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Yellow-Sub.net · B.B. King in London · 1971

« Wet Hayshark » : Ringo Starr et Jim Gordon à la batterie

Un instrumental de Gary Wright enregistré avec B.B. King, Klaus Voormann, Bobby Keys et Jim Price : crédits, prises et éditions de 1971.

« Wet Hayshark » : le seul instrumental de cette rencontre

Sur le disque B.B. King in London, enregistré en juin 1971, « Wet Hayshark » tient une place singulière. Le morceau n’est pas construit autour d’une nouvelle interprétation vocale de B.B. King : c’est une pièce instrumentale composée par Gary Wright, dont le titre est orthographié ainsi dans les listes de l’album. Les crédits détaillés identifient Ringo Starr et Jim Gordon à la batterie, Klaus Voormann à la basse, Gary Wright au piano, B.B. King à la guitare, Bobby Keys au saxophone ténor et Jim Price à la trompette. Le morceau constitue donc un exemple de collaboration collective dont la valeur ne dépend pas de la présence d’un chant célèbre.

Le titre « Wet Hayshark » et la question de « Wet Haystack »

Plusieurs notices associent le morceau à l’expression « Wet Haystack », tandis que les tracklists de l’album original et de ses rééditions emploient « Wet Hayshark ». Cette différence doit être signalée plutôt que résolue par une correction silencieuse. Dans la discographie, « Wet Hayshark » sera la graphie de référence pour les éditions où elle figure, tandis que « Wet Haystack » restera une variante à contrôler par l’examen des étiquettes et des registres d’édition. Un moteur de recherche ou une base automatique peut facilement assimiler les deux libellés et créer des doublons. Le dossier doit donc renvoyer à une œuvre identifiée, non multiplier artificiellement les collaborations.

Gary Wright : un auteur et pianiste dans l’entourage de B.B. King

Gary Wright occupe une place importante sur B.B. King in London, où il est crédité au piano et à l’orgue sur plusieurs plages. Il est ici l’auteur de l’instrumental. Son travail auprès de Spooky Tooth et sa trajectoire solo ultérieure ne doivent pas faire oublier cette fonction de compositeur dans un projet de blues. La présence de Ringo n’en fait pas une chanson écrite par l’ancien Beatle : il intervient comme musicien de studio. Cette distinction entre écriture et interprétation est capitale pour comprendre pourquoi une même pièce peut relier des carrières très différentes sans que tous les participants aient partagé le crédit d’auteur.

Deux batteries, mais aucune répartition de prise démontrée

Le livret et les inventaires piste par piste citent Jim Gordon et Ringo Starr sous la même mention de batterie. Ils ne précisent pas si les deux musiciens jouent simultanément du début à la fin, s’ils enregistrent des passages distincts ou si certaines parties ont été ajoutées ultérieurement. Le disque a été réalisé dans une période où les studios disposent de systèmes multipistes permettant plusieurs configurations. Il serait donc excessif d’attribuer à Ringo un break simplement parce qu’il rappelle le style des Beatles. La certitude est leur présence commune dans les crédits de cet instrumental ; l’attribution des gestes nécessiterait des bandes isolées ou une documentation de session.

Klaus Voormann et la base harmonique du morceau

Klaus Voormann, proche des Beatles depuis Hambourg, tient la basse sur « Wet Hayshark ». Son nom revient sur de nombreuses sessions de Lennon, Harrison, Nilsson et Ringo, mais la permanence de cette relation ne doit pas faire perdre au titre son statut de morceau de B.B. King. La basse participe à l’assise rythmique sur laquelle les deux batteurs travaillent. Cette récurrence des collaborations avec Voormann est précisément ce que doit rendre visible l’encyclopédie : un réseau professionnel étendu qui intervient au service de projets dont les artistes principaux changent.

Bobby Keys et Jim Price : le rôle des cuivres

Les crédits individuels mentionnent Bobby Keys au saxophone ténor et Jim Price à la trompette. Leur présence différencie nettement « Wet Hayshark » d’une simple improvisation pour guitare, basse et batterie. Les phrases de cuivres donnent un relief mélodique et rythmique dont il faut tenir compte dans l’analyse. Keys et Price possèdent leur propre histoire de studio auprès de groupes importants ; ils ne sont pas de simples invités décoratifs. La fiche doit conserver leurs instruments respectifs et ne pas attribuer au saxophone des attaques de trompette, ni aux percussions toutes les ponctuations entendues dans le mixage.

