Yellow-Sub.net · 2002–2003 · Koch · Mark Hudson · invités
Ringo Rama (2003) : treize chansons, crédits de studio et collaborations de Ringo Starr
Clapton, Gilmour, Willie Nelson, Shawn Colvin, Charlie Haden, Van Dyke Parks : analyse chanson par chanson, prises documentées et premières éditions.
Un nouvel album hors de Mercury
Ringo Rama paraît le 25 mars 2003 chez Koch, après la période Mercury et les expériences de Vertical Man et I Wanna Be Santa Claus. Produit par Ringo Starr et Mark Hudson, l’album représente une étape dans leur collaboration avec Gary Burr, Steve Dudas et Jim Cox. Des musiciens de premier plan sont invités sur des plages précises : Eric Clapton, David Gilmour, Willie Nelson, Shawn Colvin, Timothy B. Schmit, Charlie Haden et Van Dyke Parks.
L’album est élaboré en 2002, principalement entre le studio londonien de Ringo, Rocca Bella, et Whatinthewhatthe? de Mark Hudson à Los Angeles. Les fiches publiques ne donnent pas la date exacte de toutes les prises. Le programme doit être présenté comme une succession de sessions, d’overdubs et de mixages plutôt que comme un supergroupe enregistré en une seule journée.
Le standard commercial compte treize chansons, avec un court titre caché. Le coffret Deluxe de novembre 2003 ajoute trois chansons, un CD d’entretien et un DVD documentaire. Pour un collectionneur, ces états ne sont pas synonymes : le nombre de supports et la longueur du programme servent à identifier l’édition.
Les réalisateurs et le personnel récurrent
Ringo Starr et Mark Hudson signent la production de l’album. Paul Santo et Bruce Sugar sont cités parmi les ingénieurs d’enregistrement, Tim LeBlanc et Steve Dudas interviennent en complément, Dave Way est associé aux mixages et George Marino au mastering. Ce personnel de production ne doit pas être remplacé par les noms plus célèbres des invités instrumentaux.
L’album donne une place importante à la batterie de Ringo, comme l’artiste l’explique plus tard dans un entretien à Modern Drummer. Gary Burr, Mark Hudson, Dudas et Jim Cox changent d’instruments selon les pistes ; l’interprétation de chaque chanson doit donc précéder l’élaboration d’une liste de tous les collaborateurs d’un album.
1. Eye To Eye — la signature du noyau Roundheads
Consulter la fiche de chanson : Eye To Eye (2003) : Ringo Starr et les musiciens de Ringo Rama →
Le morceau d’ouverture, attribué à Richard Starkey, Mark Hudson, Steve Dudas et Dean Grakal, installe le cadre collectif du disque : Ringo chante et joue de la batterie, alors que Dudas, Hudson et Gary Burr constituent le noyau des cordes et des voix. Les crédits détaillés donnent une place particulière à Dudas à la guitare solo. Les choristes issus de l’entourage des Hudson et des musiciens associés doivent être nommés par titre, et non reportés mécaniquement sur les douze chansons suivantes.
Le choix de placer ce morceau en ouverture permet d’entendre une formation qui ne repose pas exclusivement sur les invités vedettes. Il constitue aussi un repère pour comparer la version de l’album au matériel promotionnel d’époque et aux éventuelles relectures en concert.
2. Missouri Loves Company — le solo de David Gilmour
Enquête Gilmour : deux solos attestés et le cas discuté d’Instant Amnesia →
Ringo chante, tient batterie et percussions ; Steve Dudas accompagne à la guitare électrique, Gary Burr à l’acoustique, Mark Hudson à la basse et aux chœurs, Jim Cox au Wurlitzer et à l’orgue Hammond, Herb Pedersen au banjo et Dan Higgins au saxophone. Timothy B. Schmit figure parmi les choristes. Le solo de guitare est crédité à David Gilmour, ancien guitariste de Pink Floyd.
