8 décembre 1980, le dernier jour de John Lennon : la photo d’Annie Leibovitz, la dernière interview et le film de Steven Soderbergh
Le lundi 8 décembre 1980, John Lennon a 40 ans et il est heureux. Son album Double Fantasy, enregistré avec Yoko Ono après cinq ans de silence, est sorti trois semaines plus tôt. Ce jour-là, il prend son petit-déjeuner au café du coin, se fait couper les cheveux, pose pour la photographe Annie Leibovitz, puis accorde pendant plusieurs heures un long entretien à une équipe de RKO Radio venue de San Francisco. Il y parle de son fils Sean, de ses 40 ans, de la paix, de sa musique, et lâche une phrase qui, des années plus tard, glace encore : il espère mourir avant Yoko, parce que si elle mourait, il ne saurait pas comment survivre. Le soir même, il est abattu devant le Dakota. Le jour où John aurait eu 86 ans, et après la présentation au Festival de Cannes du film de Steven Soderbergh consacré à cette dernière interview, voici le récit complet de la dernière journée de John Lennon.
En bref
- La date : lundi 8 décembre 1980, New York.
- Le matin : petit-déjeuner au Café La Fortuna, coupe de cheveux au salon Viz-à-Viz, puis séance photo avec Annie Leibovitz pour Rolling Stone au Dakota.
- L’après-midi : la dernière grande interview de John, enregistrée par l’équipe de RKO Radio, Dave Sholin, Laurie Kaye et Ron Hummel.
- Vers 17 heures : devant le Dakota, John signe un exemplaire de Double Fantasy à Mark David Chapman, sous l’objectif du photographe amateur Paul Goresh.
- Le soir : séance au Record Plant sur Walking on Thin Ice, puis retour au Dakota vers 22 h 50, où John est abattu.
- En 2026 : Steven Soderbergh présente à Cannes John Lennon: The Last Interview, construit autour de l’entretien de RKO. Chapman s’est vu refuser sa libération conditionnelle pour la quatorzième fois en 2025 ; sa prochaine audience est prévue en février 2027.
- Quatre correctifs factuels sur Annie Leibovitz, la couverture de Rolling Stone, Paul Goresh et la place de Yoko sur la photo.
Sommaire
Décembre 1980 : un homme qui revient à la vie
Cinq ans de silence
Pour comprendre ce que représente cette journée, il faut se souvenir d’où revenait John Lennon. Après la naissance de Sean, le 9 octobre 1975, il a tout arrêté. Plus de disques, plus de concerts, plus d’interviews. Pendant cinq ans, il élève son fils au Dakota, l’immeuble gothique de l’Upper West Side où il vit avec Yoko, fait le pain, apprend à cuisiner, voyage au Japon, s’occupe des affaires du couple. Les journaux le disent fini, dépressif, reclus. Il est en réalité, selon ses propres mots, un homme au foyer heureux.
Les Bermudes et Double Fantasy
À l’été 1980, au cours d’un voyage aux Bermudes, l’envie d’écrire revient. En quelques semaines, John compose une vingtaine de chansons. De retour à New York, il enregistre avec Yoko, à partir du mois d’août, au studio Hit Factory, avec le producteur Jack Douglas. L’album, conçu comme un dialogue entre mari et femme, alterne leurs chansons. Double Fantasy sort le 17 novembre 1980. Le premier single, (Just Like) Starting Over, est en route vers la première place. Nous avons raconté le rôle du producteur dans notre portrait de Jack Douglas, et deux chansons de l’album dans notre histoire de Woman et notre article sur I’m Losing You.
L’été des Bermudes
Le retour de John à la musique a une origine précise. En juin 1980, il traverse l’Atlantique à bord d’un voilier, le Megan Jaye, commandé par le capitaine Hank Halsted, en direction des Bermudes. En pleine mer, une tempête éclate. L’équipage, malade, est hors de combat. John prend la barre pendant des heures, chantant à pleine voix face aux vagues. Il en revient transformé, convaincu qu’il peut encore affronter le monde.
Aux Bermudes, il loue une villa dans le quartier de Fairylands, près de Hamilton. Il y écrit à toute vitesse, une vingtaine de chansons en quelques semaines. Au jardin botanique de l’île, il découvre une variété de freesia baptisée Double Fantasy : il tient le titre de son prochain album. Un soir, dans une discothèque, il entend Rock Lobster des B-52’s, dont le chant lui rappelle celui de Yoko, et se dit que le monde est enfin prêt pour sa musique. Il téléphone chaque jour à Yoko, restée à New York, pour lui faire écouter ses nouvelles chansons. Elle lui répond avec les siennes. Le dialogue de Double Fantasy est né.
Un homme qui fait des projets
En décembre 1980, John multiplie les interviews pour défendre l’album. Il a déjà parlé longuement au magazine Playboy, à Newsweek, à la BBC. Il prépare la suite : un nouvel album avec Yoko, peut-être une tournée, peut-être un voyage en Angleterre pour revoir sa tante Mimi. Il a 40 ans depuis le 9 octobre. Il dit à tous ceux qui l’interrogent qu’il se sent comme un homme qui recommence sa vie. C’est cet homme-là qui se lève le matin du 8 décembre 1980.
Automne 1980 : John reprend la parole
Playboy et Newsweek
Avant le 8 décembre, John a déjà accordé plusieurs grands entretiens. En septembre 1980, il reçoit pendant près de trois semaines le journaliste David Sheff, pour un entretien fleuve publié dans Playboy en janvier 1981, puis en livre sous le titre All We Are Saying. Il y revient chanson par chanson sur toute l’œuvre des Beatles, avec une franchise parfois brutale. Le même mois, il parle à Barbara Graustark pour Newsweek, qui consacre au couple sa couverture. Le monde découvre un John apaisé, drôle, lucide sur son passé.
Le 6 décembre, la BBC
Deux jours avant sa mort, le samedi 6 décembre 1980, John reçoit le disc-jockey britannique Andy Peebles, de BBC Radio 1, venu de Londres pour un long entretien enregistré au studio Hit Factory. C’est sa dernière grande interview destinée au public britannique. Il y évoque Liverpool, les Beatles, son envie de revenir en Angleterre. L’entretien est diffusé en plusieurs parties en janvier 1981, après sa mort. Pour les Britanniques, ce sera la dernière fois qu’ils entendront John leur parler.
Les dernières photos professionnelles
L’automne 1980 est aussi celui du retour devant les objectifs. La pochette de Double Fantasy, qui montre John et Yoko s’embrassant dans une rue de New York, est signée par le photographe japonais Kishin Shinoyama. Le 2 novembre 1980, le photographe Jack Mitchell réalise une séance avec le couple, présentée comme la première séance professionnelle de John depuis cinq ans. La séance d’Annie Leibovitz, commencée quelques jours avant le 8 décembre et achevée ce matin-là, sera la dernière. John, qui avait fui les appareils photo pendant ses années de retrait, est redevenu, en quelques semaines, l’homme le plus photographié de New York.
Le matin : café, coiffeur et Annie Leibovitz
Le petit-déjeuner au Café La Fortuna
Yoko racontera plus tard que c’était une belle journée à New York, avec un ciel dégagé et un air vif. Le couple a un emploi du temps chargé : une séance de photos, une interview, et une nouvelle séance de travail au studio sur une chanson de Yoko, Walking on Thin Ice.
