Yellow-Sub.net · B.B. King in London · 1971
« Part-Time Love » : Ringo Starr, seul batteur crédité pour B.B. King
Une séance de blues avec Klaus Voormann, Gary Wright, Bobby Keys et Jim Price : le seul des trois morceaux de B.B. King où Ringo est l’unique batteur crédité.
« Part-Time Love » : la troisième chanson de B.B. King où apparaît Ringo Starr
En 1971, B.B. King enregistre à Londres un album d’une richesse instrumentale exceptionnelle, réunissant plusieurs générations de musiciens de blues et de rock. Ringo Starr intervient sur trois morceaux du programme. Deux, « Ghetto Woman » et « Wet Hayshark », portent un double crédit de batterie avec Jim Gordon. Le troisième, « Part-Time Love », est différent : les listes détaillées n’y identifient que Ringo Starr à la batterie. Cette précision permet de le distinguer des autres prises et justifie une fiche individualisée dans la sessionographie.
La chanson appartient au répertoire de B.B. King et ne doit pas devenir un récit exclusivement centré sur l’ancien Beatle. Elle est associée au compositeur Clay Hammond, avec B.B. King à la guitare et au chant, Klaus Voormann à la basse, Gary Wright à l’orgue, Bobby Keys au saxophone ténor et Jim Price à la trompette. La formation possède une identité sonore différente de celle des sessions avec Jim Gordon. Cette variation des personnels fait partie de l’histoire de l’album et révèle la souplesse du projet londonien.
Clay Hammond, l’auteur d’une chanson de blues et de soul
Les crédits couramment reproduits des éditions physiques attribuent « Part-Time Love » à Clay Hammond, chanteur et auteur américain. Le titre appartient à une tradition de chansons où les sentiments amoureux sont racontés sans idéalisation, avec la tension entre affection, absence et fidélité comme ressort dramatique. Les bluesmen ont souvent abordé ces contradictions par une langue directe, soutenue par la répétition d’un motif mélodique.
Il convient de distinguer cette œuvre de ses interprétations. Ringo n’en est pas le compositeur ; sa participation concerne l’enregistrement dirigé par B.B. King. Certaines métadonnées numériques emploient des noms d’auteurs différents ou abrégés. Ce type de divergence doit être vérifié sur le support d’origine, plutôt que reproduit sans discussion dans une encyclopédie. Le crédit de Clay Hammond demeure notre référence de travail pour l’édition originale.
Une chanson à la septième place du LP
« Part-Time Love » figure dans le programme de B.B. King in London entre « Wet Hayshark » et « Power of the Blues ». Cette succession est historiquement intéressante. Trois morceaux liés aux prestations de Ringo se suivent sur la face consacrée à la rencontre avec les artistes invités, mais ils ne correspondent pas à une distribution parfaitement identique. Un auteur pourrait facilement réunir les noms de Ringo et Jim Gordon sous une seule rubrique, puis les appliquer mécaniquement à toute la séquence. Cela conduirait à effacer précisément la particularité de « Part-Time Love ».
L’ordre du LP doit être conservé pour les publications de référence. Une compilation peut intervertir des morceaux, omettre certaines pistes ou proposer une version raccourcie. Elle ne modifie pas l’histoire de la prise d’origine. Notre catalogue distinguera donc l’enregistrement, sa place dans l’album original et les éditions ultérieures qui le reprennent.
Les sessions londoniennes du 9 au 16 juin 1971
Les enregistrements de l’album se déroulent aux Olympic Studios et aux Command Studios de Londres, entre le 9 et le 16 juin 1971 selon les notes discographiques. La période générale est bien documentée, mais le jour exact de « Part-Time Love » n’est pas identifié dans les sources par piste ici consultées. Nous éviterons donc d’inventer un horaire de session ou une date unique pour la performance de Ringo.
