Yellow-Sub.net · 2004–2005 · Koch, CNR · Mark Hudson · Billy Preston · Chrissie Hynde
Choose Love (2005) : les douze chansons, les musiciens et toutes les collaborations de Ringo Starr
Billy Preston, Chrissie Hynde, Robert Randolph, Rose Stone Choir et les Roundheads : les fonctions exactes par master et les différentes éditions CD, DVD et DualDisc.
Une période cohérente, pas une reformation des Beatles
Publié le 7 juin 2005 aux États-Unis chez Koch et le 25 juillet au Royaume-Uni par CNR, Choose Love est le quatorzième album studio solo de Ringo Starr. Son enregistrement s’étend de 2004 au début de 2005. Il prolonge la collaboration de Ringo avec Mark Hudson, Gary Burr, Steve Dudas et plusieurs musiciens connus collectivement comme les Roundheads. Il précède la rupture professionnelle avec Hudson qui affectera l’album suivant, Liverpool 8.
Le travail est partagé entre RoccaBella au Royaume-Uni, Whatinthewhatthe? de Mark Hudson à Los Angeles et Village Recorder. Le disque est produit par Starr et Hudson ; Dave Way est crédité au mixage, George Marino au mastering, Bruce Sugar comme ingénieur du son avec notamment Kevin Churko, Burr et Dudas en renfort. Ces fonctions permettent de mesurer la véritable répartition du travail, loin d’une simple liste de chanteurs invités.
L’importance des vedettes extérieures n’est pas la même que sur Ringo Rama : plutôt qu’une succession de solos de Clapton et de Gilmour, le nouveau disque s’appuie sur Billy Preston, Chrissie Hynde, Robert Randolph et un ensemble vocal gospel. Leur présence est ventilée par chanson dans le livret et dans les relations MusicBrainz de l’édition CNR.
1. Fading In Fading Out : Robert Randolph à la guitare et les cuivres
La première chanson est signée Richard Starkey, Mark Hudson et Gary Burr. Les crédits donnent Ringo au chant, à la batterie et aux percussions ; Mark Hudson à la basse, aux guitares acoustique et électrique et aux voix ; Gary Burr à la guitare et aux chœurs ; Mark Mirando à l’électrique. Le guitariste Robert Randolph joue une partie de premier plan, et Dan Higgins et Gary Grant fournissent les cuivres, arrangés par Jim Cox.
Le morceau bénéficie de supports promotionnels à une seule piste publiés dans plusieurs pays et d’un clip. La présence d’un disque promo n’établit pas la sortie d’un véritable single commercial au Royaume-Uni ou aux États-Unis. La distinction « promo radio » et « 45-tours commercial » est donc indispensable dans les archives.
2. Give Me Back The Beat : l’équipe d’auteurs élargie
Le deuxième titre est attribué à Starkey, Hudson, Gary Burr, Steve Dudas et Dean Grakal. Ringo tient le chant, la batterie et les percussions ; Hudson joue basse, guitares acoustique et électrique, et chante ; Burr et Dudas complètent les guitares, Burr rejoignant les chœurs.
Ce titre illustre le fonctionnement collectif des Roundheads. Le fait que Dudas et Grakal soient coauteurs ne signifie pas que Grakal a enregistré une partie de guitare sur le master. Il faut distinguer la présence au crédit d’œuvre du personnel instrumental exact.
3. Oh My Lord : Billy Preston, Robert Randolph et le chœur de Rose Stone
Consulter la fiche de chanson : Oh My Lord (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
Étude détaillée : Billy Preston, Chrissie Hynde et le Rose Stone Gospel Choir →
Dossier : prestations de Billy Preston, Chrissie Hynde et Rose Stone →
« Oh My Lord » est cosignée Starkey, Hudson, Burr, Dudas et Grakal. Billy Preston intervient au piano et à l’orgue Hammond ; Robert Randolph joue de la guitare, Steve Dudas de l’électrique et de l’acoustique, Burr de l’acoustique et de la basse, Hudson des guitares et des claviers. Ringo chante et tient batterie et percussions, avec une bande de démonstration conservée au début ou à la fin de l’enregistrement selon les notes de pochette.
Les chœurs sont arrangés par Rose Stone et réalisés par le Rose Stone Gospel Choir. Cette présence n’implique pas que les chanteurs gospel aient participé aux autres plages du disque. Le climat spirituel et le titre permettent de comparer le morceau à certaines compositions de George Harrison, mais aucun crédit d’écriture de Harrison n’est associé à cette œuvre de 2005.