La journée commence, selon la plupart des récits, par un petit-déjeuner au Café La Fortuna, un café italien de la 71e Rue, à deux pas du Dakota, où John avait ses habitudes. Il aimait y lire les journaux, boire un café et manger des pâtisseries, souvent à la même table. Nous avons raconté l’histoire de ce lieu dans notre article sur le Café La Fortuna.
La coupe de cheveux des années 1950
Après le café, John se rend au salon de coiffure Viz-à-Viz, dans le quartier. Il en ressort avec une coiffure qui surprend son entourage : les cheveux plaqués en arrière, dans le style des Teddy Boys et des rockers anglais des années 1950, celui qu’il portait à Hambourg avant que les Beatles n’adoptent la frange. Il est vêtu d’une veste de cuir noir. C’est le John de Liverpool qui ressurgit, à 40 ans, comme pour boucler une boucle. Nous avons raconté l’histoire de la coupe des Beatles dans notre enquête sur la naissance de la frange.
La séance avec Annie Leibovitz
De retour au Dakota, John retrouve Annie Leibovitz, la photographe vedette de Rolling Stone, qui avait déjà commencé à les photographier quelques jours plus tôt. Elle doit réaliser la couverture du prochain numéro du magazine. Leibovitz se souviendra toute sa vie de l’image de John lui ouvrant la porte, en veste de cuir noir, les cheveux coiffés en arrière : il avait, dira-t-elle, retrouvé son vieux look des débuts des Beatles.
Il y a un débat dans la rédaction de Rolling Stone. Le rédacteur en chef, Jann Wenner, souhaite une couverture avec John seul. Le producteur David Geffen, dont la maison de disques publie Double Fantasy, et John lui-même tiennent à ce que Yoko y figure. Leibovitz, de son côté, a été frappée par la photographie de la pochette de l’album, qui montre le couple en train de s’embrasser, et veut capter cette intimité.
Elle a une idée : photographier John et Yoko nus, enlacés. John accepte aussitôt. Yoko refuse de se déshabiller. Elle garde son pantalon et son chemisier noirs. Leibovitz propose alors que John, nu, se blottisse contre elle en position fœtale, comme un enfant, en l’embrassant, tandis qu’elle reste allongée sur la moquette, habillée, les yeux dans le vague. Le premier Polaroïd convainc tout le monde. John le regarde et dit qu’elle a saisi exactement la nature de leur relation.
Correctif factuel n° 1 — Annie Leibovitz est une photographe, et Yoko a bien posé
On lit dans certains récits qu’un photographe a réalisé ce matin-là la séance avec John, et que Yoko Ono s’est effacée pour laisser la couverture à son mari. Les deux affirmations sont inexactes. La séance a été réalisée par Annie Leibovitz, alors photographe principale de Rolling Stone, qui deviendra l’une des photographes les plus célèbres du monde. Et Yoko a bien posé : c’est elle qui a refusé de se dénuder, et c’est cette asymétrie, John nu contre Yoko habillée, qui fait la force de l’image. La photo fera la couverture de Rolling Stone daté du 22 janvier 1981, sans aucun titre, et sera élue en 2005 meilleure couverture de magazine des quarante dernières années par l’American Society of Magazine Editors.
Correctif factuel n° 2 — Jann Wenner voulait John seul en couverture
Une version répandue affirme que Jann Wenner, le patron de Rolling Stone, voulait faire une couverture consacrée aux seuls ex-Beatles. C’est une déformation. Le différend portait sur la place de Yoko : Wenner souhaitait John seul, tandis que David Geffen et John voulaient le couple. La photo de Leibovitz, avec Yoko, s’est finalement imposée. Après l’assassinat, Wenner a choisi de la publier en couverture, sans titre ni texte, pour son numéro d’hommage.
L’après-midi : la dernière interview
L’équipe de RKO Radio
Une fois la séance photo terminée, John descend au rez-de-chaussée du Dakota, dans les bureaux du couple, que Yoko appelle Studio One. Une équipe de RKO Radio, un réseau de stations américaines, l’attend pour un long entretien destiné à être diffusé dans tout le pays. Elle est menée par Dave Sholin, directeur des programmes d’une radio de San Francisco, accompagné de la journaliste Laurie Kaye, de l’ingénieur du son Ron Hummel et de Bert Keane, de Warner Bros. Records.
L’entretien durera plus de trois heures. John et Yoko y répondent ensemble, avec un enthousiasme qui frappera tous les auditeurs : ils parlent comme s’ils n’avaient jamais été interviewés, sans filtre, de tout et de rien.
Une journée ordinaire au Dakota
John raconte sa vie quotidienne. Il se lève vers six heures, va dans la cuisine, prend un café, tousse un peu, fume une cigarette, et regarde Sesame Street avec Sean. Il veille à ce que son fils regarde la chaîne publique PBS plutôt que des dessins animés entrecoupés de publicités : les dessins animés ne le dérangent pas, explique-t-il, mais il ne veut pas que Sean voie les publicités.
Le portrait est celui d’un père attentif, presque maniaque, qui a fait de l’éducation de son fils le centre de sa vie pendant cinq ans. Nous avons raconté ce que cette paternité a représenté pour John, au regard de sa propre enfance, dans notre histoire de sa dernière rencontre avec son père.
Les 40 ans et l’œuvre unique
John parle de son quarantième anniversaire, fêté deux mois plus tôt. Il dit qu’il a l’impression que tout recommence, et qu’il a hâte de voir ce que les années 1980 vont apporter. Il évoque aussi sa musique comme un chemin continu. Il a toujours considéré son travail comme une seule et même œuvre, dit-il, que ce soit avec les Beatles, avec David Bowie, avec Elton John ou avec Yoko. Et il ajoute que son travail ne sera pas terminé tant qu’il ne sera pas mort et enterré, ce qui, espère-t-il, n’arrivera pas avant très longtemps.
Ces mots, prononcés quelques heures avant sa mort, ont pris après coup une résonance tragique. Ils disent surtout un homme tourné vers l’avenir.
“J’espère mourir avant Yoko”
C’est au cours de cet entretien que John prononce la phrase qui donne son titre à tant d’articles. Il parle de son amour pour Yoko, de leur dépendance réciproque, et dit qu’il espère mourir avant elle, parce que si elle mourait, il ne saurait pas comment survivre. La phrase n’a rien de morbide dans le contexte : c’est une déclaration d’amour, celle d’un homme qui a construit toute sa vie d’adulte autour de sa femme. Mais entendue quelques heures avant l’assassinat, elle est devenue l’une des plus bouleversantes de l’histoire du rock.
Yoko lui a survécu. Elle a fêté ses 93 ans en février 2026. Elle a passé plus de quarante-cinq ans à faire vivre l’œuvre de John, avant de laisser à Sean le soin de porter cet héritage, comme nous le racontions dans notre article sur Sean Ono Lennon.
17 heures : l’autographe devant le Dakota
Une voiture en retard
En fin d’après-midi, vers 17 heures, John et Yoko quittent le Dakota pour se rendre au studio Record Plant, sur la 44e Rue, où les attend Jack Douglas. Leur voiture n’est pas arrivée. L’équipe de RKO, qui repart vers l’aéroport, leur propose de les déposer en chemin. Ils acceptent.
