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Yellow-Sub.net · Enquête discographique · 1969–1970

Ringo Starr et Leon Russell : les sessions de 1969–1970 et « Get a Line on You »

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Sommaire général · Rock des années 1970 · Sessionographie

Avant même la séparation officielle des Beatles, Ringo Starr participe aux enregistrements du premier album de Leon Russell. Derrière cette collaboration se cache une étonnante connexion avec Mick Jagger, les Rolling Stones et une chanson qui deviendra « Shine a Light ».

1969 : Ringo Starr, musicien de studio hors des Beatles

En 1969, le monde musical britannique traverse une phase de recomposition. Les Beatles ont terminé l’essentiel de leurs activités de groupe et leurs quatre membres multiplient les expériences individuelles. Ringo Starr ne se limite pas à enregistrer ses propres titres : il rejoint des séances organisées par d’autres artistes, souvent à la faveur de son réseau de musiciens londoniens. C’est dans ce contexte qu’il participe au premier album solo du pianiste, chanteur, arrangeur et compositeur américain Leon Russell.

Russell possède alors un parcours de musicien de studio chevronné. Il a travaillé dans le milieu des studios américains avant de se rapprocher de la scène rock britannique. Son album éponyme, publié en 1970, fait défiler plusieurs figures de cette génération. Les séances ne constituent pas un groupe permanent : elles réunissent des invités différents selon les morceaux, ce qui exige une lecture prudente des crédits piste par piste.

Trois titres associés à la batterie de Ringo

Les discographies détaillées attribuent à Ringo Starr la batterie sur Shoot Out on the Plantation et Hurtsome Body, deux compositions de Russell présentes sur l’album original. Elles le créditent également sur (Can’t Seem to) Get a Line on You, enregistrement demeuré inédit lors de la sortie initiale de l’album. Ce dernier titre est essentiel : sa chronologie discographique diffère de celle des deux autres.

« Shoot Out on the Plantation »

Cette chanson appartient aux séances londoniennes de 1969. Plutôt que de présenter le morceau comme une performance isolée de Ringo, il convient de le replacer dans le dispositif de Russell : écriture fortement marquée par le piano, instrumentation rock et intervention de musiciens invités. La présence de Ringo dans les crédits de session illustre une mutation importante de son travail : il enregistre désormais pour des artistes extérieurs au cercle immédiat de ses anciens partenaires.

« Hurtsome Body »

Sur Hurtsome Body, le nom de Ringo apparaît de nouveau dans les relevés de personnel. On retrouve dans l’environnement de l’album George Harrison et Eric Clapton, sans que cela permette d’affirmer que tous jouent sur chaque morceau. Cette précaution est indispensable : les longues listes de participants attachées à un album ne suffisent jamais à reconstruire la formation exacte d’une prise.

« Get a Line on You » : la connexion inattendue avec les Rolling Stones

La pièce la plus singulière de ce dossier est (Can’t Seem to) Get a Line on You. Enregistrée à Londres lors d’une séance dont la date exacte demeure discutée — octobre 1969 selon plusieurs notices, première moitié de juillet 1970 dans la chronologie de Nico Zentgraf et des travaux apparentés — elle associe notamment Mick Jagger au chant, Russell au piano et Ringo Starr à la batterie. Certains relevés mentionnent Bill Wyman à la basse et Mick Taylor à la guitare, mais ces deux dernières attributions doivent rester présentées comme probables et non comme des certitudes incontestées.

Le titre est crédité à Mick Jagger et Keith Richards. Il appartient à la préhistoire discographique de Shine a Light, chanson que les Rolling Stones publieront sur Exile on Main St. en 1972. Le fait historique remarquable n’est donc pas que Ringo aurait joué sur l’album des Stones : il participe à un enregistrement distinct, sous la direction de Leon Russell, d’une chanson apparentée à une future composition majeure des Rolling Stones. Confondre les deux enregistrements ferait naître un faux crédit de studio.

Cette bande n’est pas intégrée au programme du LP Leon Russell paru en 1970. Elle sera accessible sur des rééditions augmentées, notamment le CD audiophile publié par DCC Compact Classics au début des années 1990. Pour une discographie rigoureuse, on distinguera donc l’année d’enregistrement, l’année de publication de l’album original et l’apparition ultérieure de cette prise sur CD.

Quelle place donner à George Harrison et Eric Clapton ?

Le premier album de Russell est souvent décrit à juste titre comme un carrefour de talents. Mais une simple juxtaposition de noms peut induire le lecteur en erreur. George Harrison et Eric Clapton figurent parmi les musiciens associés à certaines pistes de l’album ; cela ne prouve pas qu’ils participent aux trois enregistrements où la présence de Ringo est recensée. La recherche doit associer chaque affirmation à une piste, un pressage et, lorsque c’est possible, à une feuille de séance ou un crédit d’édition.

Discographie commentée et chronologie

1969 : séances londoniennes associées au premier album de Leon Russell, notamment Shoot Out on the Plantation et Hurtsome Body.

1969 ou 1970 : séance londonienne avec Mick Jagger et Ringo Starr pour (Can’t Seem to) Get a Line on You. Plusieurs synthèses donnent octobre 1969, tandis que la sessionographie détaillée de Felix Aeppli situe cette prise dans la première moitié de juillet 1970. La datation et le personnel complet doivent donc être tenus pour discutés.

1970 : publication de l’album Leon Russell, contenant notamment Shoot Out on the Plantation et Hurtsome Body.

