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Yellow-Sub.net · Archives 1970–2021 · 22 jams du Plastic Ono Band

Les 22 jams de Lennon en 1970 : où entend-on vraiment Ringo Starr ?

De Chuck Berry à Carl Perkins, de « Get Back » à Yoko Ono : l’inventaire intégral des improvisations publiées en 2021, avec les précautions indispensables sur les crédits de batterie.

Vingt-deux bandes : le Plastic Ono Band que l’album original ne montrait pas

Lorsque John Lennon entreprend les sessions de John Lennon/Plastic Ono Band à Abbey Road entre septembre et octobre 1970, il n’enregistre pas seulement les onze morceaux qui paraîtront sur son premier 33-tours studio après les Beatles. Entre les tentatives de chansons inédites, le trio formé avec Klaus Voormann et Ringo Starr revient régulièrement au blues, au rock’n’roll et aux standards américains qui constituent leur langage commun. Les magnétophones captent certaines de ces parenthèses. Elles restent longtemps à l’état d’archives, jusqu’à la publication officielle en 2021 d’un programme spécifique de 22 jams, présenté dans l’ordre des enregistrements.

Ce corpus pose une difficulté passionnante. L’équipe officielle de Lennon confirme que ces improvisations proviennent des séances du Plastic Ono Band, une formation au noyau Lennon–Voormann–Starr où s’ajoutent, selon les jours, Yoko Ono, Billy Preston et Phil Spector. Elle ne publie toutefois pas dans la liste commerciale un crédit instrumental nominatif pour chacune des vingt-deux plages. Une bonne encyclopédie ne peut donc ni affirmer que Ringo joue sur tous les titres ni les exclure tous faute d’une fiche détaillée. Il faut publier l’inventaire intégral, hiérarchiser les preuves et identifier les contrôles encore nécessaires.

L’archive n’est pas un album conçu en 1970 pour sortir sous le titre « The Jams ». Elle constitue une sélection documentaire réalisée plusieurs décennies plus tard, à partir de fragments et de bandes conservés. La durée annoncée est d’environ 35 minutes 40 secondes, relativement courte pour vingt-deux entrées, ce qui montre qu’un grand nombre de plages sont de brefs essais plutôt que des interprétations complètes. L’objet est cependant majeur : il éclaire le milieu musical dans lequel Ringo et Lennon travaillent après la séparation des Beatles.

Pourquoi le mot « jam » ne signifie pas « nouvelle chanson de Ringo »

Dans les studios du rock, le terme jam peut désigner une improvisation libre, une reprise spontanée, un test de son, un passage de répétition ou un morceau commencé sans projet d’édition. Tous ces objets n’ont pas la même valeur discographique. Le simple fait que Lennon fredonne un standard entre deux prises ne permet pas de le classer comme un enregistrement achevé. De même, si l’on entend un rythme frappé pendant un test, il faut vérifier l’identité du musicien et la nature de l’objet sonore avant de créer une nouvelle ligne dans la sessionographie de Starr.

Le principal intérêt des vingt-deux jams n’est donc pas la possibilité d’ajouter artificiellement vingt-deux collaborations au total affiché dans l’index. L’intérêt se trouve dans les gestes de répétition, dans la culture rock’n’roll commune du groupe, dans la présence de titres associés à la jeunesse des Beatles et dans les pièces qui annoncent une composition future de Lennon. Chaque plage mérite d’être décrite, mais avec une étiquette de certitude adaptée : crédit direct, rattachement à une séance documentée ou présence instrumentale encore à vérifier.

Pour les archives dont la distribution exacte reste incertaine, la meilleure désignation est : jam du Plastic Ono Band, membre ou membres de la formation à confirmer piste par piste. Cette formulation conserve le document dans l’histoire du groupe sans transformer une hypothèse de personnel en performance attestée de Ringo. Les notes originales des bandes et les feuillets du livre de 132 pages joint au coffret devraient être prioritaires pour approfondir cette attribution.

