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Des bises de moi pour toi, Je veux te graver dans ma vie, Le sous-marin vert… : l’histoire des Beatles chantés en français, de Claude François à René Angélil

Par Clive Helday
Les Beatles en français : 60 ans de reprises, de Claude François à Johnny

Elle avait écrit Belles, belles, belles, Si j’avais un marteau et Le Pénitencier. Elle avait aussi, avant même que la France ne découvre les Beatles, fait chanter From Me To You à Claude François sous le titre Des bises de moi pour toi. La parolière Vline Buggy est morte dans la nuit du 25 au 26 septembre 2026, à 97 ans. Sa disparition rappelle un pan entier et largement oublié de l’histoire des Beatles : pendant sept ou huit ans, la France a d’abord connu leurs chansons en français, chantées par Claude François, Johnny Hallyday, Richard Anthony, Frank Alamo, Dick Rivers, Sheila, Petula Clark et même Maurice Chevalier. Plus de 150 adaptations ont été publiées dans l’Hexagone, des centaines d’autres au Québec, en Belgique et en Suisse. Voici leur histoire.

Il y a une vérité un peu vexante pour les admirateurs français des Beatles : à l’automne 1963, au moment où la Grande-Bretagne succombait à la Beatlemania, la plupart des adolescents de Paris, de Lyon ou de Marseille fredonnaient déjà des chansons de Lennon et McCartney sans savoir qui les avait écrites. Ils les connaissaient par les 45 tours de leurs idoles yé-yé, qui adaptaient en français, souvent à toute vitesse, les succès venus d’Angleterre et d’Amérique.

Ce phénomène, que les spécialistes connaissent bien mais que le grand public a largement oublié, a produit un corpus étonnant. Le chercheur et journaliste Eric Krasker, coauteur avec Jean-Claude Hocquet de La France et les Beatles, a recensé pour la France 159 versions françaises de titres composés ou popularisés par les Beatles. Il résumait leur qualité d’une formule : des adaptations allant du pire, le plus souvent, au meilleur, plus rarement. Et si l’on ajoute le Québec, où la Beatlemania francophone a pris une ampleur encore plus grande, le total dépasse largement plusieurs centaines de titres.

Nous avons voulu raconter cette histoire dans son ensemble : les auteurs de l’ombre, les chanteurs, les années, les réussites et les naufrages, les parodies et les règlements de comptes, et ce que ces adaptations disent de la France et de la francophonie face à la révolution britannique. Sur yellow-sub.net, ce dossier prolonge notre article fondateur Les Beatles et la France, signé Eric Krasker, et notre enquête sur la discographie originale française des Beatles.

Vline Buggy, la parolière qui a fait chanter les Beatles en français

L’annonce a été faite le 27 septembre 2026 à l’AFP par l’animateur Julien Lepers, au nom des proches de la disparue : Vline Buggy, de son vrai nom Liliane Konyn, née le 2 mai 1929 à Paris, est morte dans la nuit du 25 au 26 septembre, à 97 ans. Les hommages ont salué l’auteure de plus de soixante-dix chansons pour Claude François, de Belles, belles, belles à Le Jouet extraordinaire, et la plume de nombreux succès de Johnny Hallyday, Hugues Aufray, Frank Alamo ou France Gall.

Ce que les nécrologies ont moins souligné, c’est le rôle qu’elle a joué dans l’arrivée des Beatles en France. Plusieurs des premières adaptations de Lennon et McCartney publiées en français portent sa signature.

Un pseudonyme né d’un deuil

Vline Buggy, ce furent d’abord deux sœurs : Évelyne et Liliane Konyn, filles du parolier Géo Koger, qui avait écrit pour les grandes vedettes du music-hall d’avant-guerre. Elles signaient ensemble sous la mention Vline et Buggy, pour des interprètes comme Luis Mariano. Lorsque Évelyne meurt en avril 1962, à 35 ans, Liliane fusionne les deux pseudonymes en un seul nom, Vline Buggy, en hommage à sa sœur.

Quelques mois plus tard, en octobre 1962, elle rencontre un jeune chanteur blond encore inconnu, Claude François. Dans son autobiographie publiée en 2018, elle décrit cette rencontre comme l’entrée dans sa vie d’un petit homme blond en pull rouge qui ne devait plus jamais en sortir. Leur collaboration durera seize ans, jusqu’à la mort accidentelle du chanteur en 1978, et produira plus de soixante-dix textes. Hugues Aufray, qui lui devait lui aussi plusieurs succès, a rendu hommage à une femme devenue indispensable chaque fois que la musique cherchait ses mots.

From Me To You devient Des bises de moi pour toi

En avril 1963, les Beatles publient au Royaume-Uni From Me To You, leur troisième single, qui devient leur premier numéro un incontesté. Quelques semaines plus tard, Claude François enregistre sa version française, sur un texte de Vline Buggy, avec l’orchestre de Christian Chevallier. Le titre devient Des bises de moi pour toi. L’Institut national de l’audiovisuel conserve une interprétation télévisée de la chanson par Claude François, diffusée le 17 août 1963 par la RTF, dans une réalisation de René Lucot.

La date mérite d’être soulignée. En août 1963, les Beatles ne sont pas encore connus en France. Leur premier 45 tours français, qui réunit justement From Me To You et Please Please Me, n’entrera dans les collections de la Bibliothèque nationale, au titre du dépôt légal, que le 16 octobre 1963. Autrement dit, des téléspectateurs français ont entendu la mélodie de Lennon et McCartney, en français, avant même que le disque original ne soit officiellement disponible dans le pays.

Le texte de Vline Buggy reprend l’idée centrale de l’original, celle d’un amoureux qui offre tout ce qu’il a à celle qu’il aime, mais il la transpose dans un registre plus enfantin, autour de baisers envoyés par la poste. La même année, Claude François enregistre aussi Laisse-moi tenir ta main, son adaptation d’I Want To Hold Your Hand.

A Hard Day’s Night devient Je me bats pour gagner

En 1964, Vline Buggy adapte pour Frank Alamo, un autre jeune chanteur de l’écurie yé-yé, la chanson-titre du premier film des Beatles. A Hard Day’s Night devient Je me bats pour gagner. Le texte n’a plus grand-chose à voir avec l’original : là où Lennon chantait la fatigue d’un homme qui travaille comme un chien et retrouve le soir le réconfort de sa compagne, la version française parle de combat et de victoire. C’était la règle du genre : l’adaptation ne traduisait pas, elle réécrivait, en cherchant d’abord des mots qui sonnent sur la mélodie.

Girl devient Je l’aime, pour Johnny

En 1966, c’est pour Johnny Hallyday que Vline Buggy cosigne avec Hugues Aufray l’adaptation de Girl, l’une des chansons les plus sombres de Rubber Soul, publiée sous le titre Je l’aime, avec l’orchestre d’Arthur Greenslade. Nous y reviendrons en détail plus loin.

De Céline à Céline Dion

Il y a enfin, dans l’œuvre de Vline Buggy, une chanson qui relie par un fil inattendu la France, le Québec et les Beatles. En 1966, elle écrit pour Hugues Aufray Céline, une chanson qui connaît un grand succès des deux côtés de l’Atlantique. Selon le récit familial souvent rapporté, c’est cette chanson qui a inspiré, en 1968, le prénom d’une petite fille née à Charlemagne, au Québec : Céline Dion. Or l’homme qui fera de cette enfant une star mondiale, René Angélil, avait commencé sa carrière comme chanteur dans un trio montréalais qui devait son succès à des adaptations des Beatles, les Baronets. Nous raconterons leur histoire dans la partie consacrée au Québec.

Pourquoi la France a adapté les Beatles au lieu de les écouter

Pour comprendre la floraison des adaptations, il faut se replacer dans la France du début des années 1960. Le rock’n’roll y est arrivé tard, et il y a pris une forme particulière : celle des idoles yé-yé, de jeunes chanteurs français qui interprètent en français les succès américains et britanniques.

Salut les copains et l’économie de l’adaptation

Le phénomène porte un nom, le yé-yé, et un média, Salut les copains. L’émission de Daniel Filipacchi et Frank Ténot sur Europe 1, lancée en 1959, puis le magazine du même nom, créé en 1962, deviennent la vitrine d’une génération de chanteurs : Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell et les Chaussettes Noires, Dick Rivers et les Chats Sauvages, Richard Anthony, Claude François, Sheila, Frank Alamo. Le 22 juin 1963, un concert gratuit organisé place de la Nation pour le premier anniversaire du magazine rassemble une foule immense, estimée à environ 150 000 à 200 000 jeunes selon les sources.

Le répertoire de ces chanteurs repose largement sur l’adaptation. Les maisons de disques et les éditeurs repèrent un succès anglo-saxon, confient le texte à un parolier français qui écrit de nouvelles paroles sur la mélodie, et enregistrent la version française avec un orchestre de studio. Le procédé est rapide, peu risqué, et permet de commercialiser en France une chanson dont le succès est déjà prouvé ailleurs. Les droits d’auteur sont partagés entre les auteurs et compositeurs de l’original et l’adaptateur français, qui touche sa part pour les paroles.

Le terme lui-même, yé-yé, viendrait des onomatopées des chansons anglo-saxonnes, ces yeah yeah que l’on entendait partout, y compris dans She Loves You. Le mot est parfois attribué au sociologue Edgar Morin, qui l’a popularisé dans un article du Monde en juillet 1963.

Un marché qui boude encore l’anglais

Pourquoi adapter plutôt que diffuser les originaux ? D’abord parce qu’au début des années 1960, le public français, surtout en dehors des grandes villes, écoute peu de chansons en anglais. La radio, encore largement publique, et les juke-boxes des cafés privilégient la chanson française. Un succès britannique a beaucoup plus de chances de s’imposer s’il est chanté en français par une vedette que les adolescents connaissent déjà.

Ensuite parce que les idoles yé-yé ont besoin de répertoire. Un chanteur populaire publie alors plusieurs super 45 tours par an, chacun avec quatre titres. Il faut les remplir. Les adaptations offrent une ressource inépuisable.

Eric Krasker résume le paradoxe dans notre dossier Les Beatles et la France : ces adaptations ont fait obstacle aux artistes originaux, qui avaient du mal à percer en France puisqu’ils étaient en concurrence avec leurs propres chansons chantées par d’autres. Mais elles avaient aussi un avantage : elles faisaient découvrir ces nouvelles sonorités à un public qui n’était pas encore prêt à écouter des disques chantés en anglais.

Le métier d’adaptateur

Derrière les chanteurs, une petite poignée de paroliers assure l’essentiel de la production. Vline Buggy en fait partie, comme Georges Aber, Jacques Plante, Pierre Delanoë, Ralph Bernet, Jil et Jan, ou Long Chris, l’ami de Johnny Hallyday. Leur travail est un artisanat : trouver des mots français qui respectent le nombre de syllabes et les accents de la mélodie, placer les voyelles ouvertes sur les notes tenues, et, si possible, garder une idée du texte original. Le sens passe souvent au second plan.

C’est ce qui explique l’étrangeté de nombreuses adaptations françaises des Beatles pour l’auditeur d’aujourd’hui. Le titre français n’a parfois aucun rapport avec l’original : Run For Your Life devient Rien pour faire une chanson chez Richard Anthony, I Feel Fine devient Humm ! Qu’elle est belle chez Akim, Think For Yourself devient Les garçons sont fous chez François Fabrice. Ce n’est pas de la maladresse : c’est le résultat d’un métier où le son prime sur le sens.

Correctif factuel : les Beatles n’ont jamais chanté leurs chansons en français

On lit parfois que les Beatles auraient enregistré des versions françaises de leurs succès pour conquérir la France, comme ils l’ont fait pour l’Allemagne. C’est faux. Le seul enregistrement en langue étrangère des Beatles a eu lieu justement à Paris, aux studios Pathé-Marconi, le 29 janvier 1964, pendant le séjour à l’Olympia : ils y ont enregistré Komm, gib mir deine Hand et Sie liebt dich, versions allemandes destinées au marché allemand, comme nous l’avons raconté dans notre récit de la séance du 29 janvier 1964. Aucune version française n’a été enregistrée. Le français n’apparaît dans leur discographie que dans quelques vers de Michelle, en 1965.