La chanson évoque Harry Nilsson, ami de longue date de Ringo. L’intérêt des crédits est de distinguer l’hommage contenu dans le texte de l’intervention de Gilmour sur le master. Nilsson, décédé en 1994, n’a évidemment pas participé à la séance de 2002. Les formules publicitaires associant un grand nom à l’album doivent toujours être traduites en une fonction instrumentale documentée.
3. Instant Amnesia — les crédits de guitare à examiner
Notice individuelle de Instant Amnesia (2003) : Ringo Starr et les musiciens de Ringo Rama →
Cette composition Starkey–Hudson–Dudas–Grakal se caractérise par les percussions de Ringo, la guitare de Steve Dudas, les claviers de Jim Cox et la basse de Mark Hudson. Charlie Haden est associé à une contrebasse et Timothy B. Schmit aux chœurs. Le saxophone de Dan Higgins fait partie de la palette sonore relevée par la discographie individuelle.
La question d’un solo de David Gilmour demeure un cas de critique des sources : certains textes narratifs lui attribuent une participation à cette piste, alors que les listes de personnel du livret reproduites par des discographies matérielles ne créditent son solo que sur les pistes 2 et 7. Tant que la matrice sonore ou une feuille de séance ne tranche pas, il serait abusif d’inscrire sans réserve Gilmour à la troisième chanson.
4. Memphis In Your Mind — les citations du rock’n’roll
Écrite par Starkey, Hudson, Gary Burr, Steve Dudas et Dean Grakal, la quatrième chanson utilise des références à Memphis et à une culture musicale qui précède les Beatles. Ringo est au chant et à la batterie. Les harmonies de Timothy B. Schmit appartiennent aux crédits détaillés de ce titre, comme à plusieurs autres pistes de l’album.
Des fiches commerciales contemporaines et postérieures citent le nom de Roy Orbison parmi les artistes liés au disque. Orbison étant mort en 1988, aucune participation de studio nouvelle en 2002 ne doit lui être attribuée. L’existence éventuelle d’un échantillon, d’un effet de voix ou d’un emprunt d’archive est une question de source et de droit phonographique, pas une séance imaginaire avec le chanteur.
5. Never Without You — hommage à George Harrison et Eric Clapton
Dossier Clapton : hommage à George et Imagine Me There →
La cinquième piste est signée Richard Starkey, Mark Hudson et Gary Nicholson. Nicholson joue de la guitare acoustique douze cordes, Steve Dudas de l’électrique, Mark Hudson de la basse et des voix, Gary Burr de l’acoustique, Jim Cox de l’orgue Hammond, et Ringo chante, joue de la batterie, des percussions et des claviers. Eric Clapton apporte la guitare solo.
Le texte a évolué à partir d’un projet d’hommage aux amis disparus, notamment Harry Nilsson et John Lennon, avant de se concentrer sur George Harrison, mort en novembre 2001. Le rapprochement entre Ringo et Clapton n’est pas seulement symbolique : le guitariste figure sur le master commercial. Des références à plusieurs chansons de George, dont « Within You Without You » et « All Things Must Pass », sont signalées dans la notice spécialisée.
6. Imagine Me There — deuxième intervention de Clapton
Écrite par Starkey, Hudson et Gary Burr, cette ballade bénéficie d’un second solo de guitare d’Eric Clapton, avec Steve Dudas à l’électrique et Gary Burr à l’acoustique. Charlie Haden est crédité à la contrebasse, Dan Higgins à la flûte, Jim Cox au piano et Mark Hudson à la basse, aux claviers et aux chœurs. Ringo assure le chant, la batterie, les percussions et une partie de guitare électrique.
L’association Clapton–Ringo se limite ici à une contribution identifiée sur ce master, sans nouvelle signature de composition de Clapton. Un disque promotionnel de « Imagine Me There » accompagné d’une courte intervention parlée de Ringo est également documenté : c’est un objet discographique distinct de l’album, mais la présence d’un commentaire ne prouve pas un remix de la chanson.
