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Yellow-Sub.net · John Lennon · Paul McCartney · 1980–2019
Grow Old With Me : Lennon, Ringo Starr, McCartney et l’hommage à Harrison en 2019
De la cassette de Lennon en 1980 aux cordes de Jack Douglas en 2019 : les versions, les véritables crédits et le rôle de chaque Beatle.
La chanson de John Lennon et les trois générations de versions
« Grow Old With Me » naît dans la dernière période de création de John Lennon, en 1980. L’enregistrement rendu public après sa mort apparaît en janvier 1984 sur Milk And Honey, album de John Lennon et Yoko Ono. Le site officiel de Lennon confirme qu’il provient d’une cassette domestique : Lennon y assure le chant, le piano et une boîte à rythmes. Cette prise de travail ne doit pas être requalifiée après coup comme un enregistrement de studio réunissant d’autres anciens Beatles.
La chanson connaît ensuite plusieurs étapes éditoriales. En 1998, John Lennon Anthology propose une version dans laquelle George Martin signe un arrangement orchestral. L’histoire des masters de Lennon appartient à un arbre discographique distinct de la nouvelle prise réalisée par Ringo en 2019. Les cordes de 1998 ne sont pas celles de What’s My Name, même si les deux productions répondent à la même œuvre.
Dans une encyclopédie, le titre d’une chanson ne suffit pas à identifier un enregistrement. L’œuvre écrite par Lennon, son enregistrement domestique, ses différentes publications posthumes et le master de Starr doivent conserver des identifiants et crédits séparés.
La rencontre avec Jack Douglas et les Bermuda Tapes
Le point de départ de la nouvelle interprétation se trouve dans une conversation avec Jack Douglas, qui avait produit Double Fantasy. Douglas évoque les démos surnommées Bermuda Tapes. Starr explique qu’il n’en avait pas entendu toutes les prises et se montre profondément touché par une allusion de Lennon à « Richard Starkey », son véritable nom.
Le témoignage est connu par le communiqué officiel de septembre 2019 et plusieurs entretiens de la période. Il situe l’émotion du musicien et la motivation de la reprise ; il ne constitue pas une feuille de séance et ne fournit pas la date du premier essai vocal. On peut documenter l’origine du projet sans inventer un calendrier d’enregistrement au jour près.
Ringo explique vouloir avant tout rendre hommage à un ami disparu. Le résultat prend place dans son vingtième album studio, publié presque quatre décennies après la mort de Lennon. L’écart temporel fait partie de l’histoire du morceau : il transforme une chanson personnelle en acte de transmission entre générations.
Paul McCartney, basse et chœurs de la version 2019
Ringo invite expressément Paul McCartney à participer au nouvel enregistrement. Paul accepte et ajoute la basse ainsi qu’une partie de chœurs. Les crédits officiels ne l’indiquent ni à la production, ni à la guitare, ni à l’arrangement des cordes. Il faut préserver la précision de son apport, sans le réduire à une simple apparition symbolique.
Le partenariat est émouvant, parce qu’il relie l’auteur Lennon à deux survivants de l’aventure des Beatles. Mais ce n’est pas une réunion effective du quatuor sur une bande commune. Le compositeur est présent par son œuvre, tandis que McCartney et Starr jouent sur une prise moderne où d’autres musiciens contribuent aussi.
Paul avait déjà ajouté deux basses à Give More Love en 2017. Sur cette reprise de 2019, son jeu se met au service d’une chanson extérieure à l’écriture de l’album de Ringo. Le changement de contexte explique une partie de la réception exceptionnelle du morceau : ce qui est entendu est un hommage et non l’annonce d’une reformation.
Joe Walsh, Jim Cox et le personnel de cordes
Joe Walsh est crédité à la guitare, Jim Cox au piano et Allison Lovejoy à l’accordéon. Les violons sont tenus par Rhea Fowler et Bianca McClure, l’alto par Lauren Baba et le violoncelle par Isaiah Gage. Ringo Starr assure batterie et chant. Cette distribution, publiée lors de la sortie du disque, doit constituer la référence de la fiche de master.
Jack Douglas et Daniel Coe sont nommés aux arrangements des cordes. Le communiqué mentionne Wesley Seidman comme assistant ingénieur de la séance des cordes. Cette équipe ne doit pas être confondue avec celle qui travailla sur la version de Lennon orchestrée par George Martin en 1998.
Le crédit de production générale de What’s My Name appartient à Ringo ; Bruce Sugar est associé à l’enregistrement et au mixage. Douglas joue un rôle déterminant dans le choix du morceau et dans l’arrangement, mais cela ne suffit pas à réécrire le générique de production du disque.
L’allusion à Here Comes The Sun et la présence symbolique de George
Starr attire lui-même l’attention sur une citation musicale de « Here Comes The Sun » intégrée aux cordes. Par cet arrangement, il entend également faire une place à George Harrison dans l’hommage. L’intention symbolique est documentée par son témoignage, mais la piste de 2019 ne contient pas pour autant un nouvel enregistrement de George.
Le contraste entre présence effective et référence artistique est ici presque pédagogique. John Lennon a écrit la chanson ; Ringo la chante et la joue ; Paul ajoute basse et voix ; George est évoqué par une citation arrangée. Ces quatre catégories ne sont ni équivalentes ni interchangeables.
Une notice mal formulée peut annoncer que les quatre Beatles « participent » au morceau. La formulation rigoureuse est que deux anciens Beatles enregistrent une nouvelle interprétation d’une composition du troisième, comportant une allusion musicale au quatrième.
Les éditions qu’il faut distinguer pour les collectionneurs
Premier objet : Milk And Honey de John Lennon et Yoko Ono, publié en janvier 1984, qui fait connaître la prise domestique. Deuxième objet : John Lennon Anthology (1998), dont l’arrangement de George Martin ouvre une autre branche d’éditions. Troisième objet : What’s My Name (25 octobre 2019), où paraît la nouvelle interprétation produite dans l’entourage de Ringo Starr.
Comparer trois dates ne signifie pas comparer trois matrices du même master. Les voix, l’orchestration et les circonstances de création diffèrent. Pour une base de pressages, il faudra renseigner séparément numéro de catalogue, pays, support, matrice et durée de chaque édition observée. Aucun de ces champs ne doit être déduit d’une autre réédition.
Ce dossier laisse volontairement ouvertes les questions d’acétates, de variantes de mixage 2019 et de dates de prises détaillées lorsque les documents publics ne les précisent pas. La qualité d’une encyclopédie tient aussi à cette capacité de distinguer ce qui est attesté de ce qui reste à vérifier.
Sources vérifiées
John Lennon officiel : notice et crédits de Milk And Honey (johnlennon.com/music/albums/milk-and-honey/) ; communiqué Ringo Starr du 13 septembre 2019 avec personnel exact et récit des Bermuda Tapes (ringostarr.com/ringo-starr-announces-his-20th-studio-album-whats-my-name-be-released-october-25-2019/) ; documentation des versions officielles de « Grow Old With Me » (growoldwithme.org). La comparaison ne suppose aucune séance commune entre Lennon, McCartney, Harrison et Starr en 2019.












