En bref — Au mois d’août 1963, les Beatles tiennent six soirs d’affilée l’affiche du Gaumont de Bournemouth. George Harrison, cloué au lit par un médecin dans une chambre du Palace Court Hotel, prend une guitare et écrit une chanson pour voir s’il en est capable. Elle s’appellera Don’t Bother Me. Trois semaines plus tard, il faudra deux séances entières et dix-neuf prises pour la mettre en boîte, et Harrison passera la soirée à se plaindre de ne pas arriver à chanter et à jouer le solo en même temps.
Treize mois de studio, quatre studios, deux versions jetées, une chanson coécrite et produite par George Harrison sans être crédité — et le 45 tours qui, en 1971, a battu ceux des trois autres ex-Beatles.
Une chanson que McCartney avait honte d’avoir écrite, un chanteur de dix-huit ans rebaptisé par Epstein, trois tournées avec les Beatles, trente mille dollars de promotion — et rien. L’histoire complète du seul échec de NEMS.
Écrite au début de 1969, « Run of the Mill » ferme le premier disque d’All Things Must Pass. Harrison y a nommé son destinataire. Genèse, contexte d’Apple, anatomie musicale, séances de 1970 et cinq erreurs à corriger.
Le 9 septembre 1971 paraissait « Imagine ». Ce que l’histoire a oublié : l’album a été tourné en même temps qu’il était enregistré. Enquête sur le long métrage réalisé et monté par John Lennon et Yoko Ono — tournage jour par jour, équipe, segments, mutilations vidéo et restauration.
Treize séances au Studio Three d’Abbey Road, du 26 septembre au 29 octobre 1970. Le journal de production de l’album le plus nu de John Lennon dit ce que la légende ne dit pas : soixante et une prises de « Mother » le premier jour, un producteur crédité qui arrive entre la prise 37 et la prise 38, des cris doublés, un couplet oublié rattrapé au montage.
Le 28 octobre 1970, la défense de Charles Manson envisage de citer John Lennon pour lui faire expliquer « Helter Skelter ». Enquête sur le procès Tate-LaBianca, sur une chanson devenue pièce à conviction, et sur cinquante ans de jurisprudence culturelle.
Vingt-six albums studio en cinquante-six ans, plus cinq œuvres classiques, quatre disques électroniques et deux publications sous pseudonyme : la discographie solo complète de Paul McCartney, dans l’ordre, avec les classements, les correctifs et les dossiers associés.
Le 9 septembre 2009, les Beatles revenaient au centre de l’actualité mondiale avec la publication de leur catalogue studio entièrement remasterisé. Derrière le spectaculaire « 09-09-09 » se cachait un chantier commencé quatre ans plus tôt à Abbey Road : transfert des bandes maîtresses en haute résolution, restauration minutieuse, retour historique des mixages mono et refus de céder à la guerre du volume. Avec The Beatles: Rock Band lancé le même jour, Apple Corps transformait une restauration patrimoniale en événement culturel mondial.
Mai-octobre 1970 : la fabrication du disque, jour par jour et personne par personne. Les trente démos des 26 et 27 mai, l’effondrement de Phil Spector, l’interruption d’un deuil, le passage aux seize pistes de Trident, Badfinger en section acoustique, Phil Collins coupé du disque — et pourquoi personne n’a tenu le registre des musiciens.