Le début de l’inventaire : Chuck Berry, Fats Domino et les deux « Hold On »

Les quatre premières plages sont « Johnny B. Goode », « Ain’t That A Shame », « Hold On (1) » et « Hold On (2) ». Le premier morceau renvoie à Chuck Berry et au vocabulaire de guitare électrique qui a profondément marqué les Beatles. Le second rappelle Fats Domino, figure capitale du rhythm and blues de La Nouvelle-Orléans. Les deux essais de « Hold On » appartiennent, quant à eux, à une composition de Lennon qui deviendra l’une des plages du LP original.

Ce voisinage est révélateur. L’archive fait passer l’auditeur de modèles historiques du rock à une chanson en train de se construire. Mais la présence d’un « Hold On (1) » dans les jams ne permet pas de l’identifier automatiquement à la prise 1 des trente-deux prises officielles. Les numéros entre parenthèses sont ceux du programme éditorial des jams ; les numéros de prise renvoient au magnétophone des séances. Il faut donc séparer deux systèmes de classement pour ne pas fabriquer une fausse concordance documentaire.

Nous savons en revanche que le master de « Hold On » est la prise 32 du 30 septembre 1970, avec Ringo à la batterie sur les pistes 1 et 2. La fiche déjà publiée sur Yellow-Sub permet de comparer cette certitude avec les improvisations associées au même morceau. L’archive de 2021 documente un environnement de travail ; l’identification exacte des personnels des deux fragments reste à fixer par les notes de bande.

« Glad All Over », « Be Faithful To Me » et « Send Me Some Lovin’ »

Le deuxième groupe comprend « Glad All Over », « Be Faithful To Me » et « Send Me Some Lovin’ ». Ces titres replongent dans la mémoire du rock, du rockabilly et du rhythm and blues. L’importance culturelle de « Glad All Over » est particulière : Carl Perkins en a enregistré une chanson célèbre, et les Beatles avaient puisé abondamment dans son répertoire. « Send Me Some Lovin’ » renvoie au répertoire de Little Richard et à ses reprises ultérieures. « Be Faithful To Me » figure dans le programme officiel mais demande une recherche complémentaire sur l’identification de la composition précise et de son modèle original.

Leur succession manifeste la place des musiques américaines dans la formation des anciens Beatles. En 1970, Lennon et Starr n’ont pas besoin de préparer un concert pour retrouver ces répertoires : une guitare, une basse et des percussions suffisent à raviver le langage appris à Liverpool et à Hambourg. Cette continuité stylistique constitue un excellent sujet de comparaison avec les concerts du Cavern et les reprises enregistrées par les Beatles en 1963–1964.

Il faut toutefois se garder d’un raccourci sur les auteurs et les interprètes. Citer un titre associé à Carl Perkins ou Little Richard ne signifie pas que ces artistes participent aux enregistrements de 1970. Le nom d’un compositeur ou d’un interprète original doit être distingué de l’effectif du studio Lennon, de même que la participation éventuelle de Ringo à la batterie doit être démontrée à partir de la bande concernée.

« Get Back », « Lost John » et « Goodnight Irene » : trois traditions musicales

Les plages huit à dix sont « Get Back », « Lost John (1) » et « Goodnight Irene ». « Get Back » est naturellement associé aux Beatles et à leur période de sessions de janvier 1969. Qu’un morceau de cette époque réapparaisse spontanément dans les improvisations de Lennon est un témoignage sur la mémoire musicale récente du groupe, non une preuve que les Beatles se seraient réunis de nouveau sous leur nom collectif.

« Lost John » appelle une attention particulière dans l’histoire de Ringo. Ce traditionnel de skiffle est lié au répertoire de Lonnie Donegan, artiste dont le rôle dans la naissance du rock britannique est majeur. Le même titre peut circuler sous des appellations légèrement différentes, « Lost John » et « Long Lost John ». Le coffret 2021 en publie deux fragments distincts, au début et à la fin de la série des jams. Une sessionographie doit conserver cette dualité tout en évitant de la confondre avec deux chansons composées par Lennon.

