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Postcards From Paradise (2015) : les onze chansons et toutes les collaborations musicales de Ringo Starr

Steve Lukather, Todd Rundgren, Joe Walsh, Peter Frampton, Richard Marx, Van Dyke Parks et l’All-Starr Band : auteurs, voix, instruments, séances et pressages.

Le projet : onze chansons nouvelles et des collaborations ciblées

Postcards From Paradise est le dix-huitième album studio de Ringo Starr, publié le 31 mars 2015 chez Universal Music Enterprises. Sa fabrication, entre 2014 et 2015, confirme un mode de travail devenu familier : Ringo lance des bases rythmiques et vocales dans son studio de Los Angeles, invite des compositeurs à développer des idées et confie des overdubs à des musiciens dont il connaît le jeu. L’ensemble ne doit pas être assimilé à l’enregistrement d’un groupe unique. Chaque chanson possède des auteurs et une distribution propres.

Le communiqué d’Universal du 29 janvier 2015 et l’annonce officielle des Beatles du 17 février mettent en avant une première : un titre écrit et enregistré avec l’All-Starr Band alors en activité. Cette précision concerne « Island In The Sun », et non chacune des onze chansons de l’album. Les invités extérieurs incluent Joe Walsh, Peter Frampton, Dave Stewart, Richard Marx, Van Dyke Parks, Steve Lukather, Benmont Tench, Nathan East, Amy Keys, Glen Ballard et d’autres collaborateurs plus discrets. Une partie de ces personnes écrit, d’autres jouent ou chantent ; plusieurs cumulent ces fonctions.

Ringo est crédité à la production, Bruce Sugar à l’enregistrement et au mixage en collaboration avec lui, Chris Bellman au mastering. La présence continue de Sugar est importante pour saisir l’évolution depuis Y Not et Ringo 2012 : son rôle technique, ainsi que ses claviers programmés, ne doivent pas être confondus avec la production assumée par Ringo. Les sources situent les principales séances au studio Roccabella West de Los Angeles, tout en citant également un studio au Royaume-Uni pour certaines parties.

La méthode de composition : un rythme avant la chanson achevée

Dans des entretiens accordés à l’occasion du lancement, Ringo raconte qu’il commence fréquemment par une idée rythmique, un clavier de référence et sa batterie. Il propose ensuite à un partenaire d’écriture de choisir un thème ou une esquisse parmi plusieurs. Cela explique que le disque puisse réunir, au sein d’une même esthétique de batterie, des signatures aussi différentes que Joe Walsh, Richard Marx, Todd Rundgren, Van Dyke Parks ou Gary Burr.

Cette méthode de composition ne donne pourtant pas au percussionniste un monopole sur les arrangements finaux. Un co-auteur peut participer à l’harmonisation, un guitariste peut contribuer à une nouvelle partie après la mise en place du chant, et des choristes peuvent être enregistrés séparément. Les notes publiques ne permettent pas d’attribuer une date à tous les overdubs ; l’encyclopédie conserve la période 2014–2015 lorsqu’aucune feuille de studio plus précise n’est disponible.

1. Rory And The Hurricanes — Ringo et Dave Stewart racontent les années avant les Beatles

Le morceau d’ouverture est signé Richard Starkey et David A. Stewart. Il complète une série de souvenirs de Liverpool inaugurée avec « Liverpool 8 » (2008), prolongée par « The Other Side Of Liverpool » (2010) et « In Liverpool » (2012). Ici, Ringo revient sur Rory Storm and the Hurricanes, le groupe avec lequel il jouait avant son recrutement par les Beatles. Dans les interviews de 2015, il raconte notamment les déplacements vers Londres, les repas frugaux et le fossé social entre musiciens de Liverpool et public du sud de l’Angleterre.

Les crédits donnent Ringo au chant et à la batterie, Stewart à la guitare, Michael Bradford à la basse, Jason Borger aux claviers et Double Treble aux voix. Les Hurricanes des années 1960 ne participent pas à l’enregistrement de 2015 : leur présence est narrative, comme Rory Storm lui-même. Cette distinction entre sujet historique et personnel réel doit demeurer visible dans les métadonnées de la chanson.

2. You Bring The Party Down — une coécriture avec Steve Lukather

Cette deuxième chanson associe Ringo à Steve Lukather, guitariste de Toto et membre de l’All-Starr Band. Le relevé détaillé donne Ringo au chant, à la batterie et aux percussions ; Lukather à la guitare, à la basse synthétique et aux voix, Bruce Sugar à un synthétiseur imitant le sitar, Amy Keys et Kari Kimmel aux chœurs. Cette configuration s’écarte des chansons où Nathan East assure la basse traditionnelle.

Lukather a décrit le titre comme une composition humoristique élaborée avec Ringo. C’est une coécriture clairement documentée, pas la preuve que l’intégralité du groupe Toto est venue au studio. Le personnage et la dynamique du texte ne permettent pas non plus d’établir une histoire personnelle précise : la source d’auteur est plus solide que les interprétations biographiques.