Combien d’adaptations ?

Il est difficile de donner un chiffre exact. Le recensement d’Eric Krasker pour la France fait état de 159 versions françaises de titres composés ou popularisés par les Beatles, ce qui inclut des chansons de Lennon et McCartney qu’ils n’ont pas enregistrées eux-mêmes, comme Bad To Me ou A World Without Love, et des reprises que les Beatles avaient eux-mêmes popularisées, comme Twist And Shout. La liste collaborative tenue sur l’encyclopédie Wikipédia, qui couvre aussi le Québec, la Belgique et la Suisse pour la période 1962-2004, en compte bien davantage. Dans toutes les hypothèses, les Beatles sont sans doute le groupe étranger le plus adapté en français de l’histoire de la chanson.

1963 : la France chante les Beatles avant de les connaître

La première vague d’adaptations précède la venue des Beatles à Paris. Elle date de 1963, l’année où le groupe enchaîne les numéros un au Royaume-Uni. Les éditeurs parisiens, qui reçoivent les disques britanniques, repèrent ces chansons et les confient aussitôt à leurs paroliers.

Claude François, le pionnier de l’été 1963

Avec Des bises de moi pour toi et Laisse-moi tenir ta main, Claude François est l’un des tout premiers chanteurs français à enregistrer des chansons des Beatles. Il n’a alors que 24 ans et sort à peine de l’anonymat : Belles, belles, belles, son premier grand succès, adaptation d’une chanson des Everly Brothers, date de l’automne 1962. Il vient de comprendre que les succès anglo-saxons, adaptés par Vline Buggy, sont le meilleur tremplin possible.

Ses deux reprises des Beatles ne compteront pourtant pas parmi ses grands succès. Claude François trouvera sa voie ailleurs, dans la soul de Motown et dans ses propres compositions, jusqu’à Comme d’habitude, en 1967, devenue My Way pour Frank Sinatra. Mais il reste, dans l’histoire des Beatles en France, celui qui a ouvert la porte.

Le critique québécois Alain Lacasse, chroniqueur du Réseau québécois des amis des Beatles, rangeait Des bises de moi pour toi parmi les versions qui détonnent et laissent perplexe, dans sa chronique de la série de CD La France et les Beatles, que nous avions relayée en 2007 dans notre article sur le troisième volume.

Petula Clark, Tu perds ton temps

La Britannique Petula Clark, installée en France depuis la fin des années 1950 et devenue une vedette de la chanson française, enregistre en 1963 Tu perds ton temps, adaptation de Please Please Me. C’est l’une des réussites de la période, saluée par Alain Lacasse comme l’une des excellentes versions de la série. Petula Clark adaptera aussi en 1964 Nobody I Know, une composition de McCartney pour le duo Peter and Gordon, sous le titre Partir, il nous faut.

Les Surfs, Adieu chagrin

Le groupe vocal des Surfs, six frères et sœurs originaires de Madagascar, très populaires en France au début des années 1960, enregistre en 1963 Adieu chagrin, adaptation de There’s A Place, une chanson de l’album Please Please Me. Le choix est remarquable : There’s A Place n’était pas un single, mais un titre d’album, l’un des plus introspectifs du premier disque des Beatles. Il fallait une oreille attentive pour aller le chercher.

Sheila, Hello petite fille

Sheila, la jeune vedette lancée en 1962 par Claude Carrère, enregistre en 1963 Hello petite fille, adaptation d’Hello Little Girl. Ici, ce n’est pas une version des Beatles qui sert de modèle, mais celle des Fourmost, un groupe de Liverpool de l’écurie de Brian Epstein, à qui Lennon et McCartney avaient offert la chanson, la toute première écrite par Lennon. Nous avons raconté cette histoire dans notre guide des chansons de l’audition Decca. Sheila enregistrera aussi en 1964 Un monde sans amour, adaptation de A World Without Love, la chanson de McCartney offerte à Peter and Gordon.

Lucky Blondo, J’ai un secret à te dire

Lucky Blondo, chanteur à la voix douce découvert par la télévision, adapte en 1963 Do You Want To Know A Secret sous le titre J’ai un secret à te dire. La chanson, chantée par George Harrison sur l’album Please Please Me, avait été un grand succès au Royaume-Uni dans la version de Billy J. Kramer and the Dakotas.

Dick Rivers, Mes ennuis et J’en suis fou

Ancien chanteur des Chats Sauvages, Dick Rivers, l’un des rockers les plus authentiques de la scène française, s’intéresse très tôt aux Beatles. En 1963, il enregistre Mes ennuis, adaptation de Misery, et J’en suis fou, adaptation de Love Me Do, avec l’orchestre de Paul Piot. Il chante aussi sa version de Quand je l’ai vue devant moi, adaptation d’I Saw Her Standing There. Sa reprise de Love Me Do ouvre d’ailleurs le coffret britannique We Can Work It Out : Covers Of The Beatles 1962-1966, paru en 2023 et présenté dans notre article sur cette anthologie.

Correctif factuel : J’en suis fou date de 1963

Certaines sources datent de 1962 l’adaptation de Love Me Do par Dick Rivers. C’est peu probable : le premier single des Beatles n’est paru au Royaume-Uni que le 5 octobre 1962, et n’avait alors aucune diffusion en France. Les discographies datent généralement la version de Dick Rivers de 1963, ce qui en fait tout de même l’une des toutes premières adaptations françaises des Beatles.

Johnny Hallyday, Quand je l’ai vue devant moi

Johnny Hallyday, l’idole des jeunes, n’échappe pas au mouvement. En 1963, il enregistre sa version de Quand je l’ai vue devant moi, l’adaptation d’I Saw Her Standing There, avec le groupe Joey and the Showmen. Le choix correspond parfaitement à son registre : c’est le titre le plus rock’n’roll du premier album des Beatles, avec son compte à rebours d’ouverture et sa basse inspirée de Chuck Berry. Johnny reviendra aux Beatles à trois autres reprises, avec des résultats autrement plus marquants.

La course à Elle t’aime

À la fin de 1963, alors que She Loves You est devenu le single le plus vendu de l’histoire au Royaume-Uni, plusieurs artistes français se précipitent sur la chanson. On recense au moins quatre versions françaises intitulées Elle t’aime rien que pour la France : celle des Chats Sauvages avec Mike Shannon, celle de Jacky Moulière avec l’orchestre de Christian Chevallier, celle des Arvern’s et celle de Frank Nichols. Nancy Holloway, la chanteuse américaine installée à Paris, en ajoute une en 1964. En Belgique, Jimmy Frey en publie une autre. Alain Lacasse jugeait la version des Chats Sauvages plus supportable que celle des Arvern’s : la formule dit assez l’inégalité de ces productions.

Ce phénomène de versions concurrentes d’une même chanson est typique de l’époque. Chaque maison de disques voulait sa version, et chaque éditeur poussait son interprète. Pour l’acheteur, il n’était pas rare de trouver dans un même magasin trois ou quatre 45 tours portant le même titre, chantés par des artistes différents.

Le premier 45 tours français des Beatles

Pendant ce temps, les Beatles eux-mêmes font leur entrée discrète sur le marché français. Leur premier disque français, publié par Odéon, la marque de Pathé-Marconi, réunit From Me To You et Please Please Me. Il entre dans les collections de la Bibliothèque nationale le 16 octobre 1963, au titre du dépôt légal. Soixante ans plus tard, en 2023, la Bibliothèque nationale de France a consacré une journée d’étude aux rapports entre les Beatles et la France, avec une table ronde sur les adaptations réunissant notamment Alain Dumont, membre des Lionceaux, et le photographe Jean-Marie Périer. L’histoire de ces premiers disques et de leurs pochettes spécifiques est racontée dans notre enquête sur la discographie originale française.

Des bises de moi pour toi en vidéo

Voici la version de From Me To You par Claude François, enregistrée en 1963 sur un texte de Vline Buggy, l’une des toutes premières adaptations françaises d’une chanson des Beatles.

https://www.youtube.com/watch?v=I5mihQOlG4U

1964 : l’Olympia, Sylvie Vartan et la déferlante

Le 15 janvier 1964, les Beatles donnent leur premier concert en France, au cinéma Cyrano de Versailles, en guise d’échauffement. Le lendemain, 16 janvier, ils commencent à l’Olympia, à Paris, une série de représentations qui durera jusqu’au 4 février. Ils ne sont pas seuls à l’affiche : la vedette Sylvie Vartan et le chanteur américain Trini Lopez partagent le programme. Nous avons raconté cette série dans Les Beatles à l’Olympia : Paris 1964, la Beatlemania en différé et dans le récit des trois sets du 19 janvier 1964.

Sylvie Vartan et Twiste et chante

Sylvie Vartan est un personnage central de cette histoire, même si elle n’a pas, à proprement parler, adapté de chanson de Lennon et McCartney. Elle a enregistré en juillet 1963, sous la direction de son frère Eddie Vartan, Twiste et chante, l’adaptation de Twist And Shout, une chanson que les Beatles avaient rendue célèbre en Europe en la plaçant en conclusion de leur premier album. Elle a surtout partagé l’affiche de l’Olympia avec eux. Une photo célèbre, prise par un photographe du Daily Mirror en coulisses du cinéma Cyrano de Versailles le 15 janvier 1964, la montre assise sur un amplificateur, tenant la basse de Paul McCartney, les quatre Beatles debout derrière elle.

Plus d’un demi-siècle plus tard, en 2018, Sylvie Vartan a inclus une reprise d’In My Life dans Avec toi…, son album d’hommage à Johnny Hallyday, mort l’année précédente. Elle expliquait que c’était une chanson qu’ils écoutaient beaucoup ensemble au temps de leur couple.

Correctif factuel : Twist And Shout n’est pas une chanson des Beatles

Twiste et chante, enregistrée par Sylvie Vartan en 1963, puis par les Baronets au Québec en 1964 et par Nicole Delarc, est souvent comptée parmi les reprises des Beatles. C’est inexact du point de vue des auteurs : Twist And Shout a été écrite par Phil Medley et Bert Berns, enregistrée d’abord par les Top Notes en 1961, puis popularisée par les Isley Brothers en 1962. Les Beatles l’ont reprise sur Please Please Me en 1963. Les versions françaises de 1963 et 1964 doivent probablement autant aux Isley Brothers qu’aux Beatles.

Frank Alamo, l’adaptateur systématique

Si un chanteur incarne l’adaptation des Beatles en France, c’est Frank Alamo. Né Jean-François Grandin à Paris, fils d’une mère américaine, il fait carrière presque exclusivement en reprenant des succès anglo-saxons, avec un tube emblématique, Biche, oh ma biche, sur un texte de Vline Buggy. Il enregistre dès 1963 Je veux prendre ta main, sa version d’I Want To Hold Your Hand, puis en 1964 Je me bats pour gagner, l’adaptation de A Hard Day’s Night.

Alain Lacasse, peu suspect de complaisance envers les adaptations françaises, jugeait l’interprétation de Je me bats pour gagner très réussie, et ajoutait simplement à propos d’Alamo qu’il était un très bon chanteur. Frank Alamo arrêtera la chanson dès 1968, pour devenir photographe puis homme d’affaires. Il est mort en 2012. Sa version de A Hard Day’s Night figure, elle aussi, dans le coffret Covers Of The Beatles 1962-1966.

Richard Anthony, La corde au cou et Toi l’ami

Richard Anthony, l’une des plus grandes vedettes de la période, enregistre en 1964 deux adaptations des Beatles : La corde au cou, sa version d’I Should Have Known Better, et Toi l’ami, son adaptation d’All My Loving. Ce dernier titre sera l’un des plus repris en français : on en recense des versions par les Lionceaux, les Gam’s, et au Québec par Fernand Larose et Donald Lautrec.

Richard Anthony reviendra aux Beatles en 1965 avec Tout peut s’arranger, adaptation de We Can Work It Out, que Lacasse comptait parmi les versions qui laissent perplexe, puis en 1966 avec Rien pour faire une chanson, adaptation inattendue de Run For Your Life. Le titre français, qui évoque un chanteur à court d’inspiration, n’a plus rien à voir avec la menace jalouse de l’original. C’est peut-être un bien, au regard de ce que Lennon lui-même pensait de sa chanson.

