Yellow-Sub.net · 2017 · UMe · Roccabella West
Give More Love (2017) : quatorze titres, crédits détaillés et collaborations de Ringo Starr
Paul McCartney sur deux chansons, Jeff Lynne sur un bonus, quatorze masters différents : une enquête titre par titre sur les musiciens, les auteurs et les nouvelles versions.
Une nouvelle étape après Postcards From Paradise
Give More Love, dix-neuvième album studio de Ringo Starr, paraît le 15 septembre 2017 en numérique et sur CD chez UMe ; le vinyle suit le 22 septembre, selon l’annonce officielle du 10 juillet. Sa structure comporte dix compositions contemporaines et quatre plages supplémentaires qui réactivent des chansons de son catalogue. Le disque se situe ainsi au croisement de trois histoires distinctes : le studio personnel du musicien à Los Angeles, le réseau de co-auteurs constitué depuis les années 1990 et la réinterprétation réfléchie d’enregistrements plus anciens.
Comme sur ses albums précédents, Ringo organise les séances autour de Roccabella West. Bruce Sugar prend en charge l’enregistrement, l’édition numérique et le mixage avec Starr. Les grands noms annoncés dans la communication ne forment pas un groupe permanent : chaque morceau possède une distribution spécifique. Le rôle de McCartney, présent sur deux plages seulement, ne doit donc pas être étendu à la totalité de l’album.
Le projet d’album country envisagé avec Dave Stewart n’a pas abouti sous cette forme. Il laisse cependant des traces dans « So Wrong For So Long », tandis que d’autres compositions relèvent du rock, de la ballade et des couleurs rhythm and blues. Cette diversité de styles traduit moins une absence de ligne directrice que l’habitude de Ringo de construire chaque chanson avec un partenaire d’écriture différent.
1. We’re On The Road Again — le retour de Paul McCartney
Écrite par Richard Starkey et Steve Lukather, la première chanson est bâtie sur une situation familière : la route, la tournée et le fait de continuer à jouer. Le titre rapproche le quotidien du All-Starr Band de l’énergie d’une réunion entre amis. Ringo assure le chant principal, la batterie et les percussions ; Lukather intervient aux guitares et aux claviers, Jim Cox au piano, Paul McCartney à la basse.
Le groupe vocal de soutien constitue une collaboration en soi : Paul McCartney, Joe Walsh, Steve Lukather, Edgar Winter, Richard Marx, Gregg Bissonette, Gary Nicholson et Georgia Middleman apparaissent parmi les choristes crédités. Une présence aux chœurs ne signifie pas que chacun joue également un instrument sur le titre. C’est tout l’intérêt d’une sessionographie morceau par morceau : elle évite de transformer un générique collectif en un personnel instrumental fictif.
La basse de McCartney est un fait matériel, attesté dans les crédits et repris par les sources spécialisées. Son chant de soutien est également documenté. Ce titre illustre la manière dont les deux anciens Beatles travaillent ensemble plusieurs décennies après leur séparation : non comme un groupe reformé mais à l’intérieur du projet solo de l’un d’eux.
2. Laughable — Peter Frampton coauteur et guitariste
Enquête détaillée : Laughable : Ringo Starr, Peter Frampton et Benmont Tench (2017) →
Ringo signe « Laughable » avec Peter Frampton, qui joue la guitare et contribue aux chœurs. Benmont Tench assure les claviers, tandis que Timothy B. Schmit, Richard Page et Amy Keys complètent les voix de soutien. Le disque distingue ainsi clairement la coécriture, le jeu instrumental et la participation vocale.
Frampton et Starr se sont déjà croisés dans l’univers des grandes tournées et des ensembles de musiciens invités. Ici leur entente produit une chanson achevée plutôt qu’une apparition scénique. Le crédit d’ingénierie additionnelle de Matt Legge concerne cette plage et ne doit pas être généralisé à toutes les séances de l’album.
3. Show Me The Way — seconde basse de McCartney
Enquête détaillée : Show Me The Way : la seconde basse de Paul McCartney pour Ringo (2017) →
Le titre composé par Starr et Lukather accueille, une nouvelle fois, Paul McCartney à la basse. Lukather enregistre guitare et claviers, Jim Cox l’orgue ; Timothy B. Schmit, Richard Page et Amy Keys assurent les chœurs. Cette seconde contribution de McCartney est instrumentale : contrairement au morceau d’ouverture, il n’est pas crédité parmi les choristes de « Show Me The Way ».
