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Yellow-Sub.net · Étude discographique · Warner Bros. 1972
Ringo Starr et Bobby Keys : enquête sur les batteries de l’album Bobby Keys (1972)
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Ringo Starr est bien crédité à la batterie sur le premier album solo du saxophoniste Bobby Keys. Mais sur quels titres l’entend-on ? La question exige de distinguer crédit général, véritable session et attribution morceau par morceau.
Un album à la croisée des Rolling Stones et du cercle Beatles
Publié en 1972 chez Warner Bros., l’album Bobby Keys rassemble des musiciens venus du rock britannique, de la scène américaine et des séances qui ont entouré la dissolution des Beatles. Le saxophoniste texan Bobby Keys est alors particulièrement associé aux Rolling Stones : son jeu énergique est notamment célèbre sur « Brown Sugar ». Ce premier album sous son nom ne se résume cependant pas à une réunion d’amis. Il s’agit d’un disque principalement instrumental, organisé autour de compositions collectives et d’arrangements pour cuivres.
Les crédits de production ne concordent pas complètement selon les éditions et catalogues : AllMusic mentionne Bobby Keys, Andy Johns et Jim Gordon, tandis que la fiche de Warner Music Japan nomme Bobby Keys et Jim Price. Cette divergence devra être vérifiée sur les pochettes originales et ne doit pas être effacée par un choix arbitraire. Elles mentionnent des enregistrements à Command Studios, aux studios Olympic et en France, ainsi que les ingénieurs Andy Johns, Chris Kimsey et Andy Hendrikson. Ce fractionnement géographique rend problématique toute tentative de traiter la totalité du programme comme une unique séance de studio.
Ringo : un crédit de batterie certain à l’échelle de l’album
Le personnel relevé par AllMusic inclut explicitement Ringo Starr — drums. Deux autres batteurs sont également nommés : Jim Gordon et Corky Laing. À côté de ceux-ci apparaissent George Harrison, Dave Mason, Leslie West, Nicky Hopkins, Mike Utley, Jim Price, Carl Radle, Jack Bruce, Felix Pappalardi et Klaus Voormann. Ce sont des crédits de contribution à un album, non les membres stables d’un orchestre.
Cette différence est fondamentale. Un crédit « batterie » pour Ringo Starr prouve son implication dans le projet discographique selon les notices consultées ; il ne permet pas, à lui seul, de lui attribuer les huit titres, ni même de choisir une plage particulière. La présence de trois batteurs impose de retrouver les crédits sur les bandes, le livret ou les sessions individuelles. Le disque doit donc être classé dans la sessionographie de Ringo avec la mention « participation attestée à l’album ; titres non établis ».
Lire aussi l’annexe discographique : Bobby Keys (1972) : les huit titres, les éditions Warner Bros. et les variantes de graphie. La présente page examine avant tout le niveau de preuve concernant la batterie de Ringo ; l’annexe conserve le tableau des plages et l’inventaire des pressages, afin de distinguer les intentions de recherche et d’éviter deux notices concurrentes.
Le programme original du 33 tours : huit titres à examiner
Face A, plage 1 — « Steal from a King ». Composition associée à Jim Gordon, Jim Price et Dave Mason. L’appartenance au même disque ne permet pas d’en déduire la participation de Ringo.
Face A, plage 2 — « Smokefoot ». Composition signée Jim Price, Jim Gordon et Bobby Keys. Aucun crédit de batterie propre à cette plage n’est établi ici.
Face A, plage 3 — « Bootleg » / « Boot-Leg ». Reprise dont le titre varie selon les catalogues ; ne pas confondre variante orthographique et prise alternative.
Face A, plage 4 — « Altar Rock ». Composition de Felix Pappalardi. Les notices historiques présentent ce morceau comme une rare prestation effectivement jouée en direct par Bobby Keys dans les séances de son album ; cela ne renseigne pas automatiquement sur le batteur.
Face B, plage 1 — « Key West ». Composition créditée à Bobby Keys, Jim Price, Leslie West et Felix Pappalardi. Aucun crédit individualisé de Ringo ne peut être attribué sur la base des sources générales consultées.
Face B, plage 2 — « Command Performance ». Composition de Jim Price. Son titre évoque les installations de Command, mais n’établit pas le studio de chaque overdub.
Face B, plage 3 — « Crispy Duck ». Composition associée à Jim Gordon, Dave Mason et Jim Price. Le nom d’un batteur dans les crédits d’écriture n’implique pas nécessairement qu’il ait enregistré la batterie finale.
Face B, plage 4 — « Sand and Foam ». Composition de Jim Gordon, qui clôt l’album. Comme pour les sept autres morceaux, le personnel doit être identifié à partir d’une source de session avant toute attribution ferme.
Trois batteurs, trois réseaux musicaux
Jim Gordon occupe une place centrale dans cette génération de disques. Musicien de studio américain très demandé, il participe aux projets de Derek and the Dominos et aux séances d’artistes des deux rives de l’Atlantique. Corky Laing arrive d’un autre horizon, celui du hard rock américain et de Mountain. Ringo Starr, enfin, est sollicité pour une sonorité de batterie devenue immédiatement reconnaissable depuis les Beatles. Leur présence collective sur un crédit d’album raconte l’étendue du réseau de Keys, mais pas une performance commune attestée.
Il convient ainsi de distinguer une éventuelle double batterie d’une succession de batteurs sur différentes pistes. Aucune des sources générales utilisées pour cette notice ne permet d’affirmer que Ringo, Gordon et Laing jouent simultanément. C’est pourquoi le texte ne décrit pas une hypothétique « triple batterie ».
