant d’attribuer tel break à Keltner ou à Ringo.

Klaus Voormann : bassiste du cercle Beatles sans être auteur des œuvres

Voormann accompagne les anciens Beatles depuis le début de leurs carrières solo. Chez Ringo, il fournit une basse solidement documentée sur plusieurs masters de 1973 et de 1974. Il peut également participer à des chœurs ou à d’autres tâches ponctuelles, ce qui exige de distinguer les fonctions. Le titre d’une composition signée Lennon ou Harrison ne donne pas à Voormann un crédit d’écriture ; inversement, la présence de Voormann sur un disque d’un ancien Beatle ne signifie pas que tous les anciens membres du groupe y ont joué. Sa carrière permet de comprendre un réseau professionnel, mais la distribution d’une bande ne doit jamais être reconstituée à partir des seules relations personnelles.

1974 : Goodnight Vienna et la persistance de deux batteries

Sur Goodnight Vienna, Ringo et Keltner se partagent ou superposent des parties de batterie dans plusieurs chansons. Le morceau-titre de Lennon bénéficie aussi du Clavinet de Billy Preston et de cuivres ; « Snookeroo », écrit par Elton John et Bernie Taupin, réunit notamment Robbie Robertson et James Newton Howard. L’équipe de « Call Me », chanson écrite par Ringo seul, est différente : David Foster y joue du piano et Steve Cropper de la guitare, avec Voormann à la basse. Il serait donc erroné d’écrire que Jim Keltner figure sur toutes les plages du disque. Pour chaque chanson, la base doit distinguer la section rythmique et les voix sans recopier le générique général.

« Easy for Me » et la limite du réflexe « Ringo batteur »

Le titre de Harry Nilsson « Easy for Me », interprété par Ringo sur son album de 1974, possède un accompagnement de piano de Lincoln Mayorga et de cordes. La présence du chanteur ne suffit pas à créer un crédit de batterie sur cette plage ; les listes de personnel disponibles ne l’attribuent pas dans cette fonction. C’est un cas pédagogique important : la personne est un batteur célèbre, mais son métier sur une chanson particulière peut être uniquement le chant. L’encyclopédie doit privilégier les données du master plutôt que la réputation générale de l’artiste, de même qu’elle ne peut affecter automatiquement les claviers de Billy Preston à un titre où intervient Elton John.

1976 : Rotogravure, retour de Keltner et nouveaux timbres

Arif Mardin produit Ringo’s Rotogravure avec des musiciens variables selon les onze morceaux. La relation Ringo–Keltner se poursuit notamment sur « A Dose of Rock ’n’ Roll » et « Pure Gold », tandis que plusieurs guitaristes se succèdent autour des sections rythmiques. Certains titres déploient un instrument particulier, comme la pedal steel de Sneaky Pete Kleinow sur « Cryin’ » ou le mariachi lié à Pedro Rey sur « Las Brisas ». Une cartographie des rythmes doit donc accueillir plusieurs familles instrumentales : batterie, percussions, basse électrique, instruments acoustiques et groupes traditionnels. Les dates de voix de Paul et Linda sur « Pure Gold » restent séparées des prises initiales.

1977 : l’arrivée du tandem Steve Gadd–Tony Levin

Sur Ringo the 4th, les crédits individualisés de MusicBrainz montrent une forte présence de Steve Gadd à la batterie et de Tony Levin à la basse. Ringo reste crédité comme batteur sur plusieurs de ces masters. David Spinozza et Don Grolnick constituent une partie de cette équipe de session, mais ne jouent pas nécessairement sur les dix chansons. Le décompte établi dans le chapitre album associe Levin à sept plages du LP ; Chuck Rainey en joue deux et Hugh McDonald une. Ce partage constitue un outil fiable pour éviter l’erreur consistant à attribuer Levin à « Sneaking Sally » ou à « Gypsies in Flight ». Les dates de janvier et de février données par les catalogues restent à rapprocher des archives Atlantic et Cherokee.

« Sneaking Sally » : Gadd et Ringo avec Chuck Rainey

La reprise d’Allen Toussaint « Sneaking Sally Through the Alley » mobilise une section différente des principaux titres new-yorkais du disque : Chuck Rainey à la basse, Richard Tee et David Foster aux claviers, Cornell Dupree et Lon Van Eaton aux guitares, ainsi que Nicky Marrero aux percussions. MusicBrainz donne Ringo et Steve Gadd aux batteries, tandis que des listes secondaires présentent une ventilation moins claire. L’existence d’une divergence ne justifie pas de supprimer l’un des crédits silencieusement ; il faut la signaler puis vérifier le livret ou les pistes. L’étude de cette chanson montre comment un producteur adapte sa formation à un répertoire de soul plutôt qu’à une équipe constante.