4. Hard To Be True : orgue de Ringo, voix de Billy Preston et uboo drums
Sur « Hard To Be True », œuvre Starkey–Hudson–Burr, Billy Preston figure parmi les choristes, et non comme titulaire de l’orgue dans les crédits individuels de MusicBrainz. Ringo chante, joue des percussions et de l’orgue ; Gary Burr fournit guitares acoustique et slide et basse, Mark Hudson guitare électrique et voix.
Les notices de l’album mentionnent également un ensemble de « uboo drums » réunissant Starr, Hudson et Burr. Le nom inhabituel doit être conservé tel qu’imprimé et décrit comme une participation de percussion collective, faute d’une fiche technique définissant précisément le dispositif. C’est un cas où le respect d’un crédit original est préférable à une traduction approximative.
5. Some People : le groupe central sans vedette extérieure
Notice individuelle de Some People (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
« Some People » réunit Starkey, Hudson, Burr, Dudas et Grakal à l’écriture. Ringo assure chant, batterie, percussions et orgue ; Steve Dudas joue de la guitare électrique, Hudson tient la basse, guitare acoustique et chœurs, Burr guitare acoustique et voix.
L’absence d’invité vedette sur ce master lui confère un intérêt particulier dans une encyclopédie des collaborations : elle renseigne l’équipe quotidienne du chanteur. Cette formation a davantage contribué à la fabrication de l’album que ne le laisserait croire une présentation construite exclusivement autour des noms de Billy Preston et de Chrissie Hynde.
6. Wrong All The Time : Billy Preston à l’orgue Hammond
Ce titre est signé Starkey, Hudson et Burr. Billy Preston est crédité à l’orgue, Jim Cox au piano, Burr à la guitare acoustique, Hudson à la basse et aux chœurs, et Ringo au chant et à la batterie. Contrairement à « Hard To Be True », la contribution de Preston est ici instrumentale et non simplement vocale.
Les fonctions de Preston ne peuvent être copiées indistinctement sur les trois morceaux où il apparaît. Sur « Oh My Lord » il combine piano et orgue ; sur « Hard To Be True » les voix ; sur « Wrong All The Time » l’orgue Hammond. Chaque chanson mérite une ligne de sessionographie indépendante.
7. Don’t Hang Up : un véritable duo vocal avec Chrissie Hynde
Consulter la fiche de chanson : Don’t Hang Up (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
Le duo Ringo–Chrissie Hynde, auteur, chant principal et saxophone →
Étude des crédits exacts du duo et de John Amato →
« Don’t Hang Up », écrite par Starkey, Hudson et Burr, associe deux voix principales : Ringo Starr et Chrissie Hynde, chanteuse des Pretenders. Ce n’est pas une simple apparition de Hynde dans un clip ni un chœur indistinct ; les relations MusicBrainz lui attribuent explicitement une interprétation vocale principale au même titre que Ringo.
John Amato joue du saxophone sous la direction d’arrangement de Mark Hudson, tandis que Burr et Hudson enregistrent des guitares électriques et des chœurs, Hudson la basse. Ringo joue aussi de l’orgue. Cette distribution distingue clairement la prise de toute participation à un concert des Pretenders.
8. Choose Love : les références aux chansons des Beatles
Notice individuelle de Choose Love (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
La chanson-titre est cosignée Starkey, Hudson, Burr, Dudas et Grakal. Son riff évoque « Day Tripper » et ses paroles mentionnent notamment « What Goes On », « Tomorrow Never Knows » et « The Long And Winding Road ». Ces allusions témoignent d’un usage conscient de la mémoire Beatles, sans transformer les anciennes compositions citées en morceaux interprétés dans leur intégralité.
Ringo chante et joue de la batterie ; Steve Dudas et Gary Burr assurent les guitares, Hudson la basse et les chœurs, Dan Higgins les saxophones avec des arrangements attribués à Jim Cox. Mark Mirando intervient aux voix. Les noms des Beatles mentionnés dans le texte ne créent pas de nouveaux crédits de musiciens sur ce disque.
9. Me And You : bois et arrangement de Jim Cox
Consulter la fiche de chanson : Me And You (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
La neuvième piste est écrite par Starkey, Hudson et Steve Dudas. Dan Higgins intervient aux bois et Jim Cox à leurs arrangements ; Hudson joue basse et piano, Dudas et Burr guitares acoustiques, Ringo chant et batterie, Burr, Hudson et Mirando chœurs.
