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Yellow-Sub.net · Sessionographie · Juin 1971
« Ghetto Woman » : Ringo Starr à la batterie avec B.B. King
Deux batteurs, Ringo Starr et Jim Gordon, les cordes de Jimmie Haskell et la guitare de B.B. King : le personnel et l’histoire de ce disque de 1971.
Fiche complémentaire : consulter également Ghetto Woman : Ringo Starr à la batterie pour B.B. King (1971). Les deux analyses portent sur la même collaboration : elles doivent être lues ensemble, sans additionner leurs crédits comme s’il s’agissait de séances différentes.
Notice de master de référence : deux batteurs, un seul enregistrement
Le master de « Ghetto Woman » est identifié au niveau de la chanson, et non seulement par la liste globale de B.B. King in London. Les relevés détaillés de MusicBrainz créditent Ringo Starr et Jim Gordon à la batterie, Klaus Voormann à la basse, Jim Price au piano électrique, Gary Wright au piano, Mac Rebennack et B.B. King aux guitares, King au chant. La production est attribuée à Ed Michel et Joe Zagarino, avec un intervalle de sessions du 9 au 16 juin 1971. L’œuvre est créditée à B.B. King et Dave Clark. La présence de deux batteries enregistrées ne permet pas de distribuer à l’oreille, sans bandes isolées, les fills précis des deux musiciens.
Cette page constitue la référence encyclopédique principale de la prise. La fiche plus courte « Ghetto Woman : Ringo Starr à la batterie pour B.B. King » demeure disponible comme ancienne étude complémentaire, mais elle ne correspond ni à une deuxième session ni à un master inédit.
« Ghetto Woman » : Ringo Starr derrière la voix de B.B. King
Au cours du mois de juin 1971, B.B. King enregistre à Londres un album destiné à rapprocher sa musique d’une génération de musiciens britanniques nourris de blues américain. Le résultat, B.B. King in London, n’est pas un disque des Beatles et ne doit jamais être présenté comme tel. Sur « Ghetto Woman », cinquième plage du programme, le bluesman chante et joue de la guitare, accompagné notamment par Klaus Voormann à la basse, Gary Wright au piano et deux batteurs : Ringo Starr et Jim Gordon. Le crédit est confirmé par les notices par piste et par les catalogues discographiques qui reproduisent les données de l’édition originale.
Cette attribution révèle la véritable richesse de la participation de Ringo. Il ne s’agit pas de lui prêter une présence sur les dix chansons de l’album parce que son nom figure en couverture, mais de comprendre une performance précise, enregistrée dans un groupe dont le chanteur et guitariste américain demeure le centre. La fiche retrace la chanson, sa formation de studio, le travail des producteurs et les variantes éditoriales, tout en signalant ce que les sources ne permettent pas encore de savoir sur la répartition effective des deux batteries.
B.B. King : une rencontre entre le blues de Chicago et les studios de Londres
Lorsque B.B. King arrive en Angleterre, sa réputation n’a rien à voir avec celle d’un débutant invité à profiter de la célébrité de musiciens rock. Depuis les années 1950, il a construit une écriture de guitare immédiatement identifiable, où la voix instrumentale répond aux inflexions du chant. Sa carrière est déjà marquée par des succès et par une circulation internationale. Les artistes britanniques qui l’accompagnent ont souvent découvert le blues à travers ses disques, puis l’ont intégré à leurs propres groupes.
Le projet londonien organise une rencontre entre ces trajectoires. Peter Green, Alexis Korner, Steve Marriott ou Gary Wright appartiennent à des générations et à des formations différentes. Certains interviennent seulement sur un morceau ; d’autres apparaissent sur plusieurs. La distribution varie suffisamment pour exiger une véritable liste des crédits par piste. C’est dans ce contexte que Ringo travaille avec B.B. King, sans devenir pour autant le batteur permanent du chanteur.
