Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Yellow-Sub.net · 1977–1978 · Vini Poncia · Dr. John · Musiciens pseudonymes

Bad Boy (1978) : les dix chansons, les collaborateurs masqués et les archives de Ringo Starr

Des pseudonymes « Push-a-lone », « Diesel » et « Morris Lane » à Allen Toussaint, James Newton Howard et l’album Scouse The Mouse : les séances, auteurs, musiciens, singles et éditions documentés.

1978 : Bad Boy, le disque des crédits masqués

Avec Bad Boy, publié en avril 1978 au Royaume-Uni puis en juin aux États-Unis, Ringo Starr abandonne une partie du dispositif musical très dansant de Ringo The 4th. Il enregistre un album au son plus direct sous la production de Vini Poncia, qui succède à Arif Mardin. Les dix chansons proposent un mélange de compositions Starkey–Poncia et de reprises de Lil Hardin Armstrong, Holland–Dozier–Holland, Gallagher et Lyle, Michael Franks, Peter Skellern ou Ian McLagan. Pour une encyclopédie des collaborations, l’album possède une particularité fascinante : plusieurs musiciens sont crédités sous des pseudonymes, empêchant une lecture immédiate de la pochette.

Sur l’édition britannique, la formation porte le nom Ringo’s Roadside Attraction. Les instruments sont attribués à « Push-a-lone » pour la guitare solo, « Git-tar » pour la guitare rythmique, « Diesel » pour la basse et « Morris Lane » pour les claviers ; le synthétiseur revient à « Hamisch Bisonette », autre nom imprimé selon une graphie variable. L’orchestre et les chœurs sont présentés comme Vini Poncia’s Peaking Duck Orchestra and Chorus. Ces libellés appartiennent à l’histoire matérielle du disque ; les remplacer sans précaution par des noms supposés serait une erreur de méthode.

La première grande différence : Vini Poncia produit l’album

Sur Ringo’s Rotogravure et Ringo The 4th, Arif Mardin supervise la production. Pour Bad Boy, c’est Vini Poncia qui prend les commandes, avec Bob Schaper comme ingénieur principal et Ringo crédité comme producteur associé sur les éditions recensées. Les arrangements de cordes et de cuivres relèvent de plusieurs professionnels, dont James Newton Howard, Doug Riley et le nom imprimé « Tom of the North ». On ne doit pas les confondre avec les auteurs des chansons.

Ce changement confirme l’élargissement du rôle de Poncia : il n’est plus seulement un partenaire de composition et parfois choriste, il devient le responsable artistique de la réalisation. Les crédits de production appartiennent au master de l’album, tandis que l’écriture de deux titres seulement est signée avec Ringo. Aucun des grands noms du cercle Beatles ne doit être placé comme coproducteur sans document : ni Lennon, ni McCartney, ni Harrison ne figurent dans les fonctions de production retenues.

Canada, Bahamas, Californie : une carte des studios imparfaitement stabilisée

Les enregistrements sont généralement rattachés à une courte période de sessions en novembre 1977, notamment à Can-Base, Vancouver, et à Elite Recording Studios aux Bahamas, puis à des opérations complémentaires au début de 1978. Les chronologies ne s’accordent pas parfaitement sur le mois des prises initiales ni sur l’étendue du travail réalisé à chacun des studios. The Beatles Bible résume l’ensemble par novembre 1977, janvier, février et mars 1978, avec l’essentiel du disque achevé dans une dizaine de jours. Les éditions britanniques mentionnent également les lieux canadiens et bahaméens, mais ne détaillent pas les dix titres un à un.

Les sources secondaires évoquent aussi Redwing Studios, à Tarzana, Californie, à partir du témoignage de participants. Il ne convient pas de remplacer une difficulté documentaire par une date universelle inventée. Une sessionographie scientifique enregistrera les lieux attestés, les périodes et les interventions par piste, puis conservera comme points ouverts les opérations précises dont les feuilles de studio ne sont pas disponibles.

