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John Lennon aurait eu 86 ans : comment son œuvre est passée à la postérité, l’héritage artistique d’un 9 octobre à l’autre

Par Clive Helday
John Lennon aurait eu 86 ans : l'héritage artistique et la postérité de son œuvre

Le 9 octobre 2026, John Lennon aurait eu 86 ans. Quarante-six ans après sa mort, l’homme né à Liverpool en pleine guerre est devenu bien plus qu’un ancien Beatle : un nom d’aéroport, une tour de lumière en Islande, un hymne chanté aux Jeux olympiques, une voix qui a encore décroché un Grammy en 2025 grâce à une chanson enregistrée sur une cassette à la fin des années 1970. Chaque 9 octobre, le monde fait le point sur ce qu’il reste de lui. Cette année, l’anniversaire a une saveur particulière : quelques semaines plus tôt, Sean Ono Lennon a annoncé la naissance de son fils, le premier petit-enfant de John. Voici comment l’œuvre de John Lennon est passée à la postérité, ce qu’elle a légué à la musique et au monde, et pourquoi, à l’heure de ses 86 ans, elle n’a jamais semblé aussi vivante.

En bref

  • La date : John Winston Lennon est né le 9 octobre 1940 à la maternité de Liverpool, sur Oxford Street. Le 9 octobre 2026 marque le 86e anniversaire de sa naissance.
  • Un 9 octobre symbolique : c’est aussi le jour de naissance de Sean Lennon (1975), le jour de l’inauguration de Strawberry Fields à Central Park (1985) et le jour où l’Imagine Peace Tower s’allume chaque année en Islande depuis 2007.
  • L’œuvre : sept albums studio solo de son vivant, de John Lennon/Plastic Ono Band (1970) à Double Fantasy (1980), plus de nombreux albums posthumes et, depuis 2018, une série de coffrets Ultimate Collection.
  • La postérité : Imagine est devenu un hymne universel. Now and Then, dernière chanson des Beatles bâtie sur une maquette de Lennon, a été numéro un au Royaume-Uni en 2023 et a reçu un Grammy en 2025.
  • L’actualité 2026 : Sean Ono Lennon et Charlotte Kemp Muhl ont annoncé à la fin de l’été la naissance de leur fils, Aurelius, premier petit-enfant de John Lennon.
  • Quatre correctifs factuels portent sur la naissance “sous les bombes”, le classement d’Imagine, la nature de Now and Then et le crédit de Give Peace a Chance.

9 octobre : la date qui organise la mémoire de John Lennon

Une naissance en pleine guerre

John Winston Lennon naît le mercredi 9 octobre 1940 à la Liverpool Maternity Hospital, sur Oxford Street. Sa mère, Julia Stanley, a 26 ans. Son père, Alfred Lennon, dit Freddie, est marin dans la marine marchande et se trouve en mer. Le Royaume-Uni est en guerre depuis un peu plus d’un an. Liverpool, premier port de l’Atlantique pour le ravitaillement britannique, est l’une des villes les plus visées par la Luftwaffe en dehors de Londres. C’est dans ce climat que l’enfant reçoit son deuxième prénom : Winston, en hommage au Premier ministre Winston Churchill, alors au sommet de sa popularité.

L’enfance est vite bouleversée. Les parents se séparent, Freddie disparaît, Julia confie l’éducation de son fils à sa sœur aînée, Mary Smith, que tout le monde appelle Mimi. John grandit chez elle et son mari George, à Mendips, une maison mitoyenne du 251 Menlove Avenue, dans le quartier résidentiel de Woolton. Il retrouve sa mère à l’adolescence, et c’est elle qui lui apprend ses premiers accords, au banjo. Le 15 juillet 1958, Julia est renversée par une voiture près de Mendips et meurt. John a 17 ans. Cette perte nourrira certaines de ses chansons les plus bouleversantes, de Julia, sur l’album blanc, à Mother, en 1970.

Correctif factuel n° 1 — Né sous les bombes ?

Une légende tenace veut que John Lennon soit né pendant un raid aérien allemand sur Liverpool, et que sa tante Mimi ait traversé la ville sous les bombes pour rejoindre la maternité. L’histoire a été racontée par Mimi elle-même et reprise par de nombreuses biographies. Mais l’historien des Beatles Mark Lewisohn, dans Tune In, premier volume de sa biographie de référence publié en 2013, a vérifié les archives : il n’y a pas eu de bombardement sur Liverpool le soir du 9 octobre 1940. Les raids avaient lieu cet automne-là, et la ville a été durement touchée avant et après, mais la nuit de la naissance de John semble avoir été calme. La naissance en temps de guerre est un fait ; la naissance sous les bombes relève du récit familial.

John Winston devient John Ono

Le prénom de Winston, Lennon finira par s’en débarrasser. Le 22 avril 1969, au cours d’une petite cérémonie sur le toit de l’immeuble d’Apple, au 3 Savile Row, il change officiellement de nom par acte notarié et devient John Winston Ono Lennon. Le geste est un manifeste : il épouse Yoko Ono un mois plus tôt, le 20 mars 1969 à Gibraltar, et veut que leur union se lise jusque dans son état civil. Le Winston de la guerre et de l’Empire cède la place au Ono de l’avant-garde et de la paix. Ce changement de nom résume, à lui seul, la trajectoire d’une vie.

Le chiffre 9, une obsession

Lennon était fasciné par le chiffre 9, et l’on comprend pourquoi le 9 octobre a pris dans sa mémoire une importance particulière. Il est né un 9. Sa première maison familiale se trouvait au 9 Newcastle Road. Le chiffre revient dans ses chansons : One After 909, écrite à l’adolescence avec Paul McCartney et enregistrée sur le toit d’Apple en janvier 1969 ; Revolution 9, le collage sonore de l’album blanc ; #9 Dream, sur Walls and Bridges en 1974. Lennon s’intéressait à la numérologie et voyait dans ce chiffre une forme de signature.

Il y a surtout le 9 octobre 1975. Ce jour-là, à New York, Yoko Ono met au monde leur fils, Sean Taro Ono Lennon. John fête ses 35 ans. Le père et le fils partagent désormais le même anniversaire. Lennon prend la décision de se retirer de l’industrie musicale pour élever l’enfant, une période que le site a racontée dans son enquête sur le retrait de John Lennon en 1975. Le 9 octobre 1980, Lennon fête ses 40 ans et les 5 ans de Sean. Ce sera son dernier anniversaire. Deux mois plus tard, le 8 décembre 1980, il est assassiné devant le Dakota, à New York.

86 ans : l’âge de Ringo

Il y a un exercice que tous les fans des Beatles font en silence chaque 9 octobre : imaginer John Lennon vieux. L’exercice est d’autant plus troublant cette année que l’on peut le comparer à ses anciens partenaires. Ringo Starr, né le 7 juillet 1940, soit trois mois avant John, a lui aussi eu 86 ans en 2026. Il continue de tourner avec son All-Starr Band et de publier des disques. Paul McCartney, né le 18 juin 1942, a eu 84 ans au printemps et prépare encore de nouvelles chansons. George Harrison, mort en 2001, en aurait eu 83 en février.

John Lennon aurait donc l’âge de Ringo, dont le site a retracé le parcours dans sa biographie complète. On peut imaginer un Lennon octogénaire, cheveux blancs et lunettes rondes, signant des coffrets de rééditions ou commentant l’actualité avec la même ironie mordante. On peut tout autant l’imaginer retiré, ayant raccroché depuis longtemps. Il n’y a pas de réponse. Le seul Lennon que nous connaissons est l’homme de 40 ans, et c’est à partir de cet homme-là que la postérité a travaillé.