7. I Think Therefore I Rock And Roll — deuxième solo établi de Gilmour
La septième piste, cosignée par Richard Starkey, Mark Hudson, Dean Grakal et Paul Santo, dispose d’un solo de David Gilmour et de guitares supplémentaires de Santo et Hudson. Ringo chante, joue de la batterie, des percussions et de la guitare électrique. Steve Dudas contribue à la basse, Gary Burr aux guitares et aux voix, Jim Cox au piano, Dan Higgins au saxophone ; les chœurs mobilisent plusieurs membres de l’entourage du groupe.
Ce titre constitue, avec « Missouri Loves Company », le deuxième crédit de guitare solo de Gilmour clairement reproduit par les listes matérielles du CD. Le rapprochement entre ces deux œuvres est plus solide que toute affirmation fondée uniquement sur une présentation générale des invités de l’album.
8. Trippin’ On My Own Tears — Shawn Colvin au chant
Deux voix invitées : Shawn Colvin et Willie Nelson, personnel détaillé →
La huitième chanson est signée Starkey, Hudson, Burr et Grakal. Shawn Colvin est invitée au chant, Ringo conserve la voix principale et la batterie, et l’accompagnement associe Gary Burr, Steve Dudas, Cliff Downs à la guitare acoustique, Mark Hudson à la basse et Mickey Raphael à l’harmonica.
Dans un entretien de juillet 2003, Ringo explique que l’expression à l’origine du titre est née d’une conversation avec Mark Hudson. Il rejette la nécessité d’y voir une citation intentionnelle de « Day Tripper ». Le nom de Colvin, quant à lui, n’est ni celui d’une compositrice de l’œuvre ni celui d’une productrice : c’est un crédit d’interprète invitée.
9. Write One For Me — Willie Nelson et la pedal steel
Cette chanson Starkey–Hudson–Burr se présente comme un duo vocal de Ringo avec Willie Nelson. La liste instrumentale comprend Steve Dudas à l’électrique, Gary Burr à l’acoustique, Mark Hudson à la basse, Jim Cox à l’orgue Hammond, Jay Dee Maness à la pedal steel et Mickey Raphael à l’harmonica. Timothy B. Schmit contribue également aux voix.
Le générique possède une cohérence country évidente, portée par la présence de Nelson, par l’harmonica de son compagnon de longue date Mickey Raphael et par la pedal steel de Maness. Cela ne transforme pas le morceau en composition de Willie Nelson : son rôle sur cette œuvre est celui de chanteur invité, et les signatures publiées restent celles de Starr, Hudson et Burr.
10. What Love Wants To Be — l’accordéon de Van Dyke Parks
Le dixième titre, signé Starr, Hudson et Gary Burr, comporte une guitare solo de Burr et un accordéon de Van Dyke Parks. Il convient de distinguer Parks comme instrumentiste de son travail, beaucoup plus large, de compositeur et d’arrangeur sur d’autres projets. Ringo conserve les fonctions vocales et rythmiques principales.
La présence de Parks sur une plage de Ringo confirme les liens du batteur avec la pop orchestrale américaine, sans faire de lui le producteur de l’album. Le musicien retrouve aussi l’accordéon sur deux autres titres, ce qui offre un axe d’analyse de l’unité instrumentale de la seconde moitié du disque.
11. Love First, Ask Questions Later — une composition de groupe
La onzième piste est attribuée à Starkey, Hudson, Gary Burr et Dean Grakal. L’accompagnement met en valeur le noyau instrumental plutôt qu’un duo avec une célébrité extérieure. Jim Cox, Gary Burr, Mark Hudson, Steve Dudas et Ringo doivent être documentés dans leurs rôles propres.
Il s’agit d’une bonne illustration de ce que l’on perdrait en limitant l’histoire de Ringo Rama à quatre noms : Clapton, Gilmour, Nelson et Colvin. La continuité de l’album dépend surtout de musiciens, d’auteurs et d’ingénieurs présents sur une grande partie des sessions.