Paul Goresh et l’homme au manteau
Devant l’entrée du Dakota, comme chaque jour, quelques admirateurs attendent. Parmi eux, Paul Goresh, un jeune photographe amateur du New Jersey, qui passe régulièrement devant l’immeuble pour photographier John et que celui-ci connaît de vue. Un autre homme s’approche, un exemplaire de Double Fantasy à la main, et demande un autographe. John prend le disque, y inscrit son nom et la date, et le lui rend. Goresh photographie la scène. Sur l’image, on voit John signer l’album tandis qu’un homme aux lunettes, en manteau, regarde. Cet homme s’appelle Mark David Chapman. Il a 25 ans, il est venu d’Hawaï avec une arme, et il est là depuis le matin.
Personne ne peut imaginer ce qui va se passer. La photo de Goresh deviendra l’une des plus terribles de l’histoire du rock : la dernière image de John Lennon vivant en public, aux côtés de l’homme qui allait le tuer six heures plus tard.
Correctif factuel n° 3 — Paul Goresh n’était pas un grand ami de John
On présente parfois Paul Goresh comme un grand ami de John Lennon. C’est exagéré. Goresh était un admirateur et un photographe amateur du New Jersey, qui guettait régulièrement John devant le Dakota et avec qui celui-ci avait noué une relation cordiale, au point de lui montrer parfois ses clichés. Ce n’était pas un intime. C’est précisément parce qu’il faisait partie des habitués de la porte du Dakota qu’il s’est trouvé là ce jour-là, et qu’il a pris la photo de l’autographe. Il est par ailleurs souvent écrit que Chapman a tué John cinq heures plus tard : l’autographe a été signé vers 17 heures, et les coups de feu ont retenti vers 22 h 50, soit près de six heures plus tard.
Le soir : Record Plant et Walking on Thin Ice
La dernière séance
Au Record Plant, John retrouve Jack Douglas pour travailler sur Walking on Thin Ice, une chanson de Yoko dont il est convaincu qu’elle peut devenir un succès. Il y joue de la guitare, travaille le mixage, s’enthousiasme. David Geffen passe dans la soirée. John est d’excellente humeur. Il parle déjà du prochain album. Nous avons raconté cette séance en détail dans notre chronologie de la dernière séance de studio de John.
Le retour au Dakota
Vers 22 h 30, John et Yoko quittent le studio. John veut rentrer pour voir Sean avant qu’il ne s’endorme. Leur limousine les dépose vers 22 h 50 sur la 72e Rue, devant l’entrée du Dakota, plutôt que dans la cour intérieure, plus protégée. Yoko marche devant. John la suit, des bandes du studio à la main.
22 h 50 : l’assassinat
Cinq coups de feu
Sous la voûte d’entrée du Dakota, Mark David Chapman attend. Il tire cinq fois. Quatre balles atteignent John dans le dos. John fait quelques pas jusqu’au poste du gardien, dit qu’il est touché, puis s’effondre. Le portier, José Perdomo, désarme Chapman, qui reste sur place et se met à lire L’Attrape-cœurs de J. D. Salinger en attendant la police.
Les premiers policiers arrivés comprennent que John ne peut pas attendre une ambulance. Ils l’allongent à l’arrière d’une voiture de patrouille et filent à l’hôpital Roosevelt, à quelques rues de là. Les médecins tentent de le réanimer pendant de longues minutes. John Lennon est déclaré mort à 23 h 15. Il avait 40 ans. Nous avons consacré à cette nuit un article, La nuit du Dakota.
L’annonce au monde
La nouvelle est annoncée à des millions d’Américains en plein match de football américain du lundi soir, sur la chaîne ABC, par le commentateur Howard Cosell. Dans la nuit, des milliers de personnes se rassemblent devant le Dakota. En Europe, c’est le matin du 9 décembre : la nouvelle tombe au réveil. Paul McCartney, assailli par les journalistes devant un studio de Londres, ne trouve à dire que quelques mots qui lui seront longtemps reprochés, et que Sean a défendus en 2026, comme nous le rappelions dans notre article sur Sean. Nous avons raconté le deuil de Paul dans notre histoire de Here Today.
Le 14 décembre 1980, à la demande de Yoko, des millions de personnes dans le monde observent dix minutes de silence à la mémoire de John.
La photo d’Annie Leibovitz : histoire d’une image
Le Polaroïd du matin
L’image qui fera le tour du monde a été décidée en quelques minutes. Annie Leibovitz travaille alors pour Rolling Stone depuis une dizaine d’années. Elle a photographié les plus grandes vedettes du rock, accompagné les Rolling Stones en tournée, et connaît John depuis 1970, quand elle avait réalisé son portrait pour le magazine à l’époque de Lennon Remembers, le grand entretien accordé à Jann Wenner. Elle sait que John aime les images fortes et n’a pas peur de la nudité : en 1968, le couple avait posé nu pour la pochette de Two Virgins.
Ce matin-là, elle installe son matériel dans l’appartement. John se déshabille sans hésiter. Yoko, elle, refuse de retirer son pantalon. Leibovitz lui dit de garder ses vêtements. John se recroqueville contre elle, l’embrasse sur la joue, une jambe repliée, comme un enfant agrippé à sa mère. Le premier Polaroïd sort. John le regarde longuement. Selon le récit de Leibovitz, il dit qu’elle a saisi exactement leur relation, et lui demande de lui promettre que ce sera la couverture.
Une couverture sans un mot
Quand Rolling Stone apprend l’assassinat, la rédaction décide de bouleverser son numéro en préparation. Le numéro daté du 22 janvier 1981 paraît avec la photo de Leibovitz en couverture, sans aucun titre, sans aucune ligne de texte, à l’exception du logo du magazine. C’est la seule fois de son histoire que Rolling Stone publie une couverture aussi dépouillée. L’image, qui devait illustrer la promotion d’un album, devient le portrait funéraire d’un homme et d’un couple.
Elle est depuis l’une des photographies les plus reproduites du XXe siècle. En 2005, l’association américaine des rédacteurs en chef de magazines l’a élue meilleure couverture de magazine des quarante années précédentes. Annie Leibovitz est devenue l’une des photographes les plus célèbres du monde. Elle a souvent dit que cette séance restait l’un des moments les plus importants de sa carrière.
Ce que dit l’image
On a beaucoup commenté la photo. John nu, vulnérable, en position fœtale. Yoko habillée, allongée, le regard vers le plafond, les cheveux étalés sur la moquette. Il s’y joue l’inversion des rôles que John revendiquait dans ses dernières interviews : l’homme qui a appris à être père au foyer, la femme qui gère les affaires du couple. Il s’y joue aussi une dépendance, celle que John exprime l’après-midi même dans l’interview de RKO, en disant qu’il ne saurait pas survivre sans Yoko. La photo et la phrase disent la même chose.
L’interview de RKO : les grands thèmes
Un dialogue plus qu’une interview
L’entretien de RKO n’est pas une simple session de promotion. Pendant plus de trois heures, John et Yoko parlent ensemble, se coupent la parole, se complètent. C’est à l’image de Double Fantasy, un album conçu comme une conversation entre un homme et une femme, où les chansons de l’un répondent à celles de l’autre. Les témoins ont décrit une ambiance détendue, ponctuée de rires, avec un John bavard, intarissable, heureux de parler de musique après des années de silence.