« Gypsies in Flight » : Ringo aux balais, Hugh McDonald à la basse

Cette chanson cosignée Starr–Poncia utilise une configuration plus acoustique. David Bromberg et Dick Fegy y sont associés aux guitares, Jeff Gutcheon au piano électrique, Hugh McDonald à la basse ; Ringo apparaît aux balais et à la caisse claire. La fiche de master ne crédite pas Steve Gadd pour cette plage. L’instrument « balais » est un renseignement musicologique important : il ne se résume pas à une batterie indifférenciée. La présence d’un bassiste différent prouve également que la sessionographie du disque doit être ventilée à la chanson. Ce morceau sert ainsi de contrepoint à l’image d’un unique groupe disco mobilisé pendant toute l’année 1977.

« Simple Love Song » : Chuck Rainey, mais pas forcément Gadd

Le dernier morceau du LP de 1977 possède encore une autre équipe : Chuck Rainey à la basse, Danny Kortchmar et Lon Van Eaton aux guitares, David Foster au piano et aux claviers, et Ringo à la batterie. La fiche de piste ne nomme pas Gadd comme batteur. L’absence d’un crédit individuel n’est pas une preuve absolue qu’aucune bande préparatoire n’ait été enregistrée avec lui, mais elle empêche de le présenter comme instrumentiste certain du master publié. Le rôle de l’encyclopédie est d’indiquer ce qui est positif et établi, ce qui est simplement attribué par un catalogue secondaire et ce qui reste indéterminé faute d’archives.

1978 : Dee Murray et la formation de Bad Boy

Pour Bad Boy, produit par Vini Poncia, les relevés de personnel citent Dee Murray à la basse sur une grande partie des titres, avec Lon Van Eaton, Jimmy Webb, Dr John et d’autres claviéristes. Le livret de 1978 utilise des pseudonymes tels que « Diesel » et « Morris Lane », dont l’identification exige d’être rapportée à sa source. Il ne faut pas remplacer automatiquement tous ces noms dans les crédits d’époque sans recoupement de contrats et de bandes. La chanson « A Man Like Me », enregistrée avec un orchestre à Burbank en mars 1978, mérite aussi une notice distincte : les sources ne donnent pas à Ringo un crédit de batterie sur cette plage orchestrale.

1973–1978 : trois producteurs, trois méthodes de rythmique

Richard Perry privilégie les relations déjà établies de Ringo avec Keltner et Voormann, sans renoncer à une grande variété d’invités. Arif Mardin élargit le réseau en 1976, puis travaille avec des sections américaines spécialisées en 1977. Vini Poncia organise le personnel de Bad Boy au sein d’un groupe dont une partie des identités est masquée par la pochette. Cette typologie ne prétend pas que chaque disque possède un seul « son de producteur » fixe : les plages peuvent changer de formation. Elle permet surtout de suivre l’évolution des métiers instrumentaux sans faire des listes de célébrités un substitut aux faits phonographiques.

Tableau de travail documentaire : les champs réellement nécessaires

Chaque master doit être associé à l’œuvre et à ses auteurs, puis à la prise publiée, au studio, à la période de création, au chanteur, aux batteurs, aux bassistes et aux autres musiciens, avec leurs instruments. Les preuves doivent être qualifiées : générique du pressage original, documentation de studio, témoignage daté ou base secondaire. La conservation d’une incertitude de jour ou de musicien est préférable à une attribution fabriquée. Les pressages étrangers et CD de réédition reçoivent ensuite leurs propres fiches de support, sans multiplier les performances en studio. L’index des rôles de Yellow-Sub.net pourra ainsi relier les chapitres par personne, chanson et année.

Dee Murray en 1978 : la question du crédit « Diesel »

Le chapitre Bad Boy apporte un exemple important de la différence entre personnel discographique et personnel imprimé. Dee Murray est cité comme bassiste par des reconstructions ultérieures, alors que le LP britannique nomme « Diesel » au même instrument. Il faut éviter d’affirmer sans preuve que l’identification couvre automatiquement toutes les pistes ou qu’un pseudonyme possède une correspondance unique. L’étude de Murray complète ainsi les portraits de Klaus Voormann, Tony Levin, Steve Gadd et Jim Keltner, en distinguant les formations et les albums plutôt qu’en amalgamant leurs crédits. Le personnel de Bad Boy doit être vérifié au niveau des masters et des éditions.