Les séances du 9 au 16 juin 1971
Les notices de l’album situent les prises instrumentales entre le 9 et le 16 juin 1971, notamment aux Olympic Studios et aux Command Studios de Londres. Des interventions et traitements sonores ultérieurs sont réalisés aux États-Unis, avec des overdubs au Village Recorder, au Record Plant de Los Angeles et au Hit Factory de New York selon les crédits de production. Ce calendrier général est établi ; il ne permet pas d’attribuer un jour précis à la batterie de « Ghetto Woman » sans document complémentaire.
Une sessionographie sérieuse doit conserver cette distinction. L’année et la semaine d’enregistrement du projet ne constituent pas forcément le jour de la prise retenue pour chaque chanson. Les notes des musiciens, les boîtes de bandes ou les documents de studio pourraient permettre d’affiner la chronologie. Tant que ces sources n’ont pas été consultées, la fiche indique la période des sessions londoniennes plutôt qu’une date fabriquée.
Les coauteurs : B.B. King et Dave Clark
« Ghetto Woman » est attribuée à B.B. King et Dave Clark dans les crédits de l’album. L’indication désigne l’œuvre elle-même ; elle ne doit pas être confondue avec la présence des instrumentistes. Ringo apporte une contribution de batterie, mais il n’est pas crédité comme auteur de la chanson. Il en va de même pour Jim Gordon, Klaus Voormann ou les autres participants de cette prise.
Cette précision est importante pour une encyclopédie qui étudie à la fois les œuvres écrites par Ringo pour d’autres artistes et ses performances comme musicien invité. Les deux activités existent réellement, mais elles ne sont pas interchangeables. Un crédit de batterie sur une chanson écrite par King et Clark n’est pas une collaboration de composition. La fiche doit donc préserver les deux rubriques.
Une section rythmique à deux batteries
Les crédits individuels de « Ghetto Woman » identifient Ringo Starr et Jim Gordon à la batterie. Il serait excessif d’en conclure qu’ils jouent continuellement ensemble, battement pour battement, du début à la fin du morceau. Deux musiciens peuvent enregistrer simultanément, se partager des passages, ou ajouter successivement des parties sur une même bande multipiste. La documentation dont nous disposons nomme les interprètes, sans décrire avec certitude cette répartition.
Le double crédit reste pourtant une information musicale déterminante. Le travail de la batterie ne se réduit pas ici à l’image familière de Ringo seul derrière sa caisse claire. Il partage le poste rythmique avec un instrumentiste qui a participé à de très nombreux projets rock de l’époque. Dans une chanson où les arrangements et la voix de King occupent beaucoup d’espace, la coexistence de deux batteries peut contribuer à l’épaisseur de la pulsation, sans qu’il soit possible d’assigner chaque accent à son auteur.
Jim Gordon, un partenaire à reconnaître
Jim Gordon est l’un des batteurs les plus sollicités de la scène rock de cette époque. Sa présence sur « Ghetto Woman » ne doit pas être effacée par la célébrité de Ringo. Inversement, celle de Gordon ne rend pas la participation de l’ancien Beatle symbolique. Le personnel par piste mentionne les deux noms ; c’est cette information qu’il faut conserver, y compris lorsque des bases généralistes ne donnent que la liste globale des batteurs de l’album.
La question est essentielle pour les futurs relevés d’instruments. Une transcription du morceau pourrait aider à décrire le jeu de batterie, mais elle ne suffirait pas à départager les exécutants sans bande isolée ou feuille d’attribution. La prudence de la fiche tient à la nature des preuves : on sait qui est crédité, mais pas comment chacun a réparti tous les gestes musicaux.
Klaus Voormann à la basse : une continuité avec l’entourage Beatles
Klaus Voormann occupe la basse sur « Ghetto Woman ». Son nom est familier aux amateurs de John Lennon, de George Harrison et de Harry Nilsson, mais il convient ici de le replacer dans la formation de B.B. King. La basse soutient le bluesman et dialogue avec deux batteries, sans que la chanson appartienne à l’univers du Plastic Ono Band pour autant.