Un anniversaire plus suivi que la date de sa mort ?

Pendant longtemps, la mémoire de Lennon s’est surtout organisée autour du 8 décembre, la date de sa mort. Les veillées à Strawberry Fields, les hommages radiophoniques, les rétrospectives télévisées se concentraient sur le drame. Depuis les années 2000, la tendance s’est déplacée vers le 9 octobre. Yoko Ono y a beaucoup contribué : en choisissant ce jour pour inaugurer Strawberry Fields en 1985, puis pour allumer chaque année l’Imagine Peace Tower depuis 2007, elle a fait de l’anniversaire de naissance une fête de la vie plutôt qu’une commémoration de la mort. Les maisons de disques ont suivi : la plupart des grandes rééditions de Lennon depuis vingt ans sont publiées en octobre, autour de son anniversaire.

Les anniversaires de Lennon depuis 1980 : comment on célèbre un absent

1981 : le premier anniversaire sans lui

Le 9 octobre 1981, Lennon aurait eu 41 ans. C’est le premier anniversaire sans lui. Dix mois plus tôt, le monde entier a observé dix minutes de silence à la demande de Yoko Ono, le 14 décembre 1980. Les ventes de ses disques ont explosé : (Just Like) Starting Over est devenu numéro un aux États-Unis et au Royaume-Uni, et Imagine, réédité en single, a pris la tête du classement britannique en janvier 1981. Double Fantasy, l’album sorti trois semaines avant sa mort, a été élu album de l’année aux Grammy Awards de février 1982. Le premier anniversaire posthume se vit donc dans la stupeur et le succès commercial mêlés. La postérité de Lennon commence par un paradoxe : sa mort a fait de lui l’artiste le plus écouté du monde.

1985 : Strawberry Fields

Le 9 octobre 1985, jour de ses 45 ans et des 10 ans de Sean, Yoko Ono inaugure Strawberry Fields, un espace de Central Park situé juste en face du Dakota. Elle a financé son aménagement et lancé un appel aux pays du monde entier pour qu’ils offrent des plantes. Au centre, une mosaïque noire et blanche, offerte par la ville de Naples, porte un seul mot : Imagine. Le lieu devient le principal lieu de recueillement des admirateurs de Lennon, où des musiciens jouent ses chansons presque tous les jours. Le site a raconté la géographie new-yorkaise de Lennon dans son article sur le Café La Fortuna, le café de quartier où il prenait son petit-déjeuner, à deux rues de là.

1990 : 50 ans et Imagine dans le monde entier

Pour les 50 ans de John, le 9 octobre 1990, Yoko Ono organise une diffusion mondiale d’Imagine, retransmise simultanément par des radios d’un très grand nombre de pays. L’idée est simple et ambitieuse : faire entendre la même chanson au même moment sur toute la planète. Ce geste marque une étape. Imagine n’est plus seulement une chanson de John Lennon ; elle est en train de devenir un bien commun, un hymne que l’on diffuse comme on hisse un drapeau.

2007 : l’Imagine Peace Tower

Le 9 octobre 2007, Yoko Ono inaugure sur l’île de Viðey, au large de Reykjavík, en Islande, l’Imagine Peace Tower. L’œuvre est une colonne de lumière projetée vers le ciel depuis un socle blanc sur lequel les mots Imagine Peace sont gravés dans vingt-quatre langues. Sous le socle sont conservés plus d’un million de vœux de paix écrits par des visiteurs du monde entier dans le cadre d’un autre projet de Yoko, les Wish Trees.

Depuis, la tour s’allume chaque année le 9 octobre et brille jusqu’au 8 décembre, date de la mort de Lennon. Elle est aussi allumée à quelques autres dates symboliques. La cérémonie d’allumage, à laquelle on accède par un ferry depuis Reykjavík, est devenue un rendez-vous. En 2025, pour le 85e anniversaire, elle a dû être annulée en raison d’une mer trop agitée dans la baie de Faxaflói : les ferries ne pouvaient pas faire la traversée. La ville de Reykjavík a néanmoins allumé la tour à 20 heures, comme prévu, et invité le public à suivre l’événement en direct sur internet.

2010 : 70 ans et un monument à Liverpool

Pour les 70 ans de John, Liverpool rend hommage à son enfant. Le 9 octobre 2010, Cynthia Lennon, sa première épouse, et Julian Lennon, leur fils, dévoilent dans le quartier de Chavasse Park le European Peace Monument, une sculpture dédiée à la paix et à la mémoire de John. Le même automne, EMI publie une série de rééditions remastérisées de ses albums solo et un grand coffret, et la télévision américaine diffuse le documentaire LennoNYC, consacré à ses années new-yorkaises. Quelques mois plus tôt, en décembre 2009, le film Nowhere Boy, réalisé par Sam Taylor-Wood, a raconté son adolescence à Liverpool et sa relation avec Mimi et Julia.

2020 : 80 ans et Gimme Some Truth

Le 9 octobre 2020, jour des 80 ans de John, paraît Gimme Some Truth, une compilation de trente-six chansons entièrement remixées. Le projet est supervisé par Yoko Ono et produit par Sean Ono Lennon, avec l’ingénieur Paul Hicks. Il marque une nouvelle étape : il ne s’agit plus seulement de remastériser, mais de remixer à partir des bandes multipistes, pour faire entendre Lennon avec la clarté du son d’aujourd’hui. Le même mois, la BBC Radio 2 diffuse une émission spéciale, John Lennon at 80, dans laquelle Sean s’entretient avec son demi-frère Julian et avec Elton John, parrain de Sean. Le titre de la compilation renvoie à une chanson que le site a racontée dans son article sur Gimme Some Truth et le dossier du FBI.

2025 : 85 ans et Power to the People

Le 10 octobre 2025, au lendemain de ses 85 ans, paraît Power to the People, le coffret consacré au concert One to One du 30 août 1972 au Madison Square Garden. Ce sont les deux seuls concerts complets que Lennon ait donnés après les Beatles, et ses derniers avec Yoko Ono. Organisés au profit des enfants atteints de handicaps intellectuels, ils avaient rapporté plus d’un million et demi de dollars. Pour la première fois, l’après-midi et la soirée sont publiés ensemble. L’édition Super Deluxe comprend neuf CD et trois disques Blu-ray, un livre de plus de deux cents pages et plus de quatre-vingt-dix titres en bonus consacrés aux premières années new-yorkaises du couple. Le coffret accompagne le documentaire One to One: John & Yoko, réalisé par Kevin Macdonald et sorti en salles en 2025. Le site a raconté l’histoire de la chanson qui donne son nom au coffret dans son article sur Power to the People.

2026 : 86 ans et un petit-fils

L’année 2026 apporte une nouvelle que personne n’attendait plus. À la fin de l’été, Sean Ono Lennon et sa compagne Charlotte Kemp Muhl, sa partenaire au sein du duo The Ghost of a Saber Tooth Tiger, annoncent sur Instagram la naissance de leur fils, Aurelius. Comme l’a relevé le site Stereogum le 2 septembre 2026, John Lennon devient ainsi grand-père, quarante-six ans après sa mort. Aurelius est son premier petit-enfant : Julian Lennon n’a pas d’enfant. Yoko Ono, de son côté, était déjà grand-mère par sa fille Kyoko, née de son mariage avec Anthony Cox.

La naissance donne à ce 86e anniversaire une dimension inattendue. La postérité de John Lennon n’est plus seulement artistique ou symbolique : elle est aussi familiale. Le site a raconté les liens entre les deux fils de John dans son enquête sur le testament de John Lennon.

