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Yellow-Sub.net · Encyclopédie · Carl Groszmann · 1975–1977
Carl Groszmann, Ringo Starr et A Dose of Rock ‘n’ Roll : du catalogue Ring O’ au disque de 1976
Un parcours exceptionnel : des deux 45 tours Ring O’ du compositeur australien à une chanson enregistrée par Ringo, produite par Arif Mardin et publiée chez Atlantic et Polydor.
Une collaboration qui passe de la signature à l’interprétation
Dans la petite histoire de Ring O’ Records, le parcours de Carl Groszmann est sans doute le plus démonstratif. Le label fondé par Ringo Starr n’a pas seulement proposé au public des disques d’artistes extérieurs : il a permis la rencontre entre un auteur australien et un interprète internationalement connu. En 1976, Ringo enregistre « A Dose of Rock ‘n’ Roll », composition de Groszmann, sur Ringo’s Rotogravure. Le lien est exceptionnel dans le catalogue : la collaboration déborde la société de disques et aboutit à un titre majeur du répertoire solo de Starr.
Il est essentiel de séparer deux objets : les 45 tours de Groszmann publiés sur Ring O’ et le master de « A Dose of Rock ‘n’ Roll » enregistré par Ringo, publié sur Atlantic aux États-Unis et Polydor au Royaume-Uni. Les premiers ne deviennent pas des disques de Ringo du fait de sa propriété du label ; le second n’est pas une parution Ring O’ malgré son compositeur. La double relation « fondateur / éditeur » puis « auteur / interprète » doit être enregistrée dans des fiches distinctes.
De Steve & the Board à Tin Tin : formation d’un auteur australien
Carl Arnold Groszmann commence sa carrière musicale en Australie. Sous le nom de scène Carl Keats, il apparaît dans le groupe Steve & the Board, aux côtés notamment de Steve Kipner et Colin Petersen. Le groupe s’inscrit dans l’effervescence australienne du milieu des années 1960, traversée par l’influence du beat britannique et par la circulation de musiciens entre Brisbane, Sydney et Melbourne. La documentation rétrospective signale sa participation à Tin Tin, formation prolongée en Grande-Bretagne au début des années 1970.
Avant Ring O’, Groszmann a déjà écrit « Down the Dustpipe », enregistré par Status Quo en 1970. Cet antécédent change la perception du compositeur : il ne s’agit pas d’un amateur recruté pour faire joli dans un catalogue de vedettes, mais d’un auteur dont les chansons ont déjà trouvé d’autres interprètes. La différence entre écrire une chanson, la chanter soi-même et la faire enregistrer par un tiers est précisément au cœur de son histoire avec Ringo Starr.
14 novembre 1975 : « I’ve Had It » / « C’mon and Roll »
Le premier 45 tours britannique de Groszmann chez Ring O’ porte la référence 2017 103. Les inventaires d’exemplaires le décrivent comme « I’ve Had It » en face A et « C’mon and Roll » en face B. La base de collection 45cat le date du 14 novembre 1975, concordant avec les notices de marchands qui identifient une édition britannique à étiquette moulée par injection, distribuée par Polydor.
Pour l’historien, cette parution appartient à la première phase de la société, celle qui suit David Hentschel et Bobby Keys mais précède la relance de 1977. La date du disque n’est pas celle de composition des deux titres et ne renseigne pas sur leur lieu d’enregistrement : faute de feuilles de séance ou de générique instrumental suffisamment détaillé, le présent dossier ne prête à Ringo ni batterie ni production sur ces deux faces.
1976 : « A Dose of Rock ‘n’ Roll » et la rencontre avec le répertoire de Ringo
En 1976, Groszmann apporte au monde de Ringo une composition à l’esprit rock’n’roll direct, construite autour de l’idée thérapeutique et populaire d’une « dose » de musique. Starr décide de l’enregistrer pour Ringo’s Rotogravure, sous la direction du producteur Arif Mardin. Le disque introduit un nouveau fonctionnement contractuel après la période Apple et confirme que le répertoire de Starr peut accueillir des chansons provenant des artistes qu’il soutient.
Cette décision constitue une véritable collaboration artistique, mais sans nécessairement impliquer une séance commune du compositeur et de l’interprète. Le crédit d’auteur de Groszmann et l’enregistrement de Ringo sont certains ; la présence physique de l’Australien au studio, une éventuelle maquette originale ou ses conseils d’arrangement demanderaient d’autres documents. Les récits qui transforment automatiquement le titre en duo de studio doivent être écartés.
