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Yellow-Sub.net · Percussions, réseaux de musiciens et concerts · 1982–2002

Ray Cooper et Ringo Starr : de la jam d’Old Wave au Concert for George

Deux rendez-vous documentés, vingt ans d’écart : le percussionniste britannique aux côtés de Ringo, son possible rôle dans l’arrivée de Mo Foster et l’hommage à George Harrison au Royal Albert Hall.

Un lien discret mais documentable entre deux moments de l’histoire de Ringo

Le nom de Ray Cooper apparaît moins souvent que celui de George Harrison, John Lennon ou Joe Walsh dans les récits consacrés aux collaborations de Ringo Starr. Il n’en relie pas moins deux épisodes importants et clairement identifiés de sa carrière après les Beatles : une improvisation de studio enregistrée le 14 mars 1982 aux Startling Studios et le Concert for George du 29 novembre 2002, hommage rendu à George Harrison au Royal Albert Hall de Londres. Dans les deux cas, Cooper occupe son domaine propre, celui des percussions, tandis que Starr intervient comme batteur, chanteur ou participant à un ensemble plus large.

Cette notice ne présente donc pas Cooper comme un membre permanent du groupe de Ringo, ni comme un instrumentiste de tous les albums enregistrés à la même époque. Elle part des documents qui nomment ensemble les deux hommes, et conserve un troisième témoignage, plus indirect : selon le bassiste Mo Foster, Cooper aurait joué un rôle dans son recrutement pour Old Wave. L’ensemble éclaire les pratiques des séances musicales et les réseaux d’amitié qui relient plusieurs générations d’artistes britanniques.

Ray Cooper, spécialiste des percussions dans la musique populaire britannique

Formé à plusieurs familles instrumentales et à la pratique scénique, Ray Cooper s’est construit une réputation dans les studios puis les spectacles d’Elton John, dont il fréquente les formations depuis le début des années 1970. Il ne convient pas de confondre sa fonction avec celle d’un batteur de rock tenant la pulsation de base sur une batterie complète. Cooper apporte selon les projets une palette de percussions qui élargissent la couleur rythmique : percussions à main, instruments à effet, accents frappés et interventions de scène. L’instrument exact doit toutefois être nommé seulement lorsque les crédits d’un titre permettent de le faire.

Cette polyvalence éclaire son insertion naturelle dans une jam de Ringo Starr, où la batterie principale est déjà tenue par l’ancien Beatle. Dans un tel dispositif, l’apport du percussionniste ne consiste pas nécessairement à doubler chaque frappe de grosse caisse ou de caisse claire, mais à introduire des figures complémentaires, des textures et des accents. Une interprétation musicologique raisonnable est possible ; il serait en revanche impossible d’attribuer à l’oreille, sans documentation isolée, chaque intervention de Cooper à tel instrument précis.

14 mars 1982 : une réunion à Startling Studios, Tittenhurst Park

Le premier rendez-vous solidement identifié a lieu le dimanche 14 mars 1982. Ringo Starr travaille alors à son neuvième album studio, Old Wave, sous la direction de Joe Walsh et avec l’ingénieur Jim Nipar. Une séance prend la forme d’une improvisation réunissant Ringo à la batterie, Walsh et Eric Clapton aux guitares, John Entwistle à la basse, Chris Stainton au piano et Ray Cooper aux percussions. Cette formation est exceptionnelle : elle juxtapose l’ancien batteur des Beatles, le bassiste des Who et plusieurs partenaires habitués aux disques et aux concerts du rock britannique.

La réunion se déroule aux Startling Studios installés dans la propriété de Tittenhurst Park, ancienne résidence de John Lennon désormais occupée par Ringo. La composition du groupe, la date et les fonctions principales sont attestées par les relevés de séances et par le personnel associé à l’enregistrement. Cooper ne doit pas être confondu avec un deuxième batteur à la batterie : les crédits attribuent cette dernière à Starr et réservent explicitement à Cooper la fonction de percussionniste.

La jam devient le titre « Everybody’s in a Hurry but Me », placé en neuvième position sur Old Wave. Elle ne naît pas comme une chanson pop arrangée avant la séance, mais comme une performance collective ensuite retravaillée. Plusieurs prises de répétition et retouches sont évoquées dans les récits historiques. Pour connaître le personnel exact, les auteurs et le devenir de la prise, consulter la fiche consacrée à « Everybody’s in a Hurry but Me ». Cette page-ci s’attache au parcours du percussionniste, et ne répète pas l’analyse complète de l’œuvre.