Le fait de retrouver Ringo et Voormann ensemble montre la persistance de liens professionnels qui dépassent la séparation des Beatles. Tous deux accompagnent des artistes aux écritures très différentes. Une même paire de musiciens peut intervenir sur un album introspectif de Lennon puis sur un disque de blues beaucoup plus orchestré. C’est précisément cette circulation qu’une sessionographie transversale doit rendre visible.
Mac Rebennack, Gary Wright et Jim Price
Les crédits de « Ghetto Woman » identifient Mac Rebennack, connu sous le nom de Dr. John, à la guitare ; Gary Wright au piano ; et Jim Price au piano électrique. Ce partage des instruments à clavier explique que le morceau puisse posséder plusieurs couches harmoniques distinctes de la section rythmique. Il ne faut pas attribuer une intervention à l’un des musiciens parce qu’elle rappelle vaguement le style de ses autres disques : les crédits publiés constituent le point de départ.
Mac Rebennack apporte à ce projet une autre géographie du rhythm and blues américain, marquée par La Nouvelle-Orléans. Gary Wright appartient à la scène rock britannique et internationale, tandis que Jim Price est aussi connu comme instrumentiste de cuivres et arrangeur. La présence de ces trois musiciens ne transforme pas « Ghetto Woman » en une jam dépourvue de direction. C’est une composition de King et Clark, au service de l’interprétation de King.
Jimmie Haskell et l’orchestration des cordes
Un élément distingue particulièrement cette chanson du reste du programme : Jimmie Haskell est crédité aux arrangements et à la direction des cordes. Ce travail donne au disque une dimension qui dépasse la simple rencontre de musiciens de blues autour de micros. L’orchestration peut être enregistrée et ajoutée lors d’une étape distincte de la prise rythmique. Les crédits de production recensent précisément des opérations ultérieures hors de Londres.
La présence d’une section de cordes modifie l’équilibre sonore et l’espace laissé aux instruments. Il serait toutefois abusif de supposer que Ringo a dirigé cette évolution ou qu’il a enregistré sa batterie avec l’orchestre déjà présent dans le studio. Le rôle de Haskell mérite une reconnaissance autonome, comme celui des ingénieurs ayant permis l’assemblage du master.
Une réception contemporaine qui éclaire le caractère du morceau
Un compte rendu de Record Mirror daté du 9 octobre 1971 décrit « Ghetto Woman » comme une chanson lente, chargée d’atmosphère, dont les cordes de Haskell accentuent le sentiment de menace et d’attente. Cette réaction contemporaine est utile pour comprendre comment le public britannique a reçu l’enregistrement, avant les rééditions et les commentaires historiques ultérieurs. Elle montre que l’orchestration n’était pas un simple détail de livret, mais une caractéristique immédiatement perceptible.
Un tel témoignage critique ne permet évidemment pas d’attribuer un roulement particulier à Ringo ou à Gordon. Il constitue une source de réception, distincte du personnel de studio. Dans la base, la chronique de presse servira à raconter l’effet produit par le disque, tandis que les crédits instrumentaux continueront de déterminer la distribution attestée.
Les producteurs et la circulation des bandes
Ed Michel et Joe Zagarino sont crédités à la production de l’album. Plusieurs ingénieurs interviennent lors des différentes opérations, et le travail de prise londonienne se prolonge par des opérations américaines. Il faut donc éviter de présenter B.B. King in London comme un document brut capté en une seule journée. Le disque commercial est le résultat d’une chaîne de production.
Pour Ringo, cela signifie qu’un mixage commercial peut modifier l’équilibre entre les batteries sans changer leur exécution. Une édition ultérieure peut faire entendre davantage un instrument ou employer une durée différente, sans qu’il s’agisse d’une nouvelle séance de 1971. L’inventaire séparera les bandes enregistrées, les interventions additionnelles et les publications commerciales.