Les Lionceaux, champions de la reprise

Le groupe français qui a le plus adapté les Beatles s’appelle les Lionceaux. Eric Krasker leur attribue au moins dix reprises, la palme incontestée de la période. On leur doit notamment Le temps est long (It Won’t Be Long), Toi l’ami (All My Loving), Je te veux tout à moi (I Wanna Be Your Man), Mais ne viens plus (Don’t Bother Me, la première chanson de George Harrison), Je ne peux l’acheter (Can’t Buy Me Love), Je suis fou (Ask Me Why), Cette fille (This Boy), Quatre garçons dans le vent (A Hard Day’s Night), puis en 1965 Dis-moi pourquoi (Tell Me Why) et Ne ris pas (No Reply).

Leur version de Le temps est long a été retenue dans le coffret britannique de 2023, aux côtés de leur No Reply. Alain Dumont, membre du groupe, a participé en 2023 à la journée d’étude de la Bibliothèque nationale de France consacrée aux Beatles, ce qui dit assez la place que ce groupe occupe dans l’histoire des reprises françaises.

Les Missiles, les Champions et Vince Taylor

D’autres groupes de rock français puisent dans le répertoire de Lennon et McCartney, y compris dans les chansons que le duo a écrites pour d’autres artistes. Les Missiles adaptent en 1964 P.S. I Love You (Ça reste entre nous) et Bad To Me (Tu chang’ras d’avis), une chanson offerte par Lennon à Billy J. Kramer, puis en 1965 I’m A Loser (Il faut oser). Les Champions enregistrent Toi l’orgueilleux, adaptation de Love Of The Loved, la chanson de McCartney offerte à Cilla Black. Vince Taylor, le rocker britannique devenu une idole en France, chante lui aussi Tu changeras d’avis. Sur ces chansons que Lennon et McCartney ont données, voir notre enquête sur le catalogue parallèle des Beatles.

Les Chaussettes Noires et Jean-Claude Berthon

I Wanna Be Your Man, la chanson que Lennon et McCartney avaient terminée en quelques minutes pour les Rolling Stones, comme nous l’avons raconté dans I Wanna Be Your Man : la petite chanson qui a lancé la rivalité Beatles-Stones, devient en 1964 Je te veux toute à moi. Les Chaussettes Noires, privées d’Eddy Mitchell, et Jean-Claude Berthon en publient chacun leur version.

Quatre garçons dans le vent

En 1964, le film A Hard Day’s Night sort en France sous un titre qui fera fortune : Quatre garçons dans le vent. L’expression devient le surnom français des Beatles, au point de survivre jusqu’à aujourd’hui. Plusieurs adaptations françaises de la chanson-titre reprennent ce titre, notamment celle des Lionceaux et celle de John William, avec l’orchestre de Jean Bouchéty. Au Québec, les Montereys l’enregistreront encore en 1966.

Correctif factuel : une même chanson, plusieurs titres français

La chanson A Hard Day’s Night a connu au moins trois titres français différents : Je me bats pour gagner chez Frank Alamo, Quatre garçons dans le vent chez les Lionceaux et John William, et Laisse-moi me reposer chez les Baronets au Québec. Ce cas n’est pas isolé : les éditeurs ne contrôlaient pas toujours la circulation des adaptations, et chaque maison de disques pouvait commander sa propre version française d’un même succès, avec un texte différent.

1965-1966 : des adaptations plus ambitieuses

À partir de 1965, la musique des Beatles change, et les adaptations aussi. Les chansons deviennent plus complexes, plus personnelles, moins faciles à transposer en simples bluettes. Les chanteurs français qui s’y attaquent sont désormais souvent de vrais admirateurs, et certaines versions de cette période comptent parmi les plus abouties.

Yesterday devient Je croyais

Aucune chanson des Beatles n’a été autant reprise dans le monde que Yesterday. La France n’échappe pas à la règle. Dès 1965, deux versions françaises paraissent sous le même titre, Je croyais : celle de Hugues Aufray et celle de Michèle Arnaud, la chanteuse et productrice de télévision, mère du chanteur Dominique Walter. Au Québec, Pierre Lalonde, Jen Roger et Pière Senécal en publient d’autres la même année, sous le même titre, tandis que Ginette Page choisit Hier et les Bops Autrefois. En 1969, c’est Tino Rossi lui-même, le crooner corse né en 1907, qui enregistre sa version de Je croyais.

Le titre français est intéressant : il déplace le sens. Yesterday regrette un hier où tout semblait facile ; Je croyais insiste sur l’illusion perdue. C’est une adaptation au sens strict, qui garde l’esprit de la chanson tout en changeant d’angle. Sur la genèse de l’original, on lira notre article No vibrato ! Comment McCartney et George Martin ont réinventé la ballade pop.

Correctif factuel : Hier encore n’est pas la version française de Yesterday

Une confusion revient souvent : Hier encore, de Charles Aznavour, serait la version française de Yesterday. C’est faux. Hier encore est une chanson originale, écrite et composée par Aznavour, créée en 1964, avant même la sortie de Yesterday. Sa version anglaise, Yesterday, When I Was Young, a entretenu la confusion. Les versions françaises de Yesterday s’intitulent Je croyais, Hier ou Autrefois.

Michelle, le cas à part

Avec Michelle, publiée sur Rubber Soul en décembre 1965, les Beatles chantent pour la première fois quelques mots de français. McCartney avait demandé de l’aide à Jan Vaughan, professeure de français et épouse de son ami d’enfance Ivan Vaughan, pour trouver des mots qui riment avec le prénom et qui aillent bien ensemble. Le résultat a profondément touché le public français : le super 45 tours sur lequel figurait la chanson a été l’une des meilleures ventes de Pathé-Marconi de l’époque, selon Eric Krasker.

Paradoxalement, cette chanson déjà en partie française a suscité beaucoup d’adaptations. En France, plusieurs chanteuses l’ont transformée en Michel, en changeant le sexe de la personne aimée : Danielle Denin en 1966, Dominique, la chanteuse de l’orchestre de Georges Jouvin, la même année. Au Québec, plusieurs groupes l’ont reprise sous son titre original en 1966, dont les Aristocrates, les Atomes, les Fury’s, Daniel Giraud ou Ginette Sage, puis Robert Demontigny en 1969. Les orchestres de danse, des Barbecues aux Bourgeois de Calais, en ont aussi enregistré des versions instrumentales. Michelle est sans doute, avec Yesterday, la chanson des Beatles la plus enregistrée en français.

Johnny Hallyday, de She’s A Woman à Girl

Johnny Hallyday revient aux Beatles en 1965 avec On a ses jours, adaptation de She’s A Woman, la face B d’I Feel Fine, avec l’orchestre de Jacques Denjean. Le choix est celui d’un rocker : She’s A Woman est l’un des titres les plus rhythm and blues des Beatles, construit sur un riff de guitare à contretemps et une voix de McCartney poussée dans ses limites.

En 1966, il enregistre Je l’aime, adaptation de Girl par Hugues Aufray et Vline Buggy, avec l’orchestre d’Arthur Greenslade. La chanson de Lennon, l’une des plus amères de Rubber Soul, avec son souffle aspiré au refrain et son portrait d’une femme cruelle, devient chez Johnny une déclaration d’amour plus directe. La même année, au Québec, plusieurs groupes adaptent aussi Girl : les Chantels et les Paraders sous le titre Je l’aime, Gilles Brown sous le même titre, les Zéniths sous le titre Seul, et les Makadams en gardant le titre anglais.

Je veux te graver dans ma vie, le chef-d’œuvre de Johnny

La plus célèbre et sans doute la plus réussie des adaptations françaises des Beatles est l’œuvre de Johnny Hallyday. En 1966, sur l’album La Génération perdue, il enregistre Je veux te graver dans ma vie, adaptation de Got To Get You Into My Life, parue quelques semaines plus tôt sur Revolver.

Le texte français est signé Long Chris, l’ami de Johnny, auteur de nombreux textes de l’album. L’enregistrement a été réalisé à Londres, aux studios Olympic, entre août et octobre 1966, avec des musiciens britanniques. C’est là toute la différence avec les adaptations de 1963 et 1964 : Johnny ne se contente pas de chanter une mélodie des Beatles sur un orchestre de variétés. Il reproduit l’esprit soul de l’original, avec ses cuivres et son énergie, et il en fait une chanson à part entière de son répertoire.

Eric Krasker la considère comme la plus réussie des quatre reprises des Beatles par Johnny Hallyday. Elle est restée au répertoire du chanteur et figure dans la plupart de ses compilations. Pour beaucoup de Français nés après 1960, Je veux te graver dans ma vie a longtemps été une chanson de Johnny bien avant d’être une chanson des Beatles.

Il faut noter que les Beatles n’avaient pas fait de Got To Get You Into My Life un single au Royaume-Uni en 1966. C’est le groupe britannique Cliff Bennett and the Rebel Rousers qui en avait fait un succès, produit par McCartney lui-même. Aux États-Unis, la version des Beatles ne sortira en single qu’en 1976, pour la compilation Rock ‘n’ Roll Music.

Eddy Mitchell, Tu ferais mieux de l’oublier

Eddy Mitchell, ancien chanteur des Chaussettes Noires devenu soliste, enregistre en 1965, avec le London All Stars, Tu ferais mieux de l’oublier, adaptation de You’ve Got To Hide Your Love Away, la chanson la plus dylanienne de Lennon. Comme Johnny, Eddy Mitchell enregistre volontiers à Londres avec des musiciens britanniques, ce qui donne à ses reprises une couleur plus authentique que celles des orchestres parisiens. Il reviendra aux Beatles en 1968 avec Le fou sur la colline, adaptation de The Fool On The Hill.

Dick Rivers et le Ticket To Ride de Norrie Paramor

Dick Rivers poursuit son compagnonnage avec les Beatles. En 1965, il enregistre Ces mots qu’on oublie un jour, adaptation de Things We Said Today, puis Prends un ticket avec moi, adaptation de Ticket To Ride, avec l’orchestre de Norrie Paramor, le grand producteur britannique de Cliff Richard and the Shadows chez EMI. C’est un clin d’œil involontaire : Paramor était l’un des rivaux de George Martin dans la maison EMI. Le titre est paru en single chez Pathé.

Tiny Yong, Huit jours par semaine

L’actrice et chanteuse Tiny Yong, d’origine vietnamienne, très populaire dans les années 1960, enregistre en 1965 Huit jours par semaine, adaptation d’Eight Days A Week, avec l’orchestre de Jacques Denjean. C’est l’une des rares adaptations françaises dont le titre est une traduction littérale de l’original. On mesure l’écart avec d’autres versions de la même année, comme Humm ! Qu’elle est belle, adaptation d’I Feel Fine par Akim, ou Ne mets pas de bleu, adaptation de Yes It Is par Olivier Despax.

Olivier Despax, Michèle Torr et les autres

D’autres artistes de variétés enregistrent leurs versions des ballades de Lennon et McCartney. Olivier Despax adapte en 1964 And I Love Her sous le titre Et je l’aime, puis en 1967 Here, There And Everywhere sous le titre Dis-moi. Michèle Torr, toute jeune, enregistre en 1965 sa propre version d’Et je l’aime, après avoir chanté en 1964 Toi l’orgueilleux. Martine Havet chante Il faut revenir, adaptation de This Boy. Patrick Logelin enregistre Encore une fois danse avec moi, adaptation d’I’m Happy Just To Dance With You, la chanson de George Harrison dans le film A Hard Day’s Night. Danielle Denin chante Je lis dans tes yeux, adaptation d’I’m Looking Through You.

Le sous-marin vert de Maurice Chevalier

En 1966, la chanson la plus enfantine des Beatles, Yellow Submarine, chantée par Ringo Starr sur Revolver, connaît une carrière française inattendue. Elle devient Le sous-marin vert, et l’un de ses interprètes n’est autre que Maurice Chevalier, la gloire du music-hall français, né en 1888, qui a alors 78 ans. Les Compagnons de la chanson en enregistrent eux aussi une version la même année, tout comme les Diamants.

