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Ring O’ Records : les pressages de France, d’Allemagne, du Japon et des États-Unis
Une carte discographique de Ring O’ Records hors du Royaume-Uni : références françaises et allemandes, singles japonais, promotions américaines et éditions Mercury.
Un même réseau discographique, des étiquettes différentes
L’histoire de Ring O’ Records ne s’arrête pas à la liste des disques portant son téléphone chromé en Grande-Bretagne. Dès que le catalogue traverse les frontières, les circuits de distribution changent. Polydor peut conserver la marque Ring O’ sur certains 45 tours, tandis que Mercury, ABC ou Capitol éditent les mêmes enregistrements ailleurs. Une encyclopédie doit distinguer l’origine artistique du master, la société qui finance ou distribue, et le nom effectivement imprimé sur chaque pressage. Cette distinction est particulièrement importante pour les éditions françaises, allemandes, japonaises et américaines.
Les références ci-dessous viennent des inventaires illustrés des pressages conservés par AppleRecords.nl. Elles décrivent des objets matériels attestés, pas un nombre de séances de batterie de Ringo Starr. L’absence d’un pressage dans une collection consultée n’est pas une preuve qu’il n’a jamais existé ; inversement, la présence d’un numéro prévisionnel dans une publicité n’est pas une sortie effectivement commercialisée.
France : de Ring O’ à Mercury
Les deux 45 tours français portant Ring O’
2017 101 — David Hentschel : « Oh My My » / « Devil Woman ». Le couple de chansons permet d’identifier le lancement du projet instrumental Sta*rtling Music. La référence française recoupe la numérotation britannique, mais la comparaison d’un exemplaire français et d’un exemplaire britannique doit porter également sur l’étiquette, le centre, la pochette et les inscriptions de matrice.
2017 102 — Bobby Keys : « Gimme the Key » / « Honky Tonk ». Cette variante française écrit « Gimme » là où les inventaires britanniques emploient « Gimmie ». Dans une base documentaire, il est préférable de conserver l’orthographe visible du pressage en champ diplomatique, tout en proposant une forme normalisée pour relier les exemplaires au même master.
Le prolongement français chez Mercury
6001 108 — Graham Bonnet : « It’s All Over Now, Baby Blue » / « Heroes on My Picture Wall », avec variante documentée pour juke-box. 6001 112 — « Warm Ride » / « 10/12 Observation », également présent sous une forme destinée aux juke-box. Ces 45 tours doivent être classés parmi les publications liées au catalogue Ring O’, tout en conservant Mercury comme marque matérielle des exemplaires concernés.
Deux autres références françaises montrent la façon dont un titre pouvait circuler au-delà de son premier couplage. 6837 435 assemble « It’s All Over Now, Baby Blue » et « Danny » ; 6173 635 associe « Warm Ride » à « 10/12 Observation ». Enfin, 6173 637 donne « Can’t Complain » / « High School Angel », extension du catalogue Bonnet qu’il ne faut pas antidater à la création du label Ring O’.
Ces rapprochements montrent un point méthodologique : les 45 tours français Mercury doivent être reliés à l’artiste et au projet discographique, sans se voir artificiellement rebaptisés « éditions Ring O’ françaises » lorsque l’étiquette ne porte pas cette marque.
Allemagne : l’hétérogénéité des maisons de disques
Les singles Ring O’ répertoriés
Le catalogue de collection allemande distingue 2017 101 (« Oh My My » / « Devil Woman »), 2017 102 (« Gimmie the Key » / « Honky Tonk »), 2017 111 (Suzanne, « You Really Got a Hold on Me » / « You Could Be Right This Time ») et 2017 113 (Stormer, « My Home Town » / « Shake It Baby »). Cela documente des éléments du lancement comme de la dernière période du label.
Les publications apparentées chez ABC, Mercury et RCA
ABC 16 739 AT — Colonel Doug Bogie : « Cokey Cokey » / « Away in a Manger ». Mercury 6001 108 — Graham Bonnet : « It’s All Over Now, Baby Blue » / « Heroes on My Picture Wall ». Mercury 6001 112 — « Warm Ride » / « 10/12 Observation ». Mercury 6001 117 — « Can’t Complain » / « High School Angel ». Enfin, RCA PB 5658 — Johnny Warman : « Golden Lions » / « Tomorrow’s Babies ». Les exemplaires de Johnny Warman comportent même des différences dans la mention de l’album Hour Glass.
