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Yellow-Sub.net · Juin 1976 · Wings Over America · Cherokee Studios
Pure Gold : Paul et Linda McCartney rejoignent Ringo Starr en 1976
Composition de Paul, double batterie de Ringo et Jim Keltner, chœurs des McCartney, chronologie des séances, édition vinyle et différences entre les dates du 17 et du 19 juin.
Un petit morceau de Paul McCartney dans un grand moment des Wings
« Pure Gold » est l’une de ces chansons modestes en apparence qui possèdent une place centrale dans l’histoire des anciens Beatles. Elle est écrite par Paul McCartney pour Ringo Starr, enregistrée à Los Angeles en 1976 et enrichie des chœurs de Paul et Linda McCartney. Le disque qui l’accueille, Ringo’s Rotogravure, paraît alors que les Wings viennent d’achever leur grande campagne de concerts américains. Plutôt qu’une reformation symbolique des Beatles, il s’agit d’un exemple tangible de la collaboration individuelle entre leurs membres : Starr chante et joue, McCartney compose et participe aux chœurs, Linda se joint à lui.
Le document commercial est précis. « Pure Gold » figure en troisième position de la face A du microsillon original, entre la reprise de « Hey! Baby » et « Cryin’ », écrite par Ringo avec Vini Poncia. Il ne s’agit pas d’une chanson des Wings écartée d’un de leurs albums puis publiée comme telle. Le master connu est celui de Ringo Starr ; la présence de McCartney se manifeste dans la signature de l’œuvre et dans les voix ajoutées à la bande. La nuance évite de confondre une chanson offerte à un ami, une apparition de studio et une prestation de groupe.
La genèse de Pure Gold : Ringo demande une composition à Paul
Dans les entretiens réalisés lors de la promotion du disque, Ringo explique avoir sollicité ses anciens partenaires pour obtenir des chansons originales. Lennon livre « Cookin’ (In the Kitchen of Love) » ; Harrison cède « I’ll Still Love You » ; McCartney fournit « Pure Gold ». La logique n’est pas celle d’une œuvre collective écrite par les quatre Beatles. Chaque chanson résulte d’une demande et d’un rapport individuel, puis s’insère dans un album produit par Arif Mardin. Cette méthode de création ressemble à celle de l’album Ringo de 1973, sans en répéter exactement les équipes ni les circonstances.
Selon plusieurs présentations de l’album, la composition de McCartney est associée à Nancy Andrews, alors compagne de Ringo. Son intitulé, littéralement « or pur », peut se comprendre comme une métaphore de la valeur affective attribuée à une relation. Il convient de ne pas confondre cette lecture avec une dédicace établie par un document manuscrit de McCartney : les sources secondaires fournissent le contexte biographique, mais la genèse exacte de chaque couplet et la date de rédaction restent à documenter.
3 juin 1976 : la base instrumentale à Cherokee Studios
The Beatles Bible situe la séance de la base instrumentale au 3 juin 1976 à Cherokee Studios, Los Angeles, sous la direction d’Arif Mardin. Elle identifie Lon Van Eaton à la guitare électrique, Klaus Voormann à la basse, Jane Getz et John Jarvis aux claviers, Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie, George Devens aux congas. Il s’agit donc d’un morceau joué par une véritable formation de studio et non, contrairement à certaines formules hâtives, d’une bande préenregistrée intégralement par Paul McCartney dans un autre pays.
La présence de Paul sur la chanson n’est pas enregistrée à cette première étape selon la chronologie spécifique du 3 juin. Il rejoint le projet plus tard avec Linda pour les chœurs. Cette distinction permet de ne pas inventer à McCartney un crédit de basse ou de guitare sur « Pure Gold » : la partie de basse du master est attribuée à Voormann et celle de guitare à Van Eaton. Les habitudes de McCartney, multi-instrumentiste reconnu, ne constituent jamais une preuve qu’il joue un instrument particulier sur la chanson d’autrui.
