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Yellow-Sub.net · Encyclopédie des sessions · 1977–1978

Lipstick Traces : Allen Toussaint, Ringo et Melissa Manchester en 1978

Un standard écrit sous le nom de Naomi Neville, le solo de Dr John et le premier single américain de Bad Boy.

Auteurs : Allen Toussaint sous le pseudonyme éditorial Naomi Neville · Programme : troisième plage de la face A

Naomi Neville est Allen Toussaint

Le crédit « Naomi Neville » est l’un des faits les plus importants de l’œuvre. Sous ce pseudonyme, le musicien et compositeur Allen Toussaint signe « Lipstick Traces (On a Cigarette) », d’abord enregistré par Benny Spellman en 1962. L’utilisation du nom de Neville ne crée pas une seconde personne à rattacher à la fiche d’auteur. Ringo reprend donc une œuvre du même compositeur qu’il avait déjà abordé avec « Occapella » sur « Goodnight Vienna » en 1974 et « Sneaking Sally Through the Alley » sur « Ringo the 4th » en 1977. Ce fil Toussaint traverse trois albums consécutifs.

Benny Spellman, la voix de la première version

La chanson naît dans l’environnement du rhythm and blues de La Nouvelle-Orléans. Benny Spellman la publie en 1962, dans le prolongement de son travail auprès de Toussaint. Cette antériorité compte pour les droits et les catalogues : la version de Ringo n’est pas la première édition de l’œuvre. Elle appartient à la tradition des reprises qui transmettent un morceau d’une communauté musicale à un autre public. Les crédits d’auteur restent identiques malgré le changement d’interprète, de studios et de production.

Le personnel de Bad Boy derrière le classique de la soul

La version de 1978 associe les batteries de Ringo à la basse de Dee Murray, aux guitares de Lon Van Eaton et Jimmy Webb et à plusieurs claviers. Dr John et Morris Lane sont documentés sur cette piste, le second au synthétiseur. Les voix de Melissa Manchester et de Vini Poncia enrichissent le refrain. Le catalogue doit traiter chacun comme participant à un phonogramme précis, tandis que Toussaint intervient ici comme auteur sans présence instrumentale identifiée. La notion de collaboration artistique peut embrasser ces deux relations, mais elle doit les décrire sous des catégories différentes.

Les lieux d’enregistrement et l’ordre des opérations

Les bandes de « Lipstick Traces » sont situées par les chronologies dans la période novembre 1977, janvier, février et mars 1978. L’album a été constitué notamment à Can-Base, à Vancouver, et à Elite Recording Studios aux Bahamas, avec des interventions ultérieures dans l’environnement de Los Angeles. Vini Poncia produit le disque et Bob Schaper en est l’ingénieur. Les documents de synthèse ne permettent pas de répartir avec certitude chaque instrument sur chaque journée ; le dossier n’invente donc ni feuille de prises ni ordre précis d’overdubs.

La distribution instrumentale et sa valeur documentaire

Le personnel décrit pour cette plage est le suivant : Ringo Starr au chant et à la batterie ; Lon Van Eaton et Jimmy Webb aux guitares électriques ; Dr John aux claviers ; Morris Lane au synthétiseur ; Dee Murray à la basse ; Melissa Manchester et Vini Poncia aux chœurs ; cuivres additionnels non identifiés individuellement. La première édition du LP imprimait aussi des pseudonymes collectifs tels que « Push-a-lone », « Git-tar », « Diesel » et « Morris Lane ». Une identification nominative proposée par des sources ultérieures n’a pas automatiquement le statut d’un crédit original. Le travail critique consiste à conserver séparément les libellés de 1978, les rapprochements rétrospectifs et les témoignages de première main.

Le rôle de Melissa Manchester dans la version de Ringo

Manchester appartient à la formation vocale du master, et pas seulement à la liste générale des vedettes de l’album. Son parcours et ses collaborations avec Vini Poncia expliquent la circulation de chanteurs de studio entre leurs productions. Il ne faut cependant pas lui attribuer les deux compositions écrites par Ringo et Poncia, ni transformer la présence d’une choriste en preuve d’une séance d’écriture commune. Son nom doit être indexé sur les enregistrements auxquels les crédits de piste la rattachent.

18 avril 1978 : sortie américaine avant le LP

« Lipstick Traces (On a Cigarette) » constitue le premier 45 tours de l’album aux États-Unis, publié le 18 avril 1978 chez Portrait, alors que l’album américain ne sort que le 16 juin. Sa face B est « Old Time Relovin’ », une composition Starkey–Poncia. Le couplage juxtapose une reprise du catalogue Toussaint et une chanson originale de Ringo et de son producteur. Les dates des supports ne sont pas celles des prises de studio ; l’enregistrement a été préparé au cours des mois précédents.

Les pressages français, britanniques et japonais

Des catalogues de singles attribuent notamment le numéro Polydor 2001 782 au 45 tours « Lipstick Traces » / « Old Time Relovin’ » diffusé sur certains marchés européens, et DPQ-6089 à l’édition japonaise. Ces références doivent être comparées aux pochettes et étiquettes du territoire concerné. Le travail d’exhaustivité consiste à relever la face A, la face B, le pays et l’éventuel mélange mono/stéréo des versions promotionnelles. Une autre étiquette ou pochette ne démontre pas, à elle seule, une nouvelle prise de Starr avec Toussaint.

Un lien interne entre trois périodes de 1974 à 1978

Pour Yellow-Sub.net, cette chanson forme un pivot éditorial : « Occapella », « Sneaking Sally » et « Lipstick Traces » sont trois enregistrements de Ringo d’œuvres de Toussaint. Le premier fait intervenir Dr John ; le deuxième une section avec Chuck Rainey, Richard Tee et Steve Gadd ; le troisième revient à une formation avec Dr John, Dee Murray et Melissa Manchester. Le rapprochement thématique est fondé sur l’auteur commun, mais les trois masters, leurs producteurs, leurs dates et leurs musiciens restent différents.

Le disque, la place sur la face et les supports

Cette œuvre occupe la troisième plage de la face A de Bad Boy. Le LP britannique Polydor 2310 599 est daté du 21 avril 1978, tandis que le LP américain Portrait JR 35378 est diffusé à partir du 16 juin. La piste réapparaît sur les éditions ultérieures du disque, dont le compact disc américain de 1991. Les différences de numérotation nationale, de mastering et d’image d’étiquette doivent être vérifiées au niveau des exemplaires, mais ne sont pas des preuves d’une nouvelle performance de Ringo et de ses invités.

Les instrumentistes de la reprise de « Lipstick Traces »

La chanson d’Allen Toussaint, signée sous le pseudonyme Naomi Neville, est reprise par Ringo dans l’équipe de Vini Poncia. Le travail de Bob Schaper est associé à l’ingénierie des masters de l’album, tandis que les guitaristes Lon Van Eaton et Jimmy Webb figurent dans plusieurs distributions discographiques sans correspondance certaine avec les alias de la pochette. La basse est rattachée à Dee Murray dans ces mêmes inventaires. Ces fonctions doivent rester séparées des auteurs de la chanson et des durées de ses éditions. La version de single ne constitue pas, à elle seule, un nouvel enregistrement des instrumentistes.