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Yellow-Sub.net · Ringo Starr · Session 1975
Ringo Starr et Carly Simon : la batterie de More and More (1975)
Une séance de Playing Possum avec Klaus Voormann, Dr. John, Jeff Baxter et le producteur Richard Perry : les crédits, l’interprétation et le contexte du disque.
1975 : une voix majeure de la pop américaine rencontre Ringo Starr
L’album Playing Possum, publié par Carly Simon chez Elektra en 1975, rassemble une grande variété de musiciens de studio, mais le nom de Ringo Starr apparaît sur une piste précise : « More and More ». Le site officiel de Carly Simon mentionne expressément son crédit de batterie sur cette chanson. Le morceau constitue une collaboration particulièrement révélatrice parce qu’il associe le batteur des Beatles à une interprète américaine dont le répertoire se développe dans une tradition de chanson personnelle, de pop et de rhythm and blues.
Le disque est produit par Richard Perry, qui connaît déjà Ringo pour avoir travaillé sur plusieurs de ses projets solo. La relation avec le producteur explique un chemin possible vers la session, sans fournir la preuve d’une conversation ou d’une invitation particulière. Le fait solide demeure la prestation instrumentale, enregistrée pour un album qui appartient pleinement à la carrière de Carly Simon.
La place de More and More dans Playing Possum
« More and More » est le quatrième titre du programme original, entre « Look Me in the Eyes » et « Slave ». Il ne s’agit pas d’une chanson écrite par les Beatles ni d’un morceau de l’album personnel de Ringo. La chanson porte les noms de Mac Rebennack, connu comme Dr. John, et Alvin Robinson au crédit de composition. Carly Simon l’interprète, avec son timbre et son phrasé, au sein d’un disque où elle alterne des titres personnels et quelques œuvres d’autres auteurs.
Cette situation est typique des collaborations extérieures de Ringo. Le fait qu’il joue sur un master ne transforme pas l’œuvre en cosignature. Les compositeurs, l’interprète principale, le producteur et les instrumentistes doivent figurer à des lignes séparées. C’est à cette condition qu’une sessionographie peut accueillir des artistes nombreux sans effacer le répertoire qu’ils servent.
Le personnel documenté de l’enregistrement
Les crédits détaillés identifient Carly Simon au chant principal, Ringo Starr à la batterie, Klaus Voormann à la basse, Dr. John au piano, Jeff Baxter et Alvin Robinson aux guitares, Freddie Staehle aux percussions, Richard Perry au tambourin, ainsi que Julia Tillman, Maxine Willard et Carolyn Willis aux chœurs. La présence de plusieurs instrumentistes venus de la soul, du rock et des studios américains explique une partie de la diversité de timbres de la chanson.
Ce relevé est remarquable par sa précision. On peut isoler sans ambiguïté la fonction de Ringo et ne pas lui attribuer les petites percussions confiées à Staehle ou le tambourin de Perry. Une base qui réduirait cette distribution à « Ringo, batterie et percussions » effacerait des contributeurs réellement présents sur la bande. La précision instrumentale fait partie de l’histoire de l’enregistrement, et non d’un simple souci de présentation.
Mac Rebennack : l’auteur est également un instrumentiste de la séance
Dr. John, de son vrai nom Mac Rebennack, figure parmi les auteurs de « More and More » et y joue du piano. Sa double présence est importante : un coauteur peut contribuer à l’enregistrement de l’œuvre, mais cela ne se produit pas systématiquement. Ici, les deux crédits sont distinctement répertoriés. Alvin Robinson, également associé à la composition, apparaît lui aussi parmi les guitaristes. Le titre s’inscrit ainsi dans une tradition de rhythm and blues dont plusieurs créateurs participent directement au master de Carly Simon.
Carly Simon n’est pas pour autant une simple invitée sur une chanson de Dr. John : elle publie le morceau sur son propre album et impose le contexte esthétique de l’interprétation. La distribution de plusieurs auteurs et musiciens met en évidence la souplesse de la pop américaine, qui emprunte aux scènes de New Orleans, de Los Angeles et du rock britannique.