Cette précision est nécessaire parce que le travail de production se poursuit après les enregistrements londoniens. Des ajouts et des traitements sont mentionnés dans plusieurs studios américains. La séance instrumentale, le mixage final et la date de commercialisation sont des événements différents. Les confondre ferait naître de fausses chronologies, notamment lorsque les rééditions citent le lieu du mastering sans préciser celui de la prise.
Ringo Starr : seul batteur mentionné sur ce morceau
La différence principale avec « Ghetto Woman » et « Wet Hayshark » tient au personnel de la section rythmique. Pour « Part-Time Love », les crédits identifient Ringo Starr à la batterie et Klaus Voormann à la basse, sans ajouter Jim Gordon ou un autre batteur pour cette plage. Nous pouvons donc écrire, avec le niveau de preuve approprié, que Ringo est le seul batteur crédité sur la version d’album.
Cette formulation n’est pas identique à l’affirmation qu’aucun autre son percussif n’a jamais été enregistré ou retouché. Le livret ne décrit pas nécessairement les opérations techniques de chaque piste. Il établit un personnel. La phrase « seul batteur crédité » reste exacte même lorsque l’on ignore les éventuelles percussions additionnelles ou les opérations de mixage. C’est l’exemple même d’une formulation rigoureuse qui respecte ce que la source permet de connaître.
Un accompagnement de blues différent de la production des Beatles
La batterie de Ringo ne doit pas être jugée ici à partir des seules chansons des Beatles. B.B. King possède son propre art du phrasé et de la dynamique : une phrase de guitare répond au chant, les cuivres ponctuent le discours et l’orgue tient la continuité harmonique. Le batteur est chargé de préserver la cohérence rythmique de cet ensemble, sans transformer la chanson en démonstration technique.
Cette fonction explique l’intérêt d’une contribution qui peut sembler discrète au premier abord. Une section de blues efficace repose sur une écoute collective et sur la capacité à laisser de l’espace au chanteur. Ringo n’a pas à reproduire un roulement emblématique de « Come Together » pour être musicalement pertinent. La présence d’un crédit individualisé suffit à ouvrir une étude de sa manière de travailler dans un répertoire extérieur.
Klaus Voormann : une basse familière, un nouveau chanteur à accompagner
La basse est attribuée à Klaus Voormann, qui travaille avec Ringo depuis les projets des anciens Beatles et participe également à plusieurs sessions de Harry Nilsson. La permanence de cette association est importante, mais elle ne doit pas occulter les changements de contexte. Ici, les deux musiciens jouent pour B.B. King, non pour John Lennon ou George Harrison. Leur langage doit s’adapter à l’interprétation du bluesman.
Un duo basse-batterie peut posséder une certaine complicité parce que ses membres se connaissent depuis plusieurs disques. Mais il serait spéculatif de reconstruire leurs échanges personnels pendant « Part-Time Love » sans témoignage direct. L’encyclopédie retiendra d’abord les crédits, puis cherchera d’éventuelles informations sur les essais de tempo, les prises et les modifications d’arrangement. Les impressions d’écoute viendront compléter ces faits, non s’y substituer.
Gary Wright à l’orgue : une couleur harmonique centrale
Contrairement à « Wet Hayshark », où Gary Wright est crédité au piano et signe la composition instrumentale, « Part-Time Love » le fait apparaître à l’orgue. Ce changement d’instrument modifie la texture générale. Un orgue peut soutenir plus longuement les accords derrière la voix, tandis que le piano apporte des attaques plus distinctes. La différence contribue à montrer que les trois performances de Ringo avec B.B. King ne sont pas une unique jam découpée en titres arbitraires.
Wright possède lui aussi une trajectoire musicale indépendante de celle de Ringo, et sa présence doit être reconnue à sa juste place. Le site de référence ne cherchera pas à faire de lui un simple accompagnateur du batteur britannique. Son rôle d’organiste appartient à la distribution originale, aux côtés des cuivres et de la guitare de King.
