APPLE CORPS · DOCUMENTS DE PRODUCTION · 2012
Yellow Submarine en Blu-ray (2012) : les dessins originaux, John Lasseter et les bonus retrouvés
La restauration numérique de Yellow Submarine en 2012 a remis en lumière les couleurs et les dessins du film d’animation des Beatles. Son édition DVD et Blu-ray va plus loin : elle réunit vingt-neuf dessins originaux, trente photographies de production, des storyboards et un livret consacré à la place du film dans l’histoire de l’animation. Une petite archive portative qui mérite sa propre étude.
Sommaire de l’étude
Le film de 1968 et les documents qui l’entourent
Présenté à Londres en juillet 1968, Yellow Submarine est un long métrage animé dont la réalisation est confiée à George Dunning et l’identité graphique à Heinz Edelmann. La participation des Beatles à son imaginaire musical ne doit pas faire oublier les équipes d’animation qui ont imaginé Pepperland, les Blue Meanies et une succession d’expériences visuelles très éloignées du cinéma de prise de vues. Lorsque le film est restauré en 2012, les images finales ne représentent qu’une partie du patrimoine conservé. Des croquis, photographies et plans préparatoires subsistent également, permettant de raconter comment l’œuvre a été fabriquée.
Vingt-neuf dessins originaux : l’animation avant les couleurs
Les documents promotionnels de l’édition 2012 annoncent une galerie de vingt-neuf dessins réalisés au crayon. Leur intérêt historique ne se limite pas à la rareté ou à l’attrait du collectionneur : ces feuilles conservent les recherches de formes, d’attitudes et de compositions qui précèdent l’image définitive. Le personnage visible dans un dessin de travail peut différer de sa silhouette connue dans le long métrage. Un dessin préparatoire n’est donc pas un photogramme ni une illustration contemporaine imitant le style du film. C’est une étape de conception, liée aux contraintes d’un atelier d’animation des années soixante.
Trente photographies de coulisses, un atelier enfin visible
Trente photographies prises pendant la production viennent compléter cette présentation. Elles permettent d’approcher l’environnement humain du film : collaborateurs, réunions, méthodes de fabrication et moments de préparation. Leur valeur est différente de celle des photographies publicitaires des Beatles. Elles rappellent que l’esthétique de Yellow Submarine a été produite par une équipe nombreuse et organisée, et non simplement dessinée d’un seul geste par un musicien. Pour l’historien, cette documentation permet de replacer les auteurs visuels dans l’histoire du projet et de distinguer la création de personnages de leur exploitation commerciale ultérieure.
Mod Odyssey : un court document sur la production
Le making-of Mod Odyssey, d’une durée d’environ sept minutes et demie, figure au programme de l’édition. Il restitue des éléments de la production du film et de son univers visuel. Sa brièveté ne retire rien à son intérêt : il représente une trace cinématographique de la fabrication, là où les dessins et les photographies en constituent des documents fixes. Ce court film est un supplément séparé du long métrage. Il n’a pas été réintégré au récit de Pepperland, distinction essentielle si l’on compare les différentes versions vidéo et si l’on établit une filmographie précise.
Les commentaires de John Coates et Heinz Edelmann
La présentation des suppléments annonce des commentaires et des témoignages d’artistes ayant participé à la création du film, notamment le producteur John Coates et le directeur artistique Heinz Edelmann. Ceux-ci éclairent les choix graphiques et les conditions d’une production complexe. Une parole recueillie longtemps après les faits peut nourrir l’histoire de l’animation, mais elle ne possède pas la même nature documentaire qu’un croquis annoté ou une feuille de production datée. La force de cette édition est de réunir plusieurs types de traces qui permettent au lecteur ou au spectateur de confronter les souvenirs et les objets matériels.
Trois ensembles de storyboards, dont des projets écartés
Les bonus comprennent trois ensembles de storyboards, dont deux concernent des séquences supprimées ou non réalisées dans le montage présenté au public. Le storyboard ne constitue pas une scène filmée : il indique la succession envisagée des images, les déplacements et la structure d’un passage. Sa publication montre des directions que le film aurait pu suivre, sans autoriser à reconstituer artificiellement une version alternative complète. Cette distinction est précieuse pour les passionnés de l’histoire du cinéma : le patrimoine ne comprend pas seulement l’œuvre terminée, mais également les propositions qui ont précédé les décisions finales.
John Lasseter et le livret de seize pages
La présentation officielle annonce un livret de seize pages comprenant notamment un texte de John Lasseter, alors figure majeure de l’animation chez Disney et Pixar. Il apporte le regard d’un professionnel d’une autre génération sur l’influence et l’originalité du film. Ce texte ne fait pas de son auteur un créateur de l’œuvre de 1968 : il appartient clairement à la réception patrimoniale de 2012. Le coffret utilise ainsi la parole d’un animateur contemporain pour aider à comprendre l’importance durable des recherches graphiques de Heinz Edelmann et de ses collaborateurs.
Un patrimoine plus large que le disque ou le film
Le Blu-ray de 2012 ne saurait être réduit à sa qualité d’image : il réunit un film, une documentation de fabrication et des témoignages. Ce travail appartient au rôle d’Apple Corps dans la circulation d’images historiques, distinct des activités discographiques d’Apple Records. Il complète l’étude de la restauration de l’image, celle du DVD de 1999 et l’histoire de la sortie du film en 1968.
Questions fréquentes
Quel rôle joue Apple Corps dans cette édition ?
La société des Beatles participe à la gestion et à la diffusion de leur patrimoine visuel, en lien avec des partenaires techniques et culturels.
Cette initiative appartient-elle à Apple Records ?
Non. Elle relève de l’histoire audiovisuelle et numérique d’Apple Corps, distincte des activités du label discographique.
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