Le personnel : entre pseudonymes de pochette et musiciens cités ailleurs

Les notices de chansons diffusées par The Beatles Bible attribuent les guitares à Lon Van Eaton et Jimmy Webb, la basse à Dee Murray, les claviers à Dr. John et à « Morris Lane », les synthétiseurs à Hamish Bissonnette, avec Melissa Manchester et Vini Poncia parmi les voix de renfort. Ces informations restent cependant de nature différente des pseudonymes gravés sur la pochette : elles proviennent de reconstitutions discographiques et de sources secondaires. Il est nécessaire de conserver côte à côte l’intitulé de l’édition et les identifications proposées, sans déclarer que chaque pseudonyme correspond à un seul nom connu faute de preuve.

Le saxophoniste Tom Saviano, la chanteuse Brie Howard et Jean Marie Arnold sont signalés dans d’autres reconstructions du personnel à partir de témoignages. L’identité de chaque instrumentiste et la ventilation complète des chansons doivent encore être confrontées aux témoignages enregistrés, aux feuilles d’orchestre et aux données contractuelles. Il est possible qu’une équipe de studio recouvre plusieurs musiciens non mentionnés sur les crédits humoristiques du disque.

Morris Lane : une piste d’archives apparue en 2026

Un élément exceptionnel pour l’archéologie musicale se trouve dans un commentaire public déposé le 31 mai 2026 sous la fiche « Old Time Relovin’ » de The Beatles Bible. Son auteur, se présentant comme le pianiste Stanley Schwartz, affirme avoir joué toutes les parties de piano de Bad Boy et explique avoir choisi « Morris Lane » comme pseudonyme, d’après le nom d’une rue où il avait vécu. Il raconte que Vini Poncia lui a demandé de participer aux sessions de Vancouver alors qu’il travaillait avec Melissa Manchester.

Ce témoignage est intéressant et mérite d’être conservé avec sa date, son libellé et son origine. Il n’a toutefois pas le statut d’un document de contrat vérifié ou d’une interview indépendante dont l’identité du déclarant aurait été authentifiée. L’encyclopédie le classe donc comme une revendication personnelle publique à confirmer, et non comme une preuve suffisante pour effacer le nom imprimé Morris Lane des fiches de pressage. Les archives de Poncia, de Schaper ou de Can-Base permettraient un contrôle de première main.

A1 — Who Needs A Heart : Ringo et Vini Poncia, un crédit réellement conjoint

La chanson d’ouverture est une des deux compositions originales signées Richard Starkey et Vini Poncia sur l’album. La notice individuelle identifie Ringo à la voix, à la batterie et au tambourin ; Lon Van Eaton et Jimmy Webb aux guitares ; Dee Murray à la basse ; Dr. John aux claviers et Vini Poncia aux chœurs. Les cuivres sont présents sans que le détail de tous les instrumentistes soit identifié dans les listes courtes.

La chanson acquiert aussi une existence de face B commerciale : elle accompagne « Heart On My Sleeve », second single américain de 1978. Cela n’en fait pas une chanson écrite par Gallagher et Lyle, auteurs de la face A. Chaque face conserve son œuvre, sa distribution et sa date de prise.

A2 — Bad Boy : une autre chanson que celle des Beatles

Le titre éponyme ne doit pas être confondu avec « Bad Boy » de Larry Williams, enregistrée par les Beatles en 1965. La chanson du disque de Ringo est attribuée à Lil Hardin Armstrong et Avon Long, avec un crédit de révision impliquant Clarence Palmer dans certaines bases. Il s’agit d’une œuvre distincte, issue d’un autre répertoire. L’homonymie impose de travailler avec les auteurs et la source de publication, pas avec le seul titre.

Cette distinction est précieuse sur Yellow-Sub.net, où plusieurs catalogues couvrent à la fois les Beatles et les carrières solo. Si les moteurs de recherche internes fusionnent les deux « Bad Boy », les crédits de Lennon, Harrison et McCartney pourraient être ajoutés par erreur au disque de Ringo. Le dossier sépare sans ambiguïté la chanson du LP de 1978 de l’enregistrement EMI de 1965.

A3 — Lipstick Traces (On A Cigarette) : Allen Toussaint sous un autre nom

La troisième plage est signée Naomi Neville, pseudonyme d’Allen Toussaint. Ce n’est pas une composition originale de Ringo, et le nom de Neville ne désigne pas un second auteur indépendant à ajouter mécaniquement. Benny Spellman en avait enregistré une version dès février 1962 à La Nouvelle-Orléans. Ringo revisite donc une chanson profondément ancrée dans le patrimoine rhythm and blues américain.