La guitare de B.B. King au centre du projet

La pièce est instrumentale, mais elle demeure enregistrée sous le nom de B.B. King. Son jeu de guitare assure la continuité entre un répertoire dominé par la voix et une composition où les interventions instrumentales peuvent se répondre plus librement. L’art du bluesman consiste à donner une personnalité aux notes et aux respirations. Les musiciens britanniques n’ont pas à transformer son style pour donner une justification à leur présence : ils l’accompagnent dans son propre catalogue. Ringo tient ainsi un rôle d’interprète, au sein d’une formation qui explore une autre facette de la musique de King.

Les sessions londoniennes de juin 1971

L’album est enregistré entre le 9 et le 16 juin aux studios Olympic et Command de Londres. Les notes de production signalent des ajouts et des traitements ultérieurs dans plusieurs studios américains, notamment à Los Angeles et à New York. Nous connaissons donc le cadre des séances sans disposer ici du jour précis de « Wet Hayshark ». Cette limite doit être exprimée clairement. Un auteur peut signer une chanson à une date, une formation peut fixer sa prise pendant une semaine, puis des producteurs peuvent intervenir sur la bande plusieurs mois avant sa sortie commerciale. Ces événements ne sont pas interchangeables.

L’origine discographique de l’instrumental

La chanson figure comme sixième titre du programme usuel de B.B. King in London, entre « Ghetto Woman » et « Part-Time Love ». Les catalogues donnent une durée proche de deux minutes et vingt-huit secondes, avec de petites variations selon les supports. Il ne faut pas interpréter automatiquement ces écarts comme des exécutions différentes ; le minutage peut dépendre du transfert, des silences ou de la vitesse de lecture du support. La fiche de session identifiera la bande principale, tandis qu’une notice de pressage indiquera le pays, le label, la référence du disque et la durée annoncée.

Un autre rapport à la batterie que sur « Ghetto Woman »

Les deux morceaux ont en commun Ringo, Jim Gordon et Klaus Voormann, mais leur fonction musicale diffère. « Ghetto Woman » soutient une interprétation vocale de B.B. King et comporte un arrangement de cordes de Jimmie Haskell. « Wet Hayshark » laisse davantage de place à la circulation des motifs instrumentaux et aux échanges avec les cuivres. Il serait artificiel de décrire les deux prises avec des phrases identiques simplement parce que les noms des batteurs sont les mêmes. Chaque composition possède sa structure et ses contraintes, qu’une écoute comparative devra étudier à partir des éditions de référence.

La production de Ed Michel et Joe Zagarino

Ed Michel et Joe Zagarino figurent dans les crédits de production de l’album. Leur travail ne se réduit pas à enregistrer une réunion fortuite de célébrités : ils doivent coordonner les studios, les musiciens, l’enregistrement des différents titres et la préparation de la publication. Le personnel technique comporte plusieurs ingénieurs, dont les noms apparaissent au livret. Ces contributions expliquent pourquoi une sessionographie ne doit pas être limitée à l’artiste principal et au batteur connu. La fabrication d’un disque constitue un travail collectif jusqu’à l’étape du mastering.

Un morceau absent des récits centrés sur les Beatles

« Wet Hayshark » a peu de raisons d’apparaître dans une biographie classique de Ringo Starr : il ne la chante pas, ne la signe pas et elle n’a pas le statut d’un single des Beatles. Pourtant, sa batterie est créditée sur la version publiée, au sein d’une formation où la guitare de B.B. King reste le point de référence. C’est justement ce type de contribution discrète qui justifie un inventaire encyclopédique. La carrière d’un musicien se construit aussi à travers des séances dont il n’est pas le personnage principal.

Ce qu’il reste à vérifier

Les crédits instrumentaux, l’auteur, le titre utilisé sur les éditions courantes et la période générale d’enregistrement sont attestés. Restent à rechercher le jour exact de la prise, les éventuelles variantes de mixage, les références des premières éditions selon les territoires et une source détaillant la répartition entre Ringo et Jim Gordon. Toute information nouvelle sera ajoutée avec son support documentaire. La présente fiche conserve ainsi un niveau de preuve identifiable, sans mélanger les caractéristiques certaines du master et des hypothèses d’écoute.

Comment cette prise rejoint le reste du dossier

L’étude générale du blues et de la soul donne le contexte de la rencontre ; la sessionographie indique la place de « Wet Hayshark » entre les deux autres performances de Ringo pour B.B. King. Le lecteur pourra ainsi parcourir les trois titres dans l’ordre du disque original, puis retrouver les autres travaux communs de Ringo et Klaus Voormann. Cette navigation par artiste, période et chanson évite la répétition de longues notices globales, tout en permettant d’examiner précisément les compositions enregistrées.

