Ringo Starr : encyclopédie des collaborations artistiques et musicales sur Yellow-Sub.net

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Ringo Starr : les collaborations oubliées de 1975 à 1979

Vera Lynn, Manhattan Transfer, Guthrie Thomas, Stephen Stills, Lonnie Donegan et Ian McLagan : cinq années de sessions inattendues, de la batterie aux chœurs.

1975–1979 : des collaborations moins visibles que les grands albums

Les collaborations les plus célèbres de Ringo Starr au cours des années 1970 concernent John Lennon, George Harrison, Harry Nilsson ou les grandes rencontres du rock. Pourtant, la période 1975–1979 offre un autre paysage. On y découvre des chansons de soul, des disques vocaux, des singles de variété britannique, des compositions country et des productions américaines pour lesquelles la présence du batteur demeure largement ignorée du grand public. Le fil conducteur de ces années n’est pas une formation stable, mais la circulation de Richard Starkey entre des artistes très différents.

La présente étude ne remplace pas les pages individuelles de Carly Simon ou de Peter Frampton. Elle rassemble les autres contributions significatives, établit leur statut musical et prépare des fiches de session. Le principe est simple : distinguer les morceaux effectivement crédités, les albums dont le personnel global est connu et les participations dont le détail par piste reste à préciser. Une encyclopédie n’a pas besoin de présenter tous les noms comme des certitudes identiques.

1975 : le disque de Carly Simon dans son contexte

La participation de Ringo à « More and More » sur Playing Possum, enregistré pour Carly Simon, est documentée par une distribution instrumentale précise : Klaus Voormann à la basse, Dr. John au piano, Jeff Baxter et Alvin Robinson aux guitares, Ringo à la batterie, ainsi qu’une section de chœurs et des percussions supplémentaires. Ce titre sert de point de départ chronologique à l’enquête. Il montre un musicien travaillant pour une chanteuse qui ne dépend ni du répertoire des Beatles ni de l’univers de ses propres albums.

La chanson possède déjà une fiche spécialisée qui restitue ses auteurs, son personnel, ses producteurs et ses éditions. La présente synthèse n’en recopiera pas l’ensemble. Elle conserve un enseignement fondamental : dans un album à nombreux batteurs, le crédit de Ringo ne s’applique pas à toutes les plages. Cette distinction devient encore plus importante lorsque l’on aborde les autres productions américaines de la période.

1975 : Stephen Stills et les musiciens de studio

Étude approfondie : « As I Come of Age », morceau de Stills paru en 1975, comporte une batterie de Ringo enregistrée plusieurs années plus tôt. Les sources divergent entre 1970 et 1971 pour la prise de base ; la page spécialisée documente cette incertitude plutôt que de dater la séance de 1975. Lire l’étude complète et les crédits de « As I Come of Age ».

Le disque Stills de Stephen Stills, publié en 1975, fait également apparaître Ringo Starr parmi ses collaborateurs, notamment sur « As I Come of Age ». L’association n’est pas aussi inattendue qu’elle pourrait le sembler : Stills a déjà côtoyé les anciens Beatles et cosigné avec George Harrison, Doris Troy et Richard Starkey des chansons de l’album Apple de Doris Troy. Les milieux musicaux de Londres et de Los Angeles se croisent ainsi à travers différents projets.

La difficulté réside dans le personnel exact de certaines éditions de Stills. Un crédit global ne suffit pas à attribuer Ringo à chaque titre ; il faut consulter la version du morceau et sa documentation. La fiche de session sera donc consacrée à « As I Come of Age » et à ses prises, en conservant les collaborateurs qui peuvent être identifiés. L’œuvre appartient au répertoire de Stills, sans que la participation instrumentale de Ringo le transforme en coauteur.

1976 : Vera Lynn, une rencontre presque improbable

Nouvelle fiche : la participation de Ringo au tambourin sur « Don’t You Remember When », chanson de Vera Lynn produite par Lynsey de Paul, possède désormais son étude de single avec les distinctions entre face A, face B, auteur, productrice et interprète. Lire la fiche du 45-tours EMI de 1976.

Le 20 février 1976, Vera Lynn publie chez EMI un single intitulé « Don’t You Remember When », écrit par Lynsey de Paul et Barry Blue. La chanson est produite par de Paul et enregistrée aux studios Marquee à Londres. Les biographies de la chanteuse et des travaux consacrés à Ringo rapportent que celui-ci y joue du tambourin. Vera Lynn évoque encore cette participation dans une interview publiée plusieurs décennies plus tard.

