Yellow-Sub.net · Ringo Starr et Mark Hudson
Mark Hudson et Ringo Starr : So You Are a Star, un ancien succès rejoué à la batterie
L’histoire des Hudson Brothers, les méthodes de studio de Mark Hudson et son témoignage direct sur la nouvelle version avec Ringo, publiée autour de 2009–2010.
De la télévision américaine à la reprise solo, un même titre
« So You Are a Star » remonte aux années 1970, lorsque Mark Hudson évolue au sein des Hudson Brothers avec ses frères Bill et Brett. La chanson devient un succès de la formation et contribue à sa notoriété au moment où les frères participent à des émissions musicales et de divertissement à la télévision américaine.
Plus de trois décennies après cet enregistrement, Mark Hudson propose une nouvelle interprétation sur son album solo The Artist. Cette version est celle qui nous intéresse dans la discographie des collaborations : Ringo Starr y joue de la batterie, d’après le témoignage enregistré de Hudson lui-même.
Les deux versions ont donc la même œuvre de référence, mais des personnes et une histoire de studio différentes. Il serait incorrect de placer Ringo parmi les musiciens de l’enregistrement initial de 1974 en raison de son apparition sur la reprise beaucoup plus tardive.
Mark Hudson, plus qu’un simple producteur de Ringo
À partir de la fin des années 1990, Hudson devient l’un des principaux compagnons de travail de Ringo. Il participe à la réalisation et à l’écriture des albums Vertical Man, I Wanna Be Santa Claus, Ringo Rama, Choose Love et des séances aboutissant à Liverpool 8.
La relation dépasse celle d’un producteur embauché pour un seul disque. Hudson, musicien et chanteur, contribue à créer les arrangements, à faire travailler une équipe de guitaristes et d’ingénieurs et à entretenir une ambiance de studio que Ringo lui-même décrit en termes très positifs dans le magazine professionnel Mix en 2003.
La reprise de « So You Are a Star » inverse les rôles habituels : Ringo, artiste principal sur les albums qu’ils ont produits ensemble, devient ici un batteur invité au service du disque personnel de Hudson. Cette inversion éclaire les échanges entre deux partenaires de studio.
Le témoignage décisif de Hudson
Un épisode du podcast Gilbert Gottfried’s Amazing Colossal Podcast, diffusé sous la forme d’un entretien avec Mark Hudson puis rediffusé en version « Encore », apporte une preuve directe de l’intervention. Hudson y explique qu’il possède sur son album solo une version de « So You Are a Star » avec Ringo jouant de la batterie.
Le passage n’est pas une mention reconstituée à partir d’une publicité du disque. C’est l’un des participants qui identifie lui-même son partenaire, son instrument et le morceau concerné. La transcription du podcast permet en outre de replacer ce souvenir parmi les nombreuses sessions que Hudson a partagées avec Ringo.
Aucune date de prise, liste de microphones ou localisation définitive de l’overdub n’apparaît dans ce bref passage. La preuve est excellente pour l’attribution de batterie ; elle ne suffit pas à fabriquer le récit détaillé d’une journée d’enregistrement.
La signification personnelle de la chanson
Hudson explique également que sa famille reste intimement liée à « So You Are a Star ». Il évoque sa mère et le désir de lui présenter cette nouvelle interprétation ; ce souvenir donne au titre une dimension familiale, à distance des seules considérations commerciales.
L’association avec Ringo renforce la continuité entre la chanson écrite et chantée lorsque Hudson était un jeune membre d’un groupe de frères, puis sa relecture à l’époque où il travaillait avec l’un des musiciens qui l’avaient influencé.
Il faut cependant résister à la tentation de raconter que la chanson aurait été expressément composée pour Ringo. Les documents sont clairs : il s’agit d’un titre préexistant du répertoire Hudson Brothers, que Mark revisite avec un batteur invité.
The Artist : attention aux dates des catalogues
L’album solo The Artist apparaît dans la discographie de Mark Hudson à la fin des années 2000. SecondHandSongs référence une édition datée du 14 septembre 2009, tout en signalant que cette information n’est pas complètement vérifiée. La plateforme Spotify, elle, affiche 2010 pour un programme de dix-sept titres.
La divergence pourrait provenir d’une première diffusion indépendante, d’une nouvelle mise en ligne ou de différences dans les versions proposées. À ce stade, on peut parler avec sûreté d’une publication autour de 2009–2010 sans transformer l’une ou l’autre de ces dates en certitude absolue.
