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APPLE CORPS · FILMS ET ARCHIVES · 2015

The Beatles 1+ (2015) : comment Apple Corps a restauré 50 films et clips des Beatles

Avec The Beatles 1+, Apple Corps ne se contente pas de reprendre les 27 numéros un du groupe. En 2015, elle transforme leur héritage audiovisuel en une collection de cinquante films et clips restaurés, qui raconte la naissance de la vidéo musicale moderne.

Sommaire de l’étude

6 novembre 2015 : un disque devient une archive audiovisuelle

Quinze ans après le succès de 1, compilation de vingt-sept numéros un parue en novembre 2000, les Beatles proposent une édition élargie qui replace les chansons dans leur histoire visuelle. Le 6 novembre 2015, le programme 1+ est commercialisé sous différentes configurations CD, DVD et Blu-ray.

L’idée ne consiste pas simplement à mettre des images sur les chansons les plus célèbres. Elle est de montrer comment un groupe qui ne pouvait plus être présent sur tous les plateaux de télévision a inventé, avec ses réalisateurs, une nouvelle manière d’accompagner la diffusion musicale.

Les 27 succès et les 23 films complémentaires

Le programme principal associe chacun des 27 titres de la compilation 1 à un film ou à une vidéo restaurée. Le disque supplémentaire de l’édition 1+ ajoute 23 films, dont des variantes et des œuvres peu diffusées. L’ensemble atteint donc cinquante pièces audiovisuelles, et non cinquante chansons nouvelles des Beatles.

Cette nuance évite une confusion fréquente dans les descriptifs commerciaux. Les différentes prises et montages peuvent présenter une véritable valeur documentaire même lorsqu’ils accompagnent une même chanson.

Pourquoi ces films ont changé la promotion musicale

Après l’arrêt des grandes tournées en 1966, les Beatles peuvent difficilement apparaître à chaque émission de télévision. Des films tels que ceux de Paperback Writer, Rain, Strawberry Fields Forever ou Penny Lane offrent une solution, mais deviennent rapidement davantage que de simples outils publicitaires. Les couleurs, le montage, la mise en scène et l’humour créent une esthétique autonome.

À cet égard, 1+ permet de revoir les Beatles comme des acteurs de l’histoire de l’image pop, et pas seulement comme des interprètes enregistrés en studio.

Une restauration image par image organisée par Apple Corps

Apple Corps rassemble une équipe de dix-huit spécialistes de la restauration audiovisuelle. Les négatifs 35 mm disponibles sont numérisés en haute résolution, avec des traitements de nettoyage image par image, d’étalonnage des couleurs et, dans certains cas, de nouveaux montages. Le travail demande de distinguer les défauts de vieillissement des traces authentiques de l’époque.

Le but n’est pas de donner aux images de 1965 ou 1967 une apparence artificiellement contemporaine, mais de retrouver une lisibilité qui puisse servir aux nouvelles générations tout en conservant leur caractère historique.

Le son : Giles Martin et Sam Okell à Abbey Road

Le projet ne se limite pas à la pellicule. Giles Martin et Sam Okell réalisent de nouveaux mixages stéréo et surround à partir des bandes analogiques, à Abbey Road. Des images anciennes peuvent ainsi être accompagnées par une présentation sonore moderne, avec des versions destinées aux installations multicanales.

Il faut bien séparer ces opérations : numériser un négatif en 4K n’est pas la même chose que produire un mixage audio 5.1, et l’une ne garantit pas la présence de l’autre sur chaque appareil d’écoute.

Les commentaires de Paul et Ringo comme documents de mémoire

Le projet comporte des interventions nouvelles de Paul McCartney et de Ringo Starr, sous forme de commentaires et de présentations. Leur présence réintroduit une parole directe dans une archive composée d’images enregistrées plusieurs décennies auparavant. Elle doit être distinguée des documents originaux : un souvenir formulé en 2015 n’est pas un témoignage contemporain d’un tournage de 1966.

Les livrets et notices apportent un complément utile pour identifier les versions, les dates et les contextes de production.

Apple Corps, gardienne d’un patrimoine aussi visuel que sonore

1+ montre une évolution importante de l’activité d’Apple Corps. La société doit organiser l’accès aux images, leurs autorisations, leur restauration et leur présentation éditoriale, en coopération avec les ingénieurs et partenaires chargés des éditions. C’est un travail de conservation de la mémoire des Beatles qui dépasse largement le seul catalogue discographique.

On peut poursuivre avec l’histoire de la compilation 1 en 2000, les premières grandes anthologies de 1973 et les archives audiovisuelles d’Apple Corps.

Le programme audiovisuel prolongé en librairie et sur iTunes

L’édition The Beatles 1+ est plus complexe qu’une collection de cinquante films. Son édition de luxe comprend également un livre de 124 pages, conçu pour donner au lecteur les circonstances historiques des séquences restaurées. L’ouvrage associe un commentaire éditorial de Mark Ellen aux notices de Richard Havers. Cette documentation rend possible une lecture critique des films, notamment lorsque plusieurs versions existent pour une même chanson.

La diffusion physique du 6 novembre 2015 est prolongée le 7 décembre par la mise à disposition du programme audiovisuel sur iTunes. Ces deux étapes doivent être séparées de l’arrivée des chansons des Beatles sur les services de streaming musical, annoncée pour le 24 décembre. La société supervise ainsi différentes formes d’accès à son patrimoine. Lire l’étude consacrée au livre et celle sur iTunes.

Du DVD documentaire à la collection de cinquante films de 2015

The Beatles 1+ marque une étape dans la présentation cohérente des films promotionnels du groupe, mais il s’inscrit dans une histoire audiovisuelle plus ancienne. Dès 2007, le double DVD Help! associait le long métrage restauré à une série de documents de production. En 2010, l’édition intégrale des émissions d’Ed Sullivan montrait l’importance de conserver des programmes dans leur environnement télévisuel. En 2012, Magical Mystery Tour réapparaissait avec plusieurs versions inédites de séquences musicales et des documents de tournage. Ces éditions n’ont pas la même structure que The Beatles 1+, mais elles préparent le public à regarder les images musicales comme des objets d’histoire.

La compilation de 2015 offre une collection de films restaurés et commentés, là où les éditions antérieures documentaient un long métrage ou une émission de variété. Pour comparer les supports, lire Magical Mystery Tour en 2012 et les émissions Ed Sullivan de 2010.

Questions fréquentes

Quand est sorti The Beatles 1+ ?

Le 6 novembre 2015.

Combien de vidéos comprend l’édition 1+ ?

Cinquante films et vidéos restaurés, dont vingt-trois sur un disque supplémentaire.

Qui a travaillé sur les nouveaux mixages ?

Giles Martin et Sam Okell, à Abbey Road Studios.

Poursuivre le dossier Apple Corps

Retrouvez l’encyclopédie Apple Corps et la chronologie complète. Cette étude analyse le rôle patrimonial de la société des Beatles, distinct de l’histoire des publications du label Apple Records.

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