La rencontre relie deux mondes de la musique populaire britannique. Vera Lynn est associée à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et aux grandes chansons populaires d’avant l’époque des Beatles ; Ringo appartient à une génération qui a profondément renouvelé la musique des années 1960. La contribution ne doit pas être grossie : son instrument est le tambourin, pas la batterie principale. La chanson demeure celle de Vera Lynn, réalisée par Lynsey de Paul.

Un tambourin n’est pas une batterie : la précision du crédit

Le cas de Vera Lynn illustre l’utilité d’un champ d’instrumentation détaillé. Ringo est célèbre comme batteur, mais cette notoriété ne doit pas transformer ses prestations de maracas, de toms ou de tambourin en une partie de batterie complète. Le tambourin produit un autre timbre, avec ses cymbalettes et ses attaques courtes ; il peut souligner le rythme sans remplir le rôle du kit.

L’indication est également utile aux collectionneurs : « Don’t You Remember When » paraît comme face A d’un 45-tours dont la face B est « That Old Feeling ». La participation de Ringo ne doit pas être appliquée automatiquement au second titre. Les deux chansons ont leurs propres historiques de composition, d’enregistrement et de production. La présence du même producteur ne suffit pas à attribuer un instrument à la face complémentaire.

1976 : Coming Out du Manhattan Transfer

La même année paraît Coming Out du groupe vocal américain The Manhattan Transfer, produit par Richard Perry. La formation, composée de Tim Hauser, Janis Siegel, Alan Paul et Laurel Massé, fait appel à différents instrumentistes selon les chansons. Ringo Starr apparaît sur deux titres : « Zindy Lou » et « S.O.S. », tous deux crédités avec Jim Keltner à la batterie dans les relevés du programme original. Cette association est importante parce qu’elle place Ringo au service d’un groupe dont l’identité réside d’abord dans l’arrangement vocal.

Le disque change de section rythmique à plusieurs reprises. Les noms de Roy Markowitz, Jim Gordon, Rick Shlosser ou David Kemper figurent sur d’autres plages. Attribuer à Ringo la batterie de « Chanson d’Amour » ou de « Popsicle Toes » serait donc une erreur. Les deux chansons documentées devront recevoir leurs propres fiches, et la distribution ne doit pas être extrapolée depuis une simple liste d’invités imprimée en fin de pochette.

« Zindy Lou » : Ringo et Jim Keltner derrière un groupe vocal

« Zindy Lou » occupe la deuxième place de la première face de Coming Out. Les crédits associent Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie, Dr. John au piano, Andy Muson à la basse, Ira Newborn à la guitare et Doug Thongren aux percussions. Le quatuor vocal demeure l’interprète principal et les arrangements de voix appartiennent à Tim Hauser et Janis Siegel.

On retrouve ici plusieurs musiciens croisés dans l’étude de Carly Simon et de Pussy Cats. Mais une liste de noms semblables ne signifie pas une séance identique. Le disque du Manhattan Transfer possède son propre cadre de production et ses propres arrangements. Le catalogue indiquera les deux batteurs, sans prétendre pouvoir distribuer avec certitude les mesures entre Ringo et Keltner.

« S.O.S. » : un autre ensemble, une autre chanson

Sur « S.O.S. », les crédits associent de nouveau Ringo et Jim Keltner à la batterie, mais la distribution change : Clarence McDonald joue le piano, Andy Muson la basse, Ira Newborn la guitare et Jackie Kelso un solo de saxophone ténor. Le morceau figure sur la seconde face de l’album. Les arrangements vocaux portent les noms de Tim Hauser et Janis Siegel.

La comparaison est révélatrice : deux chansons du même album peuvent réunir les mêmes batteurs et des instrumentistes différents. On ne doit pas coller le personnel de « Zindy Lou » sur « S.O.S. » ni remplacer Clarence McDonald par Dr. John dans la seconde fiche. Ce degré de précision constitue la véritable matière d’une sessionographie, au-delà d’une collection de noms célèbres.

Guthrie Thomas : la country et un compagnonnage discret

Fiche approfondie : Lies and Alibis (Capitol, 1976) comporte trois morceaux créditant Ringo à la batterie : « Good Days Are Rollin’ In », « Band of Steel » et « Ramblin’ Cocaine Blues ». Ringo signe également « Band of Steel » et participe à ses chœurs. Lire la sessionographie détaillée des neuf morceaux de l’album.

