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Yellow-Sub.net · Encyclopédie des sessions · 1977–1978
Bad Boy : la chanson de Lil Hardin Armstrong, pas celle des Beatles
De l’œuvre Lil Hardin Armstrong–Avon Long à l’enregistrement de Ringo en 1977–1978 : une confusion de titres à éliminer définitivement.
Auteurs : Lil Hardin Armstrong et Avon Long, avec une révision également signalée sous le nom de Clarence Palmer · Programme : deuxième plage de la face A
L’homonymie trompeuse avec la chanson des Beatles
« Bad Boy », deuxième piste du LP de Ringo en 1978, n’est pas la composition de Larry Williams que les Beatles avaient enregistrée le 10 mai 1965. Malgré le titre rigoureusement identique, il s’agit d’une autre œuvre. Le crédit du disque de Ringo désigne Lil Hardin Armstrong et Avon Long ; MusicBrainz signale également une révision de Clarence Palmer. Un index fondé seulement sur le titre réunirait fautivement un succès rock and roll des Beatles et une reprise issue d’un tout autre répertoire. Les identifiants d’œuvre, les auteurs et la première histoire de la chanson doivent primer sur le nom.
Lil Hardin Armstrong : une créatrice souvent effacée des notices
Lil Hardin Armstrong, pianiste, compositrice et figure importante du jazz américain, demeure souvent connue seulement à travers sa relation avec Louis Armstrong. Le crédit de « Bad Boy » rappelle qu’elle possède son propre catalogue d’œuvres. La présence de sa signature sur un album d’un ancien Beatle en 1978 est un exemple d’itinéraire musical transgénérationnel. Il ne faut toutefois pas transformer cette relation d’interprétation en rencontre personnelle de studio entre Starr et Hardin Armstrong : le disque reprend une composition antérieure et ne documente pas une séance commune.
Avon Long et le travail de répertoire
Avon Long, artiste de scène américain, partage le crédit de composition de la chanson. La documentation d’œuvre signale parfois Clarence Palmer comme auteur d’une révision ; les notices d’édition n’explicitent pas toutes ce rôle de façon identique. Pour une fiche encyclopédique, il importe d’enregistrer séparément les noms crédités par le LP et les variantes de la base d’œuvres, au lieu de choisir silencieusement une seule tradition documentaire. La question peut être résolue par consultation des dépôts de droits et des premières éditions de la chanson.
Les lieux d’enregistrement et l’ordre des opérations
Les bandes de « Bad Boy » sont situées par les chronologies dans la période novembre 1977 à février 1978. L’album a été constitué notamment à Can-Base, à Vancouver, et à Elite Recording Studios aux Bahamas, avec des interventions ultérieures dans l’environnement de Los Angeles. Vini Poncia produit le disque et Bob Schaper en est l’ingénieur. Les documents de synthèse ne permettent pas de répartir avec certitude chaque instrument sur chaque journée ; le dossier n’invente donc ni feuille de prises ni ordre précis d’overdubs.
La distribution instrumentale et sa valeur documentaire
Le personnel décrit pour cette plage est le suivant : Ringo Starr : voix et batterie ; les guitaristes, bassiste, claviéristes et éventuelles sections orchestrales appartiennent à l’effectif du disque, sans ventilation individuelle complète et vérifiée pour cette chanson. La première édition du LP imprimait aussi des pseudonymes collectifs tels que « Push-a-lone », « Git-tar », « Diesel » et « Morris Lane ». Une identification nominative proposée par des sources ultérieures n’a pas automatiquement le statut d’un crédit original. Le travail critique consiste à conserver séparément les libellés de 1978, les rapprochements rétrospectifs et les témoignages de première main.