Anniversaire Âge L’événement marquant
9 octobre 1975 35 ans Naissance de Sean
9 octobre 1980 40 ans Dernier anniversaire, en pleine sortie de Double Fantasy
9 octobre 1985 45 ans Inauguration de Strawberry Fields à Central Park
9 octobre 1990 50 ans Diffusion mondiale d’Imagine
9 octobre 2007 67 ans Inauguration de l’Imagine Peace Tower en Islande
9 octobre 2010 70 ans European Peace Monument à Liverpool
9 octobre 2020 80 ans Compilation remixée Gimme Some Truth
10 octobre 2025 85 ans Coffret Power to the People
9 octobre 2026 86 ans Premier anniversaire depuis la naissance de son petit-fils Aurelius

L’œuvre : comment un catalogue interrompu est devenu une œuvre complète

Dix ans de carrière solo

La carrière solo de John Lennon tient en dix ans, de 1970 à 1980, et en réalité en six années d’activité, puisqu’il s’est retiré de 1975 à 1980. C’est peu. Pourtant, ces quelques disques ont pesé dans l’histoire de la musique populaire autant que des carrières trois fois plus longues. Ils racontent un homme qui sort des Beatles, se met à nu, s’engage, se perd, se retrouve et revient. Pour comprendre la postérité de Lennon, il faut partir de là : une œuvre courte, inégale, mais d’une intensité rare.

Année Album Ce qu’il représente
1970 John Lennon/Plastic Ono Band La confession, après la thérapie primale
1971 Imagine Le chef-d’œuvre accessible, numéro un des deux côtés de l’Atlantique
1972 Some Time in New York City L’album militant, avec Yoko Ono et Elephant’s Memory
1973 Mind Games Le retour à la mélodie, au seuil du Lost Weekend
1974 Walls and Bridges L’album du Lost Weekend, avec son seul numéro un américain de son vivant en single
1975 Rock ‘n’ Roll L’hommage aux pionniers de son adolescence
1980 Double Fantasy Le retour, en dialogue avec Yoko Ono ; Grammy de l’album de l’année

Le seul numéro un américain de Lennon de son vivant en single est Whatever Gets You Thru the Night, en 1974, enregistré avec Elton John. Le site a raconté l’album dont il est tiré dans son article sur les 52 ans de Walls and Bridges. Les séances de Double Fantasy, elles, sont racontées dans notre récit des séances au studio Hit Factory.

Les albums posthumes : compléter le puzzle

Après sa mort, l’œuvre de Lennon ne s’arrête pas. Yoko Ono, qui contrôle ses archives, publie progressivement les enregistrements laissés de côté. En janvier 1984 paraît Milk and Honey, construit à partir des chansons enregistrées pendant les séances de Double Fantasy et de nouvelles compositions de Yoko. Le single Nobody Told Me entre dans le top 10 aux États-Unis et au Royaume-Uni. En 1986 viennent Live in New York City, tiré des concerts One to One de 1972, et Menlove Ave., un recueil de prises alternatives dont le titre renvoie à la rue de son enfance.

En 1988, la bande originale du film documentaire Imagine: John Lennon offre une première rétrospective de sa vie en chansons. En 1998, le coffret John Lennon Anthology, en quatre CD, ouvre largement les archives : maquettes, répétitions, prises abandonnées, enregistrements domestiques du Dakota. Pour la première fois, le public entend le Lennon des années de retrait, jouant pour lui-même au piano ou à la guitare. Suivent des compilations, Lennon Legend en 1997, Working Class Hero en 2005, Power to the People: The Hits en 2010, et un album de versions acoustiques en 2004.

Les Ultimate Collections : réentendre Lennon

Depuis 2018, l’héritage discographique de Lennon est entré dans une nouvelle phase. Sous la supervision de Yoko Ono puis, de plus en plus, de Sean Ono Lennon, une série de coffrets revisite les albums un par un à partir des bandes originales. Le principe : des Ultimate Mixes, de nouveaux mixages réalisés avec la technologie actuelle, accompagnés de prises de travail, de maquettes et de documents.

La série commence en octobre 2018 avec Imagine: The Ultimate Collection. Elle se poursuit en avril 2021 avec John Lennon/Plastic Ono Band: The Ultimate Collection, puis en juillet 2024 avec Mind Games: The Ultimate Collection. En octobre 2025, Power to the People prolonge l’aventure avec le concert One to One et les années new-yorkaises. Entre-temps, Gimme Some Truth, en 2020, a appliqué la méthode à trente-six chansons de toute la carrière.

Ces coffrets ont un enjeu qui dépasse la nostalgie. Ils visent à rendre Lennon audible pour une génération qui écoute la musique au casque et en streaming, avec des standards de son qui ont beaucoup changé depuis les années 1970. Les mixages originaux de Phil Spector, en particulier, avec leur écho massif et leurs voix parfois noyées, ont pu sembler datés. Les nouveaux mixages mettent la voix de Lennon au premier plan. Certains puristes regrettent ces choix et préfèrent les versions d’époque ; d’autres saluent une redécouverte. Le débat lui-même dit quelque chose de la postérité : on ne remixe que les œuvres que l’on juge éternelles.

Sean Ono Lennon, gardien du son

Le rôle de Sean dans ces projets mérite d’être souligné. Musicien et producteur, il a grandi dans l’ombre d’un père qu’il a connu jusqu’à ses 5 ans. Il a enregistré ses propres albums, dont Into the Sun en 1998, et formé plusieurs groupes, dont The Claypool Lennon Delirium avec le bassiste Les Claypool. À partir de 2020, il prend une place centrale dans la gestion artistique de l’héritage de son père : production exécutive de Gimme Some Truth, supervision des Ultimate Collections, entretiens, émissions de radio, choix des inédits. Sous sa direction, l’héritage de Lennon est présenté avec un soin presque archéologique, mais aussi avec une affection filiale qui se lit dans chaque livret. Le site a consacré un article au rôle de sa mère dans son portrait de Yoko Ono en gardienne de l’héritage.

Imagine : l’hymne qui a dépassé son auteur

Une chanson écrite à Tittenhurst

Aucune chanson ne résume mieux la postérité de John Lennon qu’Imagine. Il l’écrit au début de 1971 à Tittenhurst Park, la vaste propriété qu’il habite avec Yoko Ono près d’Ascot, dans le Berkshire, et l’enregistre en grande partie dans le studio qu’il y a fait installer, l’Ascot Sound Studios. Il la coproduit avec Yoko et Phil Spector. Le clip, tourné dans la propriété, montre Lennon au piano blanc dans une pièce baignée de lumière, tandis que Yoko ouvre les volets un à un. L’image est devenue l’une des plus célèbres de l’histoire de la musique.

La chanson tient en quelques accords de piano et une mélodie d’une simplicité désarmante. Lennon y invite l’auditeur à imaginer un monde sans paradis ni enfer, sans frontières, sans religions, sans possessions, où l’humanité vivrait en paix et partagerait le monde. Lennon lui-même l’a décrite, dans son entretien avec Playboy en 1980, comme une chanson au message presque communiste, rendue acceptable parce qu’elle était enrobée de sucre. La formule résume la stratégie d’Imagine : dire des idées radicales avec une douceur qui désarme.

