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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Sheila E. · 2017

Ringo Starr et Sheila E. : Come Together / Revolution, la batterie en héritage (2017)

Une nouvelle lecture de deux chansons Lennon–McCartney portée par Sheila E., avec Ringo à la batterie : sources de studio, objet discographique et portée artistique.

Deux générations de batteurs autour de deux chansons des Beatles

En septembre 2017, Sheila E. publie Iconic: Message 4 America, un disque de reprises dont le programme relit plusieurs chansons associées aux luttes sociales et à l’histoire politique américaine. Parmi elles figure « Come Together / Revolution », montage de deux compositions célèbres des Beatles. Le disque crédite Ringo Starr comme invité à la batterie sur cette plage.

L’association présente un intérêt qui dépasse la simple présence d’un ancien Beatle dans une reprise des Beatles. Sheila E., batteuse, percussionniste et chanteuse issue de la scène californienne, appartient à un monde musical nourri de funk, de soul, de rythmes afro-latins et de ses expériences avec Prince. Dans cette production, elle sollicite un batteur dont l’identité rythmique est ancrée dans l’enregistrement original de « Come Together » en 1969.

Ringo n’est pas pour autant l’auteur des deux compositions reprises, ni le producteur principal de l’album. La collaboration consiste en une performance instrumentale dans un projet conçu, dirigé et interprété sous le nom de Sheila E.

Iconic : un disque de reprises qui expose un point de vue

Dans un entretien de 2019 accordé à DRUM!, Sheila E. explique avoir choisi des morceaux dont la portée lui paraissait toujours actuelle. Le catalogue traverse Sly and the Family Stone, Marvin Gaye, James Brown, Stevie Wonder et Prince. Cette diversité montre que « Come Together / Revolution » appartient à un ensemble réfléchi : ce n’est pas un simple hommage aux Beatles isolé au milieu de compositions inédites.

L’enregistrement se présente comme un medley. « Come Together » et « Revolution » sont deux œuvres historiques distinctes, mais la version publiée sur Iconic les rassemble dans une même piste. Les catalogues numériques emploient aussi une graphie avec tiret : « Come Together – Revolution ».

Cette différence de ponctuation ne doit pas être traitée comme une seconde chanson ou une version supplémentaire. Pour la sessionographie, l’unité à décrire est le master publié par Sheila E., auquel peuvent être rattachés les deux titres sources.

Le témoignage essentiel de Sheila E.

Interrogée par DRUM! sur sa reprise, Sheila E. explique qu’elle avait d’abord enregistré la batterie elle-même, avant de décider qu’elle souhaitait confier cette partie à Ringo. Ce témoignage est particulièrement utile, car il permet de reconstruire une succession de décisions musicales plutôt que de s’en tenir au personnel final du disque.

Il ne faut pas transformer cette déclaration en certitude selon laquelle Ringo aurait enregistré la totalité de la batterie du morceau sans aucune autre percussion, ni en déduire qu’il s’est produit simultanément avec Sheila E. devant un même ensemble de micros. Les propos publiés ne donnent ni le jour exact de son intervention, ni la liste des overdubs finalement conservés.

On peut en revanche affirmer que Sheila E. voulait entendre Ringo dans sa relecture des Beatles, et non simplement inscrire son nom sur la pochette. La présence à la batterie est confirmée par les crédits discographiques : elle relève d’une intention artistique explicitée par la responsable du projet.

Pourquoi associer Come Together et Revolution ?

Les deux chansons évoquent des tensions différentes de la fin des années 1960. « Come Together » est une composition de John Lennon, créditée Lennon–McCartney, devenue la première plage d’Abbey Road en 1969. « Revolution » renvoie aux débats de 1968 sur les transformations politiques et la violence. Leur association permet à Sheila E. de faire entendre deux réponses historiques aux questions collectives et au changement social.

Dans DRUM!, la musicienne rapproche cette démarche de deux autres montages de son album : « Inner City Blues » associé à « Trouble Man » et « America » associé à « Free » dans le répertoire de Prince. Il s’agit d’une méthode de création cohérente : assembler des œuvres pour prolonger leur message dans un nouveau contexte.

La présence de Ringo devient ainsi un geste musical significatif. Il ne reproduit pas une prise d’Abbey Road à l’identique ; il participe à une création dont l’organisation et le propos appartiennent à Sheila E.