12. Elizabeth Reigns — hommage domestique et Van Dyke Parks
Notice individuelle de Elizabeth Reigns (2003) : Ringo Starr et les musiciens de Ringo Rama →
L’avant-dernière chanson associe notamment l’accordéon de Van Dyke Parks et des contributions vocales dont certaines sont présentées sous des noms familiers ou humoristiques. Ringo et les Roundheads construisent une pièce personnelle, qu’il ne faut pas interpréter comme une participation de la famille royale britannique.
Une fiche de catalogue doit distinguer les noms d’artistes, les pseudonymes de pochette et les membres de la famille de Starr identifiés par des témoignages ou par les crédits. Les noms imprimés doivent être préservés tels quels avant d’être normalisés, avec renvoi aux personnes vérifiées.
13. English Garden — Barbara Bach, Van Dyke Parks et Let ‘Em In
Notice individuelle de English Garden (2003) : Ringo Starr et les musiciens de Ringo Rama →
La treizième chanson contient une référence autorisée à « Let ‘Em In » de Wings. Les notices spécialisées donnent ainsi un crédit à Paul et Linda McCartney pour les éléments empruntés, en plus des auteurs principaux. Paul ne devient pas pour autant musicien du master de 2002. Ringo chante et joue de la batterie, tandis que Dan Higgins intervient à la clarinette, Gary S. Grant à la trompette et Van Dyke Parks à l’accordéon.
Ringo a expliqué en 2003 avoir demandé à Paul l’autorisation d’utiliser les paroles de la chanson des Wings. Le titre est également associé à Barbara Bach et à l’univers domestique du couple. La filiation d’œuvre et l’identité des instruments permettent d’éviter une attribution anachronique de basse ou de voix de McCartney sur l’album.
I Really Love Her — la plage cachée enregistrée par Ringo seul
Après le programme ordinaire figure « I Really Love Her », titre bref caché à la suite d’« English Garden ». Les crédits détaillés lui attribuent tous les instruments, notamment voix, guitares, basse, batterie et percussions, à Ringo lui-même. Ce n’est donc pas une rencontre avec un invité extérieur, mais une démonstration de polyvalence au sein d’un album très collectif.
Le crédit d’auteurs mérite une attention particulière : certaines listes abrégées le donnent à Richard Starkey seul, tandis qu’une fiche spécialisée cite également Mark Hudson et Dean Grakal. La photographie du livret et le dépôt d’œuvre doivent départager les variantes. De même, la plage peut être indexée comme piste distincte dans certaines éditions numériques mais accolée à la dernière piste sur un CD de 2003.
Fiche documentaire de la piste cachée I Really Love Her →
Les trois bonus et la Deluxe Edition de novembre 2003
Guide des supports : KOCCD 8429, coffret Koch 9533 et double LP de 2025 →
« Blink », « OK Ray » et « I’m Home » sont ajoutées à l’édition Deluxe de novembre 2003 ; des sources les associent à des travaux de bande originale envisagés pour un film. Le coffret comprend trois disques : un CD d’album enrichi, une émission d’entretien de type Ringo Rama Radio Hour et un DVD consacré à la fabrication de l’album.
Ces supports représentent des documents hétérogènes. Une plage parlée du Radio Hour n’est pas une nouvelle chanson ; une vidéo de séance n’implique pas une nouvelle prise publiée. Les trois bonus, en revanche, constituent des œuvres musicalement distinctes qui doivent être répertoriées et reliées à leurs auteurs.
Les éditions nationales et la publication vinyle de 2025
Le Japon reçoit un CD Koch/Victor référencé VICP-62263 selon les catalogues. Le disque original de 2003 est aussi recensé dans la famille Koch 8429 et dans différentes configurations américaines. Une liste de matrices et de codes-barres doit être construite à partir des exemplaires, pas par simple transfert du code d’une annonce en ligne.