1972 : les Rolling Stones publient Shine a Light sur Exile on Main St. ; ce n’est pas la séance de Ringo avec Russell.

Années 1990 : la prise Get a Line on You apparaît dans les programmes de rééditions augmentées, dont l’édition DCC Compact Classics.

Ce que cette collaboration nous apprend sur Ringo Starr

Ces séances montrent à quel point la réputation de Ringo auprès d’autres musiciens précède sa carrière solo véritablement publique. Sa participation à l’univers de Leon Russell met en valeur une qualité souvent sous-estimée : la capacité de servir une chanson sans monopoliser l’attention. Plus encore, elle démontre que l’histoire des collaborations d’un Beatle ne se raconte pas uniquement par les albums crédités à son nom. Elle se reconstitue à partir des matrices, des éditions successives et des témoignages contradictoires, parfois longtemps après l’enregistrement.

Une divergence de datation à documenter

Les biographies et notices consacrées à Leon Russell mentionnent fréquemment octobre 1969 pour Get a Line on You. La chronologie détaillée de Felix Aeppli (The Ultimate Guide to the Rolling Stones, section Mick Jagger 1970) indique en revanche la première moitié de juillet 1970, aux Olympic Sound Studios. Ces relevés ne sont pas des feuilles de studio originales : tant qu’une pièce primaire ne départage pas les versions, aucune date précise ne doit être présentée comme définitive.

Une batterie de Ringo qui précède l’explosion des collaborations solo

La particularité du premier album de Leon Russell est sa date de préparation : les sessions se déroulent alors que les Beatles n’ont pas encore annoncé publiquement leur séparation. Ringo Starr participe à des enregistrements de Russell sans que cette activité fasse de lui un membre d’un groupe de scène permanent. La recherche doit donc distinguer son calendrier Beatles, ses prestations extérieures et la sortie commerciale de Leon Russell en 1970. Une année figurant sur l’étiquette du LP ne donne pas le jour de sa participation.

Trois œuvres et deux destins discographiques

« Shoot Out on the Plantation » et « Hurtsome Body » appartiennent au programme du disque original de 1970. « (Can’t Seem to) Get a Line on You », associé à Mick Jagger, n’y figure pas : sa diffusion est beaucoup plus tardive et passe par une réédition audiophile DCC Compact Classics des années 1990. Ces trois mentions doivent être classées comme trois objets sonores ; la publication d’une bande ancienne sur CD ne représente pas un nouvel overdub de Ringo au moment de la réédition. Il faut aussi garder ouverte la question d’éventuelles prises alternatives jusqu’à examen des archives.

Russell et Jagger : la généalogie d’une œuvre ne vaut pas identité de master

La version « Get a Line on You » est liée à la chanson qui prendra la forme de « Shine a Light » sur Exile on Main St. des Rolling Stones, publié en 1972. L’histoire de l’œuvre écrite relie donc Russell, Jagger et Richards à deux contextes de studio. Mais les musiciens de la version des Rolling Stones ne doivent pas être reconstruits à partir de ceux de la bande de Russell : il s’agit de performances distinctes. Ringo ne doit pas être crédité sur Exile on Main St. au seul motif qu’il est cité sur le titre préparatoire.

Une date et une distribution encore discutées

Pour cette séance, plusieurs chronologies placent la prise dans des fenêtres différentes, d’octobre 1969 à juillet 1970. Des listes évoquent Bill Wyman et Mick Taylor, mais avec un niveau de confirmation inférieur à celui de la présence de Russell, Jagger et Ringo. La notice doit conserver les deux fourchettes et leur provenance au lieu de fabriquer une date précise. La découverte d’une boîte de bande, d’un journal des studios Olympic ou d’une déclaration contemporaine d’ingénieur pourrait résoudre cette contradiction.

La référence du collectionneur : distinguer l’album original et le bonus DCC

Le LP Leon Russell paraît en 1970 avec son programme propre. Le CD DCC Compact Classics en or 24 carats, référencé GZS-1049, ajoute « (Can’t Seem to) Get a Line on You » parmi les documents supplémentaires. Les catalogues doivent identifier le support, son pays, son année et son programme, puis relier le bonus à la séance ancienne. Même lorsqu’une compilation postérieure reproduit ce bonus, elle ne crée pas une troisième prestation du batteur. Ce modèle d’identification devrait devenir systématique pour les archives de Ringo découvertes des décennies après leur enregistrement.

Source d’archives et méthodologie des crédits

A&M Records, Leon Russell (1970) ; DCC Compact Classics, édition GZS-1049 ; Arnold Rypens, The Originals, notice de « (Can’t Seem to) Get a Line on You » ; sessionographie Rolling Stones de Felix Aeppli ; MusicBrainz, éditions identifiées de l’album. Les dates contradictoires restent explicitement conservées jusqu’à vérification primaire.

Sources et vérifications discographiques

Leon Russell, Leon Russell, A&M Records, édition originale de 1970 et réédition DCC Compact Classics ; notices discographiques A&M Records (onamrecords.com) ; fiche de l’édition CD augmentée dans MusicBrainz ; Arnold Rypens, The Originals, notice « (Can’t Seem to) Get a Line on You ». Ces sources établissent les éditions et le contexte ; les attributions individuelles nécessitent la confrontation des crédits de pressage.

Source : édition A&M · Source : MusicBrainz · Source : The Originals

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