La distribution citée pour le master comprend Ringo à la voix et à la batterie, Lon Van Eaton et Jimmy Webb à la guitare, Dr. John aux claviers, Dee Murray à la basse, Morris Lane au synthétiseur, Melissa Manchester et Vini Poncia aux chœurs ainsi qu’une section de cuivres non détaillée. Le disque paraît en single américain chez Portrait en avril 1978, avec « Old Time Relovin’ » au verso. C’est un troisième lien dans la discographie de Ringo avec l’œuvre d’Allen Toussaint après « Occapella » et « Sneaking Sally Through The Alley ».

A4 — Heart On My Sleeve : Gallagher et Lyle au catalogue

La chanson est écrite par le duo écossais Benny Gallagher et Graham Lyle. Elle paraît initialement sur leur album Breakaway de 1976, avant d’être reprise par Ringo. Les sources identifient Lon Van Eaton et Jimmy Webb aux guitares, Dr. John et Morris Lane aux claviers ou synthétiseurs, Dee Murray à la basse, Melissa Manchester aux voix, Ringo au chant et à la batterie. Il ne faut pas transformer la présence des compositeurs dans le crédit d’auteur en une participation au studio de 1978.

Le titre devient second single américain de Bad Boy, associé à « Who Needs A Heart ». Il figure aussi dans l’émission télévisée Ringo d’avril 1978. Le contexte audiovisuel doit être distingué du master de l’album : un passage dans un programme télévisé ne démontre pas automatiquement une exécution live captée sans bande préenregistrée.

A5 — Where Did Our Love Go : une reprise de Motown

Cette chanson appartient au catalogue Holland–Dozier–Holland, créditée à Brian Holland, Lamont Dozier et Eddie Holland. Elle est célèbre dans l’interprétation des Supremes de 1964. Le choix d’une telle reprise inscrit Ringo dans une mémoire collective de la soul américaine tout en poursuivant son goût pour les répertoires populaires anciens.

Une chanson de Motown n’est pas automatiquement enregistrée avec les instrumentistes de la version originale. Le master de Ringo appartient aux séances supervisées par Poncia en 1977–1978, avec les musiciens associés à Bad Boy. Les différences d’arrangement devront être analysées par écoute, sans attribuer fictivement les musiciens de Detroit au disque de 1978.

B1 — Hard Times : Peter Skellern entre deux univers

« Hard Times » est signée Peter Skellern, dont l’album du même titre paraît en 1975. La fiche spécialisée de Ringo crédite Lon Van Eaton et Jimmy Webb aux guitares, Dr. John au piano, Dee Murray à la basse, Vini Poncia aux voix et Ringo au chant et à la batterie. Le titre est joué dans le programme télévisé promotionnel de 1978.

Le lien est historiquement intéressant, car le disque de Skellern comporte aussi une collaboration de George Harrison sur une autre chanson. Mais cette proximité ne signifie pas qu’Harrison joue sur la reprise de « Hard Times » par Ringo. La notion de « même album source » ne suffit jamais à déplacer un crédit instrumental.

B2 — Tonight : Ian McLagan et John Pidgeon

La chanson est signée Ian McLagan et John Pidgeon. Elle relie l’album au réseau britannique du rock, dont McLagan est une figure essentielle après les Small Faces et Faces. Le nom de l’auteur doit être consigné séparément de sa présence éventuelle en studio : les crédits courants ne permettent pas de l’attribuer comme instrumentiste sur le master de Ringo.

Le morceau constitue le single britannique de Bad Boy, publié en juillet 1978 avec « Heart On My Sleeve » au verso. Cette stratégie est différente de la sélection des singles américains chez Portrait. Le catalogue doit donc enregistrer les trois marchés, les faces et les dates comme objets physiques distincts.