Les années 1970 et le retour
Parmi les thèmes abordés, John revient longuement sur son retrait des années 1975-1980. Il explique avoir voulu se consacrer à Sean et à sa famille, après des années passées à produire des disques sous contrat. Il dit avoir découvert qu’il n’était pas obligé d’être une rock star en permanence, et que la vie de famille lui avait apporté un équilibre qu’il n’avait jamais connu. Il parle aussi de la société américaine, des rôles des hommes et des femmes, de la paix, de ce qu’il attend des années 1980.
Une génération qui a survécu
John évoque enfin sa génération, celle des années 1960, qui a traversé les espoirs, les drogues, les désillusions, et qui arrive à l’âge adulte. Il dit vouloir s’adresser à ces gens-là, qui ont désormais des enfants, des responsabilités, et qui cherchent eux aussi un équilibre. Double Fantasy, explique-t-il, est un disque pour eux. Cette idée d’un dialogue avec ceux qui ont grandi en même temps que lui traverse tout l’entretien.
Les témoins de la nuit
Le portier et le concierge
Plusieurs personnes ont été témoins des minutes qui ont suivi les coups de feu, et leurs récits permettent de reconstituer la scène. José Perdomo, le portier du Dakota, se trouvait sous la voûte. C’est lui qui fait tomber l’arme des mains de Chapman et l’éloigne d’un coup de pied, en lui demandant s’il sait ce qu’il vient de faire. Jay Hastings, le concierge de nuit, est dans le bureau d’accueil quand John titube jusqu’à lui et s’effondre. Il le couvre de sa veste, lui retire ses lunettes, et appelle la police.
Les policiers de la voiture 1
Les premiers policiers arrivés sur place, Steve Spiro et Peter Cullen, trouvent Chapman calme, son livre à la main, et l’arrêtent sans résistance. D’autres agents, James Moran et Bill Gamble, comprennent que John ne survivra pas à l’attente d’une ambulance. Ils l’installent sur la banquette arrière de leur voiture de patrouille et foncent vers l’hôpital Roosevelt. James Moran racontera plus tard avoir demandé à John s’il savait qui il était, et l’avoir entendu acquiescer faiblement. Ce sont, selon son récit, les derniers signes de vie de John.
Les médecins de l’hôpital Roosevelt
Aux urgences, l’équipe du docteur Stephan Lynn tente pendant de longues minutes de ranimer John, qui a perdu une énorme quantité de sang. Il est déclaré mort à 23 h 15. Le docteur Lynn annonce la nouvelle à Yoko, qui attend dans une pièce voisine avec David Geffen. Il racontera toute sa vie la violence de ce moment. Dans les couloirs de l’hôpital, un journaliste de la chaîne WABC, Alan Weiss, hospitalisé ce soir-là à la suite d’un accident de moto, comprend qu’un drame se joue et donne l’alerte à sa rédaction. C’est par lui que la nouvelle parvient aux médias.
Le monde apprend la nouvelle
Monday Night Football
Vers 23 h 30, la chaîne ABC diffuse un match de football américain entre les Dolphins de Miami et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Le commentateur Howard Cosell, informé par la régie, annonce en direct, entre deux actions, que John Lennon, peut-être le plus célèbre des Beatles, a été abattu devant son domicile à New York et qu’il est mort. Des millions d’Américains apprennent ainsi la nouvelle, au milieu d’un match.
La veillée devant le Dakota
Dans la nuit, des milliers de personnes se rassemblent sur la 72e Rue. Elles chantent Give Peace a Chance, Imagine, les chansons des Beatles. Yoko, rentrée au Dakota, les entend depuis sa fenêtre. Elle demande dans un communiqué qu’on prie pour John, et invite le monde entier à observer dix minutes de silence le dimanche 14 décembre. Ce jour-là, à 14 heures, heure de New York, plus de 200 000 personnes se réunissent à Central Park, et des millions d’autres s’arrêtent partout dans le monde.
Les Beatles survivants
Ringo Starr et Barbara Bach prennent l’avion pour New York pour rejoindre Yoko et Sean. George Harrison publie un communiqué bref, dans lequel il se dit sous le choc et parle du vol d’une vie. Paul McCartney, à Londres, se réfugie dans un studio de l’AIR, puis s’enferme chez lui. Il écrira plus tard Here Today, sa conversation imaginaire avec John. Les trois ex-Beatles ne réapparaîtront ensemble sur un même disque qu’au printemps 1981, lorsque Paul, Linda et Denny Laine ajouteront leurs voix à All Those Years Ago, la chanson de George en hommage à John, sur laquelle Ringo joue de la batterie.
Les trois autres Beatles face au 8 décembre
Paul : le dernier coup de téléphone
Paul McCartney a souvent raconté qu’il gardait une consolation : la dernière conversation qu’il avait eue avec John, quelque temps avant sa mort, avait été chaleureuse. Après des années de brouilles, de procès et de piques par chansons interposées, les deux hommes s’étaient retrouvés dans les années 1970 sur un terrain plus apaisé. Au téléphone, ils parlaient de leurs enfants, de leurs chats, de la façon de faire le pain. Paul a dit à plusieurs reprises combien il était soulagé que leur dernier échange n’ait pas été une dispute.
Le 9 décembre 1980, assailli par les journalistes à la sortie d’un studio londonien, il ne parvient à prononcer que quelques mots maladroits, qui lui vaudront des années de critiques. Il expliquera plus tard qu’il était en état de choc, incapable de mettre des mots sur ce qu’il ressentait. En 2026, dans le documentaire Paul McCartney: Man on the Run, Sean Ono Lennon a pris sa défense, en expliquant qu’il avait toujours vu dans son regard un homme dévasté. Deux ans après le drame, Paul publie sur Tug of War Here Today, la conversation qu’il n’a jamais eue avec John.
George : All Those Years Ago
George Harrison, dont les relations avec John avaient été plus distantes à la fin des années 1970, en partie parce que John s’était senti blessé de n’être que peu mentionné dans l’autobiographie de George, I, Me, Mine, publiée en 1980, réagit en musique. Il reprend une chanson qu’il avait écrite pour Ringo et en réécrit les paroles en hommage à John. All Those Years Ago sort en mai 1981 sur Somewhere in England et atteint la deuxième place aux États-Unis. Après la tentative d’assassinat dont il sera lui-même victime en décembre 1999, George dira combien il avait mesuré, ce jour-là, ce que John avait vécu. Nous avons raconté le regard de George sur ses anciens partenaires dans notre article sur George et la musique de Paul.
Ringo : auprès de Yoko et Sean
Ringo Starr est le seul des trois à se rendre immédiatement à New York. Avec Barbara Bach, il passe plusieurs jours au Dakota auprès de Yoko et de Sean, alors âgé de cinq ans. Il avait vu John quelques semaines plus tôt, et devait enregistrer avec lui au début de 1981. Il a raconté des années plus tard combien la perte de John avait été pour lui celle d’un frère. Il porte encore aujourd’hui, à 86 ans, le message de paix et d’amour qui était celui de John.
Double Fantasy après le 8 décembre
Numéro un mondial
L’album, accueilli tièdement par une partie de la critique à sa sortie, devient en quelques jours le disque le plus vendu du monde. Il atteint la première place aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le single (Just Like) Starting Over devient numéro un, suivi de Woman et Watching the Wheels. Le 24 février 1982, Double Fantasy remporte le Grammy de l’album de l’année.