La cinquième piste de l’album original
« Ghetto Woman » apparaît à la cinquième place du programme usuel du LP B.B. King in London. Les relevés de pressages et de plateformes indiquent une durée légèrement variable selon les éditions, proche de cinq minutes et treize secondes. Ces écarts peuvent résulter de différences de transfert, de silences, de fondu ou de présentation. Sans comparaison technique, il serait dangereux d’y voir une seconde performance de Ringo.
Le catalogue original américain ABCX-730 appartient à la discographie de B.B. King ; les éditions britanniques et les rééditions suivent leurs propres références. Le lecteur qui recherche une version physique devra distinguer pays, label et support. Notre sessionographie ne doit pas multiplier les collaborations au seul motif qu’une chanson a été distribuée en vinyle, en CD et en numérique.
Pourquoi Ringo n’est pas crédité sur tout le disque
Le personnel de l’album varie d’une plage à l’autre. Sur « Blue Shadows » et « We Can’t Agree », les relevés détaillés mentionnent Jim Keltner à la batterie ; « Alexis’ Boogie » associe Jerry Shirley à une autre formation ; « Power of the Blues » emploie Barry Ford. Ringo apparaît pour sa part sur « Ghetto Woman », « Wet Hayshark » et « Part-Time Love ». Trois titres, trois contextes, et surtout deux configurations avec Jim Gordon suivies d’une piste où Ringo est le seul batteur crédité.
Ces différences constituent l’une des principales raisons d’être des fiches individuelles. Une simple liste des invités de l’album ne permet pas de répondre à la question de savoir où Ringo joue réellement. Les trois notices seront reliées à la page générale consacrée aux bluesmen américains, tout en conservant leur propre personnel et leur statut discographique.
Une collaboration plus discrète que spectaculaire
Il serait tentant de présenter l’épisode comme la rencontre de deux légendes autour d’un unique solo mémorable. Mais l’identité de « Ghetto Woman » est d’abord celle d’un blues chanté par B.B. King, enrichi de claviers, d’arrangements et d’un ensemble instrumental. La batterie de Ringo constitue une contribution importante à ce projet, sans devenir l’unique sujet de son histoire. Le rôle de Jim Gordon, de Klaus Voormann et des autres musiciens en témoigne.
La véritable richesse de la séance tient à l’échange entre traditions. Les musiciens britanniques ont grandi en admirant le blues américain ; B.B. King les accueille dans sa propre musique sans céder l’identité de son répertoire. Ringo peut être reconnu pour sa prestation tout en demeurant un accompagnateur invité. Cette précision est plus respectueuse de tous les participants qu’un récit centré artificiellement sur la célébrité de l’ancien Beatle.
Les points à vérifier lors de la prochaine étape d’archives
La période de prise, les principaux studios, le personnel et les producteurs sont établis. Restent à identifier précisément le jour de l’enregistrement de « Ghetto Woman », la répartition des deux batteries, les pistes de cordes et leur lieu de prise, ainsi que les différences éventuelles entre masters d’origine et rééditions. Une feuille de session ou un entretien détaillé avec les personnes présentes serait préférable à une simple déduction tirée du son.
La page générale « Blues et soul » présente la place de Ringo auprès de Howlin’ Wolf et B.B. King. La présente fiche constitue la notice de la cinquième piste de B.B. King in London. Une entrée correspondante sera ajoutée à la sessionographie chronologique, avec le crédit de Ringo et Jim Gordon à la batterie. C’est à partir de ces unités documentées que l’on peut construire une encyclopédie fiable.
Image d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.net ; elle ne documente pas la séance de B.B. King.
Sources discographiques et presse
La distribution suit les crédits individualisés de « Ghetto Woman ». Les dates de prise ne sont pas assimilées aux jours de postproduction.