Cette formation souligne l’importance des collaborateurs moins visibles du public. Il serait inexact de présenter Jim Cox comme auteur parce qu’il réalise un arrangement instrumental, ou de remplacer le détail des bois par le seul mot « synthétiseur ».
10. Satisfied : Gary Nicholson et les harmonies gospel
Notice individuelle de Satisfied (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
« Satisfied » est signée Richard Starkey, Mark Hudson et Gary Nicholson. Ce dernier retrouve ainsi Ringo après sa participation à l’écriture de « Never Without You » sur Ringo Rama. La basse est confiée à Hudson, les guitares à Burr, Dudas et Hudson, tandis que Ringo chante, joue de la batterie et de l’orgue.
Le Rose Stone Gospel Choir figure parmi les chœurs de cette chanson, aux côtés de Burr et Hudson. Cette seconde apparition du chœur doit être distinguée de « Oh My Lord » : même partenaire collectif, mais œuvre et master différents.
11. The Turnaround : Barbara Bach, l’une des voix les plus insolites
Notice individuelle de The Turnaround (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
Le onzième titre est cosigné Starkey, Hudson, Burr, Dudas et Grakal. Ringo chante et tient la batterie, Burr et Dudas les guitares électriques, Hudson la basse, Dan Higgins le saxophone et Jim Cox l’arrangement des cuivres. Barbara Bach, épouse de Ringo, apparaît au générique sous l’expression « devil voice », interprétation parlée ou vocale caractéristique de cette plage.
Cette contribution mérite d’être documentée sans l’exagérer : elle ne fait pas de Barbara une chanteuse principale de l’album ni une coauteure du titre. Elle constitue un crédit vocal ponctuel sur un master précis, et non une participation généralisée aux douze chansons.
12. Free Drinks : la boucle de batterie et la fermeture du programme
Notice individuelle de Free Drinks (2005) : Ringo Starr et les collaborateurs du master →
La dernière plage est signée Starkey, Hudson, Burr, Dudas et Grakal. Ringo assure chant et batterie, mais les crédits généraux font aussi état d’une boucle réalisée par lui sur « Free Drinks ». Hudson joue basse, harmonica, guitares et voix, avec Burr, Dudas et Grakal aux guitares ou aux chœurs selon les attributions détaillées.
On distinguera la boucle de percussion d’un instrument supplémentaire joué par une autre personne. Les éditions CD standard comptent douze chansons ; les éventuels fragments cachés ou fins de pistes doivent être vérifiés sur la table d’indexation du support, et non inventés à partir d’un silence.
Le programme commercial et les éditions CD, DualDisc et DVD
Guide collectionneur Koch et CNR : CD, DualDisc et DVD →
Guide du collectionneur : CD Koch/CNR, DualDisc américain et DVD européen →
L’édition CD américaine Koch est répertoriée par AllMusic sous 9550, tandis que la DualDisc américaine porte la référence 9919. Le marché britannique et européen comporte l’édition CNR 22 998792 en CD et 22 998798 en configuration CD avec DVD séparé. Le programme musical standard dure environ 44 minutes et 36 secondes.
Une DualDisc est un disque double-face associant un côté CD et un côté DVD : elle ne doit pas être cataloguée comme un boîtier comportant deux disques indépendants. À l’inverse, l’édition CNR avec bonus DVD contient deux supports. Le programme DVD documente la fabrication de l’album, des commentaires par chanson de Starr et Hudson, les paroles et une biographie signée David Wild. Il faut traiter cette matière audiovisuelle comme des documents, non comme des chansons supplémentaires.
Le catalogue CNR et le relevé de JPGR permettent de corriger une erreur de numérotation fréquente : les versions 22998792 et 22998798 ne décrivent pas des masters musicaux concurrents, mais des présentations différentes. Une matrice de disque précise et un code-barres d’exemplaire restent nécessaires pour confirmer un pressage distinct.