« Goodnight Irene » renvoie à la tradition folk américaine associée notamment à Lead Belly, puis popularisée dans plusieurs interprétations commerciales. Sa présence aux côtés de « Get Back » et « Lost John » montre la variété de la mémoire des musiciens : chanson du répertoire Beatles, skiffle britannique et musique folk américaine peuvent se succéder dans une même période de studio. Leur rapprochement révèle une culture partagée plus qu’il ne reconstitue un programme de concert délibérément composé.

Parodies, théâtre vocal et première esquisse de l’album Imagine

La onzième et la douzième plages sont « You’ll Never Walk Alone (Parody) » et « I Don’t Want To Be A Soldier Mama I Don’t Wanna Die (1) ». La première est une parodie brève, qui rappelle combien le jeu et la dérision font partie du travail de Lennon même à l’époque de son disque le plus austère. La deuxième constitue une tentative précoce d’une chanson qui prendra sa place sur l’album Imagine en 1971.

Pour le chercheur, « I Don’t Want To Be A Soldier » est une pièce particulièrement importante. Elle montre le passage d’une idée testée en 1970 à un enregistrement ultérieur dont le personnel et la production diffèrent. Mais l’existence de cette improvisation antérieure ne prouve pas que Ringo joue sur la version définitive d’Imagine. Ce serait une extrapolation erronée : les sessions de 1971 comprennent d’autres batteurs, notamment Alan White et Jim Keltner selon les morceaux.

La différence entre ébauche de composition et master commercial doit être conservée. On peut signaler que Lennon essaie le morceau durant le cycle de 1970. Il faut ensuite décrire l’enregistrement de 1971 comme une autre étape, avec ses propres crédits. Toute participation de Ringo sur la jam de 1970 exigera une confirmation propre à cette bande.

« It’ll Be Me », « Honey Don’t » et la proximité avec le répertoire de Ringo

Les plages treize et quatorze sont « It’ll Be Me » et « Honey Don’t ». Cette dernière occupe une position centrale dans la mémoire des Beatles : chanson de Carl Perkins, elle fut enregistrée par le groupe avec Ringo Starr au chant pour Beatles For Sale en 1964. La retrouver dans les archives de Lennon est particulièrement suggestif. Mais il ne faut pas considérer automatiquement qu’un fragment de 1970 est interprété par Ringo au chant, simplement parce qu’il l’était six ans auparavant.

Le chanteur d’une prise de 1964 et l’interprète d’un enregistrement de 1970 peuvent être différents, comme peuvent l’être les batteurs. L’identité du morceau et le souvenir du répertoire ne constituent pas un crédit instrumental. La piste « Honey Don’t » est donc un excellent cas d’étude : l’archiviste peut relier les deux performances par l’œuvre d’origine et par l’histoire du groupe, tout en maintenant la description individuelle de chaque enregistrement.

« It’ll Be Me » vient du répertoire américain de la fin des années 1950, souvent associé à Jerry Lee Lewis, et s’inscrit parfaitement dans la séquence rock’n’roll de ces improvisations. Les musiciens du Plastic Ono Band peuvent retrouver ce langage avec une grande spontanéité, mais l’attribution précise de chaque intervention requiert de nouveau une écoute des bandes associée à une source de personnel.

Elvis, « Matchbox » et « I’ve Got A Feeling » : de Hambourg à Abbey Road

Les plages quinze à dix-sept réunissent une parodie d’Elvis Presley incluant des références à « Don’t Be Cruel », « Hound Dog » et « When I’m Over You », puis « Matchbox » et « I’ve Got A Feeling ». Le programme officiel précise qu’il s’agit d’une parodie pour la première, non d’une interprétation de scène préparée en vue d’une sortie commerciale. Lennon imite ici des styles et des chanteurs qui ont façonné son univers musical.

