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Yellow-Sub.net · Étude documentaire et sessionographie · 1976
Rotogravure piste par piste : la véritable carte des musiciens de 1976
Deux batteries, trois bassistes, plusieurs pianistes, cuivres, marimba et mariachi : les noms, les fonctions et les crédits à confirmer.
Trois strates pour lire les onze enregistrements
Un atlas des musiciens de Ringo’s Rotogravure devient véritablement utile lorsqu’il sépare les auteurs des chansons, les personnes ayant participé à leur enregistrement et les professionnels intervenus dans la production ou l’édition du disque. Ainsi, « Pure Gold » est écrit par Paul McCartney, mais Ringo assure le chant principal et des musiciens de studio construisent l’accompagnement. Sur « Cookin’ (In the Kitchen of Love) », Lennon cumule composition et piano, alors que George Harrison n’est pas crédité comme guitariste du master de « I’ll Still Love You ». Ces différences sont au cœur de l’histoire de leurs collaborations, plus encore que le simple nombre d’anciens Beatles cités sur la pochette.
Le deuxième niveau de lecture concerne les effectifs instrumentaux. « Cryin’ » se distingue par la pedal steel de Sneaky Pete Kleinow, « This Be Called a Song » par Eric Clapton et les steel drums de Robert Greenidge, tandis que « Las Brisas » mobilise une formation mariachi. La présence de Jim Keltner aux côtés de Ringo sur plusieurs pistes doit être documentée sans présumer une prise simultanée pour chaque chanson. Enfin, le troisième niveau concerne les variantes d’édition : les durées, les montages de singles et les crédits imprimés peuvent différer sans modifier l’œuvre de départ.
Un atlas ne remplace pas les monographies
Les notices sur les instruments et les pressages développent respectivement les effectifs de studio et la circulation commerciale. L’index doit permettre d’atteindre ces deux études, non les dupliquer.
Atlas de référence : comment utiliser ces onze attributions sans multiplier les versions
Cette page est l’atlas instrumental de référence pour les onze pistes de Ringo’s Rotogravure. Chaque nom est rattaché à une chanson et à un instrument précis ; les informations qui ne sont attestées qu’au générique général du LP restent qualifiées comme telles. La vérification documentaire doit commencer par les étiquettes et le livret du Polydor britannique original, puis comparer les relevés des pressages américains et les rééditions : un autre numéro de catalogue ne suffit pas à créer un second master. Le microsillon britannique contient notamment « Spooky Weirdness », pièce finale dont la présence n’est pas toujours indiquée sur la couverture et l’étiquette ; l’index doit conserver cette particularité matérielle.
Une seconde étude thématique de la même période a été conservée en archive de lecture, sans indexation concurrente : elle explique la diversité des timbres et des métiers de studio. Le présent atlas reste la porte d’entrée canonique pour les recherches « musiciens », « batterie », « guitare », « claviers » ou « onze titres ».
Une équipe variable et non un groupe permanent de onze chansons
L’album « Ringo’s Rotogravure » rassemble des sessions construites autour du chanteur-batteur et du producteur Arif Mardin, mais sa distribution instrumentale change d’une plage à l’autre. Les listes générales associent Peter Frampton, Jesse Ed Davis, Eric Clapton, Danny Kortchmar, Lon Van Eaton, Dr John, John Lennon, les McCartney, Jim Keltner ou Klaus Voormann. Elles ne signifient pas que tous ces musiciens aient joué ensemble sur chacun des onze titres. Une analyse par piste est donc indispensable : elle permet de restituer la fonction exacte de chaque participant, de préserver les remplacements d’instruments et d’identifier les cas où une contribution est uniquement une chanson offerte.
A Dose of Rock ‘n’ Roll : Frampton, Davis et les cuivres
La plage d’ouverture est composée par Carl Groszmann, auteur associé à Ring O’ Records. La liste individualisée donne Peter Frampton, Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar aux guitares ; Klaus Voormann à la basse ; Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries ; des cuivres avec Randy Brecker, Alan Rubin, Michael Brecker, George Young et Lewis Delgatto. Melissa Manchester, Duitch Helmer, Joe Bean et Vini Poncia participent aux voix. The Beatles Bible attribue également un piano à John Lennon, information dont la répartition entre séances mérite un contrôle de bande. Il faut donc distinguer le personnel mentionné du moment précis de l’intervention.