Le site a publié des images rares de John Lennon écoutant Imagine pour la première fois. Voici le clip officiel :

Yoko Ono, coautrice reconnue en 2017

Imagine est longtemps restée créditée au seul John Lennon. Or Lennon lui-même a reconnu, dans un entretien accordé à la BBC en 1980, que la chanson aurait dû être signée Lennon et Ono : l’idée, les images, le principe même de l’invitation à imaginer venaient en grande partie de Grapefruit, le livre d’instructions poétiques publié par Yoko en 1964. Il expliquait qu’à l’époque, il n’avait pas eu la générosité de partager le crédit. Le 14 juin 2017, lors du centenaire de l’association américaine des éditeurs de musique, la NMPA, il est annoncé que Yoko Ono sera désormais créditée comme coautrice d’Imagine. Elle reçoit à cette occasion un prix pour la chanson du siècle. Le site a raconté le parcours artistique de Yoko dans son portrait de Yoko Ono, artiste totale.

Correctif factuel n° 2 — Imagine n’a jamais été numéro un aux États-Unis

On présente souvent Imagine comme le plus grand succès de Lennon, ce qu’elle est en termes de notoriété. Mais elle n’a jamais été numéro un aux États-Unis : publiée en single en octobre 1971, elle a atteint la troisième place du Billboard Hot 100. Au Royaume-Uni, elle n’est sortie en single qu’en 1975, pour accompagner la compilation Shaved Fish, et s’est arrêtée à la sixième place. Elle n’est devenue numéro un britannique qu’en janvier 1981, quelques semaines après la mort de Lennon. L’album Imagine, en revanche, a bien été numéro un des deux côtés de l’Atlantique en 1971. La place unique de la chanson dans la mémoire collective s’est construite après coup, et la mort de son auteur y a joué un rôle décisif.

Un hymne olympique et planétaire

À partir des années 1990, Imagine change de statut. Elle quitte le domaine de la chanson pop pour devenir une sorte d’hymne de l’humanité. On l’entend lors des grandes cérémonies, des commémorations et des moments de deuil collectif. Elle accompagne la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Londres en 2012, avec des images de Lennon projetées dans le stade et une chorale d’enfants de Liverpool. Elle est interprétée lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo, en juillet 2021, par des artistes de plusieurs continents. Elle résonne à Times Square, à New York, dans les minutes qui précèdent le passage à la nouvelle année, une tradition installée depuis le milieu des années 2000.

Imagine est aussi la chanson des lendemains de tragédie. Après les attentats de Paris du 13 novembre 2015, le pianiste allemand Davide Martello installe son piano devant le Bataclan et la joue pour la foule ; la vidéo fait le tour du monde. Pendant le premier confinement, en mars 2020, l’actrice Gal Gadot publie une version chantée par une vingtaine de célébrités depuis leur domicile. La vidéo est largement critiquée et moquée, accusée de décalage face à la crise. L’épisode montre à la fois la puissance du symbole et le risque de l’usure : à force d’être utilisée partout, Imagine peut sembler appartenir à tout le monde, et donc à personne.

Un millionnaire qui chante la fin des possessions

Imagine a toujours suscité des critiques. La plus fréquente vise le paradoxe d’un millionnaire, vivant dans un manoir entouré de près de trente hectares de parc, qui invite à imaginer un monde sans possessions. Elvis Costello, dans une chanson de 1991, a ironisé sur ce point. Lennon connaissait l’objection et la retournait avec humour, en expliquant qu’il n’avait jamais prétendu vivre dans le monde décrit par la chanson : il demandait seulement de l’imaginer. D’autres critiques viennent du camp opposé : certains croyants y voient une chanson antireligieuse, certains militants une utopie naïve. Ces débats n’ont pas entamé sa popularité. Ils prouvent seulement qu’Imagine n’est pas une chanson consensuelle, malgré sa douceur : c’est un programme.

Imagine dans les classements

Les classements de référence confirment la place de la chanson. Dans la première édition de la liste des 500 meilleures chansons de tous les temps publiée par le magazine Rolling Stone, en 2004, Imagine figure à la troisième place, derrière Like a Rolling Stone de Bob Dylan et Satisfaction des Rolling Stones. En 2002, une émission de la BBC qui invitait le public britannique à désigner les cent plus grands Britanniques de l’histoire place John Lennon à la huitième place, devant de nombreux scientifiques, écrivains et chefs d’État. Peu de musiciens ont atteint ce statut.

Les Beatles après Lennon : la voix qui revient

Free as a Bird et Real Love

L’héritage de Lennon se joue aussi dans l’histoire des Beatles. En 1994, Yoko Ono remet à Paul McCartney plusieurs cassettes de maquettes enregistrées par John au Dakota à la fin des années 1970. L’étiquette porte une mention manuscrite : “For Paul”. Paul, George et Ringo, réunis pour le projet Anthology, travaillent sur ces enregistrements avec le producteur Jeff Lynne. Deux chansons voient le jour : Free as a Bird, publiée en décembre 1995, et Real Love, en mars 1996. Pour la première fois depuis 1970, une nouvelle chanson des Beatles, avec la voix de John, sort dans les bacs. Le site a évoqué ces séances dans son article sur Jeff Lynne, ELO et les Beatles.

Une troisième maquette, Now and Then, est alors mise de côté. La qualité de l’enregistrement est trop mauvaise : la voix de John est couverte par le piano et par un bourdonnement électrique. George Harrison aurait jugé le résultat indigne du groupe. Le projet est abandonné.

Now and Then : la dernière chanson

Près de trente ans plus tard, la technologie change la donne. Pour le documentaire Get Back, sorti en 2021, l’équipe du réalisateur Peter Jackson a mis au point un logiciel d’apprentissage automatique capable de séparer les sources sonores d’un enregistrement : isoler une voix, une guitare, un piano, à partir d’une bande où tout est mélangé. Appliqué à la cassette de Now and Then, l’outil permet enfin d’extraire la voix de John, propre et nette.

Paul McCartney et Ringo Starr terminent alors la chanson. Paul ajoute une basse, un piano et une guitare slide jouée dans le style de George ; Ringo enregistre la batterie ; les guitares électriques et acoustiques enregistrées par George en 1995 sont intégrées ; Giles Martin écrit un arrangement de cordes. Now and Then est publiée le 2 novembre 2023, présentée comme la dernière chanson des Beatles. Elle devient numéro un au Royaume-Uni, une première pour le groupe depuis The Ballad of John and Yoko en 1969. En février 2025, elle reçoit le Grammy Award de la meilleure performance rock. Cinquante-cinq ans après la séparation du groupe et quarante-quatre ans après sa mort, John Lennon remporte un Grammy avec les Beatles. Le site a raconté le rôle de Giles Martin dans ce chantier dans son entretien avec Giles Martin.

Correctif factuel n° 3 — Now and Then n’est pas une chanson “chantée par une intelligence artificielle”

À l’annonce du projet, en juin 2023, de nombreux titres de presse ont parlé d’une chanson des Beatles “créée par l’IA”, laissant entendre que la voix de Lennon avait été synthétisée ou imitée. C’est faux, et Paul McCartney a dû le préciser publiquement. L’intelligence artificielle n’a rien créé : elle a servi d’outil de restauration, pour séparer la voix réelle de John, enregistrée par lui-même sur une cassette à la fin des années 1970, des autres sons de la bande. Aucune note, aucun mot n’a été généré. Ce que l’on entend sur Now and Then, c’est la vraie voix de John Lennon, débarrassée de ses parasites.

Un héritage remis en circulation

Now and Then a eu un effet qui dépasse la chanson elle-même. Elle a été accompagnée de rééditions des compilations rouge et bleue, en 2023, et a remis le nom de Lennon dans l’actualité musicale, au milieu des sorties contemporaines. Pour une génération qui n’avait jamais connu un nouveau single des Beatles, l’événement a été une découverte. Fin 2025, la publication d’Anthology 4 et la diffusion de la série Anthology restaurée ont prolongé le mouvement. L’héritage de Lennon n’est plus seulement conservé : il est réactivé, régulièrement, par de nouvelles publications. Le site a raconté ce que Paul a ressenti face à la voix retrouvée de son ami dans son histoire de Here Today, la chanson de McCartney pour Lennon.

