Yellow-Sub.net · Larkin Poe · 2025
Ringo Starr et Larkin Poe : Rebecca et Megan Lovell sur Rosetta et String Theory (2025)
Sur Look Up, les deux sœurs de Larkin Poe interviennent sur deux masters distincts : mandoline et chœurs pour Rebecca Lovell, chœurs pour Megan Lovell. Enquête sur les crédits, les rôles et les limites du « featuring ».
Deux sœurs, deux chansons : le périmètre documenté de la collaboration
La publication de Look Up, le 10 janvier 2025, marque le retour de Ringo Starr à un répertoire country et roots produit sous la direction de T Bone Burnett. Parmi les invités figure Larkin Poe, nom de scène collectif associé aux sœurs Rebecca et Megan Lovell. Pour reconstituer correctement leur participation, il ne suffit pas de retenir la mention promotionnelle « featuring Larkin Poe » : les génériques individuels indiquent les interventions de chaque sœur et distinguent deux chansons, « Rosetta » et « String Theory ». Ces deux enregistrements constituent le corpus de la présente étude. Les éventuelles reprises, annonces promotionnelles ou éditions territoriales ne représentent pas automatiquement de nouvelles collaborations.
Dans « Rosetta », Rebecca Lovell est créditée à la mandoline et aux chœurs, tandis que Megan Lovell est créditée aux chœurs. Dans « String Theory », Rebecca et Megan Lovell sont toutes deux mentionnées aux chœurs, sans participation instrumentale nominative de leur part dans le générique utilisé. Cette asymétrie mérite d’être préservée : attribuer à Megan la mandoline de « Rosetta », ou reporter la mandoline de Rebecca sur « String Theory », transformerait le document discographique. Le nom collectif Larkin Poe désigne donc ici un duo d’invitées, mais les fonctions exactes ne sont pas identiques d’un master à l’autre.
Pourquoi le nom Larkin Poe apparaît dans les crédits de Ringo
Le duo Larkin Poe s’inscrit dans une génération d’artistes américains dont la pratique associe blues, folk, rock et traditions acoustiques. Ce contexte esthétique éclaire leur présence dans une production de T Bone Burnett, mais il ne constitue pas à lui seul une preuve de collaboration. Celle-ci est fournie par les deux titres enregistrés et leurs crédits nominatifs. Le passage d’un groupe identifié par son nom artistique à des interprètes identifiables constitue un point essentiel de la recherche : les listes promotionnelles peuvent mettre en avant une entité musicale, là où les feuillets de séance et les génériques de morceaux décrivent des personnes et des instruments.
Cette distinction protège également la biographie de Ringo Starr de rapprochements purement circonstanciels. Un album peut réunir plusieurs musiciens appartenant aux mêmes milieux artistiques sans que tous aient joué ensemble au même moment. Le crédit à l’échelle de la piste atteste une présence sur le master publié ; il ne confirme ni une rencontre personnelle, ni une séance commune dans un studio déterminé, ni un ordre particulier des prises. Le rôle de Burnett et de l’équipe de Nashville explique le cadre de production, sans autoriser à combler les lacunes des archives par un récit supposé.
« Rosetta » : Rebecca Lovell à la mandoline, les deux sœurs aux chœurs
« Rosetta », huitième chanson de Look Up, est une composition de T Bone Burnett. Ringo Starr y tient la batterie et assure le chant principal. Billy Strings est crédité à la guitare électrique et aux harmonies vocales ; Joe Walsh apparaît à la slide guitar ; Dennis Crouch à la basse ; Burnett aux guitares acoustique et électrique. Dans cet ensemble, Rebecca Lovell joue de la mandoline et participe aux chœurs, tandis que Megan Lovell apporte également des chœurs. La juxtaposition d’une mandoline, d’une guitare slide et de plusieurs voix distingue le morceau des arrangements plus dépouillés du disque.