La série Friday Music de 2025 offre pour la première fois un pressage vinyle double LP de l’album, avec les trois bonus du coffret. Un fabricant présente une édition violette translucide en pochette ouvrante, masterisée par Joe Reagoso, sous la famille FRM 9533/9534. Certaines annonces ne s’accordent pas parfaitement sur l’indexation de « I Really Love Her » comme plage autonome : l’examen du vinyle et des étiquettes reste indispensable.
Études comparatives et collection
2003–2005 : Gilmour, Clapton, Randolph et Steve Dudas, les guitares de Ringo Starr →
Ringo Rama : un groupe d’écriture permanent, des invités pour des chansons précises
Pourquoi l’album ne peut pas être raconté comme une réunion de toutes les vedettes
Ringo Rama, enregistré en 2002 et publié le 25 mars 2003, réunit un personnel exceptionnel. Le rôle de Mark Hudson et de Ringo comme producteurs donne sa cohérence à ce corpus, mais les musiciens de chaque titre ne sont pas les mêmes. La présence de David Gilmour, Eric Clapton, Willie Nelson, Van Dyke Parks ou Shawn Colvin ne signifie pas que ces artistes ont joué ensemble dans une séance géante. Certaines contributions sont instrumentales, d’autres vocales, et leurs conditions d’enregistrement doivent être documentées individuellement. Une page de synthèse doit décrire le rôle du collectif stable sans transférer tous les invités à tous les masters.
Le passage de Mercury à Koch modifie également les conditions éditoriales du projet. La sortie du disque, la promotion de ses chansons et la présence de suppléments vidéo relèvent d’une nouvelle organisation commerciale après les difficultés de distribution des albums précédents. Le changement de label ne constitue pas une nouvelle formation musicale en soi. Les Roundheads conservent leur activité alors que l’éditeur change, ce qui démontre que le partenariat artistique ne dépend pas intégralement d’une même maison de disques.
Willie Nelson, les voix et les accords de Write One for Me
« Write One for Me » réunit Ringo au chant avec Willie Nelson, tandis que Gary Burr et Timothy B. Schmit figurent aux voix selon les crédits de la chanson. Steve Dudas tient une guitare électrique, Jay Dee Maness la pedal steel et Jim Cox l’orgue Hammond. Cette distribution met en relation plusieurs traditions sonores américaines dans un projet marqué par la voix immédiatement reconnaissable de Ringo. Une steel guitar peut prolonger certains accords et une voix invitée peut créer un dialogue interprétatif ; pour en attribuer le détail note par note, il reste nécessaire de confronter le mix à une transcription d’écoute.
Le rôle de Willie Nelson ne fait pas de cet enregistrement une séance de son propre groupe. Il intervient dans une chanson publiée sous le nom de Starr, au milieu de musiciens choisis pour cette production. La présence de Gary Burr comme coauteur de l’œuvre illustre encore la différence entre les partenaires d’écriture et ceux qui interprètent la version finale.
Les invités de guitare n’effacent pas Steve Dudas
Le prestige de Clapton ou Gilmour attire naturellement l’attention, mais Dudas participe à la préparation et aux accompagnements de plusieurs chansons. Une guitare rythmique peut établir les renversements d’accords et les accents sur lesquels viendra se poser un solo invité. La documentation doit donc préserver la place du guitariste permanent. Sur certains titres, Gary Burr ou d’autres membres de l’équipe peuvent assurer des fonctions voisines, mais il serait imprudent d’en déduire une division fixe des tâches qui vaudrait pour tout l’album.
Une édition de disque n’est pas un nouvel album de sessions
Les éditions comportant un DVD de studio et la version Deluxe avec trois bonus élargissent notre accès aux chansons, mais ne constituent pas automatiquement de nouvelles sessions. Les vidéos peuvent montrer des moments de fabrication sans donner un compte rendu exhaustif des jours de prise. Les bonus peuvent provenir de travaux antérieurs à la première édition. Un catalogue doit donc distinguer la prise initiale, son mix et la date de publication de chaque support. Cette règle explique pourquoi une édition numérique contemporaine et un CD de 2003 ne doivent pas être additionnés comme deux collaborations indépendantes.