B3 — Monkey See – Monkey Do : Michael Franks et Melissa Manchester

Cette chanson est composée par Michael Franks, qui l’avait enregistrée sur The Art Of Tea en 1975. Une interprétation de Melissa Manchester paraît l’année suivante sur Help Is On The Way, album produit par Vini Poncia. Ringo la reprend en 1978, créant un parcours d’œuvres qui relie plusieurs artistes par un même producteur plutôt que par une séance commune.

Les musiciens cités pour la version de Ringo comprennent Lon Van Eaton, Jimmy Webb, Dr. John, Dee Murray ainsi que des cuivres non entièrement identifiés. L’absence de nouveaux détails par piste doit rester visible : il est préférable de signaler une limite documentaire que de donner tous les noms de l’orchestre cumulatif du LP.

B4 — Old Time Relovin’ : une coécriture, un single et un montage écourté

La seconde composition Starkey–Poncia de l’album occupe la neuvième place. Les sources donnent Ringo au chant et à la batterie, Lon Van Eaton et Jimmy Webb aux guitares acoustiques, Dr. John au piano, « Morris Lane » à l’orgue, Dee Murray à la basse et Vini Poncia aux chœurs. C’est sur la fiche de cette chanson que le témoignage signé Stanley Schwartz, relatif à « Morris Lane », apparaît publiquement en 2026.

La chanson sert de face B à « Lipstick Traces (On A Cigarette) » sur le premier 45-tours américain Portrait, publié le 18 avril 1978. The Beatles Bible signale que la version du single comporte un fondu final légèrement plus précoce que la version d’album. Il convient de conserver ce détail comme une variante de montage signalée et de le vérifier sur deux disques physiques avant d’attribuer un identifiant audio définitivement séparé.

B5 — A Man Like Me : Scouse The Mouse, James Newton Howard et une nouvelle prise

Le morceau final est attribué à Ruan O’Lochlainn. Il dérive de « A Mouse Like Me », enregistrée auparavant pour le projet Scouse The Mouse en 1977, avec une modification très limitée du texte. Il ne faut donc pas présenter « A Man Like Me » comme une création entièrement nouvelle écrite en 1978, ni attribuer à Ringo les droits d’auteur de l’œuvre originelle sans document.

Une séance datée du 8 mars 1978 est documentée à Burbank Studios, Los Angeles, avec une orchestration de James Newton Howard et la voix de Ringo. Les instrumentistes de l’ensemble ne sont pas détaillés individuellement dans le relevé MusicBrainz. Cette configuration se distingue du groupe à guitare, basse et batterie des chansons précédentes. Le morceau est également utilisé dans le programme télévisé promotionnel Ringo diffusé en avril 1978.

1978 : le téléfilm Ringo n’est pas une séance des Beatles

Le 26 avril 1978, la télévision américaine diffuse le programme Ringo, qui met en scène Starr dans un divertissement scénarisé. Plusieurs morceaux de Bad Boy, notamment « Heart On My Sleeve », « Hard Times » et « A Man Like Me », y apparaissent. Il est essentiel de distinguer les chansons utilisées par le programme, les bandes musicales enregistrées pour la télévision et les masters commerciaux de l’album.

Le projet audiovisuel peut comporter des comédiens et musiciens supplémentaires ; leur présence à l’écran ne suffit pas à les créditer sur le disque. Pour documenter les collaborations artistiques, le film mérite un dossier séparé indiquant les producteurs, réalisateurs, partenaires à l’image et musiques utilisées, sans inventer une réunion de studio des Beatles.

Pochettes et maisons de disques : Polydor 2310 599, Portrait et Epic

Le LP britannique original est répertorié chez Polydor 2310 599, avec une date de sortie du 21 avril 1978. Sur le marché américain, le disque sort chez Portrait en juin, et plusieurs rééditions CD passent notamment par Epic. Les variantes de catalogue et les dates spécifiques doivent être établies support par support. Les numéros d’édition matérielle ne prouvent pas, à eux seuls, des prises différentes.

La photographie de la pochette est liée à Nancy Lee Andrews ; John Kosh est cité à la conception graphique, tandis que Ringo fournit une image du verso. Ces crédits visuels doivent être indexés dans une base de production graphique distincte de la sessionographie musicale, tout en restant accessibles aux collectionneurs.