Ringo et le goût des anciens standards
La sélection de cette pièce prolonge le goût de Starr pour les répertoires populaires antérieurs à l’ère du rock britannique. Ce choix n’est pas un accident : ses disques « Sentimental Journey », « Beaucoups of Blues » et de nombreuses reprises ultérieures montrent qu’il préfère régulièrement interpréter des chansons dont il aime l’esprit plutôt que construire exclusivement son programme autour de ses propres compositions. Sur « Bad Boy », l’originalité vient d’une relecture produite par Poncia avec une équipe de musiciens de studio, pas de l’invention de l’œuvre originale.
Les crédits cachés : ce qu’on peut vraiment attribuer
La pochette regroupe une formation sous le nom « Ringo’s Roadside Attraction », avec Push-a-lone à la guitare solo, Git-tar à la rythmique, Diesel à la basse et Morris Lane aux claviers. D’autres inventaires donnent Lon Van Eaton, Jimmy Webb, Dee Murray et Dr John dans l’effectif réel de l’album. Il faut conserver la distinction entre présence à l’échelle du LP et certitude d’instrument sur cette chanson : les notices directement consacrées à « Bad Boy » ne détaillent pas toutes les contributions dans le même degré de précision. Une affirmation de distribution instrumentale exhaustive réclamerait la feuille de session du titre.
Une nouvelle voix sur un standard historique
La version de Ringo n’efface pas l’histoire de la composition : elle ajoute une performance datée des séances de la fin de 1977 et du début de 1978. Pour le catalogue, l’œuvre Hardin Armstrong–Long et le phonogramme Starr/Poncia sont deux entités reliées. Le disque paraît au Royaume-Uni le 21 avril 1978, aux États-Unis le 16 juin. Une réédition CD de 1991 ne représente pas un nouveau chant enregistré par Ringo. Cette distinction empêche de multiplier artificiellement les collaborations entre auteurs anciens et musiciens contemporains.
Un cas d’école pour la recherche de chansons
Lorsqu’un chercheur tape « Ringo Starr Bad Boy », il doit pouvoir retrouver à la fois la chanson-titre du disque de 1978 et l’enregistrement Beatles de Larry Williams paru en 1965, sans les confondre. Cette notice est donc une page d’identification musicale autant qu’une étude de collaboration. Les critères discriminants sont les auteurs, l’année, le maître de l’enregistrement, les instruments et l’édition d’origine. Les ressemblances de mots dans un titre ne constituent jamais une preuve de parenté compositionnelle.
Le disque, la place sur la face et les supports
Cette œuvre occupe la deuxième plage de la face A de Bad Boy. Le LP britannique Polydor 2310 599 est daté du 21 avril 1978, tandis que le LP américain Portrait JR 35378 est diffusé à partir du 16 juin. La piste réapparaît sur les éditions ultérieures du disque, dont le compact disc américain de 1991. Les différences de numérotation nationale, de mastering et d’image d’étiquette doivent être vérifiées au niveau des exemplaires, mais ne sont pas des preuves d’une nouvelle performance de Ringo et de ses invités.
Distinguer le master Bad Boy de ses musiciens masqués
La chanson « Bad Boy » enregistrée par Ringo en 1977–1978 est attribuée à Lil Hardin Armstrong et Avon Long ; elle ne doit pas être confondue avec la composition homonyme de Larry Williams enregistrée par les Beatles en 1965. Le travail de Ringo appartient à un nouveau master, réalisé par Vini Poncia et confié sur le plan technique à Bob Schaper. La continuité de la section de studio, avec guitares, basse, claviers et chœurs, ne modifie pas la paternité de l’œuvre ni son antériorité dans le répertoire américain.
La pochette britannique du LP emploie les noms « Push-a-lone », « Git-tar », « Diesel » et « Morris Lane ». Plusieurs notices ultérieures proposent Lon Van Eaton et Jimmy Webb parmi les guitaristes et Dee Murray comme bassiste. Ces identifications ne doivent pas être présentées comme autant de traductions vérifiées des pseudonymes, ni comme des preuves de la présence de chaque artiste à toutes les étapes de studio. L’histoire du morceau, ses éditions et les archives de personnel doivent rester trois objets documentaires distincts.