Le disque a pris, après la mort de John, une signification qu’il n’avait pas à sa sortie. Ce qui était un album sur le bonheur conjugal et la paternité est devenu un testament. Les chansons sur Sean, sur Yoko, sur la vie tranquille au Dakota, sont aujourd’hui écoutées comme les dernières paroles d’un homme qui ne savait pas qu’il allait mourir. John lui-même en avait parlé avec une ironie que nous évoquions dans notre article sur la façon dont il jugeait ses propres chansons.
La dernière interview, de 1980 à 2026
Une bande devenue historique
L’entretien enregistré par RKO dans l’après-midi du 8 décembre est diffusé à la radio dans les semaines qui suivent. Il devient instantanément un document historique : la dernière grande conversation de John Lennon, enregistrée quelques heures avant sa mort, où il parle de l’avenir avec une confiance totale. Des extraits sont repris dans des documentaires, des disques, des livres. Mais l’intégralité de l’enregistrement n’avait jamais été présentée au public sous forme de film.
John Lennon: The Last Interview, Cannes 2026
C’est ce qu’a fait le réalisateur américain Steven Soderbergh, Palme d’or en 1989 pour Sexe, mensonges et vidéo. Son documentaire John Lennon: The Last Interview, d’une durée de 100 minutes, a été présenté en séance spéciale au Festival de Cannes le 16 mai 2026. Il présente pour la première fois l’entretien complet, encadré par les souvenirs de ceux qui étaient présents ce jour-là, dont Dave Sholin, Laurie Kaye et Ron Hummel. Il est produit par Nancy Saslow, avec les sociétés Mishpookah Entertainment Group et Sugar23.
Soderbergh a expliqué avoir été frappé par l’enthousiasme du couple, qui parlait de tout comme s’il n’avait jamais été interviewé. Il a aussi fait un choix qui a suscité la polémique : illustrer certains passages, où John et Yoko parlent d’art et de philosophie, par des images générées par intelligence artificielle. Il a défendu cette décision en expliquant qu’il s’agissait d’images visiblement artificielles, utilisées comme des effets spéciaux, et non d’une tentative de faire revivre John. Il a précisé avoir demandé l’avis de Sean, qui lui a répondu que son père aurait sans doute voulu s’emparer de ces outils pour voir ce qu’ils pouvaient faire. Une partie de la critique a jugé ces séquences inutiles, mais a salué la force de l’entretien lui-même.
Ce que le film change
Pour les fans, l’intérêt du film est double. Il permet d’entendre l’entretien dans son intégralité, avec ses digressions, ses rires, ses silences. Et il redonne la parole à ceux qui étaient là, et qui ont vécu le lendemain la nouvelle de la mort de l’homme avec qui ils venaient de passer l’après-midi. C’est un document à la fois sur John et sur la façon dont une simple journée de promotion est devenue, en quelques heures, l’un des moments les plus tragiques de l’histoire de la musique populaire.
Après le 8 décembre
Walking on Thin Ice et Milk and Honey
Walking on Thin Ice, la chanson sur laquelle John a travaillé le dernier soir, sort en single en février 1981, avec la guitare qu’il y avait enregistrée. Le titre, salué par la critique et devenu un classique des clubs new-yorkais, reste l’un des plus marquants de la carrière de Yoko. En juin 1981, elle publie l’album Season of Glass, dont la pochette montre les lunettes ensanglantées de John posées à côté d’un verre d’eau, devant une fenêtre du Dakota, une image qui choquera une partie du public. Trois ans plus tard, en janvier 1984, sort Milk and Honey, l’album posthume qui réunit des chansons enregistrées par John en 1980, pendant les séances de Double Fantasy, et des titres de Yoko, dont Nobody Told Me et Grow Old with Me.
Le sort de Mark David Chapman
Mark David Chapman plaide coupable en juin 1981. Il est condamné en août 1981 à une peine de vingt ans à perpétuité. Il est devenu éligible à une libération conditionnelle en 2000. Depuis, toutes ses demandes ont été rejetées. Le 27 août 2025, à 70 ans, il s’est vu refuser sa libération pour la quatorzième fois. Lors d’une audience précédente, en 2022, il avait reconnu avoir agi par désir de célébrité, en sachant que son geste était mauvais. La commission avait relevé que le monde se remettait encore du vide qu’il avait créé. Il est détenu à la prison de Green Haven, dans l’État de New York. Sa prochaine audience est prévue en février 2027.
Strawberry Fields
Le 9 octobre 1985, jour de ce qui aurait été le 45e anniversaire de John, Yoko inaugure à Central Park, en face du Dakota, le jardin mémorial de Strawberry Fields, avec sa mosaïque circulaire portant le mot Imagine. Chaque 8 décembre et chaque 9 octobre, des admirateurs du monde entier s’y retrouvent pour chanter. Le 9 octobre 2026, jour de ses 86 ans, ils y étaient encore, comme nous le racontions dans notre grand article sur la postérité de l’œuvre de John.
Double Fantasy, le disque de la dernière journée
Un album en forme de dialogue
L’album que John défend le 8 décembre est construit comme une conversation. Ses chansons et celles de Yoko alternent, de sorte que chaque morceau de l’un semble répondre au précédent de l’autre. Pour comprendre l’état d’esprit de John ce jour-là, il faut le réécouter dans l’ordre.
Les chansons de John
(Just Like) Starting Over, qui ouvre le disque, est un clin d’œil au rock and roll des années 1950, à Roy Orbison et à Elvis, et un hymne au recommencement : un couple qui repart, après des années, comme au premier jour. Cleanup Time décrit la vie saine au Dakota après les excès des années 1970. I’m Losing You, la plus sombre, exprime la peur de perdre Yoko, nous l’avons racontée dans un article dédié. Beautiful Boy (Darling Boy) est la berceuse de John pour Sean, avec une phrase sur la vie qui arrive pendant qu’on fait d’autres projets, devenue l’une de ses maximes les plus citées. Watching the Wheels répond à ceux qui lui reprochaient d’avoir abandonné la musique : il regarde tourner les roues, et ça lui plaît. Woman est sa déclaration de reconnaissance à Yoko et, à travers elle, aux femmes. Dear Yoko, enfin, est une lettre d’amour joyeuse, dans le style de Buddy Holly.
Les chansons de Yoko
Les chansons de Yoko, souvent négligées à l’époque, éclairent celles de John. Kiss Kiss Kiss et Give Me Something annoncent la new wave du début des années 1980. I’m Moving On répond à I’m Losing You. Beautiful Boys s’adresse à la fois à Sean et à John. Every Man Has a Woman Who Loves Him et Hard Times Are Over, qui clôt l’album, disent la fin des années difficiles. C’est ce titre qui referme le disque que John signe pour son meurtrier, le soir du 8 décembre.
Un disque devenu testament
À sa sortie, le 17 novembre 1980, la critique est partagée : beaucoup trouvent l’album trop sage, trop domestique, trop éloigné du John des années 1970. Trois semaines plus tard, il est devenu le testament d’un homme assassiné. Les chansons sur le bonheur tranquille, sur le fils, sur la femme aimée, ne s’écouteront plus jamais de la même façon. On le trouve aujourd’hui dans plusieurs éditions, dont la version Stripped Down de 2010.