La mention de Joe Walsh mérite une précision : sa présence sur « Rosetta » n’implique pas qu’il ait accompagné les Lovell sur « String Theory ». Le crédit de Billy Strings est lui aussi propre à « Rosetta » dans cette comparaison. Le travail des deux sœurs doit être décrit indépendamment des autres artistes invités, même lorsque la stratégie promotionnelle regroupe ces noms dans un même titre de présentation. Le fait que Rebecca joue de la mandoline sur « Rosetta » est documenté ; la nature précise de toutes les réponses instrumentales entendues, leur ordre d’enregistrement et la quantité de prises ne le sont pas nécessairement.
Une formation musicale qui ne doit pas être confondue avec la scène
Dans l’étude d’un disque contemporain, un groupe crédité « featuring » ne constitue pas automatiquement une formation ayant joué collectivement et simultanément en studio. Les prises peuvent être réalisées séparément, adaptées par les producteurs puis assemblées au mixage. La présence de Ringo à la batterie sur « Rosetta » ne prouve donc pas qu’il se trouvait physiquement aux côtés de Rebecca ou Megan lors de l’enregistrement de leurs voix et de la mandoline. Les indications concernant les lieux de captation de Look Up montrent l’utilisation de studios de Nashville et de Los Angeles, mais elles ne fournissent pas une feuille de présence exhaustive à la date d’une prise.
Cette précaution vaut pour les photographies promotionnelles, les captations télévisées et les vidéos publiées après la sortie : une image de plusieurs artistes réunis ne prouve pas que le master a été enregistré dans les conditions montrées. L’histoire du disque doit distinguer création de l’œuvre, production du phonogramme, prestation scénique et communication autour de l’album. Larkin Poe possède ici deux crédits sur des masters, qui forment la base vérifiable du dossier.
« String Theory » : deux voix invitées, aucune mandoline attribuée aux Lovell
« String Theory », dixième chanson de l’album, est une composition de T Bone Burnett et Daniel Tashian. Le morceau accueille Molly Tuttle à la guitare douze cordes et au chant d’harmonie. Rebecca Lovell et Megan Lovell sont toutes deux créditées comme choristes. Paul Franklin tient la pedal steel guitar, Dennis Crouch la basse, Daniel Tashian les guitares acoustiques et une partie principale de douze cordes, Burnett la guitare électrique. Ringo Starr assure les parties de batterie et la voix. La répartition instrumentale contraste donc avec « Rosetta » : la douze cordes de Molly Tuttle et de Tashian appartient à la seconde chanson, alors que la mandoline nominativement attribuée à Rebecca Lovell concerne la première.
Les documents publicitaires ne présentent pas toujours de la même manière les invités principaux de « String Theory ». Certaines annonces mettent surtout en avant Molly Tuttle, tandis que des relevés détaillés et des métadonnées de distribution signalent également Larkin Poe. Ce n’est pas nécessairement une contradiction musicale : la mise en avant promotionnelle et les crédits de contribution répondent à des logiques distinctes. Pour une encyclopédie, la présence des voix de Rebecca et Megan doit être établie à partir des génériques de performance, sans dépendre de l’ordre des noms sur une pochette numérique.
Mandoline, douze cordes et pedal steel : lire la partition sociale d’un disque
La comparaison des deux chansons montre la manière dont Burnett construit son univers roots autour de musiciens spécialisés. Sur « Rosetta », la mandoline de Rebecca Lovell intervient dans une formation où coexistent la slide guitar de Joe Walsh et les guitares de Billy Strings et de Burnett. Sur « String Theory », les éléments identifiés sont la douze cordes de Molly Tuttle et Daniel Tashian, la pedal steel de Paul Franklin et les chœurs des deux Lovell. Il serait incorrect de confondre tous ces instruments sous une rubrique de guitares, ou d’attribuer à Larkin Poe les prestations du reste de la distribution.
Cette pluralité technique est également une pluralité de fonctions. Rebecca est instrumentiste et choriste sur un master, choriste sur l’autre ; Megan est choriste sur les deux ; Molly Tuttle est instrumentiste et chanteuse sur « String Theory » ; Joe Walsh apparaît sur « Rosetta ». Les musiciens ne sont pas interchangeables au motif qu’ils appartiennent au même paysage stylistique. Le rôle d’une encyclopédie musicale est justement de fournir cette granularité : qui joue quoi, sur quelle version, dans quelle publication, avec quel niveau de certitude ?