Choose Love : une chanson naît d’un riff, un album naît d’une équipe
Le témoignage de Mark Hudson sur le titre principal
Le récit de la création de « Choose Love » est l’un des documents les plus précieux pour comprendre comment fonctionnaient les Roundheads. Interrogé en 2005 par Modern Drummer, Mark Hudson explique que Steve Dudas avait proposé une figure d’introduction et un groove. Ringo s’est placé à la batterie et a commencé à jouer en réponse à cette proposition ; Hudson a alors développé une ligne de basse qu’il rapprochait avec humour de plusieurs motifs familiers des Beatles. Ce témoignage attribue une succession d’initiatives à des personnes concrètes. Il ne transforme pas pour autant une anecdote de studio en journal complet de composition : les heures de travail, les prises retenues et les changements ultérieurs ne sont pas toutes décrits.
La portée historique de ce souvenir est claire. Dans cette équipe, une idée ne descend pas nécessairement du producteur vers les instrumentistes. Une proposition de guitariste peut conduire le batteur à trouver un rythme ; la batterie peut entraîner une nouvelle partie de basse ; l’ensemble peut devenir le point de départ d’une mélodie ou d’un texte. La contribution de Dudas demeure ainsi essentielle, même si son nom est moins visible que celui de Ringo sur la couverture du disque.
Un thème d’amour qui évolue pendant la réalisation
Dans l’entretien promotionnel diffusé en 2005, Hudson raconte que Ringo avait envisagé de bâtir un album consacré à l’amour sous un titre simple, avant que le travail n’évolue. Ringo évoque de son côté les thèmes de la paix, de l’amour et du passage du temps. La convergence des propos montre qu’une intention générale peut inspirer plusieurs chansons sans fixer définitivement une intrigue ou un ordre narratif. La création collective comporte aussi la liberté d’abandonner un concept trop contraignant lorsque les nouvelles compositions ouvrent d’autres directions.
Ce point est important pour l’histoire de la liberté artistique de Starr. Le producteur peut proposer une organisation thématique, mais le chanteur reste un partenaire actif. Il choisit les idées qui correspondent à sa voix et à son personnage musical, accepte certaines références à l’univers des Beatles et participe à leur transformation. Le fait qu’une chanson contienne des allusions à « Tomorrow Never Knows » ou au « Long and Winding Road » ne fait pas de l’enregistrement une nouvelle œuvre des Beatles : ce sont des références incorporées à un master solo.
Les voix invitées et la fidélité des Roundheads
Le personnel de Choose Love est relativement concentré autour de Hudson, Gary Burr, Steve Dudas, Jim Cox et des musiciens réguliers. Chrissie Hynde participe à « Don’t Hang Up », Robert Randolph intervient à la guitare sur des titres identifiés, et Billy Preston apporte des claviers à certaines plages. Leur présence ne transforme pas l’ensemble en compilation de duos avec des vedettes. Chaque invité répond à un besoin musical précis, tandis que le noyau créatif assure la continuité des chansons. Les crédits doivent conserver ces différentes fonctions.
La longue expérience des Roundheads produit une cohérence qui ne peut pas être expliquée par la seule couleur des guitares. Elle repose sur l’écriture à plusieurs, la connaissance de la voix de Ringo et la capacité à passer rapidement d’une idée à son enregistrement. La présente notice doit distinguer ce constat de toute supposition sur les instruments joués pendant des séances non documentées.
De 2005 à 2026 : une œuvre survit au changement d’équipe
Le titre « Choose Love » reprend une autre vie sur Long Long Road en 2026, sous la production de T Bone Burnett. Ringo a précisé qu’il avait réenregistré le morceau avec de nouveaux instruments et une nouvelle batterie, dans une orientation country. L’existence de cette seconde interprétation ne démontre pas la reprise du partenariat avec Hudson. Elle montre qu’une composition peut rester vivante et changeable longtemps après la fin de l’équipe qui l’a conçue. La logique de l’œuvre et celle de la relation professionnelle doivent donc être décrites séparément.
La synthèse Mark Hudson–Ringo Starr replace l’album dans l’histoire des Roundheads, tandis que les fiches de chansons conservent les crédits, les supports et les variantes publiées.
Quatre scènes de studio racontées par Mark Hudson : une étude de la fabrication de Choose Love
« Don’t Hang Up » : un petit groupe au lieu du collectif complet
Dans son entretien de 2005 avec Modern Drummer, Mark Hudson indique que « Don’t Hang Up » a été enregistré, pour sa base de travail, par Ringo, Gary Burr et lui-même. L’information est intéressante parce qu’elle montre que les Roundheads ne travaillent pas toujours au complet. La stabilité d’un collectif permet aussi à quelques-uns de ses membres d’enregistrer une chanson lorsque les autres ne sont pas présents. Une telle situation ne doit cependant pas conduire à supprimer les crédits d’instruments ou de voix qui auraient pu être ajoutés à une étape ultérieure. Le témoignage éclaire la prise décrite par Hudson ; la distribution du master publié reste à établir par l’ensemble des crédits.