Le songwriter : ce que John Lennon a apporté à la chanson

Lennon-McCartney, la signature la plus célèbre de la pop

Avant d’être un artiste solo, John Lennon est la moitié du duo d’auteurs-compositeurs le plus célèbre du XXe siècle. Avec Paul McCartney, il signe à peu près tout le répertoire des Beatles, à l’exception des chansons de George Harrison et de quelques reprises. L’accord, passé à l’adolescence, est simple : toutes leurs chansons seront créditées Lennon-McCartney, quel que soit l’auteur principal. Le site a raconté les débuts de cette collaboration dans son article sur les 64 ans de Love Me Do.

Dans ce répertoire, la part de Lennon est reconnaissable. On lui doit, comme auteur principal, des chansons comme Please Please Me, Help!, Norwegian Wood, In My Life, Tomorrow Never Knows, Strawberry Fields Forever, Lucy in the Sky with Diamonds, I Am the Walrus, Across the Universe, Revolution, Come Together, ou encore la plus grande partie de A Day in the Life. Le style est souvent plus sombre, plus introspectif, plus ironique que celui de Paul. Lennon chante ses angoisses, ses souvenirs, ses visions, avec une franchise qui tranche avec la pop de l’époque.

Help! : l’appel au secours que personne n’a entendu

Lennon a souvent expliqué que la chanson Help!, en 1965, était un véritable appel au secours. Il traversait ce qu’il appelait plus tard sa période Elvis gros : épuisé par la Beatlemania, mal dans sa peau, il criait littéralement à l’aide dans une chanson que le public prenait pour un rock entraînant. Ce décalage entre la forme joyeuse et le fond désespéré est l’une de ses signatures. Il annonce l’évolution de son écriture vers la confession, qui trouvera son aboutissement en 1970.

La confession : Plastic Ono Band

Au printemps 1970, John et Yoko suivent à Londres puis à Los Angeles la thérapie primale du psychologue américain Arthur Janov, qui invite les patients à revivre leurs traumatismes d’enfance pour s’en libérer. Lennon en sort avec des chansons d’une nudité inédite dans le rock. L’album John Lennon/Plastic Ono Band, publié en décembre 1970, s’ouvre sur Mother, où il hurle à ses parents le manque qu’ils lui ont laissé. Il contient Working Class Hero, réquisitoire contre l’école et la société de classes, et God, où il énumère tout ce en quoi il ne croit plus, avant de conclure qu’il ne croit plus aux Beatles et qu’il ne croit qu’en lui et en Yoko.

Pour de nombreux musiciens et critiques, cet album est son chef-d’œuvre. C’est en tout cas l’acte de naissance d’une forme qui influencera durablement le rock : la chanson autobiographique sans filtre, où l’artiste se met à nu devant son public. Les générations suivantes, du punk à la scène indépendante, en reprendront l’esprit.

La chanson instantanée : Instant Karma!

Lennon aimait l’idée d’une musique faite dans l’urgence, comme un journal. Le 27 janvier 1970, il écrit Instant Karma! le matin, l’enregistre le soir même aux studios d’Abbey Road avec Phil Spector, et le single sort le 6 février. La chanson, avec son refrain clamé en chœur, devient l’un de ses plus grands succès. Elle illustre un principe que Lennon a souvent revendiqué : la chanson comme réaction immédiate au monde, à publier aussi vite qu’un article de presse. Ce principe annonce la manière dont les artistes réagissent aujourd’hui à l’actualité.

La chanson politique

Lennon a fait de la chanson un instrument politique. Give Peace a Chance, enregistrée le 1er juin 1969 dans une chambre d’hôtel de Montréal, devient en quelques mois l’hymne du mouvement contre la guerre du Vietnam. Le 15 novembre 1969, plusieurs centaines de milliers de manifestants la reprennent en chœur à Washington, lors de la grande marche du Moratorium contre la guerre. Power to the People, en 1971, Happy Xmas (War Is Over), la même année, Woman Is the Nigger of the World, en 1972, prolongent cet engagement. Toutes ne sont pas des réussites, et Lennon lui-même a parfois jugé sévèrement ses chansons militantes. Mais l’idée qu’un artiste de premier plan puisse mettre sa célébrité au service d’une cause est devenue, après lui, une évidence.

Correctif factuel n° 4 — Give Peace a Chance, une chanson de Lennon créditée à Lennon-McCartney

Give Peace a Chance est souvent présentée comme une chanson des Beatles, ou au moins de Lennon et McCartney, parce que le single de 1969 porte la signature Lennon-McCartney. En réalité, Paul McCartney n’a pas participé à son écriture ni à son enregistrement : la chanson a été composée par John, avec la contribution de Yoko, pendant le bed-in de Montréal, et enregistrée dans la chambre 1742 de l’hôtel Queen Elizabeth avec les invités présents, dont le poète Allen Ginsberg et le psychologue Timothy Leary. Le crédit Lennon-McCartney tenait au vieil accord entre les deux hommes. Lennon a dit plus tard regretter de ne pas avoir crédité Yoko. Sur plusieurs compilations publiées depuis la fin des années 1990, la chanson n’est plus créditée qu’à John Lennon.

L’expérimentateur

Il ne faut pas oublier le Lennon d’avant-garde. Tomorrow Never Knows, en 1966, avec ses bandes jouées à l’envers et sa voix passée dans une cabine Leslie, ouvre la voie au rock psychédélique. Revolution 9, sur l’album blanc en 1968, est un collage sonore de plus de huit minutes, le morceau le plus expérimental jamais publié sur un album pop à succès. Avec Yoko Ono, il enregistre des albums d’avant-garde déroutants, dont Unfinished Music No. 1: Two Virgins en 1968. Cet aspect de son œuvre est le moins écouté, mais il a eu une influence sur la musique expérimentale et sur l’idée qu’un artiste pop pouvait franchir toutes les frontières de genre.

Le poète et l’humoriste

Lennon était aussi un écrivain. En 1964, il publie In His Own Write, un recueil de textes absurdes, de jeux de mots et de dessins, dans la tradition de Lewis Carroll et de l’humoriste britannique Spike Milligan. Le livre est un succès et lui vaut d’être invité à un déjeuner littéraire à la librairie Foyles de Londres. Il récidive en 1965 avec A Spaniard in the Works. Ces livres révèlent un goût du langage, des calembours et du nonsense que l’on retrouve dans I Am the Walrus ou Come Together. Ses écrits de la fin des années 1970 ont été publiés en 1986 sous le titre Skywriting by Word of Mouth. Son humour, souvent caustique, est une part essentielle de son héritage : le site en a rassemblé quelques exemples dans ses 20 anecdotes sur John Lennon.

La voix

Il y a enfin la voix. Rauque, nasale, capable de passer du murmure au cri, elle est l’une des plus reconnaissables de l’histoire du rock. Lennon ne l’aimait pas, et demandait sans cesse aux ingénieurs de la doubler, de la traiter, de la noyer dans l’écho. Paradoxalement, c’est cette voix que les Ultimate Mixes ont voulu remettre au premier plan, et que Now and Then a fait revivre. Son cri sur Twist and Shout, enregistré en une prise en fin de journée le 11 février 1963, reste l’un des moments fondateurs du rock britannique.

