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Yellow-Sub.net · Olympic Studios · 2 mai 1970 · Chess
I Want to Have a Word with You : Howlin’ Wolf, Ringo Starr et les prises de London Revisited
Le master de 1970, les musiciens du blues londonien, le pressage Chess CH 60026 et la Deluxe Edition de 2003.
Une chanson longtemps séparée de l’album qui l’avait vue naître
« I Want to Have a Word with You » est un enregistrement de Howlin’ Wolf, fixé à Londres le 2 mai 1970, sur lequel Ringo Starr tient la batterie. La chanson n’appartient pas aux treize titres de la première édition du LP The London Howlin’ Wolf Sessions, paru en 1971. Elle trouve sa place sur la face Howlin’ Wolf du disque London Revisited en 1974, puis sur l’édition Deluxe des sessions londoniennes en 2003. Cette dispersion éditoriale explique pourquoi certaines discographies ne citent qu’une chanson de la rencontre Wolf–Ringo : elles se limitent au contenu du LP de 1971 et négligent les bandes publiées plus tard. La séance de batterie est pourtant celle de 1970, et non celle de 1974 ou de 2003.
Le premier jour des sessions, sans la section rythmique des Rolling Stones
Le projet Chess réunit Howlin’ Wolf et Eric Clapton dans les studios Olympic, avec des partenaires britanniques venus du rock. Les séances s’étalent du 2 au 7 mai 1970. Le premier jour, la présence initialement espérée de Bill Wyman et Charlie Watts n’est pas disponible pour les enregistrements concernés ; Klaus Voormann prend la basse et Ringo Starr la batterie. Les sessions suivantes se déroulent majoritairement avec la section rythmique des Rolling Stones. Cette alternance est le fait musical central du catalogue : l’album entier n’est pas joué par un ensemble unique. La date du 2 mai 1970 est donc essentielle pour identifier correctement la ligne de personnel de « I Want to Have a Word with You ».
Chester Burnett, l’auteur et l’interprète
Contrairement à « Goin’ Down Slow », œuvre de St. Louis Jimmy Oden, « I Want to Have a Word with You » est crédité à Chester Burnett, le véritable nom de Howlin’ Wolf. La chanson s’inscrit dans la logique expressive de son blues : l’adresse directe, la voix rugueuse et le dialogue intense avec la guitare. Pour restituer le rôle de Ringo Starr, il est important de rappeler que le centre créateur du morceau n’est ni Ringo, ni Clapton, ni les Rolling Stones, mais bien Wolf, qui en signe l’œuvre et la chante. Les musiciens invités accompagnent une personnalité majeure du blues de Chicago. Une discographie de Ringo peut mettre sa présence en lumière sans réduire l’histoire de la chanson à celle d’un ancien Beatle.
Le personnel instrumental recensé
La répartition donnée pour le master de 1970 identifie Howlin’ Wolf au chant ; Hubert Sumlin à la guitare rythmique ; Eric Clapton à la guitare solo ; Klaus Voormann à la basse ; et Ringo Starr à la batterie. Cette équipe correspond à l’un des moments où le groupe du 2 mai se trouve au complet autour de Wolf. Il ne convient pas d’y ajouter automatiquement Jeffrey Carp à l’harmonica : sa participation est spécifiquement mentionnée sur « Goin’ Down Slow » et sur d’autres prises du même jour, mais elle n’apparaît pas dans le relevé de personnel utilisé ici pour cette chanson. Il serait tout aussi fautif de substituer Bill Wyman et Charlie Watts aux deux musiciens effectivement crédités sur la bande.
Hubert Sumlin : une présence qui change la lecture historique
Hubert Sumlin, partenaire de longue date de Howlin’ Wolf, n’est pas un invité pittoresque dans une session montée pour les rock stars britanniques. Sa guitare rythmique est une partie constitutive du langage musical du chanteur. La rencontre avec Eric Clapton doit s’entendre comme un dialogue entre un créateur du style et un héritier passionné. Ringo et Voormann s’insèrent dans cette architecture sans en modifier la hiérarchie historique. Les travaux consacrés aux London Sessions soulignent l’importance de la présence de Sumlin dans le projet. Cette place est importante pour toute étude savante de l’enregistrement, car une liste de noms dominée par Clapton, Starr ou Wyman peut masquer la continuité entre le blues originel de Wolf et l’expérience londonienne.
La batterie de Ringo, un rôle de session précis
Ringo intervient sur cette chanson en tant que batteur accompagnateur. Sa contribution doit être identifiée comme telle, sans lui attribuer un rôle de co-compositeur, de producteur ou d’arrangeur. Une séquence de blues n’a pas besoin de démonstration virtuose pour gagner en intensité ; la solidité du rythme, les respirations et la synchronisation avec la basse sont déterminantes. Il serait néanmoins excessif d’affirmer, sans accès aux bandes et à l’analyse de la partie isolée, quels placements de caisse claire ou quelles variations de cymbales seraient entièrement de son invention. La sessionographie se fonde d’abord sur la preuve de personnel, puis peut développer une critique musicale distincte.
Le pseudonyme Richie, un piège dans les index
Sur le programme original des London Sessions, Starr est parfois désigné comme « Richie », forme familière dérivée de son prénom Richard. La documentation rapporte que Norman Dayron pensait à tort ne pas pouvoir imprimer le nom du Beatle sur le disque. Le dossier doit distinguer ce crédit de l’autre pseudonyme « Richie Snare », utilisé sur des enregistrements de Harry Nilsson. Les deux renvoient à Ringo Starr, mais apparaissent dans des contextes éditoriaux différents. Si un index informatique les traite comme deux artistes différents, il multiplie artificiellement les participants. S’il normalise au contraire toutes les mentions d’album sans vérifier les plages, il risque d’attribuer à Ringo des batteries réellement jouées par Charlie Watts.