Hudson insiste également sur certaines transitions de batterie où Ringo prolonge un roulement au-delà de la frontière habituelle entre deux mesures, avant de retrouver le rythme. Cette remarque est un témoignage direct de producteur sur ce qu’il écoute et admire dans le jeu de Starr. Elle ne signifie pas que tous les fills de « Don’t Hang Up » suivent le même procédé ; elle invite à étudier les ruptures et les retours de pulsation dans la version enregistrée.
« The Turnaround » : un retour de déjeuner devient un morceau
Hudson raconte que « The Turnaround » naît d’une improvisation. De retour d’une pause, Steve Dudas aurait branché sa guitare et commencé à jouer avec un son rugueux que le producteur rapproche de certains timbres de Neil Young. Ringo aurait apprécié ce motif, se serait installé à la batterie, puis Hudson aurait joué une basse simple. L’ensemble aurait constitué le point de départ de l’écriture. L’anecdote montre de façon particulièrement claire que la composition ne commence pas toujours par des paroles. Une couleur de guitare, un rythme et une basse peuvent provoquer une idée qui sera ensuite organisée en chanson.
Il serait pourtant abusif de déduire de ce récit que l’enregistrement initial est exactement le master commercial. Entre une improvisation et une publication peuvent intervenir montage, nouvelles voix, instruments additionnels, choix d’une structure et mixage. La valeur de l’histoire réside dans la genèse collective, non dans une reconstitution imaginaire des bandes multipistes.
« Satisfied » : des instruments historiques au service d’une nouvelle chanson
Le producteur décrit une expérience plus étonnante sur « Satisfied ». Ringo aurait apporté plusieurs guitares associées à Marc Bolan, John Lennon et George Harrison, afin que Hudson, Burr et Dudas les utilisent sur le morceau. Selon son récit, les guitaristes se passent successivement les instruments pendant les couplets, et Dudas joue un solo de slide sur la Gretsch de Harrison. L’anecdote présente deux niveaux : la présence matérielle d’instruments historiques et l’utilisation de leur timbre dans un nouveau master. Ces guitares ne rendent pas leurs anciens propriétaires participants à la session de 2005. Il faut donc éviter de transformer un hommage sonore en un nouveau crédit de Lennon, Harrison ou Bolan sur Choose Love.
Le témoignage renseigne sur les instruments que Hudson dit avoir manipulés et sur la signification personnelle de cette expérience pour Ringo. La provenance exacte de chaque guitare, son modèle, ses modifications et la nature des enregistrements conservés doivent cependant être vérifiés à partir des archives et de photographies d’époque. Un souvenir sur un objet célèbre peut être précis et néanmoins nécessiter un contrôle matériel avant d’entrer dans un catalogue raisonné d’instruments.
« Hard To Be True » : trois musiciens et un instrument d’argile
Hudson évoque enfin « Hard To Be True », notamment une entrée tardive de la batterie et l’utilisation d’un udu, instrument de percussion en argile à résonance grave. Il décrit une manipulation collective où Gary Burr tient l’instrument tandis que Ringo et lui-même produisent des sons à différents endroits. Ce détail révèle un aspect du travail des Roundheads qui apparaît peu dans les génériques : la création d’une texture sonore peut être partagée physiquement par plusieurs personnes, sans que l’on puisse résumer l’opération à une seule ligne « percussion : X ». La description doit néanmoins rester attachée au récit de Hudson, car le détail de toutes les prises alternatives n’est pas connu.
Une leçon de musicologie et d’histoire orale
Ces quatre situations ne racontent pas une technique unique. Une chanson naît d’un petit groupe, une autre d’une improvisation après une pause, une autre de la circulation d’instruments anciens, une dernière d’une expérimentation percussive. Leur point commun est la disponibilité de musiciens qui se connaissent suffisamment pour répondre rapidement à une idée. Mais l’histoire orale doit être confrontée au résultat publié : la mémoire du producteur éclaire la genèse, le livret établit des responsabilités reconnues, et l’analyse du master révèle comment la musique finale fonctionne. L’encyclopédie ne doit pas transformer une anecdote de studio en attribution automatique de tous les gestes entendus.