Pour le collectionneur, cette précision permet de retrouver les deux véritables interventions de McCartney au sein du programme principal. L’intitulé de la chanson ne doit pas la faire confondre avec le grand succès de Peter Frampton : il s’agit d’une composition originale Starr–Lukather pour l’album de 2017.
4. Speed Of Sound — Richard Marx, Peter Frampton et Nathan East
Enquête détaillée : Speed Of Sound : Ringo, Richard Marx et le talkbox de Peter Frampton →
Richard Marx partage l’écriture avec Ringo. Sur le master, Marx joue de la guitare acoustique et chante dans les chœurs ; Steve Lukather apporte la guitare, Peter Frampton le solo, Nathan East la basse. Les voix additionnelles de Windy Wagner et d’Amy Keys participent à une texture pop-rock plus orchestrée.
La présence de Frampton sur cette chanson ne lui donne aucun crédit de composition : auteur et soliste sont deux fonctions à distinguer. « Speed Of Sound » constitue un cas d’école pour des fiches encyclopédiques qui séparent l’œuvre abstraite, la prise enregistrée et les fonctions de chacun.
5. Standing Still — Gary Burr et la couleur americana
Enquête détaillée : Standing Still : Ringo, Gary Burr et la batterie programmée de Bruce Sugar →
Le morceau, signé Starkey et Gary Burr, associe la guitare acoustique de Burr, la guitare de Steve Dudas, le dobro de Greg Leisz et la basse de Nathan East. Gary Burr et Georgia Middleman chantent également les harmonies. Bruce Sugar est crédité à la programmation de batterie, en plus des percussions et du chant de Ringo.
Le mélange de sonorités acoustiques et de travail programmé rappelle que l’album n’oppose pas une supposée authenticité « live » à la fabrication numérique. Les couches rythmiques peuvent appartenir à des étapes différentes du processus d’enregistrement. Les crédits permettent de les nommer, mais pas de dater chaque overdub.
6. King Of The Kingdom — Dave Stewart, Van Dyke Parks et Edgar Winter
Enquête détaillée : King Of The Kingdom : Van Dyke Parks, Dave Stewart et Edgar Winter (2017) →
« King Of The Kingdom » est écrit par Starr avec Van Dyke Parks. Dave Stewart et Steve Dudas jouent de la guitare, Nathan East de la basse, Edgar Winter du saxophone ; Bruce Sugar contribue aux claviers et à la programmation. Les chœurs réunissent Windy Wagner et Amy Keys.
Le nom de Van Dyke Parks apparaît ici au titre de la composition : aucune preuve équivalente n’impose de le créditer comme instrumentiste de la prise finale. La distinction est essentielle, d’autant que Parks est lui-même un arrangeur et musicien très actif. Les génériques se lisent par titre et par fonction, jamais par simple association de célébrités.
7. Electricity — Glen Ballard, Joe Walsh, Don Was
Enquête détaillée : Electricity : Ringo Starr, Glen Ballard, Joe Walsh et Don Was (2017) →
Cette collaboration avec Glen Ballard réunit un effectif très différent : Joe Walsh à la guitare, Don Was à la basse, Benmont Tench aux claviers et Ballard au piano électrique Rhodes, ainsi qu’aux chœurs. Ringo tient la batterie, le chant principal et les percussions.
Le réseau musical est plus vaste que l’étiquette de « retrouvailles entre rock stars ». Ballard vient d’une tradition d’écriture et de production pop, Was possède un parcours de bassiste et de producteur, et Walsh apporte son style de guitariste. Les crédits n’autorisent pas à attribuer la production du titre à chacun de ces invités : la production générale reste attribuée à Ringo Starr.
8. So Wrong For So Long — la piste country de Dave Stewart
Starr écrit cette chanson avec David A. Stewart, qui intervient à la guitare. Greg Leisz apporte la pedal steel, Jim Cox les claviers, Nathan East la basse, tandis que Gary Burr et Georgia Middleman assurent les chœurs. Le disque conserve là une trace convaincante de l’orientation country envisagée avant que le projet ne prenne sa forme définitive.
