Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

← Blues et soul

Yellow-Sub.net · Apple Records · 1970 · Billy Preston

Ringo Starr avec Billy Preston : Encouraging Words, une batterie attestée mais des pistes à vérifier

Le témoignage direct de Billy Preston, les souvenirs de George Harrison et le livret Apple de 2010 permettent de documenter l’album sans distribuer à tort la batterie de Ringo sur les treize titres.

Une participation attestée, mais mal ventilée dans les catalogues

En 1970, Billy Preston publie Encouraging Words, son deuxième album pour Apple Records, produit avec George Harrison. Ce disque de treize chansons explore le gospel, la soul et le funk, avec de nombreux invités de la scène anglaise et américaine. Ringo Starr figure parmi les batteurs mentionnés, mais la répartition précise de son jeu entre les chansons ne peut pas être déduite du seul personnel général.

C’est cette distinction qu’une encyclopédie des collaborations doit d’abord poser. Certains catalogues reportent automatiquement le même groupe de musiciens sous tous les titres, alors que les séances ont été organisées sur plusieurs mois avec des accompagnateurs différents.

Il faut donc documenter la participation de Ringo sans transformer le crédit « drums » de l’album en treize prises de batterie confirmées.

Billy Preston confirme lui-même la présence de Ringo

Le livret officiel de la réédition Apple de 2010, signé Andy Davis, reproduit une déclaration de Preston remontant à 1971. Le musicien cite expressément Ringo Starr et Klaus Voormann parmi les participants invités par George Harrison, aux côtés des musiciens de Delaney & Bonnie.

Cette mémoire de première main renforce solidement le crédit de Ringo sur le projet. Elle est plus probante qu’une simple liste de noms copiée sur Internet.

Le témoignage ne dit toutefois pas quel morceau ou quel jour fut enregistré avec Ringo. Il ne suffit donc pas à lui attribuer les batteries de « I’ve Got a Feeling », « My Sweet Lord » ou de la chanson titre.

Deux studios londoniens et plusieurs sections rythmiques

Les notes Apple situent les enregistrements à Trident Studios et Olympic Studios, à Londres. Le projet rassemble des musiciens britanniques, américains et des accompagnateurs de passage.

Dans un entretien à la BBC de mars 1970, Harrison explique que les séances du second Billy Preston et de Doris Troy accueillaient des musiciens à mesure qu’ils étaient disponibles, notamment des membres de la section rythmique des Temptations et de celle de Sam & Dave.

Ringo n’était donc pas le batteur unique d’une formation permanente. Les catalogues citent aussi Jim Gordon et d’autres instrumentistes. Une feuille de prises ou le personnel d’un master particulier serait nécessaire pour départager ces batteries.

Des chansons de George Harrison à la soul américaine

Deux œuvres de Harrison possèdent une place essentielle dans le programme : « My Sweet Lord » et « All Things (Must) Pass », enregistrées par Preston dans des interprétations distinctes des versions que George publiera en solo.

« My Sweet Lord » fait intervenir les Edwin Hawkins Singers dans une relecture gospel dont le livret raconte la réalisation à Olympic en janvier 1970. Cette distribution de chœurs est documentée ; la batterie de Ringo sur ce master ne l’est pas au même degré.

La huitième plage, « Sing One for the Lord », est une coécriture de George Harrison et Billy Preston. Ringo n’en est pas auteur. L’écriture et l’instrumentation sont deux catégories différentes que la sessionographie ne doit pas confondre.

I’ve Got a Feeling, un autre exemple de crédit à contrôler

Le septième titre du LP reprend « I’ve Got a Feeling », composé par John Lennon et Paul McCartney. Preston avait joué avec les Beatles sur leurs propres enregistrements et propose ici une version funk de la chanson.

Rien ne permet de convertir sa familiarité avec le groupe en une réunion du quatuor pour l’album. L’enregistrement est placé sous le nom de Billy Preston, avec sa propre distribution de musiciens de studio.

Les relevés secondaires qui donnent Ringo à la batterie sur chacun des titres doivent donc être comparés aux crédits physiques, et non recopiés comme des attributions vérifiées.

Clapton et Delaney Bramlett : des rôles mieux identifiés

Les notes officielles situent Eric Clapton sur trois morceaux : « Right Now », « Use What You Got » et « Encouraging Words ». Le dernier comprend également une contribution de Delaney Bramlett.

Cette précision révèle le niveau de recherche encore nécessaire pour Ringo. Une batterie peut être confirmée sur un album alors qu’aucun document public examiné n’en identifie exactement les pistes.

Le fait que Clapton apparaisse sur la chanson titre ne constitue donc pas une preuve que Ringo y joue. L’enquête doit conserver les attributions certaines et les questions ouvertes séparément.

Un LP de 1970, puis les bonus de 1993 et 2010

Le programme de treize chansons paraît chez Apple sous la référence britannique SAPCOR 14, avec une édition américaine ST-3370. La réédition remastérisée de 2010 porte le numéro 5099990823923.

Elle ajoute trois titres, dont « All That I’ve Got (I’m Gonna Give It to You) », composé avec Doris Troy et publié en single dès janvier 1970, ainsi que « How Long Has the Train Been Gone », prise d’archive révélée beaucoup plus tard.

L’apparition d’un titre en bonus n’est pas la preuve que Ringo ait enregistré pour la réédition. Les dates commerciales des CD, singles et LP ne doivent pas être transposées en dates de batterie.

Fiche documentaire : une participation à préciser, pas à exagérer

Artiste principal : Billy Preston. Album : Encouraging Words, Apple, 1970, treize titres originaux, production Billy Preston et George Harrison. Studios : Trident et Olympic, Londres. Ringo Starr : batteur invité attesté au niveau du projet par une déclaration de Preston de 1971 et par les personnels d’album.

Autres accompagnateurs : Klaus Voormann, Jim Gordon, Eric Clapton, Delaney Bramlett et plusieurs formations américaines de passage. Attribution piste par piste de la batterie de Ringo : non établie dans les documents consultés ; aucune entrée supplémentaire de chanson ne doit être créée sur la seule foi d’un crédit global.

Le dossier documente ainsi une collaboration réelle, mais ouverte au contrôle des bandes et des pochettes. Les témoignages de Preston et de Harrison en fournissent la structure historique sans autoriser une certitude imaginaire.

Illustration d’ambiance du dossier, sans représentation de cette séance.

Ringo Starr : image d'ambiance pour le chapitre coauteur et Ring O' Records

Sources du livret et recherches complémentaires

  1. Livret officiel Apple 2010, Andy Davis : témoignages de Billy Preston et George Harrison
  2. AllMusic, album et crédits généraux
  3. Analyse discographique de la réédition Apple et des personnel crédités
  4. The Paul McCartney Project, renseignements éditoriaux
  5. Repères discographiques et crédit général de Ringo et Jim Gordon