APPLE CORPS · PATRIMOINE SONORE · 1999
Yellow Submarine Songtrack (1999) : Apple Corps et les premiers grands remixages des Beatles
Le 13 septembre 1999, l’album Yellow Submarine Songtrack accompagne une nouvelle exploitation du film d’animation des Beatles. Quinze chansons y sont proposées sous des mixages stéréo retravaillés. Cette opération éclaire la politique patrimoniale d’Apple Corps avant l’ère des grandes éditions anniversaires.
Sommaire de l’étude
1999 : une nouvelle vie pour un film de 1968
En 1968, Yellow Submarine proposait une fantaisie graphique dans laquelle les Beatles devenaient des personnages animés. Sa bande originale publiée en 1969 était un objet particulier : elle réunissait six morceaux du groupe et des plages instrumentales composées par George Martin. L’album de 1999, malgré la proximité du titre, poursuit une autre logique.
Yellow Submarine Songtrack rassemble quinze chansons des Beatles entendues dans le film. Il ne reproduit donc pas le programme du disque original. L’objectif est de faire redécouvrir la matière musicale du long métrage dans un cadre sonore adapté à sa ressortie, tout en proposant un album autonome aux auditeurs.
Quinze chansons, et non une réédition de la bande originale de 1969
Les titres vont de Yellow Submarine à It’s All Too Much, en passant par Hey Bulldog, Eleanor Rigby, Nowhere Man, Lucy in the Sky with Diamonds et All You Need Is Love. Certaines chansons provenaient à l’origine d’albums différents, notamment Rubber Soul, Revolver ou Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. Leur réunion suit la logique du film, pas celle d’une session d’enregistrement unique.
Le contraste avec le disque de 1969 explique la confusion fréquente entre les deux objets. Le Songtrack n’est ni un album studio inédit ni une simple compilation des six morceaux du premier disque : il propose une sélection élargie et un traitement sonore spécifique.
Le travail de Peter Cobbin aux studios Abbey Road
Pour cette opération, les enregistrements multistes servent de point de départ à de nouveaux mixages. L’ingénieur Peter Cobbin réalise un travail qui cherche à tirer parti des possibilités stéréo de la fin des années 1990, tout en conservant les prestations originales. Il ne s’agit pas de faire réenregistrer les chansons aux musiciens, mais de revoir l’équilibre des éléments déjà gravés sur bande.
Il faut distinguer trois notions : la restauration d’un support détérioré, le remastering d’un mixage existant et le remixage à partir des pistes séparées. Le chantier de 1999 contribue à rendre familière cette troisième démarche, devenue centrale dans les projets ultérieurs coordonnés autour du catalogue des Beatles.
Le film restauré et le retour de Hey Bulldog
La nouvelle exploitation du film en 1999 accompagne un travail sur l’image et sur la bande sonore, notamment en multicanal pour la vidéo. La séquence de Hey Bulldog, absente de certaines versions distribuées antérieurement, retrouve une place dans cette remise en circulation. Ces opérations dépassent les seules questions discographiques : elles mobilisent des ayants droit audiovisuels, des distributeurs et les responsables du patrimoine du groupe.
Il serait inexact de présenter cette restauration de 1999 comme celle, réalisée avec une autre méthode, pour le Blu-ray et le DVD de 2012. Les deux campagnes appartiennent à des moments techniques distincts. Apple Corps s’inscrit dans cette continuité en coordonnant l’utilisation du répertoire et l’image des Beatles.
Une étape dans la transformation d’Apple Corps
À la fin du XXe siècle, Apple Corps ne se contente plus de gérer l’exploitation courante d’enregistrements historiques. La société peut concevoir des ensembles éditoriaux qui proposent une nouvelle lecture d’œuvres connues. Le Songtrack constitue à cet égard une expérience marquante avant la compilation 1 de 2000, l’aventure LOVE et les grands coffrets des années 2010 et 2020.
Pour comprendre la suite, on peut comparer ce travail avec la restauration du film en 2012 et avec les remasters des Beatles en 2009. Les calendriers, les supports et les choix artistiques restent différents.