Une prise de 1982, un master achevé plus tard

Le fait de dater la jam du 14 mars ne permet pas de dater tous les éléments de la version commerciale du même jour. Joe Walsh ajoute ensuite des parties de guitare. Les archives des séances signalent l’achèvement du travail sur le morceau le 6 août 1982 à Santa Barbara Sound Recording, en Californie, notamment avec l’enregistrement de la voix principale de Ringo. Les deux studios et les différents états de la bande appartiennent à une chaîne de production, pas à une journée d’enregistrement unique.

Cette distinction a une conséquence directe pour Ray Cooper. Son crédit de percussions renvoie à la séance initiale de mars et à la présence de son jeu dans l’enregistrement associé. Il ne démontre ni un déplacement du percussionniste à Santa Barbara au mois d’août, ni une seconde journée commune avec Ringo aux États-Unis. La présence d’un instrument sur un master terminé des mois plus tard ne prouve pas celle du musicien lors du mixage.

La chanson est publiée en 1983, année de sortie du disque, mais son travail instrumental central appartient à 1982. Pour un catalogue des collaborations, il faut donc retenir une chronologie qui sépare date de la prise, date des overdubs, date du mixage et date de première publication. La situation de Ray Cooper illustre parfaitement les précautions nécessaires à la sessionographie des années 1980.

Ray Cooper et Mo Foster : un rôle d’intermédiaire rapporté, non une preuve contractuelle

Un autre élément mérite d’être conservé, avec un niveau de certitude différent. Interrogé en janvier 2004 sur son travail avec Ringo, le bassiste Mo Foster indique qu’il pense avoir été recommandé par Ray Cooper. Foster situe ces séances en 1982, à Startling, et rappelle la présence de Walsh ainsi que de Gary Brooker et Chris Stainton. Sa formulation est importante : il évoque son souvenir d’une recommandation, sans reproduire de contrat, de lettre d’engagement ou de document daté établissant matériellement le recrutement.

Cette information donne à Cooper une fonction possible de passeur entre deux réseaux de musiciens. Elle ne permet toutefois pas de transformer le témoignage de Foster en preuve que Cooper ait assisté à toutes les séances où le bassiste a joué. Les deux rôles doivent rester séparés : Cooper est crédité aux percussions sur « Everybody’s in a Hurry but Me » ; Foster joue de la basse sur plusieurs autres titres du LP et compte parmi les auteurs de « In My Car ». Il ne faut pas ajouter Cooper au personnel des cinq chansons de Foster sur cette seule base.

Pour prolonger ce versant humain et discographique du dossier, consulter l’étude consacrée à Mo Foster, à la basse fretless et à « In My Car » ainsi que la notice sur le claviériste Chris Stainton. Ces renvois ne sont pas de simples liens : ils rendent lisible la différence entre une relation de recommandation, une présence à une séance précise et une participation au master publié.

29 novembre 2002 : le Royal Albert Hall rend hommage à George Harrison

Vingt ans après la jam de Tittenhurst Park, Ringo Starr et Ray Cooper se retrouvent dans le cadre du Concert for George, organisé le 29 novembre 2002 au Royal Albert Hall de Londres, pour marquer le premier anniversaire de la mort de George Harrison. La distribution réunit notamment Eric Clapton, Paul McCartney, Jeff Lynne, Dhani Harrison, Billy Preston, Gary Brooker, Jim Keltner, Klaus Voormann, Chris Stainton et de nombreux autres proches ou collaborateurs de Harrison. Le retour de plusieurs noms présents à Startling en 1982 est frappant, mais il ne faut pas en déduire une formation permanente.

Les documents officiels du concert identifient Ray Cooper aux percussions et Ringo Starr au chant et à la batterie. Le catalogue du Royal Albert Hall enregistre les deux noms parmi les artistes de la représentation du 29 novembre. Le personnel publié pour le programme audiovisuel confirme cette fonction instrumentale de Cooper. Cette concordance entre archives de salle et crédits de production est particulièrement utile : elle permet de dater la collaboration avec précision sans reconstruire sa présence à partir de photographies de scène.

Le concert alterne musique indienne, séquences humoristiques et répertoire rock de George Harrison. Ringo y interprète « Photograph » et « Honey Don’t » et participe à la grande formation réunie pour les chansons collectives. Ray Cooper contribue à l’ensemble de percussion de l’événement. Cependant, on ne doit pas appliquer un crédit général de concert à chaque plage d’une édition vidéo ou audio sans vérifier le personnel propre au master retenu. Les versions filmées, les montages, les albums et les rééditions ne sont pas toujours interchangeables.