Gary Burr et Choose Love : une dizaine de chansons cosignées et plusieurs métiers à séparer
Le travail d’auteur au cœur de l’album
Dans le programme original de Choose Love, Gary Burr figure parmi les auteurs de nombreux titres, notamment « Fading In Fading Out », « Give Me Back the Beat », « Oh My Lord », « Hard To Be True », « Some People », « Wrong All the Time », « Don’t Hang Up », « Choose Love », « The Turnaround » et « Free Drinks ». Son rôle est donc structurel pour le répertoire de l’album. Il serait pourtant trompeur d’additionner ce nombre de compositions à celui de ses prestations instrumentales pour calculer un total de collaborations indépendantes : un coauteur peut enregistrer une guitare, une voix et plusieurs prises dans le cadre d’une seule œuvre.
Les crédits publiés présentent des répartitions différentes selon les chansons. Burr peut jouer de la guitare électrique, participer aux guitares acoustiques ou assurer des voix d’accompagnement. Mais une chanson qu’il a cosignée n’atteste pas automatiquement son jeu sur le master, et un enregistrement où il chante ne le rend pas nécessairement coauteur. Le travail encyclopédique consiste à tenir trois registres séparés : l’œuvre et ses auteurs ; le master et ses instrumentistes ; la séance et les personnes effectivement présentes.
La liberté de l’écriture collective
L’entretien d’histoire orale de Burr apporte une information que les pochettes ne peuvent pas fournir. Il explique qu’il arrivait à Ringo de proposer un titre, une idée de chanson ou une couleur stylistique. Les autres Roundheads travaillaient ensuite à transformer cette intuition en paroles, en mélodie et en accompagnement. Burr se souvient qu’il pouvait contester une formule maladroite et que Starr acceptait cette franchise. La confiance ne se réduit donc pas à l’admiration envers un ancien Beatle : elle inclut la possibilité de revoir ses propositions.
La contribution du guitariste peut être aussi importante dans l’élaboration d’une chanson que celle de l’auteur d’un premier vers, mais la répartition légale des crédits reste une information distincte de la chronologie orale. Les paroles ajoutées ou modifiées après une première séance peuvent changer le résultat sans conduire nécessairement à une modification formelle de la liste des auteurs.
L’identité Roundheads et les invités ne se confondent pas
Chrissie Hynde, Robert Randolph et Billy Preston apportent des participations ciblées à Choose Love. Leur présence ne remplace pas celle des partenaires réguliers. Les invités peuvent donner une couleur très spécifique à un morceau tandis que Burr, Hudson, Dudas, Cox et les autres collaborateurs assurent la continuité des arrangements. Réciproquement, il ne serait pas correct de décrire Burr comme présent sur toutes les chansons simplement parce qu’il appartient au cercle des Roundheads. L’identité du groupe est une réalité historique, mais le personnel enregistré demeure variable.
La nouvelle étude de Gary Burr et Ringo Starr développe sa trajectoire humaine et musicale entre 1998 et 2019. La présente page conserve son périmètre d’album, avec les douze masters, les musiciens par chanson et leurs publications.
Réception et sources : l’importance de distinguer les crédits des commentaires
La sortie américaine du 7 juin 2005 et la britannique du 25 juillet permettent d’établir une chronologie commerciale. L’album n’atteint pas les classements nationaux d’albums britanniques et américains dans les relevés utilisés, malgré des critiques généralement favorables. Il ne faut pas confondre cette absence de classement avec une absence de distribution, ni lui attribuer des ventes sans chiffre fiable.
Les sources principales de ce chapitre sont les relations par chanson de MusicBrainz pour l’édition CNR du 25 juillet 2005, The Beatles Bible, la fiche d’album et les études « Oh My Lord » et « Don’t Hang Up », JPGR pour le CD et DVD CNR, AllMusic pour les formats 9550/9919 et les crédits techniques. Références : https://musicbrainz.org/release/abba4d7c-b9d5-3259-b4d9-fe43a6f23c30 ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/albums/choose-love/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/oh-my-lord/ ; https://www.beatlesbible.com/people/ringo-starr/songs/dont-hang-up/ ; https://jpgr.co.uk/cnr22998798.html ; https://www.allmusic.com/album/choose-love-mw0000211120 . Les matrices nationales, le détail des éventuels promos et la répartition temporelle des overdubs doivent être vérifiés sur les originaux.












