Yellow-Sub.net · Ringo Starr et Jon Stevens : One Way Street sur Starlight (2017)
Jon Stevens et Ringo Starr : One Way Street, la rencontre orchestrée par Dave Stewart (2017)
Le témoignage du chanteur australien raconte la soirée avec Ringo, l’invitation lancée ensuite par Dave Stewart et la batterie enregistrée pour la ballade One Way Street.
Starlight : Jon Stevens au contact de Dave Stewart
Le 31 mars 2017, le chanteur australien et néo-zélandais Jon Stevens publie Starlight, album de onze chansons réalisé avec Dave Stewart, ancien membre d’Eurythmics. Les morceaux portent la marque d’une collaboration d’écriture et de production entre ces deux musiciens aux parcours différents : Stevens est associé à Noiseworks, à une période passée au chant d’INXS après Michael Hutchence et à la première formation des Dead Daisies, tandis que Stewart s’est imposé comme musicien, compositeur et producteur international.
Une participation exceptionnelle figure sur la huitième plage, « One Way Street », ballade de trois minutes environ. Ringo Starr joue la batterie, ce que le site officiel de Jon Stevens précise directement dans son communiqué annonçant l’album. La présence du Beatle n’est donc pas une déduction à partir des crédits généraux d’un disque riche en invités : elle est localisée sur une chanson déterminée.
La genèse de cette collaboration est mieux documentée que bien d’autres séances de Ringo grâce à plusieurs interviews de Jon Stevens en 2017. Le musicien décrit avec précision sa première rencontre avec le batteur et la manière dont l’enregistrement a été proposé.
La rencontre inattendue à une table de dîner
Dans un entretien accordé à The Rockpit, Jon Stevens raconte avoir été invité à dîner chez Dave Stewart après une journée de travail. Il ignorait que Ringo et Barbara Bach seraient présents. Il ouvre la porte à l’ancien Beatle, tente de dissimuler sa surprise et passe ensuite la soirée avec une petite assemblée de six personnes.
La conversation se prolonge avec des guitares acoustiques et des chansons. Stevens raconte avoir joué, pendant la soirée, une œuvre qu’il venait d’écrire avec Stewart. Ringo accueille favorablement les démonstrations et l’ambiance est celle d’une réunion privée, sans l’organisation d’une audition officielle.
Ce souvenir constitue une source directe du contexte humain, mais il ne faut pas le transformer en description de la prise définitive de « One Way Street ». Une soirée où l’on joue à la guitare et une séance où un musicien enregistre sa batterie sont deux événements distincts, qu’il convient de séparer dans l’histoire de production.
L’invitation à l’anniversaire de Ringo et l’idée de One Way Street
Stevens raconte qu’après la soirée, Ringo l’aurait invité à participer musicalement à sa fête d’anniversaire. Le chanteur conserve de cette relation naissante le souvenir d’une disponibilité et d’une bienveillance inattendues de la part de son célèbre aîné.
Un peu plus tard, Dave Stewart suggère que la batterie de Ringo conviendrait parfaitement à « One Way Street ». Stevens répond qu’il faut simplement lui demander. Les musiciens font entendre la chanson à Ringo, qui l’apprécie et accepte de jouer.
Cette chronologie est d’un grand intérêt documentaire : la chanson existait avant l’invitation au batteur, et la décision d’ajouter sa partie résulte d’un choix musical précis de Stewart et Stevens. Il ne s’agit pas d’une composition improvisée en présence de Ringo, ni d’un morceau que l’ancien Beatle aurait apporté avec lui.
Une chanson envoyée à Ringo plutôt qu’une prise collective garantie
Le témoignage de Stevens indique que l’équipe a fait parvenir le titre à Ringo afin qu’il l’écoute, et qu’il a accepté de contribuer à la batterie. Cela ne permet pas de déterminer à quelle date il a enregistré sa partie, ni s’il était présent dans la pièce lorsque Stevens a posé la voix définitive.
Il serait séduisant d’imaginer une séance unique réunissant Dave Stewart, Ringo et Jon Stevens dans le même studio hollywoodien. Les interviews accessibles ne la décrivent pas de façon suffisamment précise pour étayer une telle affirmation. La bonne formulation demeure donc : participation de batterie de Ringo à une chanson développée et réalisée par Stevens et Stewart, après une invitation documentée par l’artiste principal.
Cette prudence n’enlève rien au caractère remarquable de la collaboration. Elle évite seulement de produire une scène romancée à partir d’un entretien dont les détails concernent d’abord la rencontre et le recrutement.
Une ballade, et non un nouveau titre des Beatles
« One Way Street » est décrite dans le communiqué du site de Stevens comme une ballade empreinte de solitude. Sa place sur Starlight contraste avec les pièces plus énergiques du programme, comme « Hold On ».
Ringo intervient comme interprète instrumental sur une œuvre du répertoire de Jon Stevens, développée avec Dave Stewart. Sa présence ne signifie pas qu’il partage le crédit de composition ni qu’il soit coproducteur. Le label et la communication de l’artiste présentent Stewart comme partenaire d’écriture et de production de l’album.