Un même réseau chez Bobby Hatfield, dans d’autres studios
Bobby Keys figure également parmi les instrumentistes réunis par Richard Perry pour les séances de Bobby Hatfield aux studios Apple, en décembre 1971, avec Ringo Starr, Klaus Voormann et Al Kooper. Il s’agit toutefois d’un projet distinct de l’album solo de Keys paru en 1972 : les personnels ne doivent pas être fusionnés. Lire l’enquête sur les bandes de Bobby Hatfield.
George Harrison et Klaus Voormann : la continuité des studios de 1970 à 1972
La liste des invités révèle également l’existence d’un même réseau de musiciens qui réapparaît sur plusieurs disques de la période. George Harrison travaille alors avec des instrumentistes qu’il connaît des séances de All Things Must Pass, tandis que Klaus Voormann participe à de nombreuses productions après les Beatles. Leur présence parmi les musiciens de Bobby Keys enrichit le contexte historique, mais ne signifie pas que les deux jouent nécessairement sur les morceaux de Ringo.
Une autre erreur fréquente consiste à mélanger les contributions successives d’un musicien selon les différentes rééditions. La présence d’un nom dans les notes d’un CD réédité ne démontre pas qu’il figure dans tous les titres d’une édition comprenant des bonus ; il faut toujours partir du programme original, ici constitué de huit morceaux.
Pressages et rééditions
Les catalogues consultés identifient notamment un pressage britannique sous K 46141 et un pressage allemand sous WB 46 141, tous deux de 1972. Le numéro américain de première édition devra être établi sur une étiquette ou une pochette vérifiable ; il n’est pas indiqué ici sans preuve. Les rééditions CD publiées plusieurs décennies plus tard permettent aux amateurs de redécouvrir ce disque, mais le changement de support ne résout pas mécaniquement la distribution piste par piste. Le numéro de catalogue, l’année et le territoire sont donc à enregistrer séparément dans la base discographique.
Une confirmation par Warner Music Japon et la presse de 1972
La discographie officielle de Warner Music Japan présente le CD japonais Bobby Keys, publié le 11 novembre 2015 sous la référence WPCR-16470. Elle cite expressément Ringo Starr, George Harrison, Dave Mason, Jack Bruce et Nicky Hopkins parmi les invités. Le même catalogue conserve le programme original de huit titres. Il confirme donc que la présence de Ringo ne repose pas seulement sur une base contributive indépendante ; en revanche, cette notice de la maison de disques ne distribue pas les batteurs chanson par chanson.
Autre contrôle utile : le journal britannique Sounds rend compte du disque dans son numéro daté du 22 juillet 1972, sous la référence Warner Bros. K 46141. Il s’agit d’un témoignage contemporain sur la circulation commerciale de l’album, non d’une preuve du personnel de chaque prise. Il confirme toutefois que l’album est déjà disponible à cette date, sans permettre d’en déduire son jour exact de sortie.
Références : Warner Music Japan, catalogue officiel WPCR-16470 ; Sounds, 22 juillet 1972, critique du LP Bobby Keys.
La question des bandes et des documents de séance
Pour attribuer une plage à Ringo avec un degré de certitude plus élevé, les documents déterminants seraient les feuilles de studio datées, les boîtes de bandes multipistes, les notes d’un producteur ou les crédits spécifiques d’une édition faisant autorité. Le croisement avec une biographie fiable et des témoignages indépendants peut renforcer une attribution. L’écoute seule, en revanche, est un indice fragile : les batteurs de studio expérimentés peuvent adapter leur toucher au morceau et à son producteur.
Une fiche exhaustive devra conserver la différence entre affirmé par une source, confirmé par plusieurs sources indépendantes et vérifié sur document original. En l’état, il serait séduisant de donner huit lignes de sessionographie avec le nom de Ringo ; ce serait aussi fabriquer sept certitudes documentaires supplémentaires sans preuve.
Conclusion : une participation réelle, un chantier d’attribution encore ouvert
Ringo Starr appartient bien au personnel du disque Bobby Keys. Cette collaboration éclaire la façon dont les anciens Beatles restent actifs dans les studios du rock au début des années 1970. Mais son inventaire exact n’est pas encore complet : les trois batteurs recensés ne sont pas répartis de manière suffisamment fiable dans les sources générales. Il faut donc maintenir cette participation à l’échelle de l’album jusqu’à la découverte d’une source piste par piste.
Sources et documentation
AllMusic : présentation, personnel et rééditions ; 45cat : pressage allemand WB 46 141 et liste des compositions ; Fleetwood Mac Discography : personnel invité et programme original. Ces documents sont utilisés pour établir le périmètre de l’album ; ils ne fournissent pas, à eux seuls, la répartition de la batterie de Ringo piste par piste.
Retour à la sessionographie de Ringo Starr
Bobby Keys et Ringo Starr après 1972
Le disque solo de Bobby Keys et ses crédits de 1972 ne doivent pas être confondus avec les rencontres discographiques suivantes. En 1973, Keys est crédité au saxophone ténor solo sur « Photograph » ; en 1974, il figure parmi les instrumentistes de cuivres de plusieurs titres de Goodnight Vienna. Ce sont des projets distincts, avec d’autres masters et d’autres fonctions musicales. Lire l’enquête consacrée aux sessions 1973–1974.