3. Bridges — Joe Walsh revient comme co-auteur et guitariste

« Bridges » est cosignée Starkey–Joe Walsh. La troisième chanson donne à Ringo chant, batterie, percussions et claviers, à Walsh guitare et chœurs, à Bruce Sugar des claviers, tandis qu’Amy Keys, Kari Kimmel et Steve Lukather complètent les voix. Le partenariat Walsh–Ringo est ancien, mais cette apparition constitue une nouvelle œuvre cosignée en 2014–2015 ; elle ne doit pas être regroupée avec le morceau « Fill In The Blanks » de 2010.

Les crédits de Walsh cumulent écriture, instrument et voix. Le présenter seulement comme « guitariste invité » sous-estimerait sa contribution ; le décrire comme réalisateur du disque l’exagérerait. La production de l’album reste attribuée à Ringo, avec l’ingénierie de Bruce Sugar.

4. Postcards From Paradise — Todd Rundgren et le langage des titres des Beatles

La chanson-titre est signée Richard Starkey et Todd Rundgren. Des expressions faisant référence aux titres du catalogue des Beatles et à plusieurs chansons solo forment un jeu de reconnaissance pour les auditeurs. Il faut distinguer cette série d’allusions verbales d’un véritable medley de bandes originales : rien dans les crédits examinés ne démontre que des masters EMI de 1963 à 1970 aient été échantillonnés pour fabriquer l’accompagnement.

Ringo chante, joue de la batterie, des percussions et des claviers ; Todd Rundgren est associé aux chœurs, Joe Walsh à une intervention de guitare dans certaines transcriptions de livret, Bruce Sugar au piano et aux synthétiseurs. La distribution instrumentale détaillée doit être vérifiée sur l’édition physique concernée, car certaines fiches condensées donnent des listes générales sans ventiler chaque guitare. La coécriture Starkey–Rundgren, elle, est documentée.

5. Right Side Of The Road — Richard Marx et Peter Frampton

« Right Side Of The Road » est une des deux chansons signées par Ringo avec Richard Marx. Peter Frampton joue de la guitare, Benmont Tench de l’orgue, Bruce Sugar des claviers et synthétiseurs ; Amy Keys, Kari Kimmel, Steve Lukather et Richard Marx sont crédités aux voix. Ringo ajoute ici, outre sa batterie et ses percussions, une partie de guitare décrite comme une guitare reggae dans les crédits généraux de l’album.

Dans un entretien de 2015, Starr explique comment une expression de départ a conduit à l’écriture du titre avec Marx. Cette genèse permet de distinguer l’idée initiale du musicien qui l’a développée. Les chœurs de Marx et la guitare de Frampton constituent des prestations distinctes ; ni l’un ni l’autre n’assure seul la production.

6. Not Looking Back — Richard Marx, Dave Stewart et Nathan East

Deuxième œuvre cosignée Starr–Richard Marx, « Not Looking Back » bénéficie d’une formation étoffée : Richard Marx apporte guitare et chœurs, David A. Stewart des guitares, Nathan East la basse, Benmont Tench le piano, Ann Marie Simpson du violon et Bruce Sugar des claviers ainsi que des cordes synthétiques. Amy Keys, Windy Wagner et Richard Page figurent aux voix. Ringo assure le chant et la batterie.

Ringo a expliqué que l’idée de départ proposée par Marx pouvait évoquer une séparation, tandis qu’il souhaitait insister sur le mouvement vers l’avenir et la continuité de sa vie avec Barbara Bach. La différence entre les intentions des deux auteurs éclaire le travail de coécriture ; elle ne prouve pas l’existence d’une première version publiée aux paroles différentes.

7. Bamboula — une maquette Clav Funk transformée avec Van Dyke Parks

« Bamboula » est signée Ringo et Van Dyke Parks. La chanson s’est d’abord présentée sous le titre de travail « Clav Funk ». Parks joue piano, accordéon et synthétiseur, et participe à l’orientation harmonique ; Lee Thornburg est au trombone, Amy Keys, Windy Wagner et Richard Page aux voix. Ringo conserve chant, batterie et percussions.

Cette pièce prolonge une relation de composition déjà documentée sur « Samba » (2012) et « Walk With You » (2010). Le nom « Bamboula » ne doit pas être automatiquement assimilé à un emprunt phonographique ancien ou à la présence de musiciens d’une tradition précise : les crédits commerciaux attestent des instruments et des personnes. L’origine de chaque motif et le rôle éventuel d’autres arrangements réclament des sources plus directes.

8. Island In The Sun — première œuvre de studio d’une formation All-Starr Band

La huitième piste est un événement historique. Les auteurs sont Richard Starkey, Todd Rundgren, Steve Lukather, Richard Page, Gregg Rolie, Warren Ham et Gregg Bissonette. Les instrumentistes effectivement nommés sur le master sont Ringo au chant, à la batterie et aux percussions ; Lukather à la guitare et aux voix ; Page à la basse et aux voix ; Rolie à l’orgue ; Ham au saxophone, aux claviers et aux voix ; Bissonette aux percussions, à la trompette, aux steel drums et aux voix.