Ce que John préparait pour 1981
Des chansons pour Ringo
Le 8 décembre, John n’avait pas seulement des projets pour lui-même. Quelques semaines plus tôt, il avait promis à Ringo Starr de participer à son prochain album. Il lui avait préparé des maquettes, dont Nobody Told Me et Life Begins at 40, une chanson écrite pour les 40 ans de Ringo, fêtés en juillet 1980. Les deux hommes s’étaient revus à New York à la fin du mois de novembre, et John devait rejoindre Ringo en studio au début de l’année 1981. Ringo n’enregistrera jamais ces chansons. Nobody Told Me paraîtra en 1984 sur Milk and Honey, dans la version de John.
Un nouvel album avec Yoko
John et Yoko avaient enregistré pendant l’été 1980 bien plus de chansons que n’en contenait Double Fantasy. Ils prévoyaient de publier rapidement un deuxième album. Ce sera Milk and Honey, achevé par Yoko seule et publié en janvier 1984. Il contient notamment Grow Old with Me, une ballade où John imagine vieillir aux côtés de Yoko, et qui prend après sa mort une résonance déchirante, à l’image de la phrase prononcée le 8 décembre.
Le 10 décembre : pas de funérailles
Une crémation dans l’intimité
John Lennon n’a pas eu de funérailles publiques. Le 10 décembre 1980, son corps est incinéré dans l’intimité au crématorium du cimetière de Ferncliff, à Hartsdale, au nord de New York. Yoko a conservé ses cendres. Il n’existe aucune tombe de John Lennon. C’est l’une des raisons pour lesquelles Strawberry Fields, inauguré cinq ans plus tard, est devenu le lieu de mémoire de ses admirateurs : il n’y en avait pas d’autre.
Le communiqué de Yoko
Dans un communiqué publié le 10 décembre, Yoko annonce qu’il n’y aura pas de cérémonie et demande à chacun de prier pour John, là où il se trouve. Elle invite le monde à observer dix minutes de silence le dimanche suivant. Elle raconte aussi comment elle a annoncé la mort de son père à Sean, âgé de cinq ans. L’enfant, racontera-t-elle, a pleuré, puis a dit que papa faisait maintenant partie de Dieu.
Le procès de Mark David Chapman
Un plaidoyer de culpabilité
Inculpé de meurtre, Mark David Chapman est d’abord défendu par des avocats qui préparent une défense fondée sur la folie. Mais le 22 juin 1981, contre l’avis de ses défenseurs, il décide de plaider coupable, affirmant avoir reçu un signe en ce sens. Il n’y aura donc pas de procès devant un jury. Le 24 août 1981, il est condamné à une peine de vingt ans à perpétuité. Lors de l’audience, il lit un passage de L’Attrape-cœurs de Salinger, le roman qu’il avait sur lui le soir du meurtre.
Ne pas le nommer
Au fil des années, de nombreux fans et plusieurs médias ont choisi de ne plus prononcer son nom, pour ne pas lui offrir la célébrité qu’il avait cherchée en tuant John. Il l’a lui-même reconnu lors de ses audiences de libération conditionnelle : il voulait devenir célèbre. Yoko Ono s’est opposée à chacune de ses demandes de libération, en expliquant qu’elle craignait pour sa propre sécurité et pour celle de Sean et de Julian, et que la libération de l’assassin de John pourrait inspirer d’autres actes. Nous ne détaillons pas davantage ici son parcours, que nous évoquions dans La nuit du Dakota.
Le 8 décembre dans les chansons
Les hommages des amis
La mort de John a inspiré des dizaines de chansons. Ses proches ont été les premiers à lui rendre hommage en musique. George Harrison avec All Those Years Ago en 1981, Paul McCartney avec Here Today en 1982. Elton John, parrain de Sean et l’un des amis les plus proches de John dans les années 1970, compose avec Bernie Taupin Empty Garden (Hey Hey Johnny), publié en 1982, qui évoque le jardin que John cultivait et que personne ne viendra plus soigner. Il la chantera au Madison Square Garden, la salle où John l’avait rejoint sur scène en 1974, avec Yoko et Sean dans le public.
Les reprises et les hommages de la génération suivante
Au Royaume-Uni, Roxy Music enregistre une reprise de Jealous Guy qui atteint la première place des ventes en mars 1981, comme pour faire entendre une dernière fois John dans les classements. Queen publie en 1982, sur l’album Hot Space, Life Is Real (Song for Lennon), écrite par Freddie Mercury. Ces chansons disent toutes la même chose : l’impossibilité d’admettre que l’homme qui chantait Imagine ait pu mourir ainsi. Nous avons raconté l’histoire de Jealous Guy dans notre article consacré à la chanson.
Le 8 décembre au cinéma et à la télévision
Les fictions
La dernière journée de John Lennon a inspiré plusieurs films. En 2006, The Killing of John Lennon, d’Andrew Piddington, reconstitue le parcours de l’assassin. En 2007, Chapter 27, de J. P. Schaefer, avec Jared Leto, raconte les trois jours qui précèdent le meurtre du point de vue du tueur. Ces films ont été critiqués par une partie des admirateurs de John, qui leur reprochaient de mettre en avant le meurtrier plutôt que la victime.
Les documentaires
Les documentaires ont préféré se tourner vers John. En décembre 2023, la plateforme Apple TV+ a diffusé John Lennon: Murder Without a Trial, une série en trois épisodes racontée par Kiefer Sutherland, qui revient sur la nuit du 8 décembre et sur ses suites judiciaires à partir de témoignages inédits. En 2026, le film de Steven Soderbergh a choisi un parti radicalement différent : ne parler presque pas de la mort, et laisser John parler, pendant toute la durée de sa dernière interview. C’est peut-être la meilleure manière de rendre justice à cette journée.
Le Dakota, décor de la dernière journée
Un immeuble légendaire
Toute la dernière journée de John se déroule autour du Dakota, l’immeuble où il vit depuis 1973. Construit en 1884 par l’architecte Henry Hardenbergh, à l’angle de la 72e Rue et de Central Park West, il doit son nom, selon une légende tenace, au fait qu’il était à l’époque si éloigné du centre de Manhattan qu’on le comparait aux lointains territoires du Dakota. Avec ses pignons, ses lucarnes et sa cour intérieure, il est l’un des immeubles les plus célèbres de New York. Roman Polanski y a tourné en 1968 les extérieurs de Rosemary’s Baby.
Le refuge de John et Yoko
John et Yoko s’y installent en 1973, après leur appartement de Greenwich Village. Ils y achètent progressivement plusieurs appartements, dont l’un sert de bureau au rez-de-chaussée, le Studio One, où se déroule l’interview de RKO. Pendant ses cinq années de retrait, John y vit presque reclus, ne sortant que pour de courtes promenades dans le quartier ou à Central Park, où on le reconnaît sans trop l’importuner. C’est cette tranquillité new-yorkaise, le sentiment de pouvoir y vivre comme tout le monde, qui rend l’assassinat d’autant plus incompréhensible.
Yoko n’a jamais quitté le Dakota. Elle y a élevé Sean, y a reçu les visites des autres Beatles, et y a vécu jusqu’à son retrait de la vie publique. De ses fenêtres, on voit Strawberry Fields.
La fin d’une époque d’insouciance
Une star sans garde du corps
Le 8 décembre 1980, John Lennon se promène dans la rue sans garde du corps. Il signe des autographes devant sa porte, accepte que des inconnus le photographient, prend le temps de bavarder avec les fans qui l’attendent. C’était un choix délibéré : il disait que New York lui permettait de vivre comme un homme ordinaire, et qu’il pouvait y marcher dans la rue sans être harcelé comme à Londres dans les années 1960. Le soir même, cette liberté lui a coûté la vie.