Sur « Photograph » : même scène, fonctions différentes

Le cas de « Photograph » est particulièrement significatif. La chanson, cosignée par Ringo Starr et George Harrison, apparaît naturellement dans le programme d’hommage. Les crédits de la captation en public datée du 29 novembre 2002 citent Ringo comme chanteur principal, tandis que Ray Cooper appartient au personnel des percussions. La prestation associe ainsi deux figures présentes vingt ans plus tôt dans les studios de Old Wave, mais dans une configuration tout autre : la voix de Ringo est au premier plan et un grand ensemble accompagne la chanson.

Il serait abusif de raconter cette exécution comme une reprise de la petite formation de 1982 : la chanson n’est pas celle de la jam et l’effectif réuni autour de Clapton, Jeff Lynne et des musiciens de Harrison est considérablement élargi. La comparaison pertinente porte sur l’évolution des fonctions : batterie et percussion dans une séance de studio d’un côté, chant, accompagnement collectif et hommage public de l’autre. Le cadre émotionnel est lui aussi différent, puisqu’il s’agit de célébrer la mémoire d’un proche.

Les métiers du spectacle : interprète, percussionniste et coproducteur

La documentation biographique consacrée à Ray Cooper indique également qu’il intervient comme coproducteur du Concert for George. Cette responsabilité ne doit pas être confondue avec son activité de percussionniste sur scène. Le coproducteur participe à la mise en place d’un événement, tandis que le musicien en assure l’exécution ; une même personne peut remplir les deux fonctions sans que l’une absorbe l’autre. Cooper est justement intéressant pour l’histoire des collaborations de Ringo parce qu’il circule entre studio, plateau de spectacle et production.

Le concert est par la suite publié sous plusieurs formes audiovisuelles et discographiques. Les crédits doivent suivre chaque objet édité : première captation, montage commercial, édition vidéo, album en concert ou nouvelle exploitation. Une fonction de coproducteur de l’événement ne vaut pas automatiquement crédit de producteur sonore pour toutes les éditions dérivées. De même, l’apparition de Cooper dans le personnel d’ensemble ne remplace pas la vérification des plages où Ringo participe réellement. La page « Concert for George » : les interventions de Ringo Starr fournit les détails musicaux du spectacle ; le chapitre sur les concerts exceptionnels replace l’hommage dans la carrière plus large du batteur.

Comparer 1982 et 2002 sans fabriquer une collaboration continue

Les documents autorisent une conclusion simple et solide. Le 14 mars 1982, Ray Cooper et Ringo Starr sont associés à une prise de studio dont le master paraît sur Old Wave. Le 29 novembre 2002, les deux hommes figurent au personnel d’un hommage à George Harrison, où Cooper assure des percussions et Starr chante et joue. Entre ces dates, d’autres activités importantes de chacun se déroulent, notamment les tournées de Ringo et les collaborations nombreuses de Cooper, mais elles ne doivent pas être transformées en une série d’enregistrements communs sans preuves particulières.

Trois sortes d’informations constituent la valeur de cette notice. La participation instrumentale est attestée par les crédits des enregistrements et du concert. L’intervention relationnelle de Cooper dans le recrutement de Mo Foster est rapportée par Foster lui-même, avec une formulation prudente. Enfin, les responsabilités de production autour du Concert for George sont documentées indépendamment de la simple présence du percussionniste sur scène. Les trois notions ne doivent ni être additionnées comme autant de chansons enregistrées ni être éliminées au motif qu’elles ne sont pas du même ordre.

Un chapitre de méthode dans l’histoire des collaborations de Ringo

L’enquête rappelle que la carrière d’un ancien Beatle n’est pas composée uniquement de rencontres entre grandes vedettes. Autour de Ringo, les percussionnistes, bassistes, ingénieurs, choristes et organisateurs contribuent à faire exister les disques et les spectacles. Le nom de Ray Cooper sert de fil conducteur entre deux lieux emblématiques, Tittenhurst Park et le Royal Albert Hall, mais aussi entre deux pratiques : la spontanéité du studio et la précision d’une production scénique d’hommage.

Pour poursuivre cette exploration, le lecteur peut revenir à l’atlas de l’album Old Wave, à la sessionographie chronologique ou à la méthode de vérification des crédits et des versions. La conclusion demeure volontairement circonscrite : deux rencontres documentées, des fonctions clairement distinguées et une recommandation rapportée. C’est ce périmètre précis qui donne sa valeur encyclopédique au dossier, plutôt qu’une accumulation d’hypothèses.