Il serait toutefois abusif d’en déduire qu’une version complète de l’album country a été achevée puis abandonnée. Les entretiens et les crédits établissent une idée de départ et la présence de ce morceau ; ils ne fournissent ni une liste de bandes achevées ni un programme alternatif vérifié.
9. Shake It Up — Gary Nicholson et les racines du rock
Enquête détaillée : Shake It Up : Ringo Starr, Gary Nicholson, Don Was et Edgar Winter (2017) →
Coécrite avec Gary Nicholson, cette chanson fait dialoguer la basse acoustique de Don Was, la guitare de Steve Dudas, la guitare acoustique de Nicholson et le piano d’Edgar Winter. Windy Wagner et Amy Keys soutiennent le refrain. L’instrumentation évoque un rock ancré dans des traditions plus anciennes, sans qu’il faille inventer une séance commune enregistrée « en direct ».
Don Was réapparaît ici en tant que contrebassiste après avoir joué sur « Electricity », où il est crédité à la basse. La différence de désignation instrumentale mérite d’être conservée dans la base de données plutôt que résumée par la seule mention « basse ».
10. Give More Love — un manifeste et un hang drum
Enquête détaillée : Give More Love : Ringo, Gary Nicholson et le hang drum de Gregg Bissonette →
Le morceau qui donne son nom à l’album est cosigné par Gary Nicholson. Steve Dudas tient la guitare, Matt Bissonette la basse, Jim Cox les claviers, Timothy B. Schmit, Richard Page et Amy Keys les chœurs. Greg Bissonette est crédité au hang drum, instrument de percussion mélodique : il ne faut pas transformer cette mention en un crédit de seconde batterie.
Le texte poursuit la thématique du « peace and love » associée à Ringo depuis des décennies. Elle devient ici le fil rouge explicite d’une chanson collective, mais le casting de studio reste plus restreint que celui des multiples invités du disque.
11. Back Off Boogaloo — de la bande ancienne au nouveau master
Enquête détaillée : Back Off Boogaloo (2017) : Ringo, Jeff Lynne, Joe Walsh et la bande retrouvée →
La version ajoutée en bonus ne constitue pas un simple clonage du single de 1972. L’annonce officielle explique qu’elle naît de la redécouverte d’une ancienne bande de travail lors d’un déménagement. Ringo enregistre de nouvelles parties, Joe Walsh joue de la guitare électrique, Jeff Lynne de la guitare acoustique, Nathan East de la basse et Bob Malone du piano.
George Harrison demeure une figure historique capitale de « Back Off Boogaloo », mais il faut distinguer sa participation aux séances et à la production de l’original de 1972 des interventions nouvellement effectuées pour cette édition de 2017. La mention de Harrison dans certains crédits de production renvoie à l’histoire de la bande, pas à une séance contemporaine avec le guitariste décédé en 2001.
12. Don’t Pass Me By — Vandaveer et un rôle instrumental inattendu
Enquête détaillée : Don’t Pass Me By (2017) : Ringo au piano avec Vandaveer, pas à la batterie →
L’ancien titre des Beatles reçoit une nouvelle interprétation sous l’impulsion du groupe Vandaveer. Mark Charles Heidinger joue guitares et basse et partage le chant avec Rose Guerin et Ringo ; J. Tom Hnatow intervient aux guitares et à la résonatrice, Robby Cosenza à la batterie, aux percussions et à l’harmonica. Ringo est crédité au chant et au piano, non à la batterie, sur ce master.
Duane Lundy assure la production et l’enregistrement de cette collaboration. L’exemple corrige une confusion récurrente : même lorsqu’une chanson porte la signature de Richard Starkey, il ne faut pas supposer que Starr est le batteur de toutes ses relectures publiées.
13. You Can’t Fight Lightning — une nouvelle version venue de Stockholm
Enquête détaillée : You Can’t Fight Lightning : Ringo Starr et Alberta Cross à Stockholm (2017) →
Le groupe Alberta Cross revisite un morceau enregistré à l’origine dans l’entourage de l’album Stop And Smell The Roses. La nouvelle session est associée aux studios Fred’s Kitchen de Stockholm et au travail de Petter Ericson Stakee et Peter R. Ericson à la production et à l’arrangement. Ringo y ajoute son chant.