Larkin Poe et l’écriture : aucune coécriture à déduire des invitations
Ni « Rosetta » ni « String Theory » ne sont créditées comme compositions de Rebecca ou Megan Lovell dans les génériques de référence. La première est attribuée à T Bone Burnett, la seconde à Burnett et Daniel Tashian. Il faut donc éviter de transformer la présence vocale du duo en crédit de composition, ou de présenter le morceau comme une collaboration d’auteurs entre Ringo et Larkin Poe. « Featuring » signale une participation mise en avant auprès du public ; ce terme ne remplace pas les champs « compositeur », « parolier », « musicien » et « interprète ».
La même discipline s’impose pour la production. Burnett produit Look Up, Daniel Tashian et Bruce Sugar en assurent la coproduction, tandis que certaines chansons bénéficient de crédits de production particuliers. Les Lovell n’acquièrent pas une responsabilité de production du seul fait de leur invitation sur deux pistes. Leurs prestations doivent être répertoriées à l’échelle du master concerné et non diffusées à l’ensemble du disque.
Les limites de la sessionographie : deux masters, pas une chronologie inventée
Les génériques publiés permettent de compter deux contributions discographiques de Larkin Poe à Look Up : Rebecca et Megan Lovell apparaissent sur chacune des deux chansons, soit quatre crédits vocaux individuels répartis sur deux masters. La mandoline de Rebecca sur « Rosetta » constitue, de surcroît, un crédit instrumental. Le classement rigoureux doit donc distinguer les unités de comptage : deux chansons, deux participantes sur chaque titre, quatre contributions vocales individuelles et une contribution instrumentale individuelle. Ce décompte n’est pas le nombre de journées d’enregistrement ni le nombre de prises.
Une réédition de l’album ou une publication du même master dans un autre territoire ne saurait être inscrite comme nouvelle collaboration. Inversement, si une nouvelle version live de « Rosetta » était documentée avec les mêmes artistes, elle exigerait une notice de performance différente, avec sa propre date, son lieu et sa distribution. Aucun concert précis n’est donc ajouté à cette fiche en l’absence de preuve indépendante. La prudence est particulièrement importante pour les collaborations récentes, dont les annonces promotionnelles précèdent parfois la publication de crédits exhaustifs.
Comparer les éditions et conserver les noms individuels
La recherche discographique peut rencontrer une mention « Larkin Poe » sur une liste de titres et les noms « Rebecca Lovell » et « Megan Lovell » dans le détail du personnel. Ces deux conventions ne sont pas contradictoires : l’une désigne un duo, les autres identifient les interprètes. En base de données, les deux sœurs méritent des entrées individuelles liées à l’entité Larkin Poe. La transcription doit respecter l’orthographe des génériques, sans fusionner leurs prestations. Il importe aussi de conserver la différence entre une mandoline réelle créditée et une partie acoustique que l’on croirait entendre à l’oreille.
Cette fiche ne remplace pas l’étude musicale et textuelle des chansons : elle rassemble les contributions des Lovell à travers deux œuvres et expose les problèmes d’attribution soulevés par l’usage du nom collectif. Une page distincte sur chacune des sœurs ne serait pas nécessaire tant que leurs collaborations respectives avec Ringo se résument aux mêmes deux masters ; ce serait un risque de répétition et de concurrence entre pages.
Parcours de lecture : deux chansons et les autres invités
Retrouver l’étude de « Rosetta » avec Billy Strings, Joe Walsh et Larkin Poe, puis celle de « String Theory » avec Molly Tuttle et les sœurs Lovell. La synthèse encyclopédique de Look Up (2025) rassemble les onze titres et leurs crédits ; la chronologie des collaborations de 2000 à 2026 situe l’album dans la carrière de Ringo Starr. Pour comprendre le contexte de production et la circulation des enregistrements entre Nashville et Los Angeles, consulter les études de Daniel Tashian, Bruce Sugar et Michael Piersante.