Photographie d’ambiance Yellow-Sub.net ; elle ne documente pas la séance de B.B. King.

Le statut du morceau dans les rééditions et les anthologies

Un morceau instrumental peut être particulièrement vulnérable aux changements de titres et aux erreurs de catalogage. À la différence d’une chanson immédiatement identifiable par son refrain, « Wet Hayshark » est parfois présenté seulement comme un instrumental de Gary Wright. Sur le LP d’origine, il possède pourtant une position déterminée, au milieu des trois contributions de Ringo. Les rééditions et les compilations de B.B. King peuvent le reprendre avec un minutage légèrement différent ou l’omettre en privilégiant les chansons chantées. Il faudra distinguer ces choix éditoriaux de la chronologie du travail effectué en juin 1971.

Cette précaution a des conséquences très pratiques pour la discographie de Ringo : un pressage qui ne comprend pas l’instrumental ne peut être recensé comme support contenant sa prestation. À l’inverse, un même master repris sur plusieurs compilations correspond toujours à une performance et à plusieurs publications. Les notices de vinyle, de CD et de téléchargement auront donc chacune leur référence, mais seront reliées à une fiche de session commune.

Le projet londonien et les enregistrements de télévision

Les témoignages sur B.B. King in London évoquent aussi des images tournées aux Command Studios pour un programme documentaire de la BBC diffusé après les séances. La présence de caméras dans le cadre d’un projet musical ne prouve pas que chaque titre du LP ait été filmé, et encore moins que tous les participants soient visibles sur chaque séquence. Si des images de « Wet Hayshark » ou des répétitions sont identifiées, elles devront recevoir une notice audiovisuelle distincte.

Cette séparation est importante dans l’histoire des collaborations de Ringo. Une photographie de l’équipe ou un reportage consacré à B.B. King apporte un contexte historique, mais les crédits instrumentaux de « Wet Hayshark » viennent du disque. Une scène filmée peut montrer un autre moment, une répétition ou un simple plan de coupe. Le futur dossier d’archives ne décrira pas une performance enregistrée sur la base d’une image dont la provenance précise n’est pas attestée.

La différence entre morceau composé et improvisation collective

Le fait que « Wet Hayshark » soit instrumental ne signifie pas qu’il soit dépourvu de compositeur. Gary Wright figure dans les crédits d’écriture, tandis que les autres musiciens sont reconnus pour leur interprétation. Cette distinction évite une erreur fréquente : supposer que tout instrumental joué par plusieurs invités est une improvisation cosignée par la formation complète. Un morceau peut laisser de l’espace à l’expression individuelle tout en appartenant à l’œuvre d’un auteur déterminé.

Pour attribuer une contribution à Ringo au-delà du crédit de batterie, il faudrait disposer d’un témoignage sur le travail d’arrangement ou de documents montrant la création d’une partie rythmique. Les notes d’origine ne lui donnent pas de crédit de composition. La sessionographie ne l’ajoutera donc pas aux auteurs, même si sa présence et celle de Jim Gordon ont pu contribuer fortement au caractère sonore de l’enregistrement.

Pour les collectionneurs : une piste au milieu d’un album à formations variables

Le programme original permet de comparer les trois titres successifs associés à Ringo. « Ghetto Woman » emploie deux batteries et une orchestration de cordes ; « Wet Hayshark » associe les deux batteurs à un instrumental avec saxophone et trompette ; « Part-Time Love » ne mentionne qu’un batteur, Ringo. Cette juxtaposition démontre que le disque n’a pas été réalisé par une formation permanente enregistrant sans interruption. Les musiciens et les arrangeurs ont changé selon les besoins de B.B. King et des producteurs.

Une fiche qui regrouperait les trois titres dans une seule liste globale ferait perdre ces différences. Le lecteur spécialisé doit pouvoir ouvrir la piste, retrouver son auteur, son instrumentarium, les éditions qui la contiennent et les questions qui restent ouvertes. Le présent article est donc volontairement relié aux deux autres fiches, mais ne leur emprunte ni les arrangements de cordes de « Ghetto Woman » ni le crédit de batterie unique de « Part-Time Love ».

Sources et édition de référence

Les musiciens sont identifiés par piste ; les crédits de l’album entier ne sont pas appliqués sans distinction à chaque œuvre.

  1. Sessiondays : B.B. King in London, personnel par piste.
  2. Catalogue de l’album, titres et musiciens.
  3. Discographie et notes des sessions londoniennes de juin 1971.