17 juin 1976 : Paul et Linda ajoutent leurs voix
La même chronologie spécialisée date au 17 juin 1976 la séance d’overdubs vocaux de Paul et Linda McCartney. Ils se trouvent alors aux États-Unis pour la tournée Wings Over America, dont les concerts s’enchaînent durant le mois de juin. Ringo raconte dans un entretien au magazine Creem, publié en octobre 1976, qu’il leur avait proposé de chanter ; après une interruption pour dîner, ils sont revenus au studio et ont effectivement enregistré des parties vocales. L’anecdote est un témoignage direct sur la convivialité de la séance, même si elle ne donne ni une heure certifiée par un registre, ni le détail technique de chaque passage.
D’autres synthèses de l’histoire de Ringo’s Rotogravure citent le 19 juin pour cette intervention. La fiche distingue donc la date précise du 17 juin indiquée par la notice dédiée de The Beatles Bible et le 19 juin repris ailleurs ; les deux ne peuvent être fondues en une certitude sans les feuilles de séance. La chronologie de la tournée des Wings confirme simplement que Paul et Linda circulent sur la côte ouest américaine à cette période. Pour une sessionographie, on enregistrera un ajout de chœurs à la mi-juin 1976, avec les deux datations publiées et une note de résolution à effectuer.
Personnel musical officiel de la version commercialisée
Apple Music fournit pour « Pure Gold » des crédits individualisés de l’enregistrement : Ringo Starr, chant et batterie ; Paul McCartney et Linda McCartney, chœurs ; Klaus Voormann, basse ; Jim Keltner, batterie ; Lon Van Eaton, guitare ; Jane Getz et John Jarvis, claviers ; George Devens, congas ; Vini Poncia, voix ; Gene Orloff, premier violon. Paul McCartney est mentionné comme auteur, et Arif Mardin comme arrangeur et producteur. Les crédits techniques citent Lew Hahn à l’ingénierie sonore et Steve Brandon comme ingénieur assistant.
Cette liste est plus précise qu’une simple page d’album réunissant tous les invités sans préciser où ils interviennent. Les noms de Lennon, Harrison, Eric Clapton ou Harry Nilsson ne doivent pas être ajoutés aux crédits de « Pure Gold » sous prétexte qu’ils apparaissent ailleurs sur le même disque. Les bases qui regroupent toutes les séances de 1976 sous une distribution commune sont utiles pour mesurer le réseau de Ringo, mais elles ne suffisent pas à décrire une prise individuelle.
Ringo et Jim Keltner : la double batterie comme méthode
La présence conjointe de Starr et Keltner constitue un point essentiel pour l’histoire instrumentale. Depuis le début des années 1970, les deux hommes se retrouvent sur plusieurs disques où l’on recherche une base rythmique souple et solide. Leurs noms sur les crédits de « Pure Gold » établissent des participations de batterie, mais pas nécessairement une exécution simultanée de chaque passage. La répartition détaillée des coups de caisse claire ou de grosse caisse ne peut être reconstruite avec certitude à partir du master stéréo uniquement.
Il est tentant d’attribuer les effets de groove à l’un des deux musiciens selon une idée préconçue de son style. Une encyclopédie digne de ce nom doit résister à ce réflexe. Tant que le détail des prises ou des multipistes n’est pas fourni, elle fera figurer les deux noms au crédit de batterie et pourra proposer, à part, une analyse d’écoute explicitement interprétative. Cette prudence est d’autant plus importante que les crédits de Ringo sont souvent repris de disque en disque sans vérification par chanson.
Klaus Voormann, Jane Getz et John Jarvis : la continuité musicale
Le rôle de Klaus Voormann relie les séances de 1976 à une histoire qui commence bien avant les collaborations solo. Dessinateur et bassiste, ancien ami des Beatles à Hambourg, Voormann est présent sur de nombreux disques du cercle Lennon-Harrison-Starr. Sur « Pure Gold », il est crédité à la basse, ce qui interdit d’attribuer automatiquement l’instrument à Paul McCartney. Sa présence est aussi un lien entre le Ringo de 1973 et les albums plus tardifs.