Le chanteur et compositeur Guthrie Thomas travaille avec plusieurs musiciens importants des scènes country et rock des années 1970. Son album Lies and Alibis de 1976 comporte des participations de Ringo qui vont au-delà d’une batterie de passage. Les relevés piste par piste identifient sa batterie sur « Good Days Are Rollin’ In », « Band of Steel » et « Ramblin’ Cocaine Blues », notamment aux côtés de Jim Keltner et du bassiste Lyle Ritz. Le personnel de « Band of Steel » mentionne en outre Ringo aux chœurs, et cette composition lui est attribuée. Les autres morceaux ne doivent pas hériter automatiquement des mêmes crédits.

Le projet réunit notamment David Foster, David Paich, Steve Cropper, Roger Johnson ou John Hartford selon les morceaux. Cette richesse montre combien l’univers de Ringo peut s’étendre vers les traditions américaines de la chanson, de la country et de la soul. L’album est celui de Guthrie Thomas, et son rôle d’auteur et de chanteur principal doit rester central.

« Good Days Are Rollin’ In » : deux batteurs et plusieurs accompagnateurs

Les crédits détaillés identifient Ringo Starr et Jim Keltner à la batterie, Lyle Ritz à la basse, David Paich à l’orgue, David Foster au piano et plusieurs guitaristes. Le morceau illustre une manière de construire la chanson en studio qui privilégie une équipe élargie plutôt qu’un groupe permanent. Plusieurs chanteurs et chanteuses participent aux harmonies, ce qui donne à la production un caractère collectif.

Pour la sessionographie, la difficulté est familière : la présence de deux batteurs ne décrit pas la répartition exacte de leurs prises. Les sources peuvent identifier les noms, mais pas nécessairement préciser si les deux ont enregistré en même temps. La fiche conservera cette limite sans choisir arbitrairement Ringo pour tous les passages rythmiques marquants.

« Band of Steel » : Ringo également présent dans les chœurs

« Band of Steel » est particulièrement intéressant car Ringo Starr y est identifié non seulement à la batterie, avec Jim Keltner, mais aussi dans les chœurs. Le personnel comprend Lyle Ritz à la basse, Tom Brumley à la pedal steel guitar, John Hartford au violon, David Paich au piano et plusieurs autres musiciens. Ce mélange de traditions instrumentales donne une place importante aux timbres country dans un environnement de studio californien.

Cette chanson montre pourquoi la carrière de Ringo ne peut être décrite par la seule batterie. Une intervention de chœurs constitue un crédit vocal distinct, même lorsque l’artiste joue également un instrument. La rubrique consacrée à Ringo chanteur invité renverra donc à cette séance. Quant à la composition de la chanson, les notices de droits devront être examinées séparément des crédits d’interprétation avant d’en tirer une conclusion définitive.

1977 : les projets indépendants et les formations plus jeunes

Trois enquêtes indépendantes : la batterie de Ringo sur « Born in Captivity » et « You Angel You » de The Alpha Band ; son intervention sur « Good News » d’Attitudes, dernière piste du LP Dark Horse ; et les crédits encore contradictoires de « Tried to Love » chez Peter Frampton. Ces fiches remplacent désormais les simples mentions d’albums par une documentation des titres individuels et de leurs limites de preuve.

La fin des années 1970 voit Ringo apparaître sur des disques d’artistes moins connus du grand public. Les discographies recensent notamment Spark in the Dark de l’Alpha Band, avec des participations sur « Born in Captivity » et « You Angel You », ainsi que des projets liés au groupe Attitudes. Ces enregistrements représentent une voie intéressante pour l’étude des réseaux de studio : ils montrent le batteur des Beatles collaborant avec des musiciens qui ne disposent pas du même prestige médiatique que Lennon ou Harrison.

Les détails de personnel ne sont cependant pas uniformément accessibles dans les sources courantes. Pour cette raison, le présent chapitre situe les projets et les titres identifiés sans inventer le jour des séances, leur répartition instrumentale précise ou des anecdotes de rencontres personnelles. Les fiches dédiées seront développées à partir des programmes et des livrets lorsqu’ils pourront être reconstitués.

1978 : Lonnie Donegan, une transmission du skiffle

Étude publiée : Ringo Starr joue de la batterie sur deux titres identifiés de Puttin’ on the Style, « Have a Drink on Me » et « Ham ‘n’ Eggs ». Le personnel est attribué morceau par morceau à partir de la réédition UMG/Sanctuary de 2010. Consulter la sessionographie Lonnie Donegan.