« Matchbox », encore une chanson associée à Carl Perkins, rappelle l’histoire particulière de Ringo : c’est lui qui assurait le chant principal sur l’enregistrement des Beatles de 1964. Sa présence dans les jams de 1970 rend l’enquête particulièrement séduisante. Pourtant, l’association historique de Starr au morceau ne prouve pas sa présence sur cette bande précise. Le bon titre de notice serait « Matchbox — jam du Plastic Ono Band, 1970, personnel à confirmer piste par piste » jusqu’à obtention des crédits ou d’une preuve sonore suffisamment solide.

« I’ve Got A Feeling » renvoie au répertoire écrit par Lennon et Paul McCartney et enregistré durant les dernières sessions des Beatles. Comme « Get Back », sa réapparition suggère une mémoire musicale encore très proche. Là encore, la ressemblance du morceau n’autorise aucune conclusion sur la participation de Paul McCartney à la jam de 1970, puisqu’aucun document consulté ne le place dans cette séance. Il s’agit d’une musique des Beatles jouée, ou évoquée, dans un autre contexte.

« Mystery Train », « You’re So Square » et les dernières bandes

Les plages dix-huit et dix-neuf sont « Mystery Train » et « You’re So Square ». Le premier titre évoque immédiatement Elvis Presley et les racines du rockabilly. Le second, connu aussi sous son sous-titre Baby I Don’t Care, s’inscrit dans la même culture. Ils prolongent la couleur de cette collection, où les musiciens peuvent passer d’un standard à un autre sans transition, comme on le ferait dans une répétition entre amis.

Viennent ensuite « I Don’t Want To Be A Soldier Mama I Don’t Wanna Die (2) », « Lost John (2) » et « Don’t Worry Kyoko (Mummy’s Only Looking For A Hand In The Snow) », qui forment les trois dernières plages. Les numéros (1) et (2) doivent être préservés, car ils signalent deux fragments distincts et non un simple doublon de métadonnées. La dernière plage renvoie explicitement au répertoire de Yoko Ono, dont certaines interprétations de 1969 avec Ringo ont déjà fait l’objet d’une étude séparée.

Mais il faut distinguer ici la jam du coffret de 2021 de la séance de « Don’t Worry Kyoko » de 1969, du concert de Toronto et de celui du Lyceum. Le même titre se retrouve dans plusieurs contextes et avec plusieurs batteurs possibles. Notre méthode reste la même : aucune identité de master, de personnel ou de date ne peut être déduite du seul titre.

Le tableau documentaire implicite : sept familles d’archives

Ces vingt-deux fragments se répartissent en plusieurs familles analytiques. Les classiques de Chuck Berry, Fats Domino, Little Richard et Elvis Presley montrent l’héritage américain du groupe. Les titres liés à Carl Perkins rappellent le rockabilly adopté par les Beatles et particulièrement important dans la carrière de Ringo. « Get Back » et « I’ve Got A Feeling » signalent la rémanence du répertoire collectif. Les deux fragments de « Hold On » documentent la préparation du LP de 1970.

Deux autres « familles » se distinguent : les morceaux qui annoncent l’album Imagine, notamment « I Don’t Want To Be A Soldier », et la présence du répertoire propre de Yoko Ono avec « Don’t Worry Kyoko ». Enfin, « Lost John » témoigne du rôle du skiffle britannique et de Lonnie Donegan, l’une des passerelles décisives entre tradition folk et jeunesse rock de Liverpool.

Cette classification n’est pas une division officielle du coffret : c’est une proposition éditoriale visant à rendre lisible l’inventaire des vingt-deux plages. Le programme d’origine conserve son ordre exact, qui, selon le site officiel de Lennon, suit l’ordre des enregistrements. Cette information rend d’autant plus important de ne pas réordonner artificiellement les fichiers pour leur donner une chronologie historique supposée.

CD, Blu-ray et éditions de 2021 : où trouver les 22 jams ?

La collection complète de 2021 se décline en plusieurs configurations : CD unique, double CD, double vinyle, coffret de six CD et deux Blu-ray audio. Le programme des 22 jams figure dans les éditions étendues, notamment sur le CD 6 du coffret super deluxe, dans la section The Jams & The Demos. Les pistes 1 à 22 de ce CD constituent précisément la série de jams ; les titres suivants du même disque sont des démos et ne doivent pas être ajoutés au total des vingt-deux improvisations.