Après Lennon, la peur
L’assassinat de John a profondément changé le rapport des célébrités à leur public. Pour la première fois, une star du rock était tuée par un admirateur, devant chez elle, sans autre motif que la recherche de la célébrité. Dans les années qui suivent, les artistes renforcent leur sécurité, multiplient les gardes du corps, s’éloignent des fans. George Harrison, profondément marqué, vit de plus en plus retiré à Friar Park, entouré de mesures de protection, ce qui ne l’empêchera pas d’être lui-même agressé chez lui en décembre 1999. Paul McCartney et Ringo Starr ne se déplacent plus sans protection. La porte du Dakota, où John bavardait avec ses fans, est devenue le symbole d’une insouciance perdue.
Pourquoi cette journée fascine encore
Une journée trop bien documentée
Rares sont les morts de célébrités dont la dernière journée est aussi bien documentée. Le 8 décembre 1980, John a été photographié par la plus grande photographe de son temps, interviewé pendant des heures par une équipe de radio, photographié encore devant sa porte, enregistré en studio le soir. Chaque heure de sa journée a laissé une trace : une image, une voix, une bande. Cette abondance de documents crée une impression troublante de proximité, comme si l’on pouvait suivre John pas à pas jusqu’à la voûte du Dakota.
Un contraste insupportable
Elle fascine aussi par le contraste entre le bonheur de cette journée et sa fin. Tous les témoins décrivent un John joyeux, drôle, plein de projets. Laurie Kaye, Dave Sholin, Jack Douglas, Annie Leibovitz ont tous raconté qu’ils l’avaient trouvé au meilleur de sa forme. Cette lumière rend la nuit encore plus noire. C’est sans doute pourquoi, plus de quarante-cinq ans après, des cinéastes comme Steven Soderbergh continuent de revenir à cette journée, et des millions de personnes de se rassembler chaque 8 décembre à Strawberry Fields.
Yoko Ono après le 8 décembre : quarante-cinq ans de mémoire
Continuer à créer
Celle que John espérait ne jamais voir mourir avant lui a dû apprendre à vivre sans lui. Dès 1981, Yoko reprend le chemin du studio. Elle publie Season of Glass en juin 1981, un album de deuil, puis achève Milk and Honey en 1984. Elle poursuit sa carrière d’artiste plasticienne et de musicienne, avec des expositions dans le monde entier et des albums jusqu’aux années 2010, souvent avec Sean et le Plastic Ono Band reformé. Nous avons retracé son œuvre dans notre discographie complète de Yoko Ono.
Faire vivre le message de John
Yoko consacre une large part de sa vie à la mémoire et au message de John. Elle inaugure Strawberry Fields en 1985, crée en 2002 le prix LennonOno pour la paix, décerné tous les deux ans à des artistes et des militants, fait construire l’Imagine Peace Tower en Islande en 2007. Elle supervise les rééditions de l’œuvre de John, les expositions, les documentaires. En 2017, l’association des éditeurs musicaux américains reconnaît officiellement son rôle de coautrice d’Imagine, comme John lui-même l’avait souhaité dans ses derniers entretiens.
Le relais de Sean
Yoko a fêté ses 93 ans en février 2026. Retirée de la vie publique, elle a progressivement confié à Sean la gestion de l’héritage de John. C’est lui qui a supervisé les rééditions de Gimme Some Truth en 2020, de Mind Games en 2024 et du coffret Power to the People en 2025, et qui a accompagné le projet de Steven Soderbergh. En septembre 2026, Sean est devenu père à son tour, d’un petit Aurelius, premier petit-enfant de John. Quarante-six ans après le 8 décembre, la famille Lennon continue. Nous avons raconté cette naissance dans notre double portrait de Sean et Charlotte Kemp Muhl.
Du 9 octobre au 8 décembre : la mémoire de John
L’Imagine Peace Tower, allumée ce soir
Il existe un lieu qui relie chaque année les deux dates de la vie de John. Sur l’île de Viðey, au large de Reykjavik, en Islande, Yoko Ono a fait construire l’Imagine Peace Tower, une colonne de lumière qui s’élève vers le ciel à partir d’un monument gravé des mots Imagine Peace dans de nombreuses langues. Elle a été inaugurée le 9 octobre 2007, pour ce qui aurait été le 67e anniversaire de John. Chaque année, la tour est allumée le 9 octobre, jour de sa naissance, et reste illuminée jusqu’au 8 décembre, jour de sa mort. Comme chaque année, elle s’allume ce 9 octobre 2026, jour de ses 86 ans.
Cette symbolique résume la façon dont Yoko a voulu que l’on se souvienne de John : non pas seulement par le deuil du 8 décembre, mais par les deux mois qui séparent sa naissance de sa mort, illuminés chaque année.
Liverpool et l’aéroport John Lennon
À Liverpool, la mémoire de John est partout. L’aéroport de la ville porte son nom depuis 2002, avec pour devise un vers d’Imagine parlant du ciel au-dessus de nos têtes. Une statue de John accueille les voyageurs dans le hall. Le 9 octobre 2010, pour son 70e anniversaire, Julian Lennon et Cynthia Lennon ont inauguré au centre-ville un monument européen pour la paix qui lui est dédié. Chaque 8 décembre, des fans se réunissent devant le Cavern Club, sur Mathew Street, et devant la maison de son enfance, Mendips, au 251 Menlove Avenue.
Et chaque 8 décembre à Central Park
Mais c’est à Strawberry Fields que la mémoire de John est la plus vivante. Chaque 8 décembre, des centaines de personnes se rassemblent autour de la mosaïque Imagine, avec des guitares, des fleurs, des bougies. On y chante les chansons de John et des Beatles jusqu’à tard dans la nuit, à quelques mètres de l’entrée du Dakota où tout s’est arrêté. Le 8 décembre 2026 marquera le 46e anniversaire de sa mort.
Ce que dit cette dernière journée
Un homme au début de quelque chose
Ce qui frappe, en relisant le déroulé du 8 décembre 1980, c’est à quel point tout y parle de commencement. Un album qui vient de sortir. Une nouvelle coupe de cheveux. Une couverture de magazine en préparation. Une interview où John parle de ses 40 ans comme d’une renaissance. Une chanson de Yoko qu’il veut transformer en tube. Des projets pour l’année suivante. Rien, dans cette journée, n’annonce une fin.
C’est sans doute ce qui rend la phrase sur Yoko si bouleversante. John n’y parle pas de sa mort parce qu’il la pressent, mais parce qu’il aime. Il dit simplement qu’il ne voudrait pas vivre sans elle. Personne, ce jour-là, ne pouvait imaginer que c’est elle qui aurait à vivre sans lui.
Deux images pour l’éternité
De cette journée, il reste deux images. La première est la photo d’Annie Leibovitz : John nu, recroquevillé contre Yoko habillée, comme un enfant contre sa mère. La seconde est celle de Paul Goresh : John signant un disque pour son meurtrier. L’une dit l’amour, l’autre la mort. Entre les deux, quelques heures, et une interview où John parle de l’avenir.