Les enregistrements de Lonnie Donegan auxquels Ringo participe appartiennent à une histoire musicale différente. Donegan est l’un des artistes qui ont contribué à l’engouement britannique pour le skiffle au cours des années 1950. Les jeunes musiciens de Liverpool, dont les futurs Beatles, ont été profondément marqués par cette esthétique simple, mêlant chansons traditionnelles, rythme et instrumentation accessible. Rejoindre Donegan comme professionnel revient donc à rencontrer une figure importante de sa propre formation musicale.

Les titres « Ham ‘n’ Eggs » et « Have a Drink on Me » figurent parmi les participations recensées sur Puttin’ on the Style. Ils méritent une fiche dans le chapitre country et rockabilly, qui leur donne déjà une place dans l’histoire des influences de Ringo. La présente synthèse se contente de les situer parmi les nombreux projets parallèles de la fin de la décennie.

1979 : Ian McLagan et l’entourage du rock britannique

Crédit officiel désormais documenté : le site de McLagan identifie Ringo à la batterie de la neuvième plage de Troublemaker, « Hold On », et Geoff Workman à l’accordéon sur cette même plage. Les autres batteurs de l’album sont répertoriés séparément. Lire l’enquête « Hold On » et ses références officielles.

L’album Troublemaker d’Ian McLagan, musicien des Small Faces et des Faces, compte également parmi les productions auxquelles Ringo participe. Les discographies mentionnent sa batterie sur « Hold On ». Le projet appartient à l’environnement du rock britannique dont les musiciens circulent entre groupes, studios et carrières solo. Cette présence offre une passerelle supplémentaire vers les collaborations avec Ron Wood, Keith Moon et d’autres artistes évoqués dans le chapitre rock des années 1970.

Le crédit doit cependant être vérifié à l’échelle du master et des éditions du disque, notamment si plusieurs formations ont été employées. Il serait prématuré d’enrichir cette notice avec un lieu de prise ou une date très précise qui ne figurent pas dans le programme consulté. L’important est d’identifier la chanson et la fonction instrumentale au lieu de transformer une simple mention d’album en participation à tous ses titres.

Ce que ces collaborations racontent des années 1970

L’ensemble des projets montre que Ringo ne se contente pas de jouer avec les autres Beatles ou les vedettes de son cercle intime. Il participe à des disques de variété britannique, à une formation vocale américaine, à des chansons country et à des productions de rock plus discrètes. Ses interventions peuvent être instrumentales, vocales ou percussives, et leur importance n’est pas proportionnelle au succès commercial des artistes concernés.

Cette variété oblige à construire une encyclopédie en plusieurs couches. Les grandes rubriques replacent les collaborations dans une histoire culturelle, les fiches individualisent les morceaux, et la sessionographie rassemble les crédits par date ou par année. Les chapitres sur Ringo auteur et chanteur invité complètent l’ensemble lorsque son rôle dépasse la batterie. Une fiche bien classée conserve l’identité de l’œuvre et de l’artiste principal.

Les prochaines fiches à individualiser

Les priorités documentaires de cette période sont claires : les deux titres du Manhattan Transfer, « Don’t You Remember When » de Vera Lynn, les contributions à Lies and Alibis et les chansons identifiées de l’Alpha Band. Chacun de ces ensembles recevra un relevé distinct du personnel, des auteurs, du label et de la première édition. Les albums complets ne seront pas attribués à Ringo sur la seule base d’une participation à une ou deux plages.

Les pages déjà consacrées à Carly Simon et Peter Frampton sont disponibles depuis la rubrique des collaborations rock. Les interventions country et rockabilly peuvent être retrouvées dans le chapitre Lonnie Donegan et Carl Perkins. Enfin, la sessionographie générale recevra les titres attestés séparément, sans confondre le tambourin, la batterie et les chœurs.

Photographie d’ambiance provenant de la photothèque Yellow-Sub.net, sans prétendre documenter une séance précise.

Photographie d'ambiance de Ringo Starr pour les études de collaborations musicales de Yellow-Sub.net

Les deux enregistrements de Ringo avec Manhattan Transfer

Lire la fiche complète « Zindy Lou » et « S.O.S. » (1976), qui détaille le personnel de chaque chanson et les deux crédits de batterie partagés avec Jim Keltner.

Sources et repères des crédits

  1. Vera Lynn, Don’t You Remember When : publication et participation de Ringo.
  2. The Manhattan Transfer, Coming Out : distribution par chanson.
  3. Guthrie Thomas, Lies and Alibis : crédits des titres.
  4. Discographie de Ringo Starr, participations des années 1970.