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Yellow-Sub.net · Ingénierie, mixage et production · 2024–2026
Michael Piersante et Ringo Starr : le mixage de Look Up et Long Long Road
Des prises de batterie de Roccabella aux mixes stéréo de Studio Z : le travail de l’ingénieur de T Bone Burnett, ses méthodes et ses responsabilités sur les deux albums country.
En janvier 2025, la sortie de Look Up attire naturellement l’attention sur les musiciens country invités par Ringo Starr et sur T Bone Burnett, qui dirige la production. Pourtant, l’album est aussi le résultat d’un travail de transformation sonore accompli par des ingénieurs aux fonctions complémentaires. Parmi eux, Michael Piersante apparaît comme une figure centrale de la mise en forme du master stéréo. Son nom revient sur le disque suivant, Long Long Road (2026), dont les crédits officiels désignent à nouveau Piersante comme responsable du mixage. Cette permanence justifie une étude particulière, distincte des notices consacrées au producteur, au coécrivain Daniel Tashian ou à Bruce Sugar, ingénieur historique de Ringo.
Il faut commencer par définir les métiers. Un crédit d’enregistrement identifie la personne responsable de la capture d’un instrument ou d’une voix ; le montage assemble les éléments retenus ; le mixage équilibre les pistes et construit leur rapport dans un espace stéréo ; le mastering prépare un résultat destiné à la publication. Dans la chaîne de Look Up, plusieurs personnes participent à ces opérations, dans des lieux différents. Attribuer à Piersante la totalité du travail de studio serait aussi inexact que de créditer à Burnett chaque microphone installé chez Ringo. Le dossier cherche donc à retracer les fonctions démontrées par les livrets et les témoignages plutôt qu’à hiérarchiser artificiellement les contributions.
Les deux contributions instrumentales de Piersante sur Long Long Road
Le générique détaillé de Long Long Road en 2026 attribue à Michael Piersante les claquements de mains sur « Why » et le tambourin sur « You and I (Wave of Love) ». Ces interventions musicales sont indépendantes de sa responsabilité principale au mixage, réalisé à The Village Studio Z, à Los Angeles. Sur « Why », les percussions sont créditées à Michael Stankiewicz ; l’identité des deux prénoms et leur présence dans une même production ne justifient pas de fusionner les intervenants. Le tambourin de « You and I (Wave of Love) » est bien celui de Piersante et ne doit pas être transféré au nom de Stankiewicz.
Le générique général mentionne en outre Piersante parmi les ingénieurs responsables des enregistrements réalisés à Los Angeles, avec Bruce Sugar. Le découpage exact de leur travail ne peut être reconstruit par le seul livret : un nom au niveau de l’album ne prouve pas la présence sur chaque prise individuelle. Dans une fiche discographique, il est indispensable d’enregistrer trois informations séparées : mixage de l’album, prise de son à Los Angeles et participations instrumentales localisées sur deux titres. Il faut également ne pas confondre les claquements de mains de Piersante sur « Why » avec ceux de David Mansfield sur « It’s Been Too Long ».
Cette précision complète la fiche consacrée à Mike Stankiewicz, qui établit les trois tambourins et la partie de percussions de ce dernier. Les deux enquêtes ont des périmètres distincts : l’une étudie l’ingénieur de Nashville et ses quatre titres ; l’autre suit le mixeur californien et ses deux interventions instrumentales.
Avant Ringo : une histoire d’ingénierie auprès de T Bone Burnett
Le parcours de Michael Piersante auprès de T Bone Burnett précède largement la phase country de Ringo. Dans l’enquête publiée en juillet 2025 par le journaliste Matt Hurwitz dans Mix, Piersante revient sur ses débuts auprès du producteur à Los Angeles dans les années 1990, alors qu’il travaillait dans l’environnement de Sunset Sound. Après plusieurs expériences comme assistant, il devient un collaborateur régulier de Burnett et prend part à divers projets des années 1990 et 2000, notamment autour de la bande originale O Brother, Where Art Thou?. Ce contexte explique qu’il soit sollicité lorsque Burnett entreprend un nouveau cycle de productions country avec Ringo.
Cette ancienneté ne signifie pas que Piersante et Ringo aient réalisé ensemble une longue série d’albums avant Look Up. L’ingénieur rejoint le projet par le réseau professionnel de Burnett et de Nashville. Leur association appartient au contexte de la production des années 2020, non à celui des sessions Apple ou de la période Roundheads. Déterminer ce point est important pour une encyclopédie : un technicien peut posséder une carrière très longue sans que tous ses disques soient des collaborations directes avec l’artiste étudié.