Jane Getz et John Jarvis figurent séparément aux claviers, mais les crédits consultés ne précisent pas toujours leur instrument exact sur chaque mesure. La chanson relève donc d’un travail de construction orchestrale auquel participent plusieurs instrumentistes, les congas de George Devens et les arrangements d’Arif Mardin. Le violon de Gene Orloff, cité dans les métadonnées musicales, renvoie au travail sur les cordes. Il ne faudrait toutefois pas transformer la mention de premier violon en preuve qu’Orloff a lui-même enregistré une piste solo audible sans la consultation des feuilles orchestrales.
Une rencontre pendant la tournée américaine des Wings
L’année 1976 est spectaculaire pour McCartney. Les Wings présentent un véritable spectacle de grande ampleur aux États-Unis, alternant les nouvelles chansons de Wings at the Speed of Sound, les succès de Band on the Run et plusieurs titres du répertoire des Beatles. Le calendrier de concerts de juin est chargé : San Francisco les 13 et 14, San Diego le 16, Tucson le 18, puis Los Angeles les 21, 22 et 23. L’overdub de « Pure Gold » doit être replacé dans cette fenêtre, entre scène, déplacements et rendez-vous avec les proches.
Cet épisode rend insuffisante l’expression « participation à distance », parfois employée à tort. Paul et Linda sont crédités sur un ajout vocal effectif et Ringo raconte leur venue au studio. La proximité géographique n’autorise toutefois pas à affirmer qu’ils assistent à toutes les autres prises de l’album. La séance de « Pure Gold » n’est pas non plus une prestation officielle des Wings : Denny Laine, Jimmy McCulloch et Joe English ne sont pas crédités sur la plage, qui reste commercialisée sous le nom de Ringo Starr.
L’écriture de McCartney et l’interprétation de Ringo
La composition épouse une forme pop concise où la mélodie et le refrain sont privilégiés. L’idée de « pure gold » donne un vocabulaire de valeur et de fidélité à une histoire affective ; elle est suffisamment simple pour être chantée par Ringo, dont l’expressivité compte souvent davantage qu’une extension vocale spectaculaire. La version publiée joue sur le contraste entre un timbre principal direct et la douceur des chœurs McCartney. La voix reconnaissable de Paul n’est pas présentée comme un duo de vedettes : il accompagne le chanteur principal dans une fonction d’ensemble.
Cette manière de travailler illustre l’une des qualités de McCartney comme compositeur pour d’autres. Il adapte une chanson au caractère de l’interprète, sans chercher à transformer la performance de Ringo en imitation de sa propre voix. L’analyse relève de l’écoute et de la construction de la chanson ; pour établir la genèse de la mélodie, la tonalité originale ou les versions de travail, il faudrait des manuscrits, maquettes ou archives de studio qu’aucune des sources publiques recensées n’expose suffisamment ici.
La publication en 1976 et les supports pour collectionneurs
Le 33-tours Ringo’s Rotogravure paraît le 17 septembre 1976 au Royaume-Uni, et le 27 septembre aux États-Unis d’après The Beatles Bible. Le programme britannique Polydor place « Pure Gold » en troisième titre de la face A ; l’édition américaine Atlantic reproduit cette place sur le microsillon. La chanson dure environ trois minutes quatorze, avec de petits écarts de minutage selon les interfaces commerciales. Son auteur reste Paul McCartney, quelle que soit la variante du titre de l’album ou l’année de réédition du support.
Pour le collectionneur, il faut distinguer l’édition vinyle de 1976, la première publication CD américaine de 1992, les cassettes et cartouches huit pistes et les nouvelles distributions numériques. Une plage déplacée sur un autre support, ou chronométrée une seconde plus longtemps, n’est pas nécessairement une prise nouvelle. Il faut comparer l’identifiant de master, les éventuelles notes de remastérisation, les matrices et les écoutes, plutôt que multiplier artificiellement les enregistrements.