L’image du vieux chanteur au canotier entonnant la chanson du sous-marin a beaucoup amusé, et Eric Krasker la qualifie de reprise très kitsch. Elle n’en dit pas moins quelque chose d’important : en 1966, les Beatles ne sont plus seulement l’affaire des adolescents. Leurs chansons sont devenues des standards que toutes les générations de la chanson française peuvent s’approprier.

Correctif factuel : pourquoi un sous-marin vert ?

On se demande souvent pourquoi le sous-marin jaune est devenu vert en français. L’explication la plus souvent rapportée, attribuée à Maurice Chevalier lui-même dans une interview, tient à la rime : le mot jaune offre très peu de rimes en français, alors que vert se prête à de nombreuses combinaisons. Cette explication n’a pas pu être vérifiée dans une source de première main, mais elle est cohérente avec la logique des adaptateurs, pour qui le son l’emportait sur le sens. Au Québec, les Nouveaux Baronets ont d’ailleurs gardé la couleur d’origine avec Un petit sous-marin jaune, en 1966. Il faut aussi rappeler que la version de Maurice Chevalier n’est pas la seule : celle des Compagnons de la chanson et celle des Diamants sont parues la même année, et un livret de compilation a même attribué par erreur aux Compagnons la version des Diamants.

Erick Saint-Laurent et Eleanor Rigby

Parmi les adaptateurs de 1966, Eric Krasker distingue un nom, celui d’Erick Saint-Laurent, qu’il range parmi les rares vrais admirateurs de la pop des Beatles et qui, selon lui, s’en est sorti avec les honneurs. Il enregistre Eléonor Rigby, adaptation d’Eleanor Rigby, sous la direction musicale de Reg Guest, puis en 1967 C’est devenu un homme, adaptation de She’s Leaving Home. Sa version d’Eleanor Rigby figure dans le coffret britannique de 2023. Les Diamants enregistrent eux aussi une version d’Eléonor Rigby en 1966.

1967-1972 : la fin de l’âge d’or

À partir de 1966, selon Eric Krasker, le processus des adaptations s’essouffle. Les raisons sont multiples. Les disques originaux des Beatles se vendent désormais très bien en France, et le public les connaît directement. Leur musique devient trop complexe pour être confiée à un orchestre de variétés. Et les chanteurs français les plus ambitieux préfèrent s’inspirer des Beatles plutôt que de les adapter.

Penny Lane, Strawberry Fields et When I’m Sixty-Four

En 1967, quelques chanteurs s’attaquent tout de même aux chansons de la période psychédélique. Dominique Walter, le fils de Michèle Arnaud, enregistre une version de Penny Lane avec l’orchestre de Christian Chevallier. Le jeune Robert Fitoussi, futur F.R. David, celui de Words en 1982, adapte Strawberry Fields Forever sous le titre Il est plus facile, avec un arrangement de Michel Colombier.

Marcel Amont, l’un des grands fantaisistes de la chanson française, enregistre en 1967 Dans 45 ans, adaptation de When I’m Sixty-Four. L’adaptateur a astucieusement contourné le problème de l’âge, qui ne sonnait pas en français. Au Québec, Renée Claude et Joël Denis choisiront une autre solution avec Quand j’aurai 75 ans. Régine, la reine des nuits parisiennes, enregistre la même année Goodbye, adaptation de Hello, Goodbye.

Gérard Saint-Paul et les Beatles de la fin

En 1970, au moment où les Beatles se séparent, un chanteur français se lance dans une entreprise inattendue : adapter une série de chansons de la dernière période du groupe. Gérard Saint-Paul enregistre Rentre Jojo à la maison (Get Back), Reste avec moi (Don’t Let Me Down), La ballade de John et Yoko, C’est beau, c’est Paris (Come Together), Bang bang Maxwell (Maxwell’s Silver Hammer), C’est la vie (Let It Be), Ce long chemin vers toi (The Long And Winding Road) et même Dis-moi je t’aime, adaptation de l’improbable You Know My Name (Look Up The Number).

Alain Lacasse comptait Rentre Jojo à la maison et C’est beau Paris parmi les excellentes surprises de la série La France et les Beatles. Le titre français de Get Back a le mérite d’une certaine fidélité : la chanson parle bien d’un certain Jojo qui doit rentrer chez lui. Celui de Come Together, en revanche, invente une carte postale parisienne qui n’a rien à voir avec les jeux de mots surréalistes de Lennon.

Sacha Distel et Véronique Sanson

En 1972, Sacha Distel et Véronique Sanson enregistrent en duo Avec un coup de main des copains, adaptation de With A Little Help From My Friends. La rencontre entre le crooner des années 1960 et la jeune autrice-compositrice, qui avait publié son premier album la même année, est l’un des derniers exemples notables d’adaptation française d’un titre des Beatles par des vedettes de premier plan.

D’autres versions paraissent encore au début des années 1970, notamment Le fou sur la colline par Sandie Shaw en 1970, et Il pleure dans mon cœur, adaptation de Hey Jude par le chanteur Szabo en 1971. Mais l’époque des adaptations systématiques est terminée.

Gainsbourg, Polnareff et la fin de l’adaptation

Eric Krasker propose une explication à ce déclin. À partir de 1966, des compositeurs confirmés comme Serge Gainsbourg, ou de nouveaux talents comme Michel Polnareff, préfèrent s’inspirer des sonorités et des arrangements des Beatles plutôt que de se soumettre à leur œuvre, quitte à enregistrer leurs disques à Londres avec des musiciens britanniques. L’influence des Beatles sur la chanson française change de nature : elle ne passe plus par la traduction, mais par l’imitation créatrice. Polnareff, avec son goût pour les arrangements de cordes et les harmonies vocales, et Gainsbourg, avec ses enregistrements londoniens, illustrent ce passage.

Le Québec, l’autre pays des Beatles en français

Si la France a beaucoup adapté les Beatles, le Québec l’a fait plus encore. Dans les années 1960, la Belle Province vit sa Révolution tranquille, et la question de la langue y est centrale. La jeunesse francophone de Montréal veut sa musique moderne, mais en français. Les adaptations de succès anglo-saxons y connaissent un âge d’or, et les Beatles en sont la matière première principale. La liste collaborative des adaptations françaises compte, pour le seul Québec, des dizaines d’interprètes et de groupes.

Les Baronets et René Angélil

Le groupe le plus emblématique est un trio vocal montréalais, les Baronets, fondé en 1961 par trois amis d’enfance : Pierre Labelle, Jean Beaulne et René Angélil, né en 1942 à Montréal. Leur premier succès, Johanne, date de 1962. Mais c’est en 1964 qu’ils deviennent des vedettes, grâce à C’est fou mais c’est tout, adaptation de Hold Me Tight, une chanson de l’album With The Beatles. Le titre atteint une popularité sans précédent pour un groupe québécois et fait des Baronets, selon un surnom souvent repris, les Beatles du Québec.

Dans la foulée, les Baronets enregistrent un véritable répertoire des Beatles en français : Ça recommence (It Won’t Be Long), Je n’aurais jamais cru (I Should Have Known Better), Laisse-moi me reposer (A Hard Day’s Night), Si je te donne mon cœur (If I Fell), Oh je veux être à toi (I Wanna Be Your Man), ainsi que des chansons de Lennon et McCartney écrites pour d’autres, comme Un monde sans amour (A World Without Love) et Aujourd’hui c’est congé (Bad To Me). Ils adapteront encore, en 1968, Your Mother Should Know (La même chanson) et Lady Madonna.

Les Baronets se séparent en 1972. René Angélil se tourne alors vers la gérance d’artistes, d’abord avec René Simard, puis avec Ginette Reno. En 1980, on lui fait écouter la cassette d’une fillette de douze ans, Céline Dion. Il deviendra son impresario, puis son mari en 1994. Il est mort en janvier 2016, à 73 ans. L’histoire a donc ceci de remarquable qu’un des hommes qui ont le plus contribué à faire connaître les Beatles en français au Québec est aussi celui qui a fait de la plus grande voix québécoise une vedette mondiale, une chanteuse dont le prénom vient, selon le récit familial, d’une chanson de Vline Buggy.

Les Beatles à Montréal

Les Beatles eux-mêmes n’ont joué qu’une fois au Québec, le 8 septembre 1964, au Forum de Montréal, lors de leur première grande tournée nord-américaine, que nous avons racontée dans notre récit de la tournée de 1964. Ils y donnent deux concerts, dans un climat tendu : Ringo Starr avait reçu des menaces, et un policier en civil fut placé près de lui sur scène. Le passage du groupe n’en a pas moins été un événement considérable pour la jeunesse québécoise, et il a renforcé encore l’engouement pour les adaptations.

Pierre Lalonde, Michel Louvain, Donald Lautrec

Les vedettes de la chanson québécoise s’emparent elles aussi du répertoire des Beatles. Pierre Lalonde, figure de la télévision des jeunes, enregistre en 1964 Oh donne-moi ta main (I Want To Hold Your Hand) et Aujourd’hui c’est congé, puis en 1965 Je croyais. Michel Louvain chante sa version de Je croyais en 1968. Donald Lautrec publie Toi l’ami en 1964, L’amour quand tu es là (With A Little Help From My Friends) en 1969, Quelqu’un, quelque part (Something) en 1970 et Hey Jude en 1971.

Renée Claude et Monique Leyrac

Les grandes interprètes de la chanson québécoise ne sont pas en reste. Renée Claude enregistre Quand j’aurai 75 ans (When I’m Sixty-Four) en 1967, Et te voilà (And I Love Her) en 1968, Et je t’oublierai (If I Fell) en 1969 et Peut-être (Something) en 1973. Monique Leyrac, l’une des plus grandes voix de la chanson québécoise, chante en 1967 Dis-moi, adaptation de Here, There And Everywhere. Alain Lacasse jugeait sa version supérieure à celle du Français Olivier Despax.

Les groupes de Saint-Hyacinthe

La ville de Saint-Hyacinthe, à l’est de Montréal, a été surnommée à l’époque le Liverpool du Québec, tant elle comptait de groupes beat. Les Sultans, emmenés par Bruce Huard, y font leurs débuts en 1964 avec Toujours devant moi, adaptation d’I Saw Her Standing There. Les Hou-Lops, autre groupe de la ville, enregistrent en 1965 Ces mots qu’on oublie un jour (Things We Said Today), et ont fait, selon la liste collaborative des adaptations, la première partie des Rolling Stones à l’Olympia de Paris en 1965.

Hey Jude, Penny Lane et Ob-La-Di

Les chansons de la fin des années 1960 trouvent aussi preneurs au Québec. Les Sinners et Eddy Demers enregistrent Penny Lane en 1967. Hey Jude connaît plusieurs versions en 1968, dont celle de François d’Assise et Michel Pagliaro, futur pilier du rock québécois, et celle du 25e Régiment. Le chanteur Patrick Zabé, dont René Angélil sera plus tard l’agent, enregistre en 1969 Ob-la-di ob-la-da et Oh! Darling. Christian et Getro adaptent même Julia et The Continuing Story Of Bungalow Bill, tirées de l’Album blanc. Et Anne Renée, qui deviendra la deuxième épouse de René Angélil, chante en 1974 Je veux savoir, adaptation de You Won’t See Me.

Belgique et Suisse : la francophonie européenne

La Belgique francophone et la Suisse romande ont, elles aussi, produit leur lot d’adaptations, souvent très précoces.

En Belgique, Jimmy Frey publie dès 1963 sa version d’Elle t’aime. William Tay, accompagné par les Rockets, enregistre en novembre 1963 Tu changeras d’avis (Bad To Me) et Plus la même, adaptation d’I Call Your Name, une chanson que les Beatles n’avaient pas encore enregistrée eux-mêmes et qu’ils avaient offerte à Billy J. Kramer. Tomy The Londoner publie la même année une version de From Me To You. Plus tard, Brian, de son vrai nom Brian Bastow, chante And I Love Her en 1968, et le groupe Sweet Feeling reprend en 1969 The Continuing Story Of Bungalow Bill et All Together Now.