Un disque mal accueilli, mais une mine pour les historiens

L’album échoue à entrer dans les classements britanniques et atteint la 129e place du Billboard 200 américain. Aucun des singles principaux ne devient un nouveau succès. Ce résultat, ainsi que les difficultés commerciales de la période, appartient au contexte de production sans invalider la richesse documentaire des collaborations avec Vini Poncia, Dr. John, Dee Murray et les arrangeurs.

Au contraire, l’usage de pseudonymes, les reprises venues d’époques et de genres différents, les interventions orchestrales tardives et les passages télévisés font de Bad Boy un chantier particulièrement fécond. La vocation du dossier consiste à rendre identifiable ce qui a été enregistré, par qui, où, quand et sous quelle forme — en distinguant les certitudes des hypothèses.

Vini Poncia producteur : de l’idée de chanson à la réalisation d’un master de Bad Boy

Sur Bad Boy, la relation entre Ringo Starr et Vini Poncia franchit une étape nouvelle. Après plusieurs albums durant lesquels Poncia intervient comme coauteur ou collaborateur de production, il prend ici la direction générale du projet. Une telle responsabilité ne signifie pas que le producteur effectue lui-même tous les enregistrements. Bob Schaper assume l’ingénierie, les accompagnateurs interviennent à des instruments déterminés et les décisions de publication appartiennent aussi à Ringo et au label. Ce partage doit être expliqué, car le générique peut donner à un nom connu un rôle plus vaste que celui qu’il exerçait matériellement à une séance.

Le programme de dix chansons ne doit pas être converti en dix œuvres de Starkey–Poncia. « Who Needs A Heart » et « Old Time Relovin’ » sont cosignées par les deux hommes. D’autres chansons sont des reprises, dont « Lipstick Traces » et « Heart On My Sleeve ». La production par Poncia établit une contribution à la réalisation de ces nouvelles interprétations, mais elle ne transfère pas à son nom les droits de leurs compositions originales. La distinction entre œuvre et master est ici essentielle.

Les pseudonymes sont un fait d’édition, pas une permission de réattribuer

La pochette du disque conserve certains noms sous des formes particulières. « Morris Lane » constitue le cas le plus remarquable depuis une intervention publiée en 2026 dans laquelle un commentateur se présentant comme le pianiste Stanley Schwartz affirme avoir utilisé ce pseudonyme. Il explique avoir travaillé avec Poncia et évoque une participation aux séances. Cette déclaration mérite une place dans la documentation en tant que témoignage revendiqué, mais elle ne doit pas être traitée comme une identification définitivement démontrée : la personne et les parties enregistrées demandent encore confirmation par une source indépendante, une pochette annotée ou les archives des participants.

La présence de Dr. John sur des chansons particulières n’apporte pas une solution automatique aux noms anonymisés des autres plages. Un musicien peut jouer du piano sur une prise et un autre le même instrument sur une chanson différente ; une liste générale d’album peut recenser les deux sans fournir toute la répartition. Il convient donc de conserver le crédit imprimé au niveau de l’objet, l’hypothèse au niveau du registre et les attributions confirmées au niveau de chaque master.

La sortie du disque, sa réception et le téléfilm : trois histoires

Le téléfilm Ringo, diffusé en avril 1978, accompagne une période de promotion mais constitue un objet audiovisuel indépendant. Ses participants à l’écran, ses numéros musicaux et sa production ne peuvent pas être copiés dans la sessionographie de Bad Boy comme s’il s’agissait d’une séance unique de studio. Le disque possède ses bandes et ses éditions ; l’émission possède ses performances et ses images. Leur proximité chronologique les rend complémentaires, non identiques.

Les résultats commerciaux limités du disque ne permettent pas davantage de conclure que les sessions furent négligées ou que les instrumentistes manquaient de compétence. Une étude doit identifier ce qui est attesté sur les pratiques de production, puis distinguer les jugements critiques contemporains de l’analyse des masters. Pour la biographie du producteur, consulter la monographie de Vini Poncia ; pour l’attribution des pseudonymes, utiliser la notice consacrée aux identités discutées.