Ringo et Klaus Voormann : continuité d’une section rythmique
La présence de Klaus Voormann à la basse constitue un point de passage vers d’autres chapitres de ce dossier. Ringo et Voormann ont collaboré sur des chansons de John Lennon et George Harrison, sur des enregistrements de blues et dans des projets plus récents. Mais « More and More » n’est pas une séance des Beatles ou du Plastic Ono Band. Le duo agit au service d’une interprète américaine, dans un groupe où les guitares et le piano sont confiés à des musiciens possédant leurs propres traditions.
L’analyse de la section rythmique doit respecter les contributions de chacun. La basse définit la relation harmonique et rythmique avec la batterie ; le piano de Dr. John peut accentuer certains temps ou déplacer l’attention vers d’autres pulsations. Aucune de ces fonctions ne se résume à la présence de deux invités célèbres sur une pochette.
Richard Perry, un producteur au cœur des circulations musicales
Richard Perry assure la production de Playing Possum. Son nom revient régulièrement dans les disques de Ringo, de Nilsson ou d’autres artistes du début des années 1970. Une équipe de studio se constitue souvent autour de relations professionnelles avec les producteurs, qui savent quels musiciens pourront servir une chanson. Mais ce mécanisme général ne doit pas devenir un récit inventé : aucun des documents utilisés ici ne décrit le coup de téléphone précis qui aurait amené Ringo à la séance.
Les crédits montrent en revanche Perry au tambourin sur « More and More », ce qui est révélateur des frontières parfois souples entre réalisation sonore et participation instrumentale. Un producteur peut proposer un arrangement, superviser le travail technique et jouer une partie de percussion. Notre base doit conserver ces fonctions, sans faire de Ringo le producteur de la chanson au motif qu’il connaît personnellement Perry.
Andrew Berliner et l’ingénierie de More and More
Le site de Carly Simon donne une information technique peu fréquente dans les résumés : Andrew Berliner est crédité à l’ingénierie de « More and More », alors que Bill Schnee travaille sur la majorité des autres titres de l’album. Cette distinction prouve que les équipes techniques peuvent changer à l’intérieur d’un même programme. Les crédits de mixage et de mastering mentionnent également Norm Kinney, Bill Schnee et Doug Sax à l’échelle de la production.
Les lieux indiqués pour l’album comprennent Sound Labs, Sunset Sound, Crystal Sound, A&M Studios et Burbank Studios. Mais les notes reproduites ne suffisent pas à attribuer un établissement déterminé à la prise de batterie de Ringo. Nous pouvons donc documenter l’équipe et le contexte général sans affirmer qu’il aurait enregistré dans tel studio un jour précis. La date exacte de sa séance demeure un champ à compléter lors de l’étude finale des archives.
Le son d’une chanson de groupe plutôt que celui d’un disque de vedette
« More and More » permet d’étudier un aspect discret du métier de Ringo : rejoindre une chanson qui existe indépendamment de lui, écouter son arrangement et apporter une fondation rythmique sans modifier le statut de l’œuvre. Les chœurs de Julia Tillman, Maxine Willard et Carolyn Willis élargissent le spectre vocal ; les guitares de Baxter et Robinson ajoutent des couleurs complémentaires ; le piano de Dr. John conserve un lien avec les musiques de New Orleans.
Une description de l’enregistrement doit prendre en compte cette pluralité. La batterie peut y être entendue comme un élément essentiel, mais elle ne doit pas écraser le rôle de la chanteuse ou des instrumentistes. C’est cette attention à l’ensemble qui distingue une histoire des sessions d’une collection d’anecdotes autour d’un musicien célèbre.
L’iconographie de l’album ne remplace pas sa discographie
Playing Possum est également connu pour la photographie de pochette réalisée par Norman Seeff, très commentée lors de la sortie du disque. Cette image appartient à l’histoire de la représentation publique de Carly Simon, mais elle n’identifie pas les musiciens présents sur chacune des chansons. La célèbre photographie ne peut donc pas servir à attribuer une prestation instrumentale.
Le disque offre un autre exemple de la manière dont les biographies et les photothèques se croisent. Une photographie de Ringo provenant de la même année pourrait illustrer cette page comme ambiance, mais elle ne démontrerait pas sa présence dans le studio de Carly Simon. Les images employées dans le dossier sont donc présentées comme illustrations générales, sans légende qui leur attribuerait artificiellement une séance.
