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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Enquête discographique 1972
Ringo Starr et les frères Van Eaton : « Sweet Music », « Another Thought » et les archives Apple
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Deux pistes attestées de Brother, un single produit par George Harrison, et une enquête sur les limites des crédits d’album.
Deux frères américains dans les studios Apple
Lon et Derrek Van Eaton sont deux musiciens originaires du New Jersey qui attirent l’attention d’Apple Records au début des années 1970. Leur histoire musicale est celle d’une transition : la maison de disques fondée par les Beatles tente de développer un catalogue au-delà du groupe, tandis que ses anciens membres participent ponctuellement aux projets de jeunes artistes. George Harrison intervient personnellement dans l’enregistrement de « Sweet Music » ; Klaus Voormann se charge de la production du reste de leur premier album, Brother.
Le titre de l’album renvoie naturellement au duo, mais aussi à une façon de jouer plusieurs instruments au sein d’une même formation. Lon et Derrek assurent eux-mêmes une part importante des guitares, claviers, voix et de la section rythmique. Une liste globale de personnel serait donc trompeuse : l’interprétation doit être reconstruite chanson par chanson, car les invités célèbres n’interviennent pas tous sur les mêmes pistes.
« Sweet Music » : George Harrison à la production, deux batteries
Confirmation éditoriale Apple : le communiqué de la campagne de rééditions Apple Records de 2010, reproduit par The Beatles Bible, précise expressément que George Harrison a produit « Sweet Music » et que Ringo y joue de la batterie. Cette attribution est plus forte qu’un simple crédit global d’album : elle concerne nommément cette chanson. Elle ne permet toutefois pas de déduire la contribution exacte de chaque batteur ni d’étendre le crédit aux bonus de 2012. Communiqué Apple Records (2010).
« Sweet Music » est enregistrée à Londres sous la direction de George Harrison. La distribution documentée comprend les frères Van Eaton, Peter Frampton à la guitare acoustique, Mike Hugg à l’harmonium, ainsi que Ringo Starr et Jim Gordon à la batterie. Phil McDonald assure l’ingénierie de cet enregistrement selon les notices retraçant les séances Apple. L’intérêt de cette formation tient notamment à la réunion de deux batteurs dont les carrières croisent régulièrement les Beatles et leurs proches.
Il est important de ne pas présenter cette séance comme une réunion formelle d’un nouveau groupe. Harrison agit comme producteur et organise les ressources du studio ; Ringo et Jim Gordon sont des musiciens invités. Les sources disponibles établissent leur présence sur le titre, mais elles ne décrivent pas avec précision, mesure par mesure, la répartition des parties entre les deux batteries. Une analyse d’écoute peut suggérer des fonctions rythmiques, sans remplacer la feuille de pistes.
Du studio au single Apple 1845
« Sweet Music » sort aux États-Unis le 6 mars 1972 sous la référence Apple 1845. Ce 45 tours précède la publication de l’album. Pour le discographe, il s’agit d’une information capitale : la date de sortie du single n’est ni la date exacte de sa prise instrumentale ni celle de l’album qui l’accueillera. La face B, « Song of Songs », relève d’un autre contexte de production et ne doit pas recevoir automatiquement les crédits de la face A.
La chanson bénéficie d’une attention particulière de George Harrison, qui croit à son potentiel commercial. Malgré cela, elle n’impose pas les frères Van Eaton dans les classements. Cet écart entre les moyens engagés, la réputation des invités et le résultat public constitue l’un des nombreux épisodes révélateurs des dernières années d’Apple Records comme label de nouveaux artistes.
« Another Thought » : une seconde contribution documentée
La onzième et dernière piste de Brother, « Another Thought », porte également un crédit de batterie pour Ringo Starr. Les relevés piste par piste donnent Klaus Voormann à la basse et T. J. Tindall à la guitare électrique. Ce personnel n’est pas identique à celui de « Sweet Music », qui fait intervenir Peter Frampton et Jim Gordon. Les deux morceaux attestent donc la présence de Ringo dans le même projet discographique, sans permettre de déduire la composition d’une formation unique durant l’ensemble des séances.
Une distinction bibliographique mérite d’être soulignée. « Sweet Music » est le sixième titre de l’album original ; « Another Thought » le onzième. Les crédits de Ringo donnés pour les pistes 6 et 11 correspondent ainsi à ces deux chansons. Les bases qui se limitent à écrire « Ringo Starr — drums » sous la rubrique générale de l’album fournissent une information juste mais insuffisante.
Le catalogue Brother : pressages et chronologie
Le LP est publié aux États-Unis le 22 septembre 1972 sous le numéro Apple SMAS-3390. Le pressage britannique suit le 9 février 1973, avec la référence Apple SAPCOR 25. Ces références, comme les dates, doivent toujours être associées à leur territoire ; écrire seulement « sorti en 1972 » laisse dans l’ombre le décalage entre les éditions américaine et britannique.