Le Songtrack et le film restauré de 1999 : deux éditions différentes
Le nom Yellow Submarine Songtrack désigne une collection de quinze chansons des Beatles remixées pour l’opération de 1999. Il ne doit pas être pris pour le film lui-même, ni pour une reproduction exacte du disque de 1969, qui associait des titres du groupe à des compositions orchestrales de George Martin. La campagne de septembre 1999 comprend également une nouvelle exploitation de Yellow Submarine en salle, en VHS et en DVD. Les deux projets se répondent mais ne sont pas interchangeables : l’un concerne l’édition musicale, l’autre la présentation intégrale du long métrage.
Le DVD se distingue notamment par le retour de la séquence Hey Bulldog, absente de certaines anciennes versions distribuées à l’international, et par des suppléments tels que A Mod Odyssey. Ces ajouts témoignent d’un souci croissant de documenter l’histoire visuelle du film. Leur traitement doit rester distinct du chantier 4K conduit en 2012. Lire l’enquête sur l’édition DVD de 1999.
La ressortie du film de 1999 et les figurines McFarlane : deux produits d’une même campagne
Le Yellow Submarine Songtrack de 1999 fait partie d’une opération qui cherche à remettre l’univers du film dans l’actualité culturelle. La restauration et la nouvelle distribution de l’œuvre s’accompagnent d’un travail sonore, mais également de nouveaux produits dérivés. McFarlane Toys annonce dès mars 1999 des figurines articulées reproduisant les Beatles animés et certains personnages secondaires, puis communique à l’automne sur des assortiments vendus en blister. Ces figurines permettent de collectionner John avec Jeremy, George avec le sous-marin, Ringo avec un Blue Meanie ou Paul avec un Glove. Elles ne contiennent pas les nouveaux mixages de 1999, mais partagent le même univers visuel et le même contexte promotionnel.
Il faut distinguer cette première vague de la deuxième série publiée en 2000, qui inclut notamment John avec Bulldog, Paul avec Sucking Monster, George avec Snapping Turk et Ringo avec Apple Bonker. La chronologie des jouets offre un éclairage sur l’importance de la ressortie : un film de 1968 retrouve des spectateurs mais fournit aussi un répertoire de personnages commercialisables. Les figurines McFarlane de 1999 et la série de 2000 détaillent cette réception matérielle.
Le film restauré et ses archives ne se résument pas à la bande sonore
Yellow Submarine Songtrack en 1999 et la restauration du film en 2012 concernent deux dimensions distinctes d’un même patrimoine. Le premier projet présente des chansons remixées à partir des enregistrements, tandis que le second rend au long métrage ses qualités visuelles et réunit des documents de fabrication. Parmi les suppléments vidéo de 2012 figurent des dessins originaux, des photographies d’atelier et des storyboards, autant d’éléments qui ne sont pas contenus dans un album musical. Les comparer permet de ne pas confondre la bande sonore, l’œuvre cinématographique et les archives de production.
Cette distinction est particulièrement importante dans un dossier consacré à Apple Corps plutôt qu’au seul label Apple Records. La société intervient dans la circulation des images et des usages autorisés, au-delà du disque. Consulter les archives et bonus du Blu-ray Yellow Submarine de 2012 puis le détail du chantier de restauration.
Questions fréquentes
Le Songtrack est-il le même album que Yellow Submarine de 1969 ?
Non. Le disque de 1999 réunit quinze chansons du film sous de nouveaux mixages, tandis que la bande originale de 1969 comporte aussi les pièces orchestrales de George Martin.
Apple Corps a-t-elle produit le film original en 1968 ?
La genèse du film et la question de ses sociétés de production sont distinctes de l’exploitation patrimoniale de 1999. La société des Beatles intervient ici dans la gestion des œuvres et de leur présentation.
Poursuivre l’histoire d’Apple Corps
Cette étude appartient au dossier encyclopédique sur Apple Corps, la société des Beatles. Pour situer les grandes dates, consultez également la chronologie d’Apple Corps.