Les deux Blu-ray audio proposent également le programme des jams dans la présentation haute résolution du coffret. Il ne faut pas affirmer que le double CD standard ou le double vinyle courant comprennent les vingt-deux plages : leurs disques supplémentaires sont principalement consacrés à une sélection de prises alternatives des morceaux de l’album. Pour un collectionneur qui recherche ces improvisations, l’identification du format exact est donc déterminante.

Le label annonce pour le coffret super deluxe 102 pistes sur les six CD et 159 pistes dans les programmes des deux Blu-ray, avec des versions stéréo, multicanales et Dolby Atmos selon les contenus. Ces chiffres ne correspondent pas à autant de compositions différentes, encore moins à autant de collaborations de Starr. Ils mesurent des objets audio et des mixages. La sessionographie doit conserver cette différence de nature.

Les onze longues sessions de Yoko Ono forment un autre programme

Une erreur de classement possible consiste à fusionner les vingt-deux jams du premier album de Lennon avec les longues sessions de Yoko Ono/Plastic Ono Band. Le coffret propose en effet un programme séparé, accessible sur Blu-ray, consacré à la grande improvisation du 10 octobre 1970 avec Ono, Lennon, Voormann et Ringo. Ce programme dépasse une heure cinquante minutes et comprend notamment « Why », « Why Not », « Touch Me », « Paper Shoes » et des improvisations qui n’avaient pas paru sur le LP original.

Pour ce dernier corpus, les crédits officiels identifient explicitement Ringo Starr à la batterie dans la formation enregistrée. La documentation est donc plus directe que pour chacune des vingt-deux jams dispersées. Il faut respecter cette asymétrie : l’identification du groupe sur une grande séance ne doit pas être transposée automatiquement aux autres fragments du coffret.

Les deux ensembles restent toutefois complémentaires. Ils décrivent des musiciens circulant entre une écriture personnelle structurée de Lennon et l’expérimentation libre d’Ono, puis revenant aux chansons américaines apprises dans leur jeunesse. C’est précisément cette circulation qui donne au dossier Ringo Starr une portée encyclopédique au-delà des Beatles.

Le problème de l’attribution des batteries sur les vingt-deux titres

Comment décider si Ringo joue sur « Johnny B. Goode », « Matchbox » ou « Mystery Train » dans ce coffret ? La présence de son nom au crédit général ne suffit pas. Il faudrait au moins l’un des éléments suivants : une fiche de session distinguant le personnel de la jam, une indication explicite du livret, un dialogue sur la bande nommant l’instrumentiste, ou un recoupement indépendant et documenté entre date de séance et feuille de présence. L’écoute peut constituer un indice complémentaire, mais elle ne remplace pas un crédit certain.

La prudence est d’autant plus nécessaire que le Plastic Ono Band change régulièrement de configuration en 1969 et 1970. Alan White assure la batterie de « Instant Karma! » ; Ringo enregistre « Cold Turkey » et plusieurs plages du premier LP ; Yoko Ono intervient dans ses propres sessions. Ce n’est pas un groupe à effectif fixé pour toute sa discographie. L’expression Plastic Ono Band identifie un projet, pas un batteur unique.

Nous proposons ainsi une base en trois degrés : établi pour la présence de Ringo sur une version appuyée par un crédit direct ; plausible mais à vérifier lorsque la jam est clairement rattachée à une séance du trio sans attribution nominative piste par piste ; non attribué lorsque le contexte ne permet pas de trancher. Le fait de classer un titre dans la troisième catégorie n’en diminue pas l’intérêt : c’est une indication transparente pour les chercheurs futurs.