En Suisse, le groupe des Faux Frères enregistre en 1965 Une fille pour deux, adaptation de You Like Me Too Much, une chanson de George Harrison tirée de l’album Help!. Alain Lacasse la comptait parmi les bonnes versions de la série La France et les Beatles.

Parodies, détournements et règlements de comptes

Toutes les reprises françaises des Beatles ne sont pas des hommages. Le répertoire du groupe a aussi servi de cible, de prétexte à la plaisanterie ou de repoussoir.

L’accordéon contre les Beatles

Pour mesurer la réaction d’une partie de la France face à la Beatlemania, il faut rappeler un souvenir rapporté par Eric Krasker. En 1964, son père, Jo Krasker, accordéoniste professionnel, rentre précipitamment dans l’appartement familial de Vincennes et lâche cette sentence :

« Ces Beatles et ces yé-yé sont en train de tuer l’accordéon ! »

Le musicien s’est par la suite réconcilié avec la musique des Beatles, au point que son orchestre l’interprétait lors de soirées dansantes. La boucle était bouclée : les chansons qui menaçaient le bal musette avaient fini par y entrer.

Au bonheur des dames et les Beadochons

Dans les années 1970, la parodie rock devient un genre en soi. Le groupe Au bonheur des dames, spécialiste du pastiche rétro, enregistre en 1976 Valérie et Albert, sur la musique de Back In The U.S.S.R.. Plus tard, le groupe parodique des Beadochons se fait une spécialité de détourner les titres des Beatles en jeux de mots potaches : Hey Jules, Hep !, Sergent Pepère en 1992 ou Des Trippes en 2004, sur la musique de Day Tripper.

Get Baque : le punk règle ses comptes

La reprise la plus agressive vient du punk. En 1978, le groupe lyonnais Starshooter enregistre Get Baque, sur la musique de Get Back. Le texte, d’une grossièreté assumée, déclare en substance que la jeunesse en a assez des Beatles et de leur musique, jugée bonne à faire danser les minets, et s’en prend aux radios qui la diffusent sans cesse. C’est la version française du rejet que le punk britannique affichait alors envers les dinosaures des années 1960. L’ironie est que, pour dire son dégoût des Beatles, Starshooter a choisi l’une de leurs mélodies les plus efficaces.

Après les années 1970 : hommages, rééditions et mémoire

Après 1975, les adaptations françaises des Beatles deviennent rares. On en trouve encore quelques-unes, comme Dis-lui, adaptation de Please Please Me par le groupe des Félins en 1986, ou la série des 18 Carats, qui publie en 1976 une version de Tout peut s’arranger dans un ensemble de reprises françaises des Beatles. Mais l’époque a changé : les chanteurs français reprennent désormais les Beatles en anglais, quand ils les reprennent.

La France et les Beatles, une série de disques

C’est au tournant des années 2000 que le patrimoine des adaptations est redécouvert. À partir de 2005, le label français Magic Records publie une série de cinq disques compacts intitulée La France et les Beatles, qui rassemble plus d’une centaine de versions françaises enregistrées dans les années 1960 et 1970, restaurées et remastérisées. Le quatrième volume paraît en février 2007. La même année 2005, Jean-Claude Hocquet et Eric Krasker publient chez Séguier le premier volume du livre La France et les Beatles, consacré à la discographie originale française de 1962 à 1970.

La série de disques a été accueillie avec intérêt par les collectionneurs, y compris au Québec. Alain Lacasse en a rendu compte volume par volume dans le bulletin du Réseau québécois des amis des Beatles, en attribuant par exemple au troisième volume une note de 3,5 sur 5, un peu en dessous des deux premiers.

Les anthologies internationales

En 2023, le label britannique Cherry Red a publié, sous sa marque Strawberry, un coffret de trois disques intitulé We Can Work It Out : Covers Of The Beatles 1962-1966, qui rassemble 85 reprises du monde entier. Les Français y sont bien représentés : Dick Rivers avec J’en suis fou, qui ouvre le premier disque, Claude François avec Laisse-moi tenir ta main, Frank Alamo avec Je me bats pour gagner, les Lionceaux avec Le temps est long et Ne ris pas, et Erick Saint-Laurent avec Eléonor Rigby. La présence de ces titres dans une anthologie britannique témoigne de la reconnaissance tardive de ce patrimoine hors de France.

La Bibliothèque nationale de France, 2023

En 2023, pour les soixante ans de l’entrée du premier 45 tours français des Beatles dans ses collections, la Bibliothèque nationale de France a organisé une journée d’étude intitulée Les Beatles et la France. Une table ronde y était consacrée aux reprises, aux influences et aux témoignages, en présence d’Alain Dumont, des Lionceaux, de l’autrice Valentine del Moral et du photographe Jean-Marie Périer. Qu’une institution comme la BnF se penche sur les adaptations yé-yé dit assez combien ce répertoire, longtemps méprisé, est désormais considéré comme un objet d’histoire.

Dix adaptations à réécouter en priorité

Pour qui veut découvrir ce répertoire sans se perdre dans les centaines de versions recensées, voici une sélection de dix titres qui racontent chacun une facette de l’histoire.

1. Des bises de moi pour toi, Claude François (1963)

Pour la valeur historique : l’une des toutes premières adaptations françaises de Lennon et McCartney, chantée à la télévision avant même la sortie française du disque original, sur un texte de Vline Buggy. On y entend le passage d’un monde à l’autre, une mélodie beat posée sur un orchestre de variétés.

2. Tu perds ton temps, Petula Clark (1963)

Pour la qualité : une chanteuse britannique installée en France, qui comprend l’énergie de l’original et la restitue mieux que la plupart de ses collègues. L’une des adaptations les plus souvent saluées par les connaisseurs.

3. Adieu chagrin, les Surfs (1963)

Pour la curiosité : le choix d’une chanson d’album, There’s A Place, à une époque où presque tout le monde se jetait sur les singles. Les harmonies vocales des Surfs conviennent bien à la chanson.

4. Je me bats pour gagner, Frank Alamo (1964)

Pour l’interprète : Frank Alamo est peut-être le chanteur yé-yé qui a le mieux compris l’énergie des Beatles. Le texte de Vline Buggy s’éloigne de l’original, mais la voix est là.

5. Le temps est long, les Lionceaux (1964)

Pour le groupe : les champions français de la reprise des Beatles, avec au moins dix adaptations. C’est l’une de leurs versions les plus réussies, retenue dans l’anthologie britannique de 2023.

6. C’est fou mais c’est tout, les Baronets (1964)

Pour le Québec : le plus grand succès francophone tiré d’une chanson des Beatles, chanté par le trio de René Angélil. Écouter ce titre, c’est entendre le point de départ d’une histoire qui mène jusqu’à Céline Dion.

7. Je croyais, Hugues Aufray (1965)

Pour la chanson française : un auteur-compositeur-interprète reconnu, grand adaptateur de Bob Dylan, qui se mesure à Yesterday. Une version sobre, loin des orchestrations clinquantes des débuts.

8. Je veux te graver dans ma vie, Johnny Hallyday (1966)

Pour le chef-d’œuvre : la seule adaptation française des Beatles devenue un classique du répertoire de son interprète, enregistrée à Londres avec un son qui rend justice à l’original.

9. Le sous-marin vert, Maurice Chevalier (1966)

Pour le symbole : le music-hall d’avant-guerre qui rencontre la pop de Revolver. Kitsch, sans doute, mais révélateur de l’universalité acquise en trois ans par les chansons des Beatles.

10. Get Baque, Starshooter (1978)

Pour le contrepoint : la génération punk qui règle ses comptes avec les Beatles sur l’une de leurs propres mélodies. Une façon paradoxale de rendre hommage à leur efficacité.

Trente adaptations essentielles : le tableau récapitulatif

Voici une sélection de trente adaptations françaises de chansons des Beatles, choisies pour leur importance historique, la notoriété de leur interprète ou leur qualité. Les dates sont celles retenues par les discographies de référence ; elles peuvent varier d’une année selon les sources.

Année Interprète Titre français Original des Beatles
1963 Claude François Des bises de moi pour toi From Me To You
1963 Claude François Laisse-moi tenir ta main I Want To Hold Your Hand
1963 Petula Clark Tu perds ton temps Please Please Me
1963 Les Surfs Adieu chagrin There’s A Place
1963 Sheila Hello petite fille Hello Little Girl (via les Fourmost)
1963 Lucky Blondo J’ai un secret à te dire Do You Want To Know A Secret
1963 Dick Rivers J’en suis fou Love Me Do
1963 Johnny Hallyday Quand je l’ai vue devant moi I Saw Her Standing There
1963 Les Chats Sauvages avec Mike Shannon Elle t’aime She Loves You
1963 Frank Alamo Je veux prendre ta main I Want To Hold Your Hand
1964 Frank Alamo Je me bats pour gagner A Hard Day’s Night
1964 Richard Anthony Toi l’ami All My Loving
1964 Richard Anthony La corde au cou I Should Have Known Better
1964 Les Lionceaux Le temps est long It Won’t Be Long
1964 Les Missiles Tu chang’ras d’avis Bad To Me (via Billy J. Kramer)
1964 Les Baronets (Québec) C’est fou mais c’est tout Hold Me Tight
1964 Olivier Despax Et je l’aime And I Love Her
1965 Hugues Aufray Je croyais Yesterday
1965 Michèle Arnaud Je croyais Yesterday
1965 Johnny Hallyday On a ses jours She’s A Woman
1965 Eddy Mitchell Tu ferais mieux de l’oublier You’ve Got To Hide Your Love Away
1965 Dick Rivers Prends un ticket avec moi Ticket To Ride
1965 Tiny Yong Huit jours par semaine Eight Days A Week
1966 Johnny Hallyday Je l’aime Girl
1966 Johnny Hallyday Je veux te graver dans ma vie Got To Get You Into My Life
1966 Maurice Chevalier Le sous-marin vert Yellow Submarine
1966 Erick Saint-Laurent Eléonor Rigby Eleanor Rigby
1967 Marcel Amont Dans 45 ans When I’m Sixty-Four
1970 Gérard Saint-Paul Rentre Jojo à la maison Get Back
1972 Sacha Distel et Véronique Sanson Avec un coup de main des copains With A Little Help From My Friends

Ce que les adaptations disent de la France des années 1960

Au-delà de l’anecdote, ce répertoire oublié raconte quelque chose de la France et de la francophonie face à la révolution culturelle britannique.

Une industrie qui résiste à l’anglais

D’abord, il témoigne de la place centrale de la langue française dans l’industrie musicale de l’époque. En France comme au Québec, il n’allait pas de soi qu’un succès puisse s’imposer en anglais. L’adaptation était le passage obligé. Elle a sans doute retardé la pleine reconnaissance des Beatles en France, où leur succès a été moins foudroyant qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. Elle a aussi accompagné une forme de résistance culturelle, particulièrement au Québec, où chanter en français relevait d’un choix identitaire.

Le règne du son sur le sens

Ensuite, les adaptations révèlent une conception de la chanson radicalement différente de celle des Beatles. Pour Lennon et McCartney, surtout à partir de 1965, le texte devient essentiel : Nowhere Man, In My Life, Eleanor Rigby racontent quelque chose de précis. Pour les adaptateurs français, la chanson est d’abord une mélodie qu’il faut habiller de mots qui sonnent bien. Ce décalage explique pourquoi les meilleures adaptations sont souvent celles des chansons les plus simples des débuts, et pourquoi la tentative s’essouffle avec les chansons plus ambitieuses.

Il y a là un paradoxe. Les Beatles eux-mêmes n’étaient pas étrangers à ce raisonnement : McCartney a souvent raconté qu’il chantait les mélodies sur des mots provisoires, comme les fameux œufs brouillés qui ont précédé Yesterday, avant de trouver le texte définitif. Mais chez lui, le texte provisoire finissait par céder la place à un vrai texte. Chez les adaptateurs pressés de 1963, le texte provisoire restait souvent le texte final.