L’album est principalement produit par Klaus Voormann, à l’exception de « Sweet Music », produit par George Harrison. Les listes de personnel comprennent aussi Andy Newmark, Richard Davis, T. J. Tindall et plusieurs collaborateurs des studios américains. Cet assemblage transatlantique explique pourquoi il serait inexact d’imaginer toutes les pistes enregistrées dans une même journée londonienne, avec Ringo assis derrière la batterie du début à la fin.
Le cas des autres titres attribués à Ringo
La réédition de 2012 : distinguer les bonus officiels des crédits instrumentaux
La réédition RPM RETRO 912, publiée en 2012, complète les onze morceaux de l’album original avec huit plages : « Home Dear Home », « The Sea », « Song of Songs », « Another Thought (Version 2, with strings) », « Sweet Music (Remix) », « Livin’ », « Can’t Wait » et « Resurrection (Version 2 – Finished Demo) ». « Song of Songs » avait déjà été édité en 1972 sur la face B du single Apple 1845 ; les sept autres ajouts étaient présentés comme inédits dans la chronique de cette réédition. Il faut distinguer le statut de ces bandes de celui des musiciens : le crédit de Ringo sur les plages 6 et 11 du LP original ne se transmet pas automatiquement à une version alternative ou à un morceau écarté. The Second Disc, compte rendu et programme complet de la réédition (2012).
La liste des bonus peut être confrontée à la documentation de la réédition et à la discographie Apple ; une compilation de collectionneur attribue par ailleurs à Ringo « The Sea » et « Get Happy », mais cette dernière affirmation ne saurait être retenue comme crédit confirmé avant vérification du livret ou des bandes. Consulter l’inventaire de collectionneur.
Certains inventaires de collectionneurs ou programmes de compilations non officiels attribuent également à Ringo une batterie sur « Get Happy » ou « The Sea », et recensent une version alternative de « Another Thought ». Ces informations méritent d’être signalées comme pistes de recherche, mais ne doivent pas être confondues avec les crédits du programme original de Brother. Pour accepter ces attributions, il faudrait identifier la provenance des bandes, l’édition de référence et, idéalement, un document de séance ou le livret d’une réédition autorisée.
De même, les annonces radiophoniques réalisées autour de l’album peuvent constituer des objets discographiques à part entière, sans être des chansons du LP. Si Ringo y intervient à la voix, aux percussions ou dans un montage publicitaire, cela appelle une notice séparée avec sa propre source et son propre support.
Comparer les crédits : Bobby Keys, une autre session de 1972
Le cas des Van Eaton offre une leçon discographique : les crédits de Brother attribuent la batterie de Ringo aux plages 6 et 11, tandis que ceux du premier album de Bobby Keys mentionnent Ringo sans identifier clairement les pistes concernées. Il ne faut donc pas leur appliquer le même degré de certitude. Lire l’enquête sur les crédits de l’album Bobby Keys.
Pourquoi ces séances comptent dans la carrière de Ringo
En 1972, Ringo n’est pas uniquement la vedette des disques publiés sous son nom. Les séances Van Eaton le placent dans un écosystème beaucoup plus vaste : George Harrison producteur, Klaus Voormann arrangeur et bassiste, Peter Frampton guitariste invité, Jim Gordon autre batteur sollicité. Ce réseau prouve que les anciennes relations des Beatles continuent de façonner le travail quotidien des studios, au bénéfice de formations qui ne connaissent pas nécessairement la célébrité.
La valeur historique de cette collaboration est précisément là : non dans l’idée spectaculaire d’un « album secret » de Ringo, mais dans deux interventions identifiables où il contribue au disque d’un autre artiste. La petite histoire des sessions complète celle des grands albums solo.
Fiche critique de la participation de Ringo
Artistes : Lon & Derrek Van Eaton. Disque : Brother (Apple, 1972/1973 selon le territoire). Participation documentée : batterie sur « Sweet Music » (piste 6) et « Another Thought » (piste 11). Production : George Harrison pour « Sweet Music » ; Klaus Voormann pour le reste de l’album. Statut : crédits identifiés piste par piste ; dates exactes des prises restant à préciser. Autres bandes : mentions secondaires à vérifier séparément.
Sources et documentation
Éditions originales du LP Brother, Apple SMAS-3390 et SAPCOR 25 ; documentation historique sur le duo ; relevés de personnel et discographie Apple ; étude de collectionneur « Do You Want to Know a Secret — Volume 2 », à utiliser comme piste et non preuve primaire.
Notice discographique et distribution des pistes de Brother · Inventaire de collectionneur et versions rares · Sessionographie générale de Ringo Starr