Correctif factuel n° 4 — La dernière interview n’est pas l’entretien de Playboy
On présente souvent le long entretien accordé à David Sheff pour Playboy comme la dernière interview de John Lennon. Cet entretien, réalisé en septembre 1980 et publié en janvier 1981, est le plus long et le plus célèbre de ses dernières années, mais ce n’est pas le dernier. La dernière grande interview est celle de RKO Radio, enregistrée dans l’après-midi du 8 décembre 1980 au Dakota, quelques heures avant sa mort. C’est elle qui sert de base au film de Steven Soderbergh présenté à Cannes en 2026.
Chronologie : la journée du 8 décembre 1980
| Heure ou date | Événement |
|---|---|
| 9 octobre 1975 | Naissance de Sean ; John se retire pendant cinq ans |
| Été 1980 | Séjour aux Bermudes ; John recommence à écrire |
| 17 novembre 1980 | Sortie de Double Fantasy |
| 8 décembre, matin | Petit-déjeuner au Café La Fortuna, coupe de cheveux chez Viz-à-Viz |
| 8 décembre, fin de matinée | Séance photo avec Annie Leibovitz au Dakota |
| 8 décembre, après-midi | Interview de RKO Radio avec Dave Sholin, Laurie Kaye et Ron Hummel |
| Vers 17 h | Autographe à Mark David Chapman, photographié par Paul Goresh |
| Soirée | Séance au Record Plant sur Walking on Thin Ice |
| Vers 22 h 30 | Départ du studio |
| Vers 22 h 50 | John est abattu devant le Dakota |
| 23 h 15 | Décès déclaré à l’hôpital Roosevelt |
| 14 décembre 1980 | Dix minutes de silence dans le monde entier |
| 22 janvier 1981 | Couverture de Rolling Stone avec la photo de Leibovitz |
| Février 1981 | Sortie du single Walking on Thin Ice |
| Août 1981 | Condamnation de Chapman à vingt ans à perpétuité |
| Janvier 1984 | Sortie de Milk and Honey |
| 9 octobre 1985 | Inauguration de Strawberry Fields à Central Park |
| 2005 | La couverture de Leibovitz élue meilleure couverture de magazine des quarante dernières années |
| 27 août 2025 | Quatorzième refus de libération conditionnelle pour Chapman |
| 16 mai 2026 | Présentation à Cannes de John Lennon: The Last Interview |
| Février 2027 | Prochaine audience prévue pour Chapman |
Pour aller plus loin : écouter, voir, lire
À voir sur YouTube
- L’interview de RKO Radio du 8 décembre 1980
- Le film de Steven Soderbergh présenté à Cannes
- Walking on Thin Ice, la dernière chanson travaillée par John
- (Just Like) Starting Over
À écouter et à lire
- John Lennon et Yoko Ono, Double Fantasy (1980) : en CD et vinyle.
- John Lennon et Yoko Ono, Milk and Honey (1984) : en CD et vinyle.
- John Lennon, Gimme Some Truth (2020), la compilation produite par Yoko et Sean : en SHM-CD.
- John Lennon, Power to the People (2025), le coffret des années new-yorkaises : disponible ici.
- David Sheff, All We Are Saying, l’entretien intégral de Playboy en 1980 : le livre.
- Annie Leibovitz, ses photographies pour Rolling Stone : les livres.
Questions fréquentes
Qu’a fait John Lennon le jour de sa mort ?
Il a pris son petit-déjeuner au Café La Fortuna, s’est fait couper les cheveux, a posé pour Annie Leibovitz, a donné une longue interview à RKO Radio, puis a travaillé au studio Record Plant avant de rentrer au Dakota, où il a été abattu.
Quelle a été la dernière interview de John Lennon ?
Celle de RKO Radio, enregistrée dans l’après-midi du 8 décembre 1980 au Dakota par Dave Sholin, Laurie Kaye et Ron Hummel.
Qu’a dit John Lennon à propos de Yoko ce jour-là ?
Il a dit espérer mourir avant elle, parce que si elle mourait, il ne saurait pas comment survivre.
Qui a pris la dernière photo de couverture de John Lennon ?
Annie Leibovitz, pour la couverture de Rolling Stone du 22 janvier 1981.
Pourquoi Yoko est-elle habillée sur la photo ?
Parce qu’elle a refusé de se dénuder. Leibovitz a alors proposé que John, nu, se blottisse contre elle.
Qui a photographié John avec Mark David Chapman ?
Paul Goresh, un photographe amateur du New Jersey qui guettait régulièrement John devant le Dakota.
À quelle heure John Lennon a-t-il été tué ?
Vers 22 h 50, le 8 décembre 1980. Il a été déclaré mort à 23 h 15 à l’hôpital Roosevelt.
Sur quelle chanson John a-t-il travaillé le dernier soir ?
Walking on Thin Ice, une chanson de Yoko Ono, sortie en single en février 1981.
Qu’est-ce que John Lennon: The Last Interview ?
Un documentaire de Steven Soderbergh présenté à Cannes le 16 mai 2026, qui présente l’intégralité de l’interview de RKO.
Mark David Chapman est-il toujours en prison ?
Oui. Sa libération conditionnelle a été refusée pour la quatorzième fois en août 2025. Sa prochaine audience est prévue en février 2027.
Où les cendres de John Lennon reposent-elles ?
John a été incinéré le 10 décembre 1980 au crématorium de Ferncliff, près de New York. Il n’a pas de tombe. Yoko a conservé ses cendres.
Quelle chanson John avait-il écrite pour Ringo ?
Life Begins at 40, pour les 40 ans de Ringo, ainsi que Nobody Told Me, que Ringo devait enregistrer en 1981. Nobody Told Me est sortie en 1984 sur Milk and Honey.
Où est conservée la mémoire de John à New York ?
À Strawberry Fields, le jardin mémorial de Central Park inauguré le 9 octobre 1985, en face du Dakota.
Qu’est-ce que l’Imagine Peace Tower ?
Une colonne de lumière installée par Yoko Ono sur l’île de Viðey, en Islande, allumée chaque année du 9 octobre au 8 décembre.
Glossaire
- Dakota : immeuble de l’Upper West Side, à New York, où vivaient John et Yoko.
- RKO Radio : réseau de stations de radio américaines.
- Record Plant : studio d’enregistrement new-yorkais où John a passé sa dernière soirée.
- Strawberry Fields : jardin mémorial de Central Park consacré à John, inauguré en 1985.
- Libération conditionnelle : remise en liberté anticipée sous conditions, examinée périodiquement par une commission.
Sources et références
Yoko Ono, témoignages publics ; Smithsonian Magazine ; Annie Leibovitz, entretiens sur la séance du 8 décembre 1980 ; Rolling Stone, numéro du 22 janvier 1981 ; American Society of Magazine Editors (2005) ; Festival de Cannes, fiche de John Lennon: The Last Interview ; ABC Audio, Deadline et Associated Press, mai 2026 ; New York State Department of Corrections and Community Supervision ; Rolling Stone et Associated Press sur la décision d’août 2025 ; David Sheff, Playboy (1981).
À lire aussi sur Yellow-Sub
- La vraie chronologie du 8 décembre 1980 : la dernière séance de studio
- La nuit du Dakota
- Café La Fortuna, le dernier petit-déjeuner
- Here Today, la chanson de Paul pour John
- Double Fantasy vu par John
- John Lennon aurait eu 86 ans
- 20 anecdotes sur John Lennon
- Elton John et les Beatles
- John Lennon : biographie et chansons