Un son de studio qui trahit l’époque

Enfin, l’écoute des adaptations montre l’écart technique et culturel entre Abbey Road et les studios parisiens du début des années 1960. Les premières versions françaises sont souvent enregistrées avec des orchestres de variétés, dirigés par Christian Chevallier, Jacques Denjean, Paul Piot ou Eddie Vartan, avec des cuivres et des chœurs qui n’ont rien à voir avec le son de guitares électriques des Beatles. Il faudra attendre que Johnny Hallyday ou Eddy Mitchell enregistrent à Londres, avec des musiciens britanniques, pour que les versions françaises approchent l’énergie des originaux.

Une porte d’entrée pour toute une génération

Il serait pourtant injuste de ne voir dans ces adaptations que des contrefaçons. Pour des milliers d’adolescents français et québécois, elles ont été la première rencontre avec les mélodies de Lennon et McCartney. Elles ont préparé le terrain, fait connaître les chansons, créé une familiarité. Lorsque les Beatles sont arrivés à l’Olympia en janvier 1964, une partie du public connaissait déjà leurs mélodies, sans le savoir, par la voix de Claude François, de Dick Rivers ou de Petula Clark.

Les Beatles en français en dates

Date Événement
Avril 1962 Mort d’Évelyne Konyn ; sa sœur Liliane prend le nom de Vline Buggy
Octobre 1962 Rencontre entre Vline Buggy et Claude François
22 juin 1963 Concert de Salut les copains place de la Nation
Juillet 1963 Sylvie Vartan enregistre Twiste et chante
17 août 1963 Claude François chante Des bises de moi pour toi à la télévision
16 octobre 1963 Premier 45 tours français des Beatles déposé à la Bibliothèque nationale
Fin 1963 Plusieurs versions concurrentes d’Elle t’aime (She Loves You)
15 janvier 1964 Premier concert des Beatles en France, au cinéma Cyrano de Versailles
16 janvier – 4 février 1964 Les Beatles à l’Olympia avec Sylvie Vartan et Trini Lopez
29 janvier 1964 À Paris, les Beatles enregistrent leurs seules versions en langue étrangère, en allemand
1964 Les Baronets triomphent au Québec avec C’est fou mais c’est tout
1964 A Hard Day’s Night sort en France sous le titre Quatre garçons dans le vent
8 septembre 1964 Les Beatles au Forum de Montréal
1965 Je croyais (Yesterday) par Hugues Aufray et Michèle Arnaud
Décembre 1965 Michelle, premiers mots de français chantés par les Beatles
1966 Johnny Hallyday enregistre Je veux te graver dans ma vie à Londres
1966 Maurice Chevalier chante Le sous-marin vert
1966 Vline Buggy écrit Céline pour Hugues Aufray
1967 Marcel Amont chante Dans 45 ans (When I’m Sixty-Four)
1970 Gérard Saint-Paul adapte les chansons de Let It Be et d’Abbey Road
1972 Sacha Distel et Véronique Sanson ; séparation des Baronets
1978 Starshooter détourne Get Back en Get Baque
2005 Premier volume de la série de CD La France et les Beatles ; livre de Hocquet et Krasker
2018 Sylvie Vartan reprend In My Life en hommage à Johnny Hallyday
2023 Journée d’étude de la BnF ; coffret britannique Covers Of The Beatles 1962-1966
25-26 septembre 2026 Mort de Vline Buggy, à 97 ans

Questions fréquentes sur les reprises françaises des Beatles

Quelle est la première adaptation française d’une chanson des Beatles ?

Il est difficile de trancher, mais les premières datent de 1963. Claude François a interprété à la télévision Des bises de moi pour toi, adaptation de From Me To You, dès le 17 août 1963. Dick Rivers, Petula Clark, Sheila, les Surfs et Lucky Blondo ont publié leurs versions la même année.

Combien de chansons des Beatles ont été adaptées en français ?

Eric Krasker a recensé pour la France 159 versions françaises de titres composés ou popularisés par les Beatles. En ajoutant le Québec, la Belgique et la Suisse, on atteint plusieurs centaines d’enregistrements.

Quelle est la meilleure adaptation française des Beatles ?

Le jugement est subjectif, mais Je veux te graver dans ma vie, de Johnny Hallyday, adaptation de Got To Get You Into My Life enregistrée à Londres en 1966, est le plus souvent citée. C’est fou mais c’est tout, des Baronets, a été le plus grand succès au Québec.

Les Beatles ont-ils chanté en français ?

Seulement quelques vers, dans Michelle, en 1965. Ils n’ont jamais enregistré de version française de leurs chansons, contrairement aux versions allemandes de She Loves You et I Want To Hold Your Hand, enregistrées à Paris en janvier 1964.

Qui était Vline Buggy ?

Une parolière française, de son vrai nom Liliane Konyn, morte en septembre 2026 à 97 ans. Autrice de plus de soixante-dix chansons pour Claude François, elle a adapté plusieurs titres des Beatles, dont From Me To You, A Hard Day’s Night pour Frank Alamo et Girl pour Johnny Hallyday, avec Hugues Aufray.

Pourquoi le Yellow Submarine est-il devenu vert en français ?

Selon l’explication la plus répandue, pour des raisons de rime : le mot jaune en offre très peu. La version de Maurice Chevalier, en 1966, est la plus connue, mais les Compagnons de la chanson et les Diamants en ont publié d’autres.

Quel lien entre Céline Dion et les Beatles ?

René Angélil, son impresario puis mari, a commencé sa carrière au sein des Baronets, trio québécois qui devait son succès à des adaptations des Beatles, notamment C’est fou mais c’est tout. Et selon le récit familial, le prénom de Céline Dion vient de la chanson Céline, écrite par Vline Buggy pour Hugues Aufray.

Hier encore est-elle la version française de Yesterday ?

Non. Hier encore est une chanson originale de Charles Aznavour, créée en 1964. Les versions françaises de Yesterday s’intitulent notamment Je croyais.

Où écouter ces adaptations aujourd’hui ?

Une centaine d’entre elles ont été rééditées dans la série de cinq CD La France et les Beatles, publiée par Magic Records à partir de 2005. Plusieurs figurent aussi dans le coffret britannique We Can Work It Out : Covers Of The Beatles 1962-1966, paru en 2023, et dans les compilations des artistes concernés.

Pourquoi les adaptations ont-elles disparu ?

Parce que le public français a pris l’habitude d’écouter les Beatles en anglais à partir de 1965-1966, parce que leur musique est devenue trop complexe pour être confiée à un orchestre de variétés, et parce que les créateurs français ont préféré s’en inspirer plutôt que les traduire.

Écouter et lire pour aller plus loin

Pour comparer les adaptations aux originaux, rien ne remplace les albums des Beatles eux-mêmes. Rubber Soul contient Michelle et Girl, adaptée par Johnny Hallyday, Beatles For Sale contient Eight Days A Week, devenue Huit jours par semaine chez Tiny Yong, et Anthology 1 réunit les premiers enregistrements du groupe, dont Hello Little Girl, devenue Hello petite fille chez Sheila.

Côté lectures, le livre The Beatles Anthology raconte de l’intérieur le séjour parisien de 1964 et la tournée de Montréal. La biographie de Paul McCartney par Barry Miles, Many Years From Now, revient sur la genèse de Michelle, et The Lyrics, de McCartney lui-même, éclaire sa façon d’écrire, si différente de celle des adaptateurs.

Sur yellow-sub.net, prolongez avec notre dossier Les Beatles et la France, notre enquête sur la discographie originale française, nos récits de l’Olympia 1964 et de la séance parisienne du 29 janvier 1964, notre article 1964, les Beatles à Paris, le portrait du photographe Jean-Marie Périer, et notre enquête sur l’écurie d’artistes de Brian Epstein, d’où venaient plusieurs chansons adaptées en français. Pour la France officielle et Paul McCartney, lire aussi le jour où la France fit Paul McCartney officier de la Légion d’honneur.

Bonus : la liste des chansons des Beatles adaptées en français.

 

A

Akim

  • Humm! Qu’elle est belle — 1965 — d’après I Feel Fine.

Alain (Canada)

  • Ob-La-Di, Ob-La-Da — 1969 — d’après Ob-La-Di, Ob-La-Da.
  • Chantez avec moi — 1969 — d’après All Together Now.

Frank Alamo

  • Je veux prendre ta main — 1963 — d’après I Want to Hold Your Hand.
  • Je me bats pour gagner — 1964 — d’après A Hard Day’s Night.

Ali Baba et ses 4 Voleurs (Canada)

  • Je t’aime — 1966 — d’après I Need You.

Marcel Amont

  • Dans 45 ans — 1967 — d’après When I’m Sixty-Four.

Richard Anthony

  • La corde au cou — 1964 — d’après I Should Have Known Better.
  • Toi l’ami — 1964 — d’après All My Loving.
  • Tout peut s’arranger — 1965 — d’après We Can Work It Out.
  • Rien pour faire une chanson — 1966 — d’après Run for Your Life.

Les Aristocrates (Canada)

  • Michelle — 1966 — d’après Michelle.

Michèle Arnaud

  • Je croyais — 1965 — d’après Yesterday.

Les Arvern’s

  • Elle t’aime — 1963 — d’après She Loves You.

Les Atomes (Canada)

  • Michelle — 1966 — d’après Michelle.

Hugues Aufray

  • Je croyais — 1965 — d’après Yesterday.

Claire Aumont (Canada)

  • Des bises de moi pour toi — 1963 — d’après From Me to You.

Dany Aumont (Canada)

  • Des bises de moi pour toi — 1964 — d’après From Me to You.

Dennis’ Twist (Canada)

  • Des bises de moi pour toi — 1987 — d’après From Me to You.

B

Denis Barclay (Canada)

  • Mon rêve — 1968 — d’après I Should Have Known Better.

Les Baronets (Canada)

  • C’est fou mais c’est tout — 1964 — d’après Hold Me Tight.
  • Twiste et chante — 1964 — d’après Twist and Shout.
  • Oh je veux être à toi — 1964 — d’après I Wanna Be Your Man.
  • Ça recommence — 1964 — d’après It Won’t Be Long.
  • Un monde sans amour — 1964 — d’après A World Without Love.
  • Aujourd’hui c’est congé — 1964 — d’après Bad to Me.
  • Je n’aurais jamais cru — 1964 — d’après I Should Have Known Better.
  • Laisse-moi me reposer — 1964 — d’après A Hard Day’s Night.
  • Si je te donne mon cœur — 1964 — d’après If I Fell.
  • La même chanson — 1968 — d’après Your Mother Should Know.
  • Lady Madonna — 1968 — d’après Lady Madonna.

Les Nouveaux Baronets (Canada)

  • Un petit sous-marin jaune — 1966 — d’après Yellow Submarine.

Pierret Beauchamps (Canada)

  • Goodbye — 1967 — d’après Hello Goodbye.

Les Bel-Air (Canada)

  • Ma préférée — 1969 — d’après You’ve Got to Hide Your Love Away.
  • Je dois partir — 1973 — d’après I’ve Just Seen a Face.

Les Bel Canto (Canada)

  • J’en suis fou — 1964 — d’après Love Me Do.

André Bellefeuille (ensemble vocal) (Canada)

  • Je croyais — 1968 — d’après Yesterday.
  • Michelle — 1968 — d’après Michelle.

Jean-Claude Berthon

  • Je te veux toute à moi — 1964 — d’après I Wanna Be Your Man.

Louis Bertignac

  • Et ma guitare… — 2018 — d’après While My Guitar Gently Weeps.

Lucky Blondo

  • J’ai un secret à te dire — 1963 — d’après Do You Want to Know a Secret.

Les Blue Notes

  • Rêve — 196? — d’après Girl.
  • Tout peut s’arranger — 196? — d’après We Can Work It Out.

Les Bops (Canada)

  • Autrefois — 1965 — d’après Yesterday.
  • La fille sans nom — 1966 — d’après Norwegian Wood (This Bird Has Flown).

Gilles Brown (Canada)

  • J’ai un secret à te dire — 1965 — d’après Do You Want to Know a Secret.
  • Ce danger c’est moi — 1965 — d’après I’ll Keep You Satisfied.
  • J’ai l’amour — 1965 — d’après And I Love Her.
  • Cette fille — 1966 — d’après This Boy.
  • Je l’aime — 1966 — d’après Girl.

C

Tony Castor (Canada)

  • Tu perds ton temps — 1963 — d’après Please Please Me.