Hey! Baby : la reprise de Bruce Channel et les Mad Mauries
« Hey! Baby » réunit notamment Lon Van Eaton à la guitare, Cooker Lo Presti à la basse, John Jarvis aux claviers et Ringo avec Keltner aux batteries. Une formation de cuivres participe à l’arrangement, tandis que les chœurs et claquements de mains sont associés au groupe des Mad Mauries. Les crédits individuels des cuivres comportent une variation de transcription entre Alan Young et Alan Rubin selon les documents ; il ne faut pas résoudre la divergence par intuition. Le nom de Bruce Channel et celui de Margaret Cobb correspondent à l’œuvre originelle, sans les placer dans le studio de Ringo en 1976.
Pure Gold : Klaus Voormann à la basse, Paul et Linda aux voix
Le master de « Pure Gold » est construit avec Lon Van Eaton à la guitare, Klaus Voormann à la basse, Jane Getz et John Jarvis aux claviers, Ringo Starr et Jim Keltner aux batteries et George Devens aux congas. Paul McCartney écrit la chanson et chante les chœurs avec Linda lors d’une intervention ultérieure. Il ne faut pas substituer Paul à Voormann à la basse par analogie avec les Wings. La participation de Linda est vocale et non instrumentale dans les crédits consultés. Les dates de l’overdub varient entre le 17 et le 19 juin ; il faut conserver le conflit sans inventer deux journées de voix certaines.
Cryin’ : Pete Kleinow et la couleur country-rock
« Cryin’ » est une coécriture Richard Starkey–Vini Poncia. Le master comporte la pedal steel guitar de Sneaky Pete Kleinow, la guitare de Lon Van Eaton, le piano de John Jarvis, le piano électrique d’Arif Mardin, la basse de Cooker Lo Presti et les deux batteries de Ringo et Jim Keltner. L’instrument de Kleinow ne saurait être inscrit comme une simple guitare électrique : sa technique et sa couleur donnent une dimension country particulière au morceau. Le crédit de Mardin au piano électrique rappelle qu’un producteur peut également jouer sur une bande, sans pour autant devenir coauteur de la chanson.
You Don’t Know Me at All : Dave Jordan auteur, Orloff aux cordes
La composition de Dave Jordan est servie par un groupe avec Lon Van Eaton à la guitare, Cooker Lo Presti à la basse, Jim Keltner et Ringo aux batteries, John Jarvis aux claviers, Duitch Helmer et Vini Poncia aux voix. Le travail de cordes est associé à Gene Orloff. Des publications de 45 tours européens présentent des variantes de mixage dont la réalité audio doit être vérifiée à l’écoute des exemplaires. Il faut éviter de confondre les crédits des parties orchestrales, l’auteur de la chanson et un éventuel réalisateur du single : ce sont trois fonctions différentes.
Cookin’ : John Lennon au piano et Will Lee à la basse publiée
« Cookin’ (In the Kitchen of Love) » est écrit par Lennon, qui joue du piano au cours des séances de 1976. Danny Kortchmar joue de la guitare et Dr John de la guitare électrique ainsi que de l’orgue ; Jim Keltner joue de la batterie, King Errisson des percussions et Melissa Manchester ainsi que Duitch Helmer des voix. Les notes historiques signalent un remplacement de la basse initiale de Klaus Voormann par celle de Will Lee. C’est l’un des rares cas pour lesquels la différence entre personnel de la prise de base et personnel du master est explicitement racontée. Un catalogue ne doit pas présenter deux bassistes simultanés si l’un a été remplacé.
I’ll Still Love You : George Harrison auteur absent de la séance
La chanson a été écrite par George Harrison, mais il ne joue pas sur la version de Ringo. Le master contient notamment Lon Van Eaton à la guitare, Klaus Voormann à la basse, Jane Getz au piano, Ringo et Jim Keltner aux batteries et David Lasley aux voix. La partition possède une histoire plus ancienne sous les titres « Whenever » et « When Every Song Is Sung ». Ces étapes d’écriture ne sont pas des bandes enregistrées par Harrison lors de la session Ringo de mai 1976. L’attribution auteur Harrison doit être conservée, tandis que les instruments qu’il n’a pas joués doivent rester associés aux musiciens réellement enregistrés.
This Be Called a Song : Eric Clapton auteur et guitariste
Eric Clapton écrit « This Be Called a Song » et intervient lui-même à la guitare, à la différence de Harrison sur « I’ll Still Love You ». La formation citée comprend Lon Van Eaton à une autre guitare, Klaus Voormann à la basse, Jane Getz au piano, Ringo et Jim Keltner aux batteries et Robert Greenidge aux steel drums. Melissa Manchester et Vini Poncia sont crédités parmi les chœurs ; la forme « Joe Bean » ou « Joe Esposito » mérite un recoupement de pochette. La distinction entre auteur présent au studio, auteur absent et musicien de session constitue ici l’un des fils directeurs de l’album.