Petter Ericson Stakee et Matthew Pynn sont aux guitares, Fredrik Aspelin à la batterie et aux percussions, Erik MacQueen à la basse, Pete Remm à l’orgue Hammond et au piano. Les chœurs associent notamment Stakee, Viktor Buck et Peter R. Ericson. Ce générique atteste une véritable nouvelle équipe enregistrée pour le bonus, et non une réédition inchangée de l’ancienne prise.
14. Photograph — Vandaveer reprend la chanson de 1973
Pour « Photograph », l’autre contribution de Vandaveer, Mark Charles Heidinger joue guitare acoustique et basse et partage le chant avec Rose Guerin et Ringo. J. Tom Hnatow joue de la guitare ; Robby Cosenza est crédité à la batterie et aux percussions. La production et l’enregistrement sont attribués à Duane Lundy.
La composition originale demeure liée à Ringo Starr et George Harrison. Mais ni la simple qualité de coauteur de Harrison, ni sa présence sur la version historique de 1973, ne doivent se substituer au personnel de cette nouvelle interprétation. L’ensemble des quatre bonus raconte précisément comment Starr reconfigure son répertoire avec des partenaires de générations différentes.
Bilan : plusieurs cercles, pas une réunion permanente
Le bilan de l’album est un réseau de coopérations qui se recoupent. McCartney apporte deux basses ; Lukather agit comme coauteur et instrumentiste sur plusieurs chansons ; Frampton, Richard Marx, Gary Burr, Van Dyke Parks, Glen Ballard, Dave Stewart et Gary Nicholson occupent chacun une place d’écriture propre ; Walsh, Edgar Winter, Nathan East, Don Was et les choristes enrichissent des masters particuliers. Les quatre bonus introduisent un second réseau, celui de nouvelles prises et de bandes historiques.
Le catalogue physique exige lui aussi de séparer le programme principal des plages supplémentaires, de vérifier la pagination des éditions et de ne pas confondre les dates de sortie CD, numérique et vinyle avec celles des prises. L’objet discographique de 2017 n’est pas une unique session ; c’est un assemblage de chansons dont les métiers, lieux et temporalités diffèrent.
Cette étude fournit le socle de notices spécialisées à développer : les deux basses de McCartney, la bande retrouvée de « Back Off Boogaloo », les prises Vandaveer, et l’intervention d’Alberta Cross à Stockholm.
Études transversales et guides des éditions
Au-delà des fiches consacrées à chacune des chansons, les notices suivantes confrontent les crédits des différents masters, les collaborations artistiques et les éditions physiques documentées.
Give More Love (2017) : éditions CD, SHM-CD japonais, vinyle et quatre bonus
Lire l’étude spécialisée, avec sources et précautions de catalogage →
Paul McCartney et Ringo Starr en 2017 et 2019 : trois basses, un hommage
Lire l’étude spécialisée, avec sources et précautions de catalogage →
Ringo Starr, Peter Frampton, Richard Marx et Steve Lukather : les guitares de 2017
Lire l’étude spécialisée, avec sources et précautions de catalogage →
Vandaveer et Alberta Cross : trois nouvelles versions pour Ringo en 2017
Lire l’étude spécialisée, avec sources et précautions de catalogage →
Sources et degré de certitude
Sources principales : communiqué officiel Ringo Starr du 10 juillet 2017 (ringostarr.com/ringo-announces-new-album-give-more-love-available-september-15/) ; crédits détaillés de l’album reproduits dans la discographie officielle de Steve Lukather ; relevé de personnels Sessiondays (21 octobre 2017) ; notice de l’édition CD européenne UMe dans MusicBrainz. Les divergences de quelques désignations instrumentales restent signalées lorsqu’elles influent sur l’attribution.
Les dates de chaque prise instrumentale, les numéros de bande et la répartition exacte de certains overdubs demeurent non publiés. Aucun détail supplémentaire n’est présenté ici comme une certitude sans pièce d’archive ou crédit de livret.