Les métiers derrière Bad Boy : six nouvelles monographies

Le dossier de Bad Boy distingue désormais davantage la production de Vini Poncia des métiers qui transforment chaque chanson en master. Bob Schaper apparaît comme ingénieur des dix enregistrements, tandis que Ron Hitchcock est associé au mastering original au Mastering Lab et Annie Streer à la coordination de production. Ces métiers ne sont pas interchangeables : l’un accompagne la captation des instruments et le travail du son, un autre prépare la publication du programme commercial, et le dernier contribue à l’organisation de la fabrication du disque. La pochette originale crédite également Ringo comme producteur associé sur certaines éditions ; cela n’efface pas le rôle central de Poncia dans la production des chansons. La circulation des bandes entre les différents studios rattachés au projet exige de séparer les dates de prises, les reprises vocales, les opérations orchestrales et les variantes commerciales plutôt que d’imaginer une session unique de dix titres achevés le même jour.

Guitares et basse : identité des musiciens, statut des pseudonymes

Les guitares constituent un terrain de recherche spécifique. L’édition britannique nomme « Push-a-lone » et « Git-tar », tandis que plusieurs documents discographiques citent Lon Van Eaton et Jimmy Webb parmi les instrumentistes. La coexistence de ces noms n’établit pas à elle seule la correspondance exacte entre les alias de la pochette et les identités réelles. De même, le bassiste Dee Murray est cité dans les reconstitutions modernes, alors que « Diesel » reste le nom imprimé au dos du disque. Il faut conserver les deux catégories de crédits et ne pas résoudre par déduction une identité masquée volontairement. Le cas « Morris Lane » montre pourquoi cette prudence est nécessaire : une déclaration personnelle publique apparue en 2026 propose une identification, mais exige encore un recoupement indépendant avant d’être présentée comme une preuve définitive. L’histoire matérielle de la pochette fait donc partie intégrante de la recherche sur les collaborateurs.

Arrangements de cordes et cuivres : des attributions à préciser

Doug Riley et James Newton Howard figurent aux fonctions d’arrangement et de direction orchestrale, mais les bases de données n’attribuent pas toujours exactement les mêmes plages à chacun. La session de « A Man Like Me » du 8 mars 1978, aux Burbank Studios, possède une attribution précise à Howard dans un relevé de master ; d’autres listes répartissent différemment les tâches de cordes. L’écart doit être conservé comme question documentaire. Du côté des cuivres, Tom Saviano et Tom Scott apparaissent dans certaines nomenclatures, tandis que le nom « Tom of the North » est imprimé comme responsable des arrangements de cuivres sur la pochette. L’homonymie des prénoms ne suffit pas à prouver une équivalence. Les notices ne doivent donc pas attribuer à l’aveugle des solos, des arrangements ou des présences sur chacun des titres.

La finition : de l’ingénieur au disque vendu en 1978

La fabrication de Bad Boy ne s’arrête pas à l’enregistrement de la batterie ou du chant de Ringo. Ron Hitchcock et Annie Streer représentent deux étapes souvent négligées : le mastering du programme original et la coordination logistique de la production. Les versions courtes des singles « Lipstick Traces » et « Heart on My Sleeve » peuvent être cataloguées comme variantes lorsque leurs montages sont identifiés ; elles ne deviennent pas automatiquement de nouvelles séances de guitare, de basse ou de cordes. Les rééditions CD ou numériques doivent également être reliées aux masters d’origine sans attribuer rétroactivement à leurs techniciens modernes les opérations de 1978. Cette distinction rejoint l’étude des photos, du graphisme de John Kosh et des différences entre les disques Polydor et Portrait, objets éditoriaux qui n’impliquent pas toujours une modification musicale.

Parcours des six études nouvelles : Bob Schaper, ingénieur des dix chansons ; Lon Van Eaton et Jimmy Webb, les guitares et leurs alias ; Dee Murray et le pseudonyme « Diesel » ; Doug Riley et James Newton Howard, les cordes ; Tom Saviano, Tom Scott et les cuivres ; Ron Hitchcock et Annie Streer, la finition et la coordination. L’atlas conserve l’ordre des dix titres, leur attribution d’auteur et les éditions ; les monographies détaillent les professions, les éléments de preuve et les questions encore ouvertes. La séparation éditoriale réduit les doublons sans sacrifier les informations spécialisées.