Cette collaboration pourrait être rapprochée des séances où Ringo joue sur une ballade d’Eddie Vedder, de Ben Harper ou d’un autre chanteur de rock. Mais l’analyse musicale ne doit pas attribuer à l’oreille une orchestration précise à Ringo sans disposer des multipistes ou d’un témoignage technique.
La huitième piste et le catalogue Liberation Music
La version australienne de Starlight est publiée le 31 mars 2017, en CD et en numérique, chez Liberation Music, sous la référence matérielle LIB203CD. La liste des onze chansons situe « One Way Street » en huitième position, avec une durée indiquée d’environ 3 min 13 s.
Les plateformes Apple Music et Beatport confirment cette date et cette durée, tandis que la presse spécialisée australienne a relayé le communiqué dès février 2017. La diffusion ultérieure du titre sur des plateformes ne doit pas conduire à multiplier les sessions ni à modifier son année d’enregistrement au seul motif qu’une date de mise en ligne apparaît plus tard.
La présence de Ringo à la batterie est explicitement mentionnée par le site de l’artiste, et l’autre invitée principale du disque, Vanessa Amorosi, est créditée au chant sur « Something ‘Bout You », chanson différente, en septième position.
Dave Stewart : un point de jonction dans la carrière de Ringo
Stewart a accompagné de nombreux musiciens hors de la période Eurythmics, et son réseau explique plusieurs apparitions inattendues de Ringo. L’album de Platinum Weird, publié en 2006, constitue un premier exemple particulièrement singulier : Ringo y joue sur « Make Believe » et « If You Believe in Love ».
Le projet de Jon Stevens, une décennie plus tard, n’appartient pas à Platinum Weird. Il relève de la carrière personnelle du chanteur australien, avec Stewart comme producteur et coauteur. Les rapprochements entre ces deux collaborations sont biographiques, non discographiques : il s’agit de sessions et de masters différents.
Cette distinction justifie des liens internes entre les notices, sans faire disparaître la place de l’artiste principal. Ringo ne devient pas membre permanent d’une formation simplement parce que Dave Stewart réunit, à plusieurs années d’écart, des musiciens avec lesquels il apprécie de travailler.
Des souvenirs parfois racontés avec des nuances
Les entretiens de The Rockpit et de Rock Club 40 racontent des épisodes très proches, mais ils ne mettent pas tous les détails dans le même ordre. Dans l’un, Stevens évoque une soirée chez Stewart et une chanson jouée à la guitare, puis une nouvelle invitation ; dans l’autre, il insiste sur les discussions qui ont suivi et sur la décision d’envoyer « One Way Street » à Ringo.
La règle d’interprétation est de privilégier les éléments communs et explicitement attestés : rencontre lors d’un dîner, lien établi grâce à Dave Stewart, proposition du morceau, acceptation de Ringo, batterie enregistrée pour la chanson. Il serait excessif de déduire de petites différences de narration deux sessions de batterie ou deux compositions distinctes.
Ce travail de confrontation des sources est particulièrement important pour les souvenirs racontés plusieurs mois après les événements. Le témoignage de l’artiste principal est précieux, mais une interview n’est pas une feuille de prise.
Fiche de session pour l’encyclopédie
Artiste principal : Jon Stevens. Album : Starlight, Liberation Music / BMG, 31 mars 2017, CD référence LIB203CD. Chanson : « One Way Street », piste 8, environ 3 min 13 s. Ringo Starr : batterie, confirmée par le site officiel de Stevens. Dave Stewart : partenaire d’écriture, de production et musicien de l’album. Contexte : invitation lancée après la rencontre de Stevens et Ringo chez Stewart, selon les interviews du chanteur.
Autres invitations du disque : Vanessa Amorosi au chant sur « Something ‘Bout You » (piste 7) ; son crédit ne s’applique pas à la chanson de Ringo. Jour exact et studio de Ringo : non établis par les sources citées. Type de contribution : une seule batterie instrumentale créditée sur un album personnel d’un autre artiste.
L’histoire illustre un phénomène récurrent dans la carrière de Ringo : une rencontre privée, une chanson déjà composée et l’intervention d’un producteur qui reconnaît immédiatement le caractère d’une partie de batterie capable de renforcer l’enregistrement.
Photographie d’ambiance du dossier Yellow-Sub.net, ne constituant pas un cliché de cette séance.
Sources, crédits et témoignages
- Jon Stevens, communiqué officiel pour Starlight, 2017.
- The Rockpit, interview de Jon Stevens, rencontre et invitation de Ringo.
- Rock Club 40, deuxième témoignage direct de Jon Stevens sur One Way Street.
- Noise11, annonce de la collaboration, février 2017.
- Apple Music, piste One Way Street et date de publication.
- Beatport, durée et date du morceau.