Crédits instrumentaux et différences entre les bases

Le catalogue Drummerszone, qui reproduit le personnel de Iconic: Message 4 America piste par piste, identifie Ringo Starr à la batterie et Cat Gray aux claviers sur « Come Together / Revolution ». Les auteurs sont crédités Lennon–McCartney. AllMusic confirme également Ringo dans la distribution générale de l’album, mais ce second relevé est moins précis pour l’attribution par titre.

La distinction des deux niveaux de preuve est indispensable. Une base qui indique seulement « Ringo : drums » parmi quarante musiciens ne suffit pas à localiser un morceau. Ici, l’individualisation de la piste et l’entretien de Sheila E. convergent.

Un inventaire encore plus fin demanderait de relever les éventuelles fonctions de Sheila E. elle-même — voix, percussions, production — dans le livret exact de l’édition choisie, sans transférer mécaniquement ses crédits généraux à chaque chanson.

2017, 2019 et 2020 : ne pas mélanger les versions

La piste paraît sur Iconic: Message 4 America en 2017 ; Apple Music l’indexe sous ce titre et date sa publication du 1er septembre 2017. L’interview de DRUM!, en 2019, est une source rétrospective : elle documente la genèse de l’enregistrement sans modifier l’année du master.

En 2020, Sheila E. et Ringo apparaissent aussi dans des publications vidéo et des événements virtuels consacrés à « Come Together » et à l’anniversaire de Ringo. Ce contexte visuel ne suffit pas à prouver que chaque vidéo utilise exactement le master de l’album de 2017 ; à l’inverse, une nouvelle mise en ligne ne crée pas automatiquement une prise audio supplémentaire.

Il convient de suivre les crédits de chaque objet audiovisuel si l’on souhaite l’ajouter à un catalogue de performances. La fiche présente concerne le master studio de 2017.

Deux écoles rythmiques qui se rencontrent

Sur le plan musical, la rencontre rapproche deux traditions souvent traitées séparément. Le jeu de Ringo chez les Beatles valorise la forme de la chanson, les accentuations caractéristiques et une économie de moyens qui laisse circuler basse et voix. Sheila E. a développé une pratique plus large des percussions et du funk, nourrie par l’ensemble familial Escovedo et ses expériences de scène.

La pertinence historique de la séance tient précisément à ce contraste. Sheila E. n’a pas besoin que Ringo joue à sa place pour établir sa légitimité : son parcours de percussionniste est reconnu depuis des décennies. Elle recherche une autre personnalité et une mémoire sonore particulière.

Le commentaire critique peut analyser le dialogue entre ces univers, mais les crédits ne prouvent pas quelle mesure ou quel roulement Ringo a inventé. L’absence de feuilles de piste détaillées interdit de reconstituer les prises note par note.

Fiche documentaire et conclusion

Artiste principal : Sheila E. Album : Iconic: Message 4 America, 2017. Enregistrement : « Come Together / Revolution » (également « Come Together – Revolution » selon les plateformes), piste 2. Composition : John Lennon et Paul McCartney, auteurs des deux œuvres reprises. Ringo Starr : batterie, crédit confirmé par le relevé de piste et l’entretien de Sheila E. Autre personnel identifié : Cat Gray, claviers. Jour et lieu de la prise de Ringo : non publiés dans les documents utilisés.

Cette notice doit rester autonome : la première version de « Come Together » par les Beatles, le medley enregistré par Sheila E. et les apparitions filmées plus tard sont trois objets de discographie qu’il ne faut pas superposer.

L’intervention de Ringo chez Sheila E. montre la présence continue d’un musicien de studio dont la contribution ne se résume ni à l’exécution du patrimoine des Beatles ni à une participation de circonstance. L’invitation est musicalement motivée et historiquement documentable.

Illustration d’ambiance provenant de la photothèque Yellow-Sub.net ; cette photographie ne documente pas la session.

Ringo Starr : image d'ambiance pour le chapitre coauteur et Ring O' Records

Sources et références discographiques

  1. DRUM!, entretien de Sheila E. avec Eric Everett, 19 juillet 2019.
  2. Drummerszone, crédits par piste de Iconic: Message 4 America.
  3. Apple Music, titre et date de publication du master.
  4. AllMusic, personnel et discographie de l’album.