Studio Z à Village Recorders : un centre de montage et de mixage
Le reportage de Mix situe une partie essentielle du travail de Piersante au Studio Z, installé au sein des Village Recorders à Los Angeles. L’espace dispose d’une console Neve Genesys Black et d’un environnement hybride, associant des composants analogiques à une station Pro Tools. L’ingénieur y travaille aussi avec des préamplificateurs et équipements de traitement choisis pour la sonorité recherchée par Burnett. Le fait que la console commande un système numérique ne signifie pas que le disque soit entièrement conçu à l’aide de traitements informatiques ni qu’il évite ceux-ci : les témoignages décrivent précisément une utilisation combinée.
La distinction géographique doit rester nette. Les maquettes et les prises d’accompagnement de Look Up sont préparées dans plusieurs studios du Tennessee, notamment East Iris et Sound Emporium ; Ringo enregistre une grande partie de ses parties de batterie et de chant à Roccabella West, dans la région de Los Angeles, avec Bruce Sugar. Studio Z constitue ensuite un lieu de finalisation, d’enregistrement d’overdubs et de mixage. Ces établissements ne sont pas les noms interchangeables d’une seule pièce, et les crédits de production doivent préciser les opérations qui s’y déroulent.
Des fichiers préparés à Nashville aux prises de batterie de Ringo
La méthode de Burnett commence par des chansons élaborées avec des compositeurs et instrumentistes de Nashville. Daniel Tashian participe à certaines écritures et maquettes ; Dennis Crouch joue de la contrebasse ; Mike Stankiewicz supervise des prises. Le travail est ensuite envoyé à la Californie pour l’intervention de Ringo. Cette succession d’étapes explique pourquoi le disque peut sembler constituer une session collective traditionnelle alors que les éléments ont circulé entre plusieurs lieux et différentes dates.
Après les batteries, Bruce Sugar réalise les premiers choix parmi plusieurs prises et transmet le travail. Piersante peut ensuite effectuer des montages supplémentaires, replacer des détails et recevoir de nouveaux instruments. Le crédit de mixage ne se réduit donc pas à l’action de pousser les faders une fois que toutes les bandes sont figées : le témoignage montre qu’une étape de préparation et de sélection précède la balance finale, sans que l’on puisse attribuer à une seule personne la totalité des choix musicaux. Le rôle du producteur reste déterminant.
Le reportage atteste des séances de mars à juillet 2024, avec des parties de batterie enregistrées dans l’environnement habituel de Ringo et divers overdubs réalisés à Nashville ou dans des studios de Los Angeles. Les contributions de Billy Strings, Molly Tuttle, Alison Krauss, Larkin Poe et d’autres invités sont apportées selon des calendriers différents. Le mixage de Piersante intègre cette diversité sonore dans un programme commun de onze titres. Les dates des prises, des overdubs et du mixage doivent être conservées séparément, sous peine de transformer une production par étapes en réunion imaginaire de tous les participants.
Du 15 au 30 juillet 2024 : le mixage stéréo de Look Up
Matt Hurwitz situe le travail de mixage stéréo de Piersante du 15 au 30 juillet 2024, à Studio Z. Il s’agit d’un repère documentaire suffisamment précis pour enrichir une sessionographie. Les tâches visent à contrôler l’équilibre d’une instrumentation acoustique importante, comprenant guitares, contrebasse, pedal steel, mandoline, violon et voix supplémentaires, tout en maintenant une place audible à la batterie et au chant de Ringo. Le programme ne repose pas sur une seule batterie enregistrée dans un grand studio : le son de base provient du petit espace domestique de Roccabella.
Le témoignage de Piersante explique que le travail consiste à préserver le caractère immédiatement reconnaissable du jeu de Ringo tout en adaptant les éléments à chaque chanson. Certains morceaux, comme « Breathless », demandent une batterie plus présente et des ambiances accentuées ; une pièce plus acoustique nécessite parfois une intervention moins démonstrative. Ces variations ne remettent pas en cause la constance du son capté par Sugar : elles montrent qu’une même prise peut être intégrée dans des orchestrations et des dynamiques très différentes.
Batterie centrée, guitares séparées et articulation des timbres
L’entretien évoque une préférence pour la clarté de l’image stéréo. Burnett et Piersante privilégient une fondation de basse et batterie assez centrée, avec des guitares réparties de façon nette de part et d’autre, selon les arrangements. Leur approche fait référence à une certaine histoire du mixage rock et country, mais elle n’autorise pas à affirmer que tous les instruments occupent la même place d’un titre à l’autre. Un solo de pedal steel ou une guitare de Billy Strings peuvent demander un traitement différent selon l’arrangement final.