Les Challengers

  • Tu changeras d’avis — 1964 — d’après Bad to Me.

Les Champions

  • Toi l’orgueilleux — 1964 — d’après Love of the Loved.

Les Chanceliers (Canada)

  • Pour vous — 1966 — d’après I’ll Be Back.
  • Tu peux t’en aller — 1966 — d’après Drive My Car.
  • La fille dont je rêve — 1967 — d’après Here, There and Everywhere.

Les Chantels (Canada)

  • Je l’aime — 1966 — d’après Girl.

Les Chats sauvages avec Mike Shannon

  • Elle t’aime — 1963 — d’après She Loves You.
  • Seul — 1963 — d’après Boys.

Les Chaussettes Noires (sans Eddy Mitchell)

  • Je te veux toute à moi — 1964 — d’après I Wanna Be Your Man.

Maurice Chevalier et Les Compagnons de la chanson

  • Le sous-marin vert — 1966 — d’après Yellow Submarine.

Christian et Jethro (Canada)

  • Je suis revenu — 1967 — d’après I’ll Be Back.
  • Julia — 1969 — d’après Julia.
  • Bungalow Bill — 1969 — d’après The Continuing Story of Bungalow Bill.

Petula Clark

  • Tu perds ton temps — 1963 — d’après Please Please Me.
  • Partir, il nous faut — 1964 — d’après Nobody I Know.

Les Classels (Canada)

  • Un monde sans amour — 1964 — d’après A World Without Love.

Renée Claude (Canada)

  • Et te voilà — 1968 — d’après And I Love Her.
  • Et je t’oublierai — 1969 — d’après If I Fell.
  • À soixante-quinze ans — 1967 — d’après When I’m Sixty-Four.
  • Peut-être — 1973 — d’après Something.

Claudette & Sylvie

  • Oui c’est vrai — 1964 — d’après Hold Me Tight.

Les Clover Boys (Canada)

  • C’est fou mais c’est tout — 1964 — d’après Hold Me Tight.
  • Je ne peux l’acheter — 1964 — d’après Can’t Buy Me Love.

Richard Cocciante

  • Michelle — 1976 — d’après Michelle.

D

François d’Assise & Michel Pagliaro (Canada)

  • Hey Jude — 1968 — d’après Hey Jude.

Dany Darras et Jean-Louis Désumeur

  • Et tu pourras aller au ciel chercher les diamants de Lucy ou Lucy dans un ciel de diamants — 1975 — d’après Lucy in the Sky with Diamonds.

F. R. David (Robert Fitoussi)

  • Il est plus facile — 1967 — d’après Strawberry Fields Forever.

Paul Delaney (Canada)

  • Belle Marie — 1969 — d’après Run for Your Life.

Nicole Delarc

  • Twiste et chante — 1963 — d’après Twist and Shout.

Eddy Demers (Canada)

  • Penny Lane — 1967 — d’après Penny Lane.

Robert Demontigny (Canada)

  • Michelle — 1969 — d’après Michelle.

Danielle Denin

  • Michel — 1966 — d’après Michelle.
  • Je lis dans tes yeux — 1966 — d’après I’m Looking Through You.

Joël Denis (Canada)

  • Quand j’aurai 75 ans — 1967 — d’après When I’m Sixty-Four.

Dennis’ Twist

  • Des bises de moi pour toi — 1987 — d’après From Me to You.

Olivier Despax

  • Et je l’aime — 1964 — d’après And I Love Her.
  • Ne mets pas de bleu — 1965 — d’après Yes It Is.
  • Dis-moi — 1967 — d’après Here, There and Everywhere.

Les Diamants

  • Éléonor Rigby — 1966 — d’après Eleanor Rigby.
  • Le sous-marin vert — 1966 — d’après Yellow Submarine.

Sacha Distel et Véronique Sanson

  • Avec un coup de main des copains — 1972 — d’après With a Little Help from My Friends.

18 Carats (Canada)

  • Des amis pour m’aider — 196? — d’après With a Little Help from My Friends.
  • Allô good bye — 1968 — d’après Hello Goodbye.
  • Car je t’aime — 1968 — d’après And I Love Her.
  • Le fou sur la colline — 1968 — d’après The Fool on the Hill.
  • Hey au secours — 196? — d’après Help!.
  • Marylène — 1968 — d’après Penny Lane.
  • Michel Michel — 196? — d’après Michelle.
  • Chante avec moi, ob-la-di, ob-la-da — 1968 — d’après Ob-La-Di, Ob-La-Da.
  • Oh laisse-moi me reposer — 1968 — d’après A Hard Day’s Night.
  • Prends un billet avec moi — 1968 — d’après Ticket to Ride.
  • Le sous-marin vert — 196? — d’après Yellow Submarine.
  • Tout peut s’arranger — 196? — d’après We Can Work It Out.
  • Tout s’efface — 1977 — d’après All My Loving.
  • Pour toi — 1977 — d’après Hey Jude.

Dominique (chanteuse de Georges Jouvin )

  • Michel — 1966 — d’après Michelle.

E–F

Les Étoiles Filantes (Canada)

  • Quand je l’ai vue devant moi — 1964 — d’après I Saw Her Standing There.

Les Excentriques (Canada)

  • Tu ferais mieux de l’oublier — 1966 — d’après You’ve Got to Hide Your Love Away.

François Fabrice

  • Les garçons sont fous — 1966 — d’après Think For Yourself.

Johnny Farago (Canada)

  • Être naturel — 1966 — d’après Act Naturally.

Les Faux Frères (Suisse)

  • Une fille pour deux — 1965 — d’après You Like Me Too Much.

Les Félins

  • Dis-lui — 1986 — d’après Please Please Me, 1963.

Les Fizz

  • Si tu fais ça — 1966 — d’après You Can’t Do That.

Les Fortiches (Canada)

  • Je suis celui — 1966 — d’après You’ve Got to Hide Your Love Away.

Dorothy Foy (Canada)

  • Oh donne-moi ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.

Claude François

  • Des bises de moi pour toi — 1963 — d’après From Me to You.
  • Laisse-moi tenir ta main — 1963 — d’après I Want to Hold Your Hand.

Jimmy Frey (Belgique)

  • Elle t’aime — 1963 — d’après She Loves You.

Les Fury’s (Canada)

  • Michelle — 1966 — d’après Michelle.

G–K

Les Gam’s

  • Toi l’ami — 1964 — d’après All My Loving.

Daniel Giraud (Canada)

  • Michelle — 1966 — d’après Michelle.

Jacline Guy (Canada)

  • Hello petite fille — 1964 — d’après Hello Little Girl.

Johnny Hallyday

  • Quand je l’ai vue devant moi — 1963 — d’après I Saw Her Standing There.
  • On a ses jours — 1965 — d’après She’s a Woman.
  • Je l’aime — 1966 — d’après Girl.
  • Je veux te graver dans ma vie — 1966 — d’après Got to Get You into My Life.

Martine Havet

  • Il faut revenir — 1964 — d’après This Boy.

Nancy Holloway

  • Elle t’aime — 1964 — d’après She Loves You.
  • Je veux prendre ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.

Les Hou-Lops (Canada)

  • Ces mots qu’on oublie un jour — 1965 — d’après Things We Said Today.

Bruce Huard (Canada)

  • Lady Madonna — 1968 — d’après Lady Madonna.

Ilous & Decuyper

  • Eleonor Rigby — 1971 — d’après Eleanor Rigby.

Les Index (Canada)

  • Elle — 1965 — d’après Help!.

Les Ingoes

  • Au secours — 1965 — d’après Help!.

Les Intrigantes (Canada)

  • Hello, Goodbye — 1967 — d’après Hello Goodbye.
  • Les enfants de la plage — 1967 — d’après Till There Was You.

Jean-Marie & Raoul

  • Le sous-marin vert — 1967 — d’après Yellow Submarine.

Jerry et son ensemble

  • Elle t’aime — 1964 — d’après She Loves You.
  • Je veux prendre ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.

Les Jets

  • Je suis amoureux — 1964 — d’après I’m in Love.

Remy Jouvence (Canada)

  • Hey Jude — 1968 — d’après Hey Jude.

Les Kelton

  • Le diable au cœur — 1963 — d’après Devil in Her Heart.
  • Pour ton retour — 1963 — d’après Till There Was You.
  • Monsieur le facteur — 1963 — d’après Please Mr. Postman.
  • Pas de chance — 1963 — d’après Money (That’s What I Want).
  • Oui je reviens — 1964 — d’après When I Get Home.

Norman Knight (Canada)

  • Un monde sans amour — 1964 — d’après A World Without Love.

L

Pierre Lalonde (Canada)

  • Oh donne-moi ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.
  • Aujourd’hui c’est congé — 1964 — d’après Bad to Me.
  • Je croyais — 1965 — d’après Yesterday.
  • Rien pour faire une chanson — 1966 — d’après Run for Your Life.

Fernand Larose (Canada)

  • Toi l’ami — 1964 — d’après All My Loving.

Catherine Lambert (avec Normand Vanasse, gt et arr.) (Canada)

  • Partout dans l’univers — 2003 — d’après Across the Universe.
  • Julia — 2003 — d’après Julia.
  • Si mon cœur — 2003 — d’après If I Fell.
  • L’oiseau — 2003 — d’après Blackbird.
  • C’est lui que j’aime — 2003 — d’après And I Love Her.
  • La voie intérieure — 2003 — d’après The Inner Light.
  • En toi et hors de toi — 2003 — d’après Within You Without You.
  • Enfant de la terre — 2003 — d’après Mother Nature’s Son.
  • Autrefois — 2003 — d’après Yesterday.

Donald Lautrec (Canada)

  • Toi l’ami — 1964 — d’après All My Loving.
  • L’amour quand tu es là — 1969 — d’après With a Little Help from My Friends.
  • Quelqu’un, quelque part — 1970 — d’après Something.
  • Hey Jude — 1971 — d’après Hey Jude.

Pierre LeBon (Canada)

  • Oh donne-moi ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.

Bobby Leclerc (Canada)

  • Elle est entrée dans notre maison — 1969 — d’après She Came in Through the Bathroom Window.
  • Reste avec moi — 1970 — d’après Don’t Pass Me By.
  • C’est l’amour — 1970 — d’après Here Comes the Sun.

François Lemieux (Canada)

  • Dis-moi — 1967 — d’après Here, There and Everywhere.

Claire Lepage (Canada)

  • Goodbye — 1967 — d’après Hello Goodbye.
  • Le vieux piano — 1967 — d’après I Call Your Name.

Mariette Lévesque (Canada)

  • Le p’tit oiseau — 1970 — d’après Octopus’s Garden.

Monique Leyrac (Canada)

  • Dis-moi — 1967 — d’après Here, There and Everywhere.

Liette et François (Canada)

  • Je suis fier de t’aimer — 1970 — d’après If I Needed Someone.

Les Lionceaux

  • Je te veux tout à moi — 1964 — d’après I Wanna Be Your Man.
  • Toi l’ami — 1964 — d’après All My Loving.
  • Le temps est long — 1964 — d’après It Won’t Be Long.
  • Mais ne viens plus — 1964 — d’après Don’t Bother Me.
  • Je ne peux l’acheter — 1964 — d’après Can’t Buy Me Love.
  • Je suis fou — 1964 — d’après Ask Me Why.
  • Cette fille — 1964 — d’après This Boy.
  • Quatre garçons dans le vent — 1964 — d’après A Hard Day’s Night.
  • Dis-moi pourquoi — 1965 — d’après Tell Me Why.
  • Ne ris pas — 1965 — d’après No Reply.

Patrick Logelin

  • Encore une fois danse avec moi — 1964 — d’après I’m Happy Just to Dance With You.

Céline Lomez (Canada)

  • Ce que tu veux, je l’ai — 1970 — d’après Come and Get It.

Roger Lorendo (Canada)

  • Et je l’aime — 1965 — d’après And I Love Her.
  • Tu ferais mieux de l’oublier — 1966 — d’après You’ve Got to Hide Your Love Away.

Michel Louvain (Canada)

  • Je croyais — 1968 — d’après Yesterday.