Las Brisas : Ringo aux maracas et un véritable ensemble mariachi
« Las Brisas » déplace l’album vers une formation de mariachi présentée comme Los Galleros de Pedro Rey. L’œuvre est cosignée Richard Starkey et Nancy Lee Andrews ; Ringo tient le chant et les maracas, tandis que Vini Poncia participe aux voix. Les instruments traditionnels cités comprennent guitares, trompettes et violons selon les relevés, mais l’ensemble des exécutants n’est pas nommé individuellement dans les sources accessibles. Il serait donc faux de recopier les doubles batteries et les bassistes réguliers des morceaux rock sur cette plage. Une formation exceptionnelle doit posséder une fiche exceptionnelle.
Lady Gaye : marimba, saxophones et Harry Nilsson
Le master de « Lady Gaye » comporte Danny Kortchmar et Jesse Ed Davis aux guitares, Klaus Voormann à la basse, Dr John aux claviers, Ringo et Jim Keltner aux batteries et George Devens au marimba. Une section de saxophones réunit notamment Michael Brecker, Lou Marini et Lewis Delgatto. Harry Nilsson et David Lasley chantent des chœurs. Le morceau est une coécriture associant Richard Starkey, Vini Poncia et Clifford T. Ward ; les erreurs de transcription « Clifford T. Gaye » doivent être corrigées. La présence de Nilsson ici ne signifie pas qu’il chante sur les onze titres.
Spooky Weirdness : l’improvisation que les crédits détaillent mal
La dernière plage possède un statut différent de celui des dix chansons. Généralement décrite comme une improvisation de studio ou un bref fragment spontané, « Spooky Weirdness » ne possède pas une liste d’auteurs et d’instrumentistes aussi stable que les autres enregistrements. Les minutages varient selon les éditions et les répertoires. Il ne faut donc ni attribuer mécaniquement tous les musiciens du LP à ce fragment, ni considérer qu’il n’existe pas faute d’un crédit de composition ordinaire. Le phonogramme figure effectivement au programme de 1976 : c’est un fait de publication, même si sa genèse demeure plus obscure.
Le rôle réel des deux batteries
Jim Keltner joue aux côtés de Ringo sur une grande partie de l’album, mais cette présence d’un second batteur ne peut être utilisée comme modèle universel. Sur « Las Brisas », les maracas et le mariachi remplacent l’effectif de rock ; sur « Spooky Weirdness », le personnel reste insuffisamment précisé. Les sections de batterie des autres chansons demanderaient une écoute de multipistes avant qu’on attribue tel break à Keltner plutôt qu’à Starr. La matrice de crédits doit donc indiquer l’instrumentiste présent au master, sans fabriquer de transcription rythmique non documentée.
Les claviers : Lennon, Dr John, Getz, Jarvis et Mardin
La richesse des claviers du disque tient à la diversité des interprètes. John Lennon joue du piano sur « Cookin’ », Dr John de l’orgue et d’autres claviers sur plusieurs titres, Jane Getz ou John Jarvis du piano sur des chansons spécifiques, Arif Mardin du piano électrique sur « Cryin’ ». Chaque mention doit être reliée à une œuvre et à un master individuels. Une ligne générale « piano : Lennon, McCartney, Dr John » serait doublement trompeuse : Paul est ici auteur et choriste de « Pure Gold », et les pianistes ne se trouvent pas tous sur les mêmes morceaux.
Une échelle de preuves pour les créditer honnêtement
Le dossier utilise quatre niveaux : crédit original de pochette ou de disque ; crédit individualisé dans une discographie spécialisée ; témoignage daté d’un participant ; attribution discutée, conservée comme hypothèse. La première catégorie fixe les mentions de 1976, mais peut elle-même comporter des fautes de nom. La deuxième aide à la ventilation par plage, sans remplacer les feuilles de bande. Les deux dernières permettent de corriger des informations ou d’ouvrir des pistes de recherche. Ce classement doit accompagner les crédits litigieux du piano sur « A Dose of Rock ‘n’ Roll », des choristes de « This Be Called a Song » et du personnel de « Spooky Weirdness ».
Sources et suite du chantier
Polydor 2302 040, première édition britannique du LP ; Atlantic SD 18193, édition américaine ; The Beatles Bible, fiches de onze chansons, journal de mai et juin 1976 et liste des musiciens ; JPGR, livret et document de pochette ; discographies de sessions consacrées à Eric Clapton, John Lennon et aux studios Cherokee ; Yellow-Sub.net, fiches individuelles déjà publiées des onze titres. Les attributions encore contestées restent signalées et ne sont pas converties en certitudes d’instrument, de date ou de prise.