La batterie de Ringo conserve un caractère proche du jeu d’ensemble, malgré le fait que les autres instrumentistes aient travaillé séparément. C’est précisément l’une des difficultés du mixage : éviter qu’une basse enregistrée à Nashville, une batterie saisie dans un domicile et des harmonies ajoutées ultérieurement paraissent étrangères les unes aux autres. Piersante décrit un travail sur les ambiances et la texture des pistes de batterie de manière à les relier aux couleurs de chaque chanson. Les sources ne permettent cependant pas de dresser une liste exhaustive des égalisations, compresseurs et automatisations utilisés sur tous les titres.
L’ingénieur souligne également la nécessité d’écouter les mixages sur plusieurs dispositifs, et non seulement sur des enceintes professionnelles haut de gamme. Cette vérification comparative appartient à la traduction pratique d’un disque vers des conditions d’écoute variées. Elle ne permet pas de conclure à une version différente du master pour chaque appareil, mais elle explique une exigence de lisibilité qui vaut particulièrement pour un disque à la fois acoustique et destiné à la diffusion numérique.
Long Long Road (2026) : la reconduction du mixeur
Le 24 avril 2026, la publication officielle des crédits de Long Long Road confirme que Piersante a assuré le mixage du nouvel album, à The Village Studio Z, Los Angeles. Le producteur principal reste T Bone Burnett, avec Daniel Tashian et Bruce Sugar à la coproduction. La prise de son est attribuée à plusieurs techniciens : Mike Stankiewicz à Nashville, Michael Piersante et Bruce Sugar dans la région de Los Angeles. Cette fois, le nom de Piersante figure donc aussi parmi les responsables d’enregistrement, et pas seulement du mixage.
La distribution de Long Long Road comprend de nouveaux enregistrements et une reprise de « Choose Love », composition antérieure du répertoire de Ringo, interprétée dans un autre contexte. Un tel morceau ne doit pas être catalogué comme la réutilisation directe du master de 2005 : il s’agit d’un nouvel enregistrement inscrit dans la conception country du disque de 2026. Le travail de Piersante porte sur ce programme nouveau, sans qu’une formule générique de crédit permette d’isoler sa présence lors de chaque overdub antérieur.
La répétition de son nom sur les deux albums démontre la continuité d’une méthode de production et de mixage. Elle ne prouve pas à elle seule que les équipements, les horaires de séance ou les traitements aient été identiques en 2024 et dans la réalisation du second disque. Pour les collectionneurs et les historiens du son, l’unité de crédit doit donc être rapprochée des supports et des informations propres à chaque édition.
Mixage stéréo, Dolby Atmos et mastering : ne pas confondre les ingénieurs
Une dernière précision est indispensable. La cinquième partie du reportage Mix attribue le mixage des versions Dolby Atmos de Look Up à Bruce Sugar, dans les studios Blackbird de Nashville. Cette opération est distincte du travail stéréo de Michael Piersante à Studio Z. Le reportage présente aussi, à l’occasion d’une séance d’écoute de novembre 2024, l’ingénieur de mastering Gavin Lurssen. Trois métiers et plusieurs lieux se trouvent ainsi associés à la même œuvre, mais ne relèvent pas du même crédit.
Une fiche encyclopédique solide doit établir le producteur, les coproducteurs, les responsables d’enregistrement, le mixeur stéréo, l’éventuel mixeur immersif et le mastering de chaque support. L’absence de ces distinctions conduit à des attributions spectaculaires, mais historiquement trompeuses. Pour Michael Piersante, l’intérêt documentaire tient précisément à cette contribution finale de mise en forme sonore et à la continuité de la relation avec le producteur des deux albums country de Ringo Starr.
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Limites de l’analyse technique et portée des crédits
Un crédit de mixage atteste la responsabilité artistique et technique d’un professionnel pour une version publiée ; il ne permet pas de reconstituer automatiquement tous les réglages ni tous les appareils employés sur chaque piste. Les entretiens de studio décrivent souvent une méthode générale, tandis que les génériques des albums répartissent les tâches entre enregistrement, prises additionnelles, mixage stéréo, formats immersifs et mastering. Pour Look Up et Long Long Road, ces catégories doivent rester séparées : Michael Piersante n’est pas, du seul fait de son intervention au mixage, l’auteur de toutes les prises de son ou de toutes les décisions de mastering. Les variantes de publication ne sont pas davantage des séances nouvelles lorsqu’elles réemploient les mêmes masters.