Les héritiers : ce que la musique doit à John Lennon

La Britpop et les frères Gallagher

Aucun groupe n’a revendiqué l’héritage de Lennon avec autant d’insistance qu’Oasis. Noel Gallagher a souvent cité les Beatles comme modèle absolu, et Liam Gallagher a toujours fait de John son idole. Le chanteur a adopté sa silhouette, ses lunettes rondes à certaines époques, et a même prénommé son fils aîné Lennon, né en 1999 de son union avec l’actrice Patsy Kensit. Toute la Britpop des années 1990, de Blur à Kula Shaker, s’est construite en dialogue avec les Beatles, et singulièrement avec le Lennon du milieu des années 1960. Le site a raconté cette filiation dans son histoire croisée d’Oasis et des Beatles.

Elton John et David Bowie

Deux géants du rock britannique ont eu avec Lennon une relation directe. Elton John a collaboré avec lui en 1974 sur Whatever Gets You Thru the Night et sur une reprise de Lucy in the Sky with Diamonds. Le pari qu’ils avaient fait, si la chanson devenait numéro un, John monterait sur scène avec Elton, a conduit à la dernière apparition de Lennon en concert : le 28 novembre 1974, au Madison Square Garden, pour trois chansons. Elton John deviendra le parrain de Sean.

David Bowie, lui, a coécrit avec Lennon la chanson Fame en 1975, son premier numéro un aux États-Unis, et a enregistré une reprise d’Across the Universe sur l’album Young Americans, avec John à la guitare. Le site a raconté cette rencontre dans son article sur la genèse de Fame et l’amitié des deux hommes dans son dossier sur la célèbre photo de John, Yoko et Bowie.

Les reprises

La postérité d’un auteur se mesure aussi au nombre de ceux qui chantent ses chansons. Celles de Lennon ont été reprises par des milliers d’artistes. Quelques exemples marquants : Roxy Music, avec une version de Jealous Guy enregistrée en hommage après sa mort, numéro un au Royaume-Uni en 1981 ; Marianne Faithfull, avec une Working Class Hero glaciale sur son album Broken English en 1979 ; et, en 2007, une double compilation au profit d’Amnesty International, Instant Karma: The Amnesty International Campaign to Save Darfur, sur laquelle des artistes comme U2, R.E.M., Green Day, Christina Aguilera ou les Black Eyed Peas reprennent ses chansons. Les droits de ces chansons avaient été cédés à l’organisation par Yoko Ono.

Imagine, à elle seule, a été reprise par un nombre incalculable d’interprètes, de Ray Charles à Lady Gaga, en passant par des centaines de chanteurs de toutes langues. En France aussi, les chansons de Lennon ont été adaptées et chantées, dans le prolongement d’une tradition que le site a racontée dans son histoire des Beatles chantés en français.

Julian et Sean : deux fils, deux héritages

Les deux fils de John Lennon sont devenus musiciens, chacun à sa manière. Julian, né en 1963 de son mariage avec Cynthia Powell, publie en 1984 l’album Valotte, dont la voix rappelle de façon troublante celle de son père. L’album est un succès et lui vaut une nomination au Grammy du meilleur nouvel artiste. Il poursuit ensuite une carrière discrète, tout en développant une activité de photographe et de philanthrope, notamment avec la White Feather Foundation. En 2022, il publie l’album Jude, dont le titre renvoie à Hey Jude, la chanson que Paul McCartney avait écrite pour le réconforter au moment du divorce de ses parents. Le site a raconté ses liens avec May Pang dans son article sur Julian Lennon et May Pang.

Sean, né en 1975, a pris un chemin plus expérimental, entre rock indépendant, musique psychédélique et collaborations avec des artistes de l’avant-garde. Il est aujourd’hui, avec sa mère, le principal gardien artistique de l’héritage de son père. Avec la naissance d’Aurelius en 2026, une troisième génération entre dans l’histoire.

Lennon, figure mondiale de la paix

1969 : l’année de la paix

Si John Lennon est devenu une figure planétaire au-delà de la musique, c’est en grande partie à cause de l’année 1969. Avec Yoko Ono, il transforme sa célébrité en campagne pour la paix. Du 25 au 31 mars 1969, juste après leur mariage, ils reçoivent la presse au lit, dans leur chambre de l’hôtel Hilton d’Amsterdam : c’est le premier bed-in. Ils recommencent du 26 mai au 2 juin à l’hôtel Queen Elizabeth de Montréal, où naît Give Peace a Chance. En décembre, ils font afficher dans une douzaine de grandes villes du monde des panneaux géants proclamant que la guerre est finie, si on le veut.

Le 25 novembre 1969, Lennon renvoie à la reine la médaille de membre de l’ordre de l’Empire britannique, le MBE, reçue par les Beatles en 1965. Dans sa lettre, il explique son geste par l’implication britannique dans la guerre du Biafra, par le soutien de Londres aux États-Unis au Vietnam, et, avec son humour habituel, par le mauvais classement de son single Cold Turkey.

Les années de combat aux États-Unis

Installé à New York à partir de 1971, Lennon s’engage aux côtés de la gauche radicale américaine. L’administration Nixon, qui craint son influence sur les jeunes électeurs à l’approche de l’élection de 1972, tente de l’expulser. Le FBI le surveille. Il lui faudra quatre ans de procédure pour obtenir, en 1976, sa carte de résident permanent. Cette bataille, racontée dans notre article sur Gimme Some Truth, a contribué à faire de lui un symbole de la liberté d’expression. Elle a été le sujet du documentaire The U.S. vs. John Lennon, sorti en 2006. Certaines légendes, en revanche, ont la vie dure : le site a démonté l’une d’elles dans son enquête sur la fausse photo de Lennon avec Che Guevara.

Un symbole repris dans le monde entier

Après sa mort, Lennon devient un symbole de liberté dans des pays où l’on ne pouvait pas l’écouter librement. À Prague, dans la Tchécoslovaquie communiste, un mur du quartier de Malá Strana, près du pont Charles, se couvre de graffitis, de portraits de Lennon et de paroles de ses chansons dès le début des années 1980. Les autorités le font repeindre, les jeunes Pragois le recouvrent à nouveau. Le Mur Lennon devient un lieu de contestation, puis, après la révolution de velours de 1989, un monument vivant.

À La Havane, Fidel Castro, qui avait longtemps considéré les Beatles comme un produit de la décadence capitaliste, inaugure le 8 décembre 2000 une statue de Lennon assis sur un banc, dans un parc rebaptisé en son honneur. À Hong Kong, lors du mouvement des parapluies de 2014 puis des manifestations de 2019, les murs couverts de messages des manifestants sont appelés des murs Lennon, en référence directe au mur de Prague. Peu d’artistes ont donné leur nom à une forme de contestation.

Le prix Lennon Ono pour la paix

Pour prolonger cet engagement, Yoko Ono a créé en 2002 le LennonOno Grant for Peace, un prix remis à des artistes, des militants et des organisations engagés pour la paix. Il a récompensé, au fil des années, des personnalités et des collectifs du monde entier. La remise des prix a souvent eu lieu en Islande, en lien avec l’Imagine Peace Tower. C’est l’une des manières dont l’héritage pacifiste de Lennon est institutionnalisé.

Les lieux de mémoire : une géographie de la postérité

Liverpool, la ville qui a appris à aimer son fils

Liverpool n’a pas toujours célébré les Beatles. Dans les années 1970, la ville, frappée par la crise industrielle, a même laissé détruire le Cavern Club d’origine. La mort de Lennon a été un tournant. Depuis, la ville a multiplié les hommages, au point que l’héritage des Beatles est devenu l’un des moteurs de son économie touristique. Pour John, trois lieux se détachent.