Une nouvelle cartographie des collaborations après 1970
En regardant les quatre contributions majeures à Ringo’s Rotogravure, les différences apparaissent nettement. « Cookin’ » : composition de John Lennon et piano de John sur le master de Starr. « Pure Gold » : composition de Paul McCartney et chœurs de Paul et Linda. « I’ll Still Love You » : composition de George Harrison, mais pas de guitare ni de présence instrumentale sur le master connu. « This Be Called a Song » : composition d’Eric Clapton et guitare de Clapton sur la version publiée. Ces distinctions sont plus instructives qu’un slogan selon lequel l’album ‘réunit les Beatles’.
La place de Ringo se comprend alors mieux. Il ne cherche pas à reformer les Beatles pour un disque événementiel ; il rassemble autour de lui différents amis auteurs, chanteurs, guitaristes et musiciens de session. Il obtient de chacun un geste musical différent, toujours sous sa propre identité d’interprète. La cartographie de ces gestes montre l’ampleur de ses contacts sans effacer l’autonomie des carrières solo des autres musiciens.
Fiche de sessionographie : Pure Gold, 1976
Titre : « Pure Gold ». Auteur : Paul McCartney. Artiste : Ringo Starr. Album : Ringo’s Rotogravure, piste A3 du vinyle d’origine. Producteur et arrangeur : Arif Mardin. Enregistrement de base : 3 juin 1976, Cherokee Studios, Los Angeles, selon la fiche dédiée de The Beatles Bible. Ajouts vocaux : Paul et Linda McCartney, 17 juin selon cette même source ; 19 juin cité dans des synthèses concurrentes, à vérifier sur feuilles de séance. Ringo Starr : chant principal et batterie. Paul et Linda McCartney : chœurs. Klaus Voormann : basse ; Lon Van Eaton : guitare ; Jane Getz et John Jarvis : claviers ; Jim Keltner : batterie ; George Devens : congas ; Vini Poncia : voix ; Gene Orloff : premier violon. Lew Hahn : ingénieur ; Steve Brandon : assistant ingénieur.
Statut : enregistrement original commercialisé en 1976. Certitude élevée sur les attributions individualisées d’Apple Music, la composition et la nature des interventions des McCartney. Incertitude documentaire : date exacte de l’overdub vocal (17/19 juin) et répartition de certains instruments et overdubs. Une piste de synthèse des équipes des Wings ne doit pas être projetée sur cette séance : les crédits disponibles ne comportent ni Denny Laine, ni Jimmy McCulloch, ni Joe English.
Sources discographiques, entretien et points ouverts
Apple Music, métadonnées de « Pure Gold » : liste nominative des instrumentistes, voix, auteurs et ingénieurs. The Beatles Bible, « Recording: Pure Gold by Ringo Starr », chronique datée du 3 juin 1976, ajout des chœurs de Paul et Linda le 17 juin et propos de Ringo extraits de Creem en octobre 1976. The Paul McCartney Project, fiche de chanson « Pure Gold » et calendrier de la tournée américaine des Wings en juin 1976. Catalogue officiel RingoStarr.com, Ringo’s Rotogravure, liste des morceaux. Références : https://music.apple.com/us/song/917187129 ; https://www.beatlesbible.com/1976/06/03/recording-pure-gold-ringo-starr/ ; https://www.the-paulmccartney-project.com/song/pure-gold/ ; https://www.the-paulmccartney-project.com/timeline-day-by-day/?y=1976 ; https://www.ringostarr.com/releases-archive/ringos-rotogravure/ .
Autres études et parcours dans Yellow-Sub.net
La notice du morceau de Lennon publié sur le même album permet une comparaison directe : « Cookin’ (In the Kitchen of Love) » : composition et piano de John Lennon. Pour les collaborations plus anciennes avec Paul, consulter également le dossier de « Take It Away » et les sessions de Flaming Pie, puis revenir à Ringo Starr et Paul McCartney ou à la sessionographie générale.