Bobby Keys au saxophone et Jim Price à la trompette
Les deux principaux cuivres de cette version sont le saxophone ténor de Bobby Keys et la trompette de Jim Price. Tous deux apparaissent également sur « Wet Hayshark », mais « Part-Time Love » emploie une autre organisation générale des claviers et de la batterie. Cette combinaison donne aux phrases instrumentales une place importante dans le dialogue avec B.B. King.
Keys est familier aux amateurs des Rolling Stones et des disques de Ringo ; Price a lui aussi travaillé avec de nombreux groupes britanniques et américains. Ils doivent pourtant être décrits comme les interprètes de leurs instruments sur cette chanson, non comme des personnages secondaires de la biographie des Beatles. Une véritable histoire des collaborations reconnaît l’ensemble des musiciens avec lesquels Ringo partage la séance.
La voix et la guitare de B.B. King restent au premier plan
La raison d’être de cet enregistrement demeure l’interprétation de B.B. King. Son approche de la guitare électrique associe un sens particulier du phrasé, des notes expressives et une attention au dialogue avec sa propre voix. La section instrumentale doit soutenir cet équilibre. Un accompagnement de batterie trop démonstratif pourrait en masquer la finesse ; une pulsation stable permet au chanteur de faire varier la tension sans perdre le cadre du morceau.
Il serait excessif d’affirmer, à partir des seuls crédits, que Ringo a inventé une figure rythmique particulière pour mettre en valeur tel passage vocal. Mais nous pouvons comprendre son rôle à l’échelle de la formation : il est le batteur officiellement identifié dans un ensemble où les choix de King et des producteurs déterminent l’identité de la chanson.
Les producteurs Ed Michel et Joe Zagarino
Le disque est produit par Ed Michel et Joe Zagarino. Les crédits incluent plusieurs ingénieurs et mentionnent une chaîne de fabrication qui dépasse les salles d’enregistrement londoniennes. Cette dimension est importante parce que la qualité sonore finale dépend aussi des micros, du mixage, des traitements et du mastering. Une sessionographie qui n’enregistrerait que les noms de King et de Ringo manquerait une part essentielle de la fabrication du morceau.
Les musiciens ne sont pas pour autant interchangeables avec les producteurs. Une décision de mixage peut accentuer la caisse claire ou modifier la place de l’orgue sans nécessiter de nouvelle prise. Il faut donc séparer les interventions techniques ultérieures et les personnes créditées sur le master instrumental.
Une durée d’environ trois minutes et quinze secondes
Les catalogues donnent généralement « Part-Time Love » autour de trois minutes et quinze secondes, avec des différences légères selon les supports. Cette durée doit être rattachée à une édition déterminée. Un transfert numérique et un pressage ancien peuvent ne pas compter exactement les mêmes silences. Les métadonnées de plateformes, parfois générées automatiquement, ne constituent pas toujours une source suffisante pour établir l’existence d’une version alternative.
Les fiches de pressage conserveront donc l’année, le pays, le label, le numéro de référence et le minutage affiché sur l’objet. Le même master peut paraître sur plusieurs supports, sans créer plusieurs performances de Ringo. L’archive doit éviter cette inflation artificielle tout en permettant aux collectionneurs de comparer les différentes publications.
Une chanson parmi les trois contributions de Ringo au disque
La séquence « Ghetto Woman », « Wet Hayshark », « Part-Time Love » représente un ensemble particulièrement riche. Sur les deux premières chansons, Ringo partage le crédit de batterie avec Jim Gordon ; sur la troisième, il apparaît seul sous cette rubrique. La comparaison permettra d’étudier les différents rôles de la batterie dans une chanson orchestrée, un instrumental avec cuivres et un morceau où l’orgue soutient le chant.
Cette triple participation justifie un travail documentaire plus important qu’une unique phrase sur la page « Blues et soul ». Une fiche par chanson rend possible la vérification des crédits et la comparaison des supports, tout en évitant la répétition de la biographie générale de B.B. King. Notre objectif est une consultation à plusieurs niveaux : artiste, disque, session, prise et édition physique.