Le premier est Mendips, la maison de son enfance, au 251 Menlove Avenue. En 2002, Yoko Ono l’achète et l’offre au National Trust, l’organisme britannique de protection du patrimoine, qui l’ouvre au public l’année suivante. On y visite la chambre de l’adolescent, la cuisine de Mimi, le porche où John jouait de la guitare parce que sa tante ne voulait pas de bruit dans la maison. Le second est l’aéroport : en 2001, l’aéroport de Speke est rebaptisé Liverpool John Lennon Airport, et une statue de John est dévoilée dans le hall par Yoko en 2002. La devise de l’aéroport, inscrite sur le toit, reprend un vers d’Imagine sur le ciel au-dessus de nous. C’est le premier aéroport britannique à porter le nom d’une personne. Le troisième est Strawberry Field, l’ancien orphelinat de l’Armée du Salut dont le jardin, derrière un portail rouge, a inspiré Strawberry Fields Forever. Le site a été transformé en centre d’accueil et ouvert au public en septembre 2019.

Le site a raconté le Liverpool des débuts dans son dossier sur le Merseybeat et l’influence de Buddy Holly sur le jeune Lennon dans son article sur Buddy Holly et les Beatles.

New York, la ville choisie

À New York, la mémoire de Lennon tient en quelques rues de l’Upper West Side. Le Dakota, au 1 West 72nd Street, où il a vécu de 1973 à sa mort et devant lequel il a été tué. Strawberry Fields, en face, dans Central Park, avec sa mosaïque Imagine. Et, plus discrets, les lieux de vie quotidienne, comme le Café La Fortuna, fermé en 2008. Le site a reconstitué la dernière journée de Lennon dans sa chronologie du 8 décembre 1980 et raconté l’une des dernières visites de Paul au Dakota dans son enquête sur la dernière rencontre Lennon-McCartney.

Les lieux de Lennon dans le monde

Lieu Ville Ce qu’il commémore
Mendips Liverpool La maison de son enfance, ouverte au public par le National Trust
Liverpool John Lennon Airport Liverpool Aéroport rebaptisé en 2001, statue dévoilée en 2002
Strawberry Field Liverpool Le jardin de la chanson, ouvert au public en 2019
European Peace Monument Liverpool Dévoilé le 9 octobre 2010 par Cynthia et Julian Lennon
Strawberry Fields New York Mémorial de Central Park, inauguré le 9 octobre 1985
Le Dakota New York Son domicile de 1973 à 1980
Imagine Peace Tower Île de Viðey, Reykjavík Colonne de lumière allumée chaque 9 octobre depuis 2007
Mur Lennon Prague Mur de graffitis devenu symbole de liberté
Parc John Lennon La Havane Statue inaugurée par Fidel Castro le 8 décembre 2000

L’héritage comme patrimoine : qui veille sur John Lennon ?

Yoko Ono, quarante-six ans de garde

Depuis le 8 décembre 1980, l’héritage de John Lennon est d’abord entre les mains de Yoko Ono. Héritière principale selon le testament de John, elle contrôle ses archives, ses enregistrements inédits, ses droits d’image et une partie de ses droits d’auteur. Pendant plus de quatre décennies, elle a fait des choix qui ont façonné la postérité de son mari : la publication progressive des inédits, la création de Strawberry Fields, l’Imagine Peace Tower, le prix pour la paix, la remise des cassettes aux trois Beatles survivants en 1994. Ces choix ont parfois été critiqués, notamment par des proches de Lennon et par une partie des fans, qui lui reprochaient de mettre en avant son propre rôle. Mais le bilan est là : l’œuvre de Lennon a été préservée, publiée et promue avec une constance remarquable. Le site a raconté la répartition de l’héritage dans son enquête sur le testament de Lennon.

Les chansons des Beatles, une autre histoire

L’héritage de Lennon ne se limite pas à ses enregistrements solo. Ses chansons des Beatles ont une histoire juridique complexe. Les droits d’édition du catalogue Lennon-McCartney, cédés à la société Northern Songs dans les années 1960, ont échappé aux deux auteurs. Ils ont été achetés en 1985 par Michael Jackson avec le catalogue ATV, puis intégrés à Sony, dont la branche d’édition gère aujourd’hui l’essentiel du répertoire. Les enregistrements des Beatles, eux, sont exploités par Apple Corps, la société fondée par le groupe en 1968, dont les héritiers de John et de George sont actionnaires aux côtés de Paul et de Ringo. Le site a analysé ses comptes récents dans son article sur Apple Corps et ses revenus.

Une économie de la mémoire

Autour de ce patrimoine s’est développée une véritable économie de la mémoire : coffrets de luxe, vinyles en édition limitée, t-shirts sous licence officielle, expositions, documentaires, visites guidées de Liverpool et de New York. Certains y voient une marchandisation de l’héritage d’un homme qui chantait la fin des possessions. D’autres rappellent que cette économie finance la conservation des archives, l’entretien des lieux de mémoire et des causes caritatives. Le débat accompagne toutes les grandes successions artistiques. Il prend, dans le cas de Lennon, une couleur particulière, à cause d’Imagine.

Ce que l’œuvre de Lennon nous dit encore, à 86 ans

Un artiste qui a osé se contredire

Ce qui rend l’œuvre de Lennon si vivante, quarante-six ans après sa mort, c’est peut-être sa capacité à se contredire. Il a été le Beatle le plus caustique et l’auteur de la chanson la plus idéaliste du siècle. Il a chanté la paix et confessé sa propre violence, dans des entretiens et des chansons qui ne cherchaient pas à l’excuser. Il a réclamé la révolution, puis s’est retiré pour faire du pain et élever son fils. Il a dit ne plus croire aux Beatles, avant de laisser à Paul des cassettes qui permettraient au groupe de se reformer une dernière fois. Cette complexité, que les hommages simplifient souvent, est une part essentielle de son héritage. Elle donne aux nouvelles générations un modèle d’artiste qui assume ses failles.

La sincérité comme valeur

L’idée qu’un chanteur puisse dire ce qu’il ressent, sans fard, est aujourd’hui une évidence. Elle ne l’était pas en 1970. Lennon a contribué plus que quiconque à imposer la sincérité comme une valeur centrale de la musique populaire. Des chanteurs autobiographiques des années 1970 aux artistes contemporains qui parlent ouvertement de leurs blessures, une longue lignée lui doit quelque chose. Sur les plateformes de streaming, ses chansons les plus écoutées ne sont pas seulement Imagine, mais aussi Jealous Guy, Mother, Watching the Wheels ou Beautiful Boy, des chansons intimes qui parlent de jalousie, de manque, de paternité.

Voici Watching the Wheels, sa chanson sur le choix de se retirer :

La paternité, son dernier sujet

L’anniversaire de cette année éclaire d’une lumière particulière l’un des derniers grands thèmes de Lennon : la paternité. Beautiful Boy (Darling Boy), écrite pour Sean et publiée sur Double Fantasy, est l’une des plus belles chansons jamais écrites par un père à son fils. Lennon y chante la peur, la tendresse, l’impatience de voir l’enfant grandir. Quarante-six ans plus tard, ce fils est à son tour devenu père. Il est difficile de réécouter la chanson cette année sans y penser.

Voici Beautiful Boy (Darling Boy) :

Une œuvre toujours ouverte

Enfin, l’œuvre de Lennon a ceci de singulier qu’elle n’est jamais vraiment close. Chaque anniversaire apporte une réédition, un inédit, une maquette retrouvée, un documentaire. En 1984, c’était Nobody Told Me ; en 1995, Free as a Bird ; en 2023, Now and Then ; en 2025, des dizaines d’enregistrements inédits des années new-yorkaises. On peut parier que les archives du Dakota réservent encore des surprises. C’est peut-être la définition même de la postérité : une œuvre qui continue de parler, et parfois de chanter, après son auteur.