Les annonces biographiques ultérieures citent parfois encore d’autres années. Une base discographique exigeante devra comparer un exemplaire physique, ses mentions de copyright, sa référence de catalogue et le premier dépôt numérique identifiable avant d’arrêter la date de sortie initiale.
Une nouvelle version musicale, pas un groupe reformé
La chanson apparaît sur l’album sous le nom de Mark Hudson. Même si elle provient du répertoire collectif des Hudson Brothers, la nouvelle interprétation ne constitue pas une reformation discographique du groupe. De même, la batterie de Ringo n’en fait pas une chanson des Beatles.
Cette précision paraît évidente, mais plusieurs bases recopient les crédits sous des titres proches et peuvent présenter indistinctement la version de 1974 et celle du disque solo. Dans la sessionographie, les deux enregistrements doivent être distingués par l’artiste principal, l’époque et l’équipe de studio.
Le rôle de Ringo peut être indiqué sans hésitation : batterie sur la version solo décrite par Hudson. En revanche, sa participation au chant, à la composition ou au mixage n’est pas attestée par le témoignage utilisé et ne doit pas être ajoutée.
Le fonctionnement des séances Hudson–Starr
Dans son portrait du producteur publié en juillet 2003, Mix décrit les méthodes de travail de Hudson et de Ringo. Le musicien affectionne les prises énergiques, réalisées dans une ambiance de liberté technique ; Ringo se réjouit de pouvoir jouer sans être systématiquement contraint par un clic.
La configuration des studios de Hudson et le réseau d’ingénieurs auquel il fait appel, parmi lesquels Scott Gordon, Paul Santo et Bruce Sugar, forment un arrière-plan important pour comprendre leur collaboration sur de nombreux disques.
Ce contexte général ne permet pas d’attribuer automatiquement à la reprise « So You Are a Star » l’un de ces ingénieurs ou l’un de ces studios. On peut expliquer leur façon habituelle de travailler tout en gardant la prudence sur le lieu et la date de cette prestation particulière.
Une relation de studio, et pas une continuité garantie
L’histoire de Hudson et de Ringo a connu des tensions autour des années 2006–2007, pendant la préparation et la finalisation de Liverpool 8. Les sources contemporaines divergent sur les motifs du désaccord, mais concordent sur le fait que la relation de production privilégiée ne se poursuit pas sous la même forme.
Le fait que la reprise de Hudson soit publiée autour de 2009–2010 ne prouve donc pas que sa batterie ait été enregistrée après leur séparation professionnelle. Il est possible que la partie ait été captée plus tôt, mais aucune source retenue ne permet de le fixer.
La chronologie doit distinguer trois dimensions : la création originale de « So You Are a Star » dans les années 1970, la séance non datée avec Ringo et la publication de la version de Hudson à la fin des années 2000.
Fiche documentaire de So You Are a Star
Artiste principal : Mark Hudson. Chanson : « So You Are a Star », reprise personnelle d’une chanson associée aux Hudson Brothers dans les années 1970. Album : The Artist, diffusion autour de 2009–2010 selon les catalogues. Ringo Starr : batterie, confirmation directe de Hudson dans un entretien radiophonique.
Statut de l’œuvre : chanson antérieure à la participation de Ringo ; ne pas inscrire ce dernier comme auteur de la version originale. Jour de session, studio et personnel complet : à vérifier sur un exemplaire de référence et d’éventuelles archives de production.
Cette collaboration doit figurer dans la sessionographie au titre d’une véritable prestation instrumentale extérieure, mais ne doit ni être datée arbitrairement de 1974 ni être reproduite comme une séance nouvelle chaque fois que The Artist réapparaît sur une plateforme.
Visuel d’ambiance Yellow-Sub.net ; il ne documente pas la séance.
Sources et documents musicaux
- Podcast de Gilbert Gottfried, entretien avec Mark Hudson, témoignage direct sur la batterie de Ringo.
- Mix, juillet 2003, interview de Mark Hudson et de Ringo sur leur collaboration de studio.
- Cavern Club, biographie de Hudson et histoire du succès des Hudson Brothers.
- SecondHandSongs, discographie et date d’édition non confirmée de The Artist.
- Spotify, The Artist, programme et année numérique indiquée.
- Modern Drummer, entretien avec Hudson sur les méthodes d’enregistrement de Ringo.