Patty Lynn (acc. par Les Witchdoctors)

  • Tu changeras d’avis — 1964 — d’après Bad to Me.

M–N

M

  • Sergent Pepper — 2007 — d’après Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

Les Majestiks (Canada)

  • Seul — 1965 — d’après Boys —.

Les Macadams (Canada)

  • Girl — 1966 — d’après Girl.

Marie Jane (Canada)

  • Suis-moi — 1970 — d’après Two of Us.

Renée Martel (Canada)

  • Rien pour faire une chanson — 1969 — d’après Run for Your Life.
  • Goodbye — 1967 — d’après Hello Goodbye.
  • Un certain soir — 1969 — d’après The Night Before.
  • Entre tes bras — 1970 — d’après Good Day Sunshine.

Les Mersey’s (Canada)

  • Tu la perdras, cette fille — 1966 — d’après You’re Going to Lose That Girl.
  • Soldat de bois — 1968 — d’après With a Little Help from My Friends.
  • Jolie Rita — 1968 — d’après Lovely Rita.
  • Ta mère ne sait pas — 1968 — d’après Your Mother Should Know.

Les Milady’s (Canada)

  • Le fou sur la colline — 1968 — d’après The Fool on the Hill.

Les Minous Blancs (Canada)

  • Je vais pleurer — 1964 — d’après Ain’t She Sweet.

Les Missiles

  • Ça reste entre nous — 1964 — d’après P.S. I Love You.
  • Tu chang’ras d’avis — 1964 — d’après Bad to Me.
  • Il faut oser — 1965 — d’après I’m a Loser.

Eddy Mitchell

  • Tu ferais mieux de l’oublier — 1965 — d’après You’ve Got to Hide Your Love Away.
  • Le fou sur la colline — 1968 — d’après The Fool on the Hill.

Les Monarques (Canada)

  • Elle est si belle — 1965 — d’après No Reply.

Les Montereys (Canada)

  • Quatre garçons dans le vent — 1966 — d’après A Hard Day’s Night.

Roland Montreuil (Canada)

  • Elle t’aime — 1964 — d’après She Loves You.
  • Oh donne-moi ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.

Les Moribonds (Canada)

  • Mr. taxman — 1966 — d’après Taxman.

Jacky Moulière

  • Elle t’aime — 1963 — d’après She Loves You.

Moustique

  • Anna — 1963 — d’après Anna (Go to Him).

Les Napoléons (Canada)

  • Je suis en amour — 1965 — d’après I Feel Fine.
  • Tout s’arrangera — 1966 — d’après We Can Work It Out.

Nicole Nevers (Canada)

  • Le jour la nuit — 1969 — d’après You Won’t See Me.

Frank Nichols

  • Elle t’aime — 1963 — d’après She Loves You.
  • Je veux prendre ta main — 1964 — d’après I Want to Hold Your Hand.

P–R

Ginette Page (Canada)

  • Hier — 1965 — d’après Yesterday.

Michel Pagliaro (Canada)

  • L’amour est là — 1969 — d’après Step Inside Love.

Les Paraders (Canada)

  • Je l’aime — 1966 — d’après Girl.

Martin Peltier (Canada)

  • Il n’y a personne — 1970 — d’après Here Comes the Sun.

Isabelle Pierre (Canada)

  • À cause d’un oiseau blanc — 1971 — d’après Because.

Plume (Canada)

  • Docteur Robert — 1967 — d’après Doctor Robert.

Richard Proulx (Canada)

  • Reste avec lui — 1974 — d’après You Won’t See Me.

Les 409 (Canada)

  • Le vrai bonheur — 1966 — d’après It’s Only Love.
  • Reviens, reviens — 1967 — d’après Hello, Goodbye.

Tony Rank

  • Petite fille — 1964 — d’après Little Child.

Régine

  • Goodbye — 1967 — d’après Hello, Goodbye.

Anne Renée (Canada)

  • Je veux savoir — 1974 — d’après You Won’t See Me.

Michèle Richard (Canada)

  • Je ne peux l’acheter — 1964 — d’après Can’t Buy Me Love.
  • Quelqu’un — 1973 — d’après Something.

Dick Rivers

  • Mes ennuis — 1963 — d’après Misery.
  • J’en suis fou — 1963 — d’après Love Me Do.
  • Quand je l’ai vue devant moi — 1963 — d’après I Saw Her Standing There.
  • Ces mots qu’on oublie un jour — 1965 — d’après Things We Said Today.
  • Prends un ticket avec moi — 1965 — d’après Ticket to Ride.

Michel Robidoux (Canada)

  • Plus la même — 1965 — d’après I Call Your Name.

Jenny Rock (Canada)

  • Seul — 1967 — d’après Boys.

Jen Roger (Canada)

  • Je croyais — 1965 — d’après Yesterday.

Tony Roman (Canada)

  • Elle t’aime — 1964 — d’après She Loves You.

Tino Rossi

  • Je croyais — 1969 — d’après Yesterday.

Pierrette Roy (Canada)

  • J’ai un secret à te dire — 1963 — d’après Do You Want to Know a Secret.

S

Sabrina

  • C’est pour toi — 1964 — d’après It’s for You.

Ginette Sage (Canada)

  • Michelle — 1966 — d’après Michelle.

Erick Saint-Laurent

  • Éléonor Rigby — 1966 — d’après Eleanor Rigby.
  • C’est devenu un homme — 1967 — d’après She’s Leaving Home.

Gérard Saint-Paul

  • Rentre Jojo à la maison — 1970 — d’après Get Back.
  • Reste avec moi — 1970 — d’après Don’t Let Me Down.
  • La ballade de John et Yoko — 1970 — d’après The Ballad of John and Yoko.
  • C’est beau, c’est Paris — 1970 — d’après Come Together.
  • Bang bang Maxwell — 1970 — d’après Maxwell’s Silver Hammer.
  • C’est la vie — 1970 — d’après Let It Be.
  • Dis-moi je t’aime — 1970 — d’après You Know My Name (Look Up the Number).
  • Ce long chemin vers toi — 1970 — d’après The Long and Winding Road.

Monique Saint-Onge (Canada)

  • Il — 1965 — d’après Help!.

José Salcy

  • Tu joues — 1968 — d’après Hey Jude.

Jacques Salvail (Canada)

  • Y’a pas de mal — 1974 — d’après It’s Only Love.

Bruce Scott

  • Je croyais — 1965 — d’après Yesterday.

Pière Senécal (Canada)

  • Je croyais — 1965 — d’après Yesterday.

Serendipity Singers (États-Unis)

  • Et je l’aime — 1965 — d’après And I Love Her.

Sandie Shaw

  • Le fou sur la colline — 1970 — d’après The Fool on the Hill.

Sheila

  • Hello petite fille — 1963 — d’après Hello Little Girl.
  • Un monde sans amour — 1964 — d’après A World Without Love.

René Simard

  • Je l’aime — 1978 — d’après And I Love Her.

Les Sinners (Canada)

  • Penny Lane — 1967 — d’après Penny Lane.

Bob Smart

  • Michelle — 196? — d’après Michelle.

Les Soundtracks (Canada)

  • Ce soir c’est ma fête — 1969 — d’après Birthday.

Stone

  • Seule — 1966 — d’après Norwegian Wood (This Bird Has Flown).
  • Le jour, la nuit — 1966 — d’après You Won’t See Me.

Stereo Total

  • Tu peux conduire ma bagnole — 1999 — d’après Drive My Car.

STP (Canada)

  • Les gens d’aujourd’hui — 1969 — d’après Maxwell’s Silver Hammer.

Les Sultans (Canada)

  • Toujours devant moi — 1964 — d’après I Saw Her Standing There.

Les Surfs

  • Adieu chagrin — 1963 — d’après There’s a Place.

Les Swifts

  • C’est gagné — 1964 — d’après I Saw Her Standing There.

Sylvia (Canada)

  • Un certain soir — 1974 — d’après The Night Before.

Sylvie-Anne (Canada)

  • Un tour dehors — 1966 — d’après Day Tripper.

Szabo

  • Il pleure dans mon cœur — 1971 — d’après Hey Jude.

T–Z

William Tay acc. par Les Rockets (Belgique)

  • Tu changeras d’avis — 1964 — d’après Bad to Me.
  • Plus la même — 1964 — d’après I Call Your Name.

Vince Taylor et ses Playboys

  • Tu changeras d’avis — 1964 — d’après Bad to Me.

Michèle Torr

  • Et je l’aime — 1965 — d’après And I Love Her.
  • Toi l’orgueilleux — 1964 — d’après Love of the Loved.

I Trovatori

  • Tu perds ton temps — 1963 — d’après Please Please Me.

Claudette Vandal (Canada)

  • Hello petite fille — 1964 — d’après Hello Little Girl.

Sylvie Vartan

  • Twiste et chante — 1963 — d’après Twist and Shout.

André Vasseur

  • Un monde sans amour — 1978 — d’après And I Love Her.

Tony Victor

  • Plus la même — 1964 — d’après I Call Your Name.

Thierry Vincent

  • Je n’peux l’acheter — 1964 — d’après Can’t Buy Me Love.

Le 25ème Régiment (Canada)

  • Lucie sous un ciel de diamants — 1967 — d’après Lucy in the Sky with Diamonds.
  • Hey Jude — 1968 — d’après Hey Jude.

Dominique Walter

  • Penny Lane — 1967 — d’après Penny Lane.

John William

  • 4 garçons dans le vent — 1964 — d’après A Hard Day’s Night.

Tiny Yong

  • Huit jours par semaine — 1965 — d’après Eight Days a Week.

Patrick Zabé (Canada)

  • Ob-La-Di, Ob-La-Da — 1969 — d’après Ob-La-Di, Ob-La-Da.
  • Oh! Darling — 1969 — d’après Oh! Darling.

Les Zéniths (Canada)

  • Seul — 1966 — d’après Girl.

Adaptations parodiques

Au bonheur des dames

  • Valérie et Albert — 1976 — d’après Back in the U.S.S.R..

Les Beadochons ou Les Bidochons (groupe parodique)

  • Hey Jules — 1992 — d’après Hey Jude.
  • Get claques — 1992 — d’après Get Back.
  • Comme tu dégueules — 1992 — d’après Come Together.
  • Les p’tites bites — 1992 — d’après Let It Be.
  • Pas d’papier water — 1992 — d’après Paperback Writer.
  • Look Anorak — 1992 — d’après You Can’t Do That.
  • Assaut sur mon grand-père — 1992 — d’après I Saw Her Standing There.
  • L’usine in the sky — 1992 — d’après Lucy in the Sky with Diamonds.
  • Twist n’chat — 1992 — d’après Twist and Shout.
  • Hep! — 1992 — d’après Help!.
  • Seau d’eau sous-marine — 1992 — d’après Yellow Submarine.
  • Hard des Smacs — 1992 — d’après A Hard Day’s Night.
  • A Walibi j’t’emmène — 1992 — d’après I Want to Hold Your Hand.
  • Sergent Pépère — 1992 — d’après Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band.

Christian Méry

  • Beatles’ Parody — 196? — d’après Help!.

Starshooter

  • Get Baque — 1978 — d’après Get Back.

 

Sources

Eric Krasker, Les Beatles et la France, dossier publié sur yellow-sub.net. Jean-Claude Hocquet et Eric Krasker, La France et les Beatles, volume 1 : la discographie originale 1962-1970 (Séguier, 2005). Série de CD La France et les Beatles, volumes 1 à 5 (Magic Records, 2005-2007). Alain Lacasse, chroniques du bulletin du Réseau québécois des amis des Beatles. Liste collaborative des adaptations de chansons des Beatles en français, encyclopédie Wikipédia. Bibliothèque nationale de France, journée d’étude Les Beatles et la France (2023). Institut national de l’audiovisuel, archive Claude François, Des bises de moi pour toi (17 août 1963). Cherry Red / Strawberry, We Can Work It Out : Covers Of The Beatles 1962-1966 (2023). Dépêches AFP et hommages de septembre 2026 consacrés à Vline Buggy ; Vline Buggy, autobiographie (2018). Barry Miles, Many Years From Now (1997). Paris Match, novembre 2018, sur l’album Avec toi… de Sylvie Vartan.

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