Voici Nobody Told Me, le premier single posthume, publié en 1984 :

Guide d’écoute et de lecture pour le 86e anniversaire

Les albums essentiels

Les livres

Pour la naissance et la jeunesse de Lennon, la référence absolue est Tune In de Mark Lewisohn. Ses propres écrits sont rassemblés dans In His Own Write et Skywriting by Word of Mouth. Pour comprendre Imagine, le livre Imagine John Yoko, publié par Yoko Ono en 2018, raconte la création de l’album. Et pour le regard de Paul McCartney sur son ami, la biographie de Barry Miles, Paul McCartney: Many Years From Now, reste incontournable.

Les films

Trois films permettent de voir Lennon autrement : le documentaire Imagine: John Lennon (1988), la fiction Nowhere Boy (2009) sur son adolescence, et One to One: John & Yoko (2025), le documentaire de Kevin Macdonald sur les années new-yorkaises.

Repères chronologiques

Date Événement
9 octobre 1940 Naissance de John Winston Lennon à Liverpool
15 juillet 1958 Mort de sa mère, Julia
23 avril 1964 Déjeuner littéraire Foyles en l’honneur de In His Own Write
20 mars 1969 Mariage avec Yoko Ono à Gibraltar
22 avril 1969 Il devient John Winston Ono Lennon
1er juin 1969 Enregistrement de Give Peace a Chance à Montréal
25 novembre 1969 Il renvoie son MBE à la reine
Décembre 1970 John Lennon/Plastic Ono Band
Septembre 1971 Sortie de l’album Imagine ; installation à New York
30 août 1972 Concerts One to One au Madison Square Garden
28 novembre 1974 Dernière apparition sur scène, avec Elton John
9 octobre 1975 Naissance de Sean, le jour des 35 ans de John
17 novembre 1980 Sortie de Double Fantasy
8 décembre 1980 Assassinat de John Lennon à New York
Janvier 1981 Imagine numéro un au Royaume-Uni
Février 1982 Double Fantasy, Grammy de l’album de l’année
Janvier 1984 Milk and Honey et le single Nobody Told Me
9 octobre 1985 Inauguration de Strawberry Fields à Central Park
1994 Entrée au Rock and Roll Hall of Fame en solo ; Yoko remet les cassettes aux trois Beatles
Décembre 1995 Sortie de Free as a Bird
2001-2002 L’aéroport de Liverpool prend son nom ; Mendips offert au National Trust
9 octobre 2007 Inauguration de l’Imagine Peace Tower en Islande
9 octobre 2010 European Peace Monument à Liverpool
14 juin 2017 Yoko Ono reconnue coautrice d’Imagine
Octobre 2018 Imagine: The Ultimate Collection
9 octobre 2020 Gimme Some Truth, pour ses 80 ans
2 novembre 2023 Sortie de Now and Then, dernière chanson des Beatles
Février 2025 Now and Then, Grammy de la meilleure performance rock
10 octobre 2025 Coffret Power to the People, pour ses 85 ans
Fin de l’été 2026 Naissance d’Aurelius, premier petit-enfant de John
9 octobre 2026 86e anniversaire de sa naissance

Questions fréquentes

Quel âge aurait John Lennon le 9 octobre 2026 ?

Il aurait 86 ans. Né le 9 octobre 1940 à Liverpool, il est mort le 8 décembre 1980 à New York, à 40 ans.

Pourquoi le 9 octobre est-il une date si importante pour les fans ?

C’est le jour de la naissance de John, mais aussi de celle de son fils Sean, en 1975. C’est également le jour de l’inauguration de Strawberry Fields à Central Park, en 1985, et le jour où l’Imagine Peace Tower s’allume chaque année en Islande.

John Lennon est-il vraiment né pendant un bombardement ?

Non, selon l’historien Mark Lewisohn : il est né en pleine guerre, mais aucun raid n’a frappé Liverpool le soir de sa naissance.

Quelle est la chanson la plus célèbre de John Lennon ?

Imagine, publiée en 1971. Elle n’a été numéro un au Royaume-Uni qu’en janvier 1981, après sa mort, et n’a jamais été numéro un aux États-Unis en single.

Yoko Ono a-t-elle coécrit Imagine ?

Oui. Lennon l’avait reconnu en 1980, et Yoko Ono est officiellement créditée comme coautrice depuis 2017.

Now and Then a-t-elle été créée par une intelligence artificielle ?

Non. Un logiciel a seulement servi à isoler la vraie voix de John sur une maquette des années 1970.

Qui gère l’héritage de John Lennon ?

Principalement Yoko Ono, héritière principale, avec un rôle croissant de Sean Ono Lennon dans les projets discographiques. Les enregistrements des Beatles relèvent d’Apple Corps.

John Lennon a-t-il des petits-enfants ?

Oui, depuis 2026 : Sean Ono Lennon et Charlotte Kemp Muhl ont annoncé à la fin de l’été la naissance de leur fils, Aurelius, premier petit-enfant de John.

Où célébrer l’anniversaire de John Lennon ?

À Strawberry Fields, à New York, à Liverpool, dans les lieux de son enfance, ou en Islande, où l’Imagine Peace Tower s’allume chaque 9 octobre au soir.

Quel disque écouter pour découvrir Lennon ?

La compilation Gimme Some Truth, publiée pour ses 80 ans, offre un panorama remixé de sa carrière solo. Pour aller plus loin : Plastic Ono Band, Imagine et Double Fantasy.

Glossaire

Bed-in : manifestation pacifiste de John et Yoko, qui recevaient la presse au lit, à Amsterdam puis à Montréal, en 1969.

Thérapie primale : méthode du psychologue Arthur Janov, suivie par Lennon en 1970, qui a inspiré l’album Plastic Ono Band.

Ultimate Mixes : nouveaux mixages des chansons de Lennon réalisés depuis 2018 à partir des bandes multipistes originales.

Imagine Peace Tower : colonne de lumière créée par Yoko Ono sur l’île de Viðey, en Islande, allumée chaque 9 octobre depuis 2007.

Mendips : maison d’enfance de Lennon, au 251 Menlove Avenue, à Liverpool, propriété du National Trust.

Mur Lennon : mur de Prague couvert de graffitis en hommage à Lennon, devenu symbole de liberté.

Apple Corps : société fondée par les Beatles en 1968, qui gère leurs enregistrements et leur image.

Séparation des sources : technique d’apprentissage automatique qui permet d’isoler une voix ou un instrument dans un enregistrement, utilisée pour Now and Then.

Sources et références

Sur la naissance et la jeunesse : Mark Lewisohn, Tune In (2013) ; National Trust, Mendips.

Sur les anniversaires : ville de Reykjavík, annonce de l’annulation de la cérémonie de l’Imagine Peace Tower, octobre 2025 ; The Beatles Blogger, annonce du coffret Power to the People, août 2025 ; Stereogum, naissance d’Aurelius, 2 septembre 2026 ; BBC Radio 2, John Lennon at 80, octobre 2020.

Sur Imagine : entretiens de John Lennon à Playboy et à la BBC, 1980 ; annonce de la NMPA, 14 juin 2017 ; Rolling Stone, 500 Greatest Songs of All Time, 2004.

Sur Now and Then : communiqués d’Apple Corps et déclarations de Paul McCartney, 2023 ; Recording Academy, Grammy Awards 2025.

Citations : John Lennon, entretien avec Playboy (1980) ; John Lennon, entretien avec la BBC (1980).

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