Le point essentiel : Todd Rundgren est coauteur, mais ne figure pas parmi les instrumentistes de cette prise dans la notice individuelle de The Beatles Bible. Le morceau est né d’une idée de soundcheck initiée par Gregg Rolie et développée au fil des répétitions, puis par une séance d’écriture collective. L’All-Starr Band est d’ordinaire connu comme une formation de concert interprétant des succès de différents artistes ; ce titre lui donne pour la première fois, sous cette configuration, une œuvre studio commune. Un dossier autonome est justifié.

9. Touch And Go — Gary Burr, Nathan East et Jimmy Z

Ce morceau est cosigné par Ringo et Gary Burr, un partenaire des Roundheads actif depuis la fin des années 1990. Steve Dudas joue de la guitare, Nathan East de la basse, Benmont Tench de l’orgue et Jimmy Z de l’harmonica ; Amy Keys, Kari Kimmel et Steve Lukather apparaissent aux chœurs. Ringo chante, tient la batterie et les percussions.

Gary Burr est ici auteur, mais la liste de musiciens ne lui attribue pas automatiquement une guitare sur cette prise. La sessionographie doit préserver la différence entre l’identité des coauteurs et celle du groupe instrumental. Le titre représente aussi une forme de continuité après la séparation de Ringo avec Mark Hudson.

10. Confirmation — nouvelle collaboration avec Glen Ballard

« Confirmation » est signée Ringo Starr et Glen Ballard, qui avait notamment participé à « Y Not » et « Anthem ». Ballard joue du piano, tandis que Nathan East figure à la basse, Steve Dudas à la guitare, Lee Thornburg à des cuivres et Jimmy Z au saxophone selon les crédits récapitulatifs de l’album. Bruce Sugar participe au dispositif de claviers et d’enregistrement.

L’étude des crédits rappelle que le nom du coauteur ne se confond pas avec celui du réalisateur : l’album est produit par Starr. Une comparaison ultérieure entre les déclarations des auteurs et le livret pourrait préciser la part des paroles et des harmonies de Ballard, sans inventer de partage contractuel.

11. Let Love Lead — Peter Frampton et Gary Nicholson concluent l’album

Le dernier morceau est signé Starr et Gary Nicholson. Ringo y chante et joue batterie, percussions et piano ; Peter Frampton et Gary Nicholson sont crédités à la guitare, Nathan East à la basse et Amy Keys aux voix. Frampton est notamment distingué par un solo de guitare, que Ringo évoque avec admiration dans un entretien accordé à Billboard en avril 2015.

Cette collaboration renouvelle la relation de Ringo avec Gary Nicholson, déjà présent dans « Never Without You » et « Peace Dream ». Le programme se referme ainsi sur un réseau de musiciens qui traverse plusieurs décennies plutôt que sur un simple défilé de vedettes du moment.

Les éditions pour collectionneurs : CD, LP et variantes de catalogue

AllMusic répertorie pour 2015 plusieurs références CD et vinyle, notamment la famille 5013729 pour un CD, 4723644 pour une édition Universal et 5016489 pour le vinyle. Les onze chansons sont publiées dans le même ordre sur le programme standard. Les notices de détaillants peuvent reproduire la même référence sans préciser le pays de fabrication : il faut donc relever le numéro complet, l’EAN, les codes IFPI, le disque et l’insert avant de créer des sous-pressages.

Le caractère plus ambitieux de cette édition par rapport à Ringo 2012 se lit également dans la durée : un peu moins de 44 minutes pour onze chansons, contre moins de 30 minutes pour neuf titres en 2012. Cette comparaison n’établit pas une meilleure qualité artistique ; elle décrit un changement de format et de répertoire. Aucun bonus national ne doit être annoncé sans photographie ou notice fabricant authentifiée.

Chronologie publique, réception et sources

L’annonce du 29 janvier 2015 par Universal est suivie d’une communication officielle sur thebeatles.com le 17 février. L’album paraît le 31 mars, quelques semaines avant l’entrée de Ringo au Rock and Roll Hall of Fame au titre de l’Award for Musical Excellence en avril. Le communiqué du label annonçait une cérémonie le 8 avril, tandis que l’événement d’intronisation se déroule le 18 avril : ces deux dates divergentes doivent être attribuées au calendrier de communication plutôt que fusionnées.

Sources principales : Universal Music Canada, communiqué du 29 janvier 2015 ; thebeatles.com, communiqué du 17 février ; The Beatles Bible, fiches individuelles « Rory And The Hurricanes », « You Bring The Party Down », « Bridges », « Right Side Of The Road », « Not Looking Back », « Bamboula », « Island In The Sun », « Touch And Go » et « Let Love Lead » ; AllMusic, éditions 2015 ; livret Roccabella/UMe pour vérification des crédits complets. Références : https://www.universalmusic.ca/2015/01/29/ringo-starrs-announces-march-31-album-release-postcards-from-paradise/ ; https://www.thebeatles.com/postcards-paradise ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/island-in-the-sun/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/rory-and-the-hurricanes/ ; https://www.allmusic.com/album/postcards-from-paradise-mw0002824156 . Les sessions exactes de chaque overdub, les matrices de CD et la présence des chansons sur d’éventuels promos demeurent ouvertes.