L’étude Mark Hudson et les Roundheads, de 1991 à 2008 expose l’histoire des personnes et de leur méthode ; les fiches de Ringo Rama conservent, titre par titre, les instruments, variantes et décisions de publication.
Ringo Rama : Gary Burr, Dave Way et la frontière entre atelier, invités et édition
Le rôle du coauteur dans un album construit par plusieurs métiers
Ringo Rama, publié en 2003, marque une étape où les Roundheads disposent d’une expérience commune importante. L’écriture des chansons, leur préparation au studio et les interventions d’invités doivent être décrites comme des fonctions distinctes. Gary Burr participe à ce réseau comme auteur, guitariste et chanteur selon les morceaux. Les crédits ne permettent pas d’en conclure que son jeu de guitare apparaît sur les treize masters, ni qu’il a assisté à toutes les interventions enregistrées par les autres participants.
Un thème musical peut venir d’une chanson développée au sein du groupe, puis recevoir un solo de David Gilmour ou d’Eric Clapton à une étape ultérieure. Cette présence devient une contribution au master, sans en faire automatiquement une coécriture. Le fait d’inviter un artiste de premier plan est une décision artistique importante, mais elle ne doit pas effacer le travail de préparation des musiciens réguliers.
La division de la production et du mix
La responsabilité de Mark Hudson et de Ringo Starr à la production ne se confond pas avec celle de Dave Way au mixage. Un disque dont les chansons ont été enregistrées dans plusieurs lieux demande un travail d’unification des niveaux et des espaces. La mise en place de cette cohérence peut modifier fortement la perception finale d’un instrument, sans changer le nom de la personne qui l’a joué. Les décisions prises au moment du mixage ne sont pas toujours identifiables à l’écoute, et le générique ne décrit pas nécessairement l’intégralité des opérations techniques.
Une édition enrichie doit conserver sa provenance
Les trois bonus et les versions comportant un DVD permettent de découvrir d’autres objets liés au projet, mais ils ne constituent pas mécaniquement de nouvelles journées d’enregistrement. Le support et la date de publication doivent être distingués de la bande dont une chanson provient. Cette prudence s’applique également à une réédition sur vinyle publiée longtemps après les sessions : elle élargit l’histoire éditoriale de l’album, pas sa distribution originale de musiciens.
Pour comprendre les rôles humains et la naissance du collectif, voir l’étude consacrée à Gary Burr et le portrait technique de Scott Gordon, dont le périmètre principal est celui des premiers Roundheads. La présente page garde une autre fonction : établir les crédits, les chansons, les éditions et les variantes de Ringo Rama lui-même.
Sources et degré de certitude
Sources : The Beatles Bible, fiche d’album et fiches individuelles ; The Beatles Bible, entretiens cités à propos de « Never Without You » ; livret 2003 transcrit dans Musik-Sammler ; Where’s Eric!, discographie Clapton et contenu du coffret ; site de vente de l’édition Deluxe 2003 reproduisant les programmes des trois disques ; Friday Music et détaillants de l’édition double LP 2025.
Références : https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/albums/ringo-rama/ ; https://www.musik-sammler.de/release/ringo-starr-ringo-rama-cd-564337/ ; https://whereseric.com/discography/eric-clapton-guest-appearance-recordings-studio-all-recordings-ordered-20/ ; https://soundstation.dk/shop/4-all-products/136476-ringo-rama—-2003-us-kock-label-3-disc-special-deluxe-edition-cddvd-set/ ; https://www.hottracksmusicstore.com/products/ringo-starr-ringo-rama-2lp-limited-deluxe-edition-translucent-purple-colored-vinyl ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/english-garden/ . Points encore ouverts : attribution éventuelle de Gilmour sur « Instant Amnesia », crédit d’auteurs de « I Really Love Her », matrices et variantes de mastering, identification phonographique précise des références à Roy Orbison.