La distribution change d’une chanson à l’autre
Les notes du LP citent plusieurs batteurs, dont Andrew Gold, Andy Newmark, Russ Kunkel et Ringo Starr. Les guitaristes, bassistes et choristes varient également. Cette diversité montre pourquoi le personnel général de Playing Possum ne doit pas être copié sur toutes les plages. La présence de James Taylor ou de Carole King dans les crédits d’album ne signifie pas qu’ils jouent ou chantent sur « More and More ».
Pour cette chanson, l’identification de Ringo est attestée par le site officiel de Carly Simon et par les métadonnées musicales individualisées. Il ne faut pas étendre ce crédit à « Attitude Dancing », « Waterfall » ou à la chanson-titre. La rigueur de la sessionographie consiste à inclure une participation réelle et à laisser de côté les autres plages sans crédit correspondant.
Une session enregistrée pour une autre interprète, pas une réunion des Beatles
Ringo intervient ici à une époque où ses propres disques remportent un important succès et où il participe régulièrement à des projets extérieurs. Les collaborations ne sont pas toutes suscitées par les mêmes relations. Travailler pour George Harrison, Harry Nilsson, Howlin’ Wolf, B.B. King ou Carly Simon impose chaque fois une adaptation à un artiste principal différent. Ces déplacements témoignent d’une activité professionnelle qui dépasse l’environnement des anciens Beatles.
L’intérêt de la session de 1975 réside dans la rencontre entre des musiciens de diverses écoles, et non dans la reconstitution d’une mythique formation britannique. Le public entend la chanson de Carly Simon, écrite par Dr. John et Alvin Robinson, et réalisée dans un cadre de studio américain. Ringo y est un collaborateur instrumental identifié, ce qui suffit pleinement à justifier sa place dans cette encyclopédie.
Les versions du disque et la question des crédits numériques
Les plateformes de musique proposent aujourd’hui des crédits détaillés pour « More and More », mais ces métadonnées peuvent reproduire le livret de façon inégale. Apple Music et Qobuz mentionnent Ringo à la batterie, Voormann à la basse, Dr. John au piano, ainsi que les auteurs et les voix d’accompagnement. Certaines variations de présentation concernent les noms civils ou la manière de désigner un piano électrique, sans nécessairement révéler de nouvelles prises.
Le collectionneur doit distinguer le LP Elektra d’origine, les rééditions CD et les versions numériques. Une durée autour de quatre minutes ne suffit pas pour conclure à l’existence d’une nouvelle session. Il faudra rechercher les références de chaque manifestation commerciale et établir si elles contiennent la même bande, un nouveau mastering ou un montage différent. Ces informations appartiennent à la discographie du support plutôt qu’à la notice de batterie.
La place de More and More dans la sessionographie générale
La fiche de référence indiquera comme artiste principal Carly Simon, comme œuvre « More and More », comme auteurs Mac Rebennack et Alvin Robinson, comme premier album Playing Possum en 1975 et comme producteur Richard Perry. L’instrument de Ringo sera enregistré sans ambiguïté : batterie. Les autres participants seront conservés avec leurs propres fonctions, y compris le tambourin de Perry et les percussions de Freddie Staehle.
La date précise de prise et le studio qui accueillit la batterie seront laissés ouverts jusqu’à une documentation individualisée. Cette réserve ne diminue pas le niveau de confiance accordé au crédit de Ringo ; elle signifie simplement qu’une liste d’instruments ne répond pas automatiquement à toutes les questions de chronologie. Notre étude établit la collaboration sans inventer son déroulement.
Ce que révèle ce seul morceau dans une carrière tentaculaire
« More and More » n’est pas une grande réunion médiatisée d’anciens Beatles. C’est l’enregistrement d’une chanson par une interprète qui possède une carrière autonome, entourée de musiciens dont certains sont liés à Ringo et d’autres aux studios de soul et de pop américains. Son intérêt historique vient de cette banalité professionnelle : un musicien de premier plan rejoint une formation temporaire pour servir un titre précis.
Une encyclopédie des collaborations de Ringo doit savoir donner toute sa place à ce type de participation. Elle complète la chronologie des événements célèbres et éclaire la réalité du travail en studio. Avec le temps, ces sessions ponctuelles donnent une image plus juste de la carrière de Richard Starkey : un instrumentiste sollicité dans des univers où sa présence n’est pas la vedette du disque, mais un élément de sa réussite musicale.
Photo d’ambiance issue de la photothèque Yellow-Sub.net ; elle n’identifie pas la séance de More and More.