1974 : London Revisited réunit deux sessions londoniennes distinctes
Le LP London Revisited paraît chez Chess/Janus sous la référence CH 60026. Une face est consacrée à Muddy Waters, une autre à Howlin’ Wolf. La face Wolf propose « Goin’ Down Slow », « Killing Floor » et « I Want to Have a Word with You », ce dernier étant le troisième titre. Le rapprochement commercial de deux légendes du blues ne signifie pas qu’elles ont joué ensemble sur chacun des masters. Il ne signifie pas davantage que Ringo Starr a enregistré avec Muddy Waters : le crédit que l’on examine est celui d’une chanson interprétée par Howlin’ Wolf. Cette distinction permet d’éviter les fausses collaborations produites par les compilations à plusieurs artistes. Le catalogue de Chess doit être lu à la plage et à la face, non uniquement par son titre.
Deux batteurs sur la même face, mais pas sur le même titre
La face consacrée à Howlin’ Wolf juxtapose des prises réalisées au cours de séances différentes. « Goin’ Down Slow » et « I Want to Have a Word with You » sont associés au 2 mai 1970 et à Ringo Starr à la batterie. « Killing Floor » est daté du 7 mai 1970 et donne Charlie Watts à la batterie, avec Bill Wyman à la basse. Ces trois titres apparaissent ensemble sur le LP de 1974, mais ils ne relèvent donc pas d’une même section rythmique. Cette information justifie une fiche individuelle pour chacun des deux enregistrements avec Starr : une compilation crée un voisinage éditorial, elle ne remplace pas la chronologie du studio.
Les crédits techniques et la production de Norman Dayron
Le travail est associé à la production de Norman Dayron et aux prises réalisées sous la responsabilité technique de Glyn Johns. Les enregistrements ont été effectués à Olympic puis sont passés par des opérations ultérieures de montage, de mixage ou de mastering liées aux structures de Chess aux États-Unis. Ces étapes sont indépendantes du jour où Ringo a joué. La meilleure méthode consiste à conserver « Londres, 2 mai 1970 » comme date de la performance, tout en indiquant les dates des versions publiées et, lorsque l’information est vérifiée, le lieu de mixage. Il ne faut pas inventer une deuxième séance instrumentale de Ringo lorsqu’un ingénieur reprend en 2003 une bande multipiste ancienne.
2003 : une place précise dans The London Howlin’ Wolf Sessions Deluxe Edition
L’édition Deluxe double CD de 2003 réintègre « I Want to Have a Word with You » en seizième plage du premier disque, après « Goin’ Down Slow » et « Killing Floor ». Sa durée est généralement présentée autour de 4 min 07, avec de faibles variations de métadonnées selon les rééditions et les services. Les trois titres sont alors clairement identifiés comme des performances issues de London Revisited en 1974. Le disque deux de la Deluxe Edition contient des variantes, prises et mixages du programme des sessions : ces pièces doivent être comparées indépendamment. La réapparition de ce morceau en 2003 est un enrichissement du répertoire accessible, non une découverte qui effacerait la publication de 1974.
Comment décrire exactement le master et ses manifestations
Pour une sessionographie rigoureuse, la notice principale porte : œuvre « I Want to Have a Word with You » ; auteur Chester Burnett ; interprète Howlin’ Wolf ; enregistrement aux Olympic Studios, Londres, 2 mai 1970 ; guitare rythmique Hubert Sumlin ; guitare solo Eric Clapton ; basse Klaus Voormann ; batterie Ringo Starr ; production Norman Dayron. Les manifestations discographiques liées à cette performance comprennent la face Wolf de London Revisited en 1974 et le premier CD de la Deluxe Edition en 2003. Les titres numériques « London Revisited Version » permettent de reconnaître cette lignée, mais il faut éviter de substituer leur date de publication à celle de l’enregistrement.
Intérêt dans le réseau des collaborations de Ringo
Cette séance démontre l’étendue du champ musical dans lequel Ringo intervient quelques semaines seulement après la séparation publique des Beatles. Il n’enregistre pas uniquement avec les anciens membres de son groupe : il prête son jeu à un créateur majeur du Chicago blues, dans une équipe où figurent deux guitaristes de générations et de parcours différents. La présence de Clapton et de Voormann enrichit le réseau biographique, mais la collaboration principale demeure celle avec Wolf. Le dossier doit compter ce titre comme un master avec batterie de Ringo et signaler distinctement ses rééditions et ses crédits de pochette. Il s’agit d’une véritable prestation instrumentale, contrairement aux apparitions d’un nom simplement mentionné par proximité dans un catalogue.
Sources et contrôle documentaire
Chess/Janus, London Revisited, référence CH 60026, 1974, liste de la face Howlin’ Wolf ; MCA/Chess, The London Howlin’ Wolf Sessions, Deluxe Edition, 2003, programme des deux CD et ventilation des instruments ; MusicBrainz, métadonnées de l’édition Deluxe, historique des plages Chess 1974 ; Qobuz, crédits de la « London Revisited Version » avec Ringo Starr et mention phonographique 1974 ; AllMusic, Rarities Edition, référence discographique de la chanson ; travaux de synthèse sur les London Sessions et leur production par Norman Dayron. Les différents niveaux de crédits sont conservés séparément.