Qui joue sur le master de Ringo ?
Les crédits de la chanson enregistrée pour Ringo’s Rotogravure identifient Ringo Starr au chant et à la batterie, aux côtés de Jim Keltner, dans un ensemble de musiciens américains et britanniques. Les guitares sont attribuées à Peter Frampton, Jesse Ed Davis et Danny Kortchmar ; Klaus Voormann joue la basse. La section de cuivres inclut notamment Randy et Michael Brecker, Alan Rubin, George Young et Lewis Delgatto ; Dr. John participe aux claviers, avec des choristes comme Melissa Manchester et Vini Poncia.
Les relevés de personnel divergent sur certains instruments secondaires, notamment les attributions de piano. Il est donc plus sûr de reproduire séparément les sources de la pochette originale, les livrets de réédition et les notices des spécialistes que de présenter une liste uniforme qui effacerait les contradictions. La combinaison de deux batteurs ne doit pas non plus être simplifiée en affirmant que Ringo assure forcément seul toute la piste.
La publication Atlantic / Polydor : le piège du « single Ring O’ »
La version de Ringo est publiée en single en septembre 1976 en Amérique du Nord, sous la référence Atlantic 45-3361, avec « Cryin’ » au verso ; la commercialisation britannique correspond à Polydor 2001 694. Les chronologies de spécialistes ne s’accordent pas toujours sur le jour précis de sortie, mais l’automne 1976 et les références distinctes sont attestés. Le single se classe dans les trente meilleures ventes aux États-Unis, avec un sommet au numéro 26 du Billboard Hot 100.
Le titre est aussi l’occasion d’une recherche d’édition particulièrement féconde : les inventaires de pressages américains documentent des promotions long/short sur Atlantic, dont les minutages ou montages doivent être comparés sur les exemplaires. Les variantes de pressage ne sont pas des enregistrements différents tant qu’une écoute et une analyse des matrices n’en ont pas apporté la preuve.
4 novembre 1977 : deuxième single de Groszmann
La relance Ring O’ de 1977 comprend un second 45 tours de Groszmann, 2017 107 : « Face of a Permanent Stranger » / « Your Own Affair ». La base de collection 45cat indique le 4 novembre 1977 pour cette publication britannique. Ce retour, deux années après le premier disque, montre que l’auteur bénéficie encore d’une place dans le programme de la marque, même après que Ringo a lui-même enregistré l’une de ses œuvres.
Le contenu sonore exact de ces deux chansons, les éventuelles versions promotionnelles et les musiciens de séance restent à vérifier sur les étiquettes et documents d’origine. En particulier, la graphie du patronyme varie entre Groszmann, Groszman et parfois Grossman selon les pochettes et les bases : les recherches doivent conserver chaque graphie comme variante d’autorité rattachée à la même personne, sans fusionner d’éventuels homonymes.
Pourquoi ce dossier est prioritaire pour une encyclopédie
Le parcours de Carl Groszmann est l’une des meilleures démonstrations de la nature complexe du soutien artistique apporté par Ringo Starr. Il faut y distinguer trois disques différents, réunissant cinq chansons principales ou faces de singles : les deux 45 tours de Groszmann (quatre faces), puis « A Dose of Rock ‘n’ Roll » interprété par Starr sur son album et en single, où figure également « Cryin’ » en face B. L’auteur, le chanteur, les musiciens et les maisons de disques diffèrent selon les objets. L’inventaire rend visible cette relation sans la réduire à un crédit imaginaire de batterie sur les singles Ring O’.
Documentation et contrôle
Ring O’ Records / Polydor, 45 tours britanniques 2017 103 (1975) et 2017 107 (1977) ; Atlantic, « A Dose of Rock ‘n’ Roll » / « Cryin’ », 45-3361 ; Polydor 2001 694 ; pochette et crédits de Ringo’s Rotogravure (1976) ; 45cat, relevés des parutions britanniques ; Esprit / EIL, notices des originaux ; Beatles Bible, sessionographie du morceau ; Frank Daniels, A Dose of Rock ‘n’ Roll / Cryin’, inventaire des pressages Atlantic ; Bill Harry, The Ringo Starr Encyclopedia.