Ce que l’histoire de Ringo gagne à ces bandes

La carrière de Starr est parfois réduite à une série d’albums sur lesquels il est crédité ou à quelques apparitions spectaculaires avec ses anciens partenaires. Les jams montrent une dimension plus intime du métier de musicien : le plaisir d’essayer des standards, de chercher un rythme, de démarrer ou d’interrompre une chanson, de jouer un souvenir musical commun sans prévoir qu’un public l’entendra un jour.

Elles témoignent aussi de la liberté de Lennon. L’auteur de « Mother » et de « God » conserve, au milieu des séances de ses confessions les plus douloureuses, le goût des reprises et de la dérision. Le groupe ne travaille pas dans une atmosphère exclusivement tragique. Les fragments de 2021 permettent de nuancer la légende d’une période purement sombre, sans effacer les préoccupations émotionnelles profondes du disque.

Dans les années Beatles, Ringo s’était construit une culture musicale qui allait du rockabilly à la country en passant par le rhythm and blues. Lorsque des chansons de Carl Perkins, de Fats Domino ou de Lonnie Donegan réapparaissent autour de Lennon, elles montrent la persistance d’un patrimoine commun. Leur examen ne consiste pas à prouver que Ringo jouait toutes ces reprises en 1970 ; il aide à comprendre pourquoi ce langage circulait si facilement entre les anciens membres du groupe.

Fiche de référence pour la sessionographie des archives

Collection : John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection (2021), section The Jams/Live and Improvised. Nombre : 22 fragments officiellement publiés dans l’ordre d’enregistrement ; durée annoncée approximative de 35 min 40. Origine : séances de Lennon et du Plastic Ono Band, 1970, studios EMI. Personnel général du projet : Lennon, Klaus Voormann et Ringo Starr, avec d’autres participants selon les séances.

Statut Ringo : le projet crédite Starr à la batterie, mais le détail de sa présence sur chaque jam n’est pas confirmé par la liste de titres commerciale consultée. Les vingt-deux plages doivent donc rester dans une section « archives à attribuer » et non être ajoutées indistinctement au nombre de collaborations certaines.

Supports : sixième CD du coffret super deluxe, pistes 1 à 22 avant les démos ; programmes haute résolution Blu-ray. À ne pas confondre : programme « The Jams » de Lennon, Raw Studio Out-takes de ses chansons et Yoko Ono/Plastic Ono Band – The Live Sessions du 10 octobre 1970.

Prochaine vérification documentaire : examiner les pages du livret de 132 pages et les feuilles de session, puis confronter chacune des bandes à une date, un instrumentiste et un numéro d’enregistrement, sans inventer des correspondances entre le classement des pistes et les numéros de prises.

Sources et bibliographie

Source primaire : John Lennon Official Website, John Lennon/Plastic Ono Band – The Ultimate Collection (2021) ; rubrique The Jams, personnel général, programme des enregistrements et distinction avec les longues sessions de Yoko Ono.

Source de catalogue primaire : John Lennon Official Website, communiqué de présentation du coffret super deluxe, liste ordonnée des vingt-deux jams et position sur le CD 6 et les Blu-ray. Universal Music, communiqué de sortie du 23 avril 2021, programme par support et information sur les 102 pistes des six CD et les 159 pistes haute résolution.

Sources de contexte : The Beatles Bible, notices « Hold On », « God » et historiques des séances du 30 septembre au 19 octobre 1970 ; livret d’origine du disque de 1970 et recueil d’archives de 2021 pour les crédits individualisés.

Références : https://www.johnlennon.com/music/albums/john-lennon-plastic-ono-band-the-ultimate-collection/ ; https://www.johnlennon.com/news/john-lennon-plastic-ono-band-the-ultimate-collection-deluxe-box-set-%E2%86%92-preorder-now/ ; https://www.universalmusic.ca/2021/04/23/john-lennon-plastic-ono-band-the-ultimate-collection-available-now/ ; https://www.beatlesbible.com/1970/09/30/recording-mixing-hold-on-john-lennon/ .

Consulter les autres études

Le chapitre Lennon et Ringo Starr · « Hold On » et ses 32 prises · Les sessions de Yoko Ono de 1970 · Sessionographie complète des collaborations.