Les exclusions indispensables : les autres batteurs de B.B. King in London
Le reste du disque accueille plusieurs musiciens à la batterie. Jim Keltner figure sur « Blue Shadows », « We Can’t Agree » et « Ain’t Nobody Home » ; Jerry Shirley joue sur « Alexis’ Boogie » ; Barry Ford apparaît sur « Power of the Blues ». Ces crédits montrent qu’il serait incorrect de présenter Ringo comme le batteur permanent de toutes les sessions de King à Londres.
La présence de nombreux noms connus sur la pochette favorise parfois les attributions globales. En recensant le personnel de chaque titre, l’encyclopédie évite les erreurs qui consistent à déplacer un musicien de la cinquième à la neuvième plage simplement parce qu’il figure dans la liste générale du projet. Les exclusions ne diminuent pas la contribution de Ringo ; elles permettent de lui donner sa place exacte.
La question des premières éditions américaines et britanniques
L’album paraît aux États-Unis sur ABC Records en octobre 1971 et au Royaume-Uni sur Probe en novembre de la même année, d’après les chronologies discographiques. Les références et la présentation varient selon les marchés. La pochette représentant une guitare devant un mur d’Abbey Road souligne volontairement le caractère londonien de l’entreprise, mais elle ne prouve rien du personnel exact de chaque morceau.
Ce sont les notes de pochette et les crédits individualisés qui permettront de construire une discographie fiable. Les éditions ultérieures de MCA et d’autres labels pourront être rapprochées de l’original, avec les éventuelles différences de programme. Le travail de vérification sera mené par version plutôt que par supposition fondée sur le seul titre du disque.
Pourquoi cette participation mérite une attention particulière
« Part-Time Love » montre un Ringo qui ne vient pas simplement assister à une grande réunion d’artistes. Il tient la batterie sur une chanson dont le personnel est identifié, au service d’un chanteur américain majeur. La présence de Klaus Voormann, de Gary Wright et des cuivres illustre une rencontre internationale plutôt qu’un projet construit autour de l’héritage Beatles. Pour le lecteur, le crédit est d’autant plus intéressant qu’il correspond à une configuration différente des deux autres chansons du même album.
Il est tentant de célébrer chaque collaboration comme une rencontre historique exceptionnelle. Mais la valeur d’une sessionographie dépend aussi des moments de travail ordinaires, des passages d’accompagnement et des choix de musiciens que l’on n’entend pas toujours comme des événements spectaculaires. Ringo fait ici ce que fait un professionnel invité : il joue un rôle précis dans une œuvre qui appartient à un autre artiste.
État des crédits et recherches à poursuivre
Les données attestées sont le titre « Part-Time Love », le crédit de Clay Hammond dans les éditions de référence, B.B. King comme artiste principal, Ringo Starr à la batterie, Voormann à la basse, Gary Wright à l’orgue, Bobby Keys au saxophone et Jim Price à la trompette. La période d’enregistrement est juin 1971 à Londres. Les jours individuels de prise, les éventuels essais rejetés et les différences techniques des éditions restent à documenter.
La présente fiche rejoint le grand chapitre blues et soul et les notices des deux autres morceaux de King auxquels participe Ringo. La sessionographie générale permettra de retrouver les trois performances sans les regrouper sous une seule attribution vague. Le résultat sera à la fois plus exact pour l’histoire du blues et plus utile pour ceux qui cherchent à comprendre la carrière extérieure du batteur des Beatles.
Photographie d’ambiance de la collection Yellow-Sub.net ; elle n’identifie pas cette séance de B.B. King.
Sources et références de session
Le crédit « seul batteur » désigne le personnel mentionné sur la plage, et non une hypothèse sur l’absence absolue de tout autre élément percussif.