La discographie allemande des 33 tours identifie par ailleurs 2320 101, l’album de David Hentschel sous la marque Ring O’, puis des éditions ou des projets associés chez Mercury et RCA : Graham Bonnet (Mercury 9199 133), Can’t Complain (Mercury 6304 509) et Hour Glass de Johnny Warman, avec documentation Mercury et RCA. Les annotations des collectionneurs font apparaître une incertitude explicite pour une attribution Mercury de Hour Glass : il ne faut pas la présenter comme certaine avant identification de l’objet.
Japon : un marché à reconstituer à partir des documents
La discographie japonaise de singles atteste DW 1091, « Oh My My » / « Devil Woman » par David Hentschel, avec une référence propre au marché japonais. Elle montre aussi un disque du réseau associé chez Mercury SFL-2210 : « It’s All Over Now, Baby Blue » / « Heroes on My Picture Wall » par Graham Bonnet, dont un exemplaire promotionnel est recensé. Cette seconde référence n’est pas à recopier sous un faux numéro Ring O’ : la marque Mercury est un fait historique.
Le marché japonais appelle une prudence particulière concernant les pochettes illustrées, les textes japonais, les encarts de paroles et les échantillons promotionnels. La date d’un single occidental ne donne pas automatiquement la date de la fabrication japonaise. Les matrices, le numéro SFL ou DW, le prix imprimé et les éventuelles mentions de distributeur doivent compléter l’identification.
États-Unis : le single promotionnel comme archive du marketing
Le premier 45 tours de Hentschel apparaît sous 4030 (« Oh My My » / « Devil Woman »), avec variante de promotion P-4030 présentant la même chanson « Oh My My » en mono et stéréo. La distinction est instructive : le support promo peut contenir deux configurations techniques d’un même morceau, pas deux chansons.
Pour Bobby Keys, 4129 réunit « Gimmie the Key » et « Honky Tonk » (parties 1 et 2). Le dossier de presse conserve au moins deux familles de promotions : P-4129, montage de 2 min 34 en versions mono et stéréo, et une pièce de promotion portant également SPRO 8193 avec une version stéréo de 4 min 06. Il faut éviter d’assimiler automatiquement les versions courte et longue au même fichier sonore sans écoute comparative.
Les États-Unis disposent encore d’une variante ABC du disque de Colonel Doug Bogie : ABC-12148, « Away in a Manger » / « Cokey Cokey », ainsi qu’une édition promotionnelle mono/stéréo de « Away in a Manger ». Pour le 33 tours de Hentschel, l’inventaire américain indique ST-11372. Le numéro américain est donc indépendant du 2320 101 britannique, bien que les disques appartiennent à la même histoire musicale.
La grille de catalogage à conserver
Chaque exemplaire devra posséder, dans la base documentaire finale, une identification en deux niveaux. Le niveau œuvre/master comprend l’artiste principal, le titre normalisé, l’enregistrement et ses éventuels montages. Le niveau support/édition comprend le pays, le label réel, le distributeur, la référence, le format, les deux faces, la durée, le type de pochette, la nature promotionnelle et les variantes physiques. Ce découpage évite de créer dix fausses « collaborations nouvelles » à partir de dix pressages d’un même disque.
Pour les collectionneurs français, allemands et japonais, il permet également de repérer une pièce importante qui ne porte pas la marque Ring O’ mais appartient au réseau artistique issu du label. Le lien entre ces pièces doit rester une relation historiographique, jamais une falsification de l’étiquette.
Sources documentaires
AppleRecords.nl, discographie mondiale Ring O’ : dossiers illustrés ROR 45 France, ROR 45 Germany, ROR LP Germany, ROR 45 Japan, ROR 45 USA et ROR LP USA ; Robert Lyons, RING O’, 7tt77 ; disques et documents de distribution Polydor, Capitol, ABC, Mercury et RCA. La classification « lié à Ring O’ » reprend la méthodologie explicitement adoptée par les collectionneurs ; elle ne modifie pas l’identité de la